Il, Verr., iv, 15. — 2. Ibid., 59. — 3. Ibid
les monuments publics, Verrès rencontrait encore moins de résistance; ils étaient plus directement sous sa main et, d’ailleurs, il est de règle que chacun a moins d’ardeur à défendre ce qui appartient à tous. Une fois pourtant il fut forcé de lâcher prise. Ses suppôts étaient arrivés de nuit dans Agrigente pour enlever une statue d’Hercule que les habitants honoraient d’un culte particulier. (( Elle avait, dit Cicéron, le menton et la bouche tout usés des baisers que lui donnaient ses adorateurs ^ » Par malheur pour Verrès, les esclaves qui gardaient le temple donnèrent l’éveil; les Agrigentins se réunirent de tous les quartiers de la ville et, à coups de pierres, mirent les voleurs en fuite.
Mais il n’était pas accoutumé à trouver en face de lui des adversaires si décidés. Aussi sa passion, que rien ne gênait, n’avait-elle pas besoin de se contraindre. Il ne recherchait pas seulement les statues de bronze ou de marbre, les vases de Corinthe, les tableaux célèbres, tous ces objets que la curiosité se disputait à prix d’or; sa manie s’étendait à tout. 11 faisait aussi collection de bijoux, de tapis, de meubles, d’argenterie. Toutes les familles riches de la Sicile possédaient des patères, des cassolettes, des vases précieux pour le culte de leurs divinités domestiques. Quand Verrès avait la discrétion de ne pas les prendre, il enlevait au moins les ornements de métal qui les entouraient et qui étaient d’ordinaire des œuvres d’art remarquables. Puis il faisait appliquer ces ornements sur des coupes d’or et fabriquait ainsi