Æn., XI
NOÜVËtLES promenades AnCIlÉOLOGIQÜËS.
rapportera Turniis la provocation de son ennemi, et Turnus a trop de cœur pour ne pas l’accepter du premier coup. Mais les dieux qui veillent sur ses jours ont soin de retarder tant qu’ils le peuvent une lutte dans laquelle il doit succomber et le protègent plus qu’il ne le voudrait. Dans le premier combat qui se livre autour du camp troyen, comme Turnus cherche Énée avec fureur et que celui-ci ne le fuit pas, il semble que leur rencontre soit inévitable. Junon trouve pourtant un moyen de les séparer. « Elle forme d’une vapeur légère une ombre sans consistance qui ressemble à Énée, la revêt d’armes troyennes, lui prête de vaines paroles, des sons sans idées, et lui donne la démarche du héros. Tels sont les fantômes qui voltigent, dit-on, après la mort; tels sont les songes qui se jouent de nos sens assoupis ^ » Turnus, trompé par la ressemblance, se met à poursuivre le faux Énée jusque dans une barque où il se réfugie. Dès qu’il y est entré, la déesse rompt le câble qui attachait la barque au rivage et le malheureux, malgré ses supplications, est emporté par les vagues loin du champ de bataille, où ses compagnons le cherchent, où son ennemi l’attend. Une autre fois, les circonstances semblent plus graves et plus pressantes encore. Tout est prêt pour le combat singulier ; on est en train d’en régler les dernières conditions; un autel sc dresse au milieu de la plaine, devant lequel Énée et le roi Latinus s’engagent, par des serments solennels, à respecter ce qui a été convenu ; les deux armées sont réunies pour assister à la