‹ Nouvelles promenades dans ParisChapitre 10 sur 75 · VUE DE LA · texte numérisé non relu

VUE DE LA

ierry.

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Dess

daient reliés par des jardins, on y comptait même une résidence royale : le « séjour d'Orléans ». Quelques nobles demeures ont survécu et la rue recèle encore, par-ci, par-là d’exquises façades de pierres sculptées, restes évocateurs d’une gloire abolie, mais les habitants sont d'essence moins illustre; des dispensaires, des cliniques, des « consultations gratuites » ont envahi ces nobles logis.

Tous les infortunés qu'affligent les troubles de la vue, les obstructions des fosses nasales, les maladies des poumons ou du larynx; les gens à bandeau sur les yeux ou à coton dans les oreilles, les tributaires des rayons X et les torturés du tube digestif sont les hôtes quotidiens de ces beaux hôtels : les princes de la science soignant généreusement tous ces pauvres diables ont remplacé, rue Saint-André-des-Arcs, les princes du sang, les princes de l'Église et les Turcaret de la finance. Au numéro 47, dans «l’ancien séjour d'Orléans» s’entassent une clinique, un syndic de faillites et un institut psycho-physiologique; en face, à droite, à gauche, partout, on donne des consultations, et au numéro 27 — fleuri d’un exquis balcon de fer forgé — l'excellent docteur Landolt, l’'éminent ocu-

mes vieux bouquins (tout est vieux chez moi) la date du grand incendie qui amena ce mot : « Ars ».

« Quand j'étais jeune (sous Louis-Philippe), il ÿ avait sur la rive droite une petite rue qui allait du quai à l’une des rues qu'engloba la rue de Rivoli. Elle s'appelait la rue des Arsis (des brûlés). Les incendies étaient fréquents autrefois. Or, la Commission des Inscriptions de la Ville de Paris... écrivait aux deux bouts de la rue : rue des Arcis! avec un cl...

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liste, et ses fils prodiguent — dans un délicieux hôtel Louis XV aux délicates sculptures de pierre — leurs soins habiles à des centaines de malheureux.

Un peu plus loin, serpentant entre des murailles de livres, plongeant dans de sombres corridors tapissés de bouquins, demeure l’érudit libraire Lehecq, qui sait toujours retrouver à point nommé le document rare noyé dans le plus prodigieux des encombrements! — En face, s'élevait il y a quelque trente ans une antique demeure transformée en « pension bourgeoise » à l’usage d’étudiants modestes qui y venaient chercher pâture... On entrait sous la voûte basse d’une porte cochère datant du xvi® siècle, et, par la cuisine, on passait familièrement dans la salle à manger. Un des étudiants fréquentant, vers 1863, ce pittoresque logis s'appelait Armand Fallières, et M. le Président de la République n’a jamais oublié l’amusant bonhomme qui trônait au centre de la table d’hôte. C’était un ancien notaire qui avait pris sa retraite après avoir fourni une très honorable carrière dans une petite ville avoisinant Paris ; il s'appelait Mérat. M. Fallières nous le décrit important, court, rond comme une pomme, orné d’une redingote luisante de taches, découpant solennellement le gigot dont il passait de larges tranches à ses pensionnaires. il avait aussi la fâcheuse habitude, — son découpage terminé, — de se lécher copieusement les doigts gras de sauce. L’ancien tabellion, devenu marchand de soupe, n’avait d’ailleurs pas complètement abdiqué : au dessert, Mérat causait volontiers, discutantun

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