‹ Nouvelles promenades dans ParisChapitre 9 sur 75 · PR · texte numérisé non relu

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La rue Suger, La rue des Grands-Augustins.

encore leur aspect ancien et combien il est pénible de penser que dans un avenir prochain, peu à peu, toutes auront disparu, les hygiénistes, les utilitaires patentés, les ingénieurs, les architectes « modern style », les ignorants variés pour qui le passé n’est qu’un ana-

1e deviennent rares les rues de Paris gardant

.Chronisme, se faisant un devoir et une joie de jeter

bas les quelques souvenirs subsistant du pittoresque Paris d’autrefois.

Le lacis de petites rues comprises entre la place Saint- Michel, la Seine, la rue Dauphine et le boulevard Saint- Germain leur est une proie désignée. Aussi hâtons-nous, pendant qu'il en est temps encore, de parcourir ce très vieux et très amusant quartier. Tout d’abord, place Saint- Michel — sur l'emplacement qu’occupait jusqu’en 1790 l’église Saint-André-des-Arcs (et non des Arts comme on l'écrit à tort aujourd'hui), où furent inhumés de Thou,

Coitier et Séguier, où Voltaire fut baptisé en 1694 (1) — un stupéfiant, un inoubliable tableau arrête les passants.

Le gigantesque tunnel du Métropolitain — phénoménale baleine de tôle emboîtée dans un mur de fer — envahit l’espace, couvre toute la place, monte à la hauteur des toits ; des feux brillent dans l’énorme tube noir ; sous un ronflement continu de machines à vapeur, coupé de stridents coups de sifflet, une armée d’ouvriers frappe sans relâche sur la carcasse cyclopéenne ou fouille le sol à coups de pic. c’est une stupeur de penser que ce monstre de tôle et d’acier va s’engouffrer sous terre | (?) Blottie derrière ce mastodonte, étriquée, minuscule, s’entr'ouvre la rue Saint-André-des-Arcs (3).

Jadis elle fut notoire; les hôtels luxueux s'y succé-

(4) Dernièrement, les ouvriers travaillant, place Saint-Michel, à ces travaux du Métro, dégagèrent au courant de leurs fouilles, à 1",50 sous terre, à l'angle des rues Danton et Suger, cinq sarcophages de plomb, et le très érudit M. Sellier, le dévoué inspecteur des fouilles de la Ville de Paris, apportait tout joyeux au musée Carnavalet deux plaques de cuivre avec inscription : l’une, attestait l’inhumation de maistre Nicolas Fyot, conseiller du Roy (1666); l’autre de messire Hector de Guerchoïis, conseiller d’État (1740)... C’est d’ailleurs chose commune à Paris, que de retrouver ainsi des cercueils sous les pavés des rues.

(2) Les travaux durent depuis des mois et ne sont pas encore terminés (janvier 1908).

(3) Nous avons reçu, au sujet de cet article, l'anonyme et spirituelle lettre suivante dont nous détachons quelques passages au profit de nos lecteurs :

« Ge n’est pas Saint-André-des-Arcs qu’il faut écrire, mais Saint- André-des-Ars, c'est-à-dire des arsis, des brülés, du vieux français tiré de notre vieux latin. Si je n’étais presque aveugle, je chercherais dans

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Extrait du Plan du Quartier Saint-André-des-Arts, de 1774, ce l | | par Jaillot

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