I. — Eau alcaline
L’appareil que j’ai imaginé pour étudier l’action du courant, se compose d’un tube gradué (1) portant à sa partie inférieure une petite ouverture de 2 à 3 dixièmes de millim. de diamètre, fermé à sa partie supérieure par un bouchon en caoutchouc à travers lequel on faitpasser : un petit tube à dégagement presque capillaire (a), une tige de platine (é) qui se termine par une large lame de platine (c) formant l’un des électrodes. Cet appareil se place dans un autre tube plus large (2), dont la capacité est telle qu’en versant dans le tube intérieur, ainsique dans l’espace annulaire 20" de liquide, par exemple, le niveau extérieur s’élève de 15 millim. au-dessus du niveau intérieur. Le deuxième électrode plongeant dans l’espace annulaire, si l’on met le fil (6)
Tube intérieur. Tube extérieur. Appareil en plate.
en communication avec'le pôle positif d’une pile , le courant passera du tube intérieur au liquide extérieur par la petite ouverture de communication placée à la partie inférieure de l’appareil. Il est évident maintenant que si l’on fait dégager le gaz intérieur sous une pression de 15 millim., les liquides contenus dans chaque compartiment seront égaux.
On voit de plus que la séparation des deux pôles est rigoureuse et que tout mélange est rendu impossible, l’altération des liquides n’ayant lieu que près des électrodes qui peuvent être maintenus à une distance de 15 à 20 centimètres.
Ceci posé, voici les détails d’une expérience faite â l’aide d’une dissolution étendue de potasse caustique :
( Pôle P ... 20“
Solution alcaline j p^ e N
Oxygène dégagé. . . . 45 C0 .8.
Température. 20°.
Pression corrigée. . . 0.764,
0.020 (S0 8 H0) occupant 400 div., répondent il KH0 a = 0.711.
20" de la solution alcaline ont exigé pour la saturation 1,070 div.
Après l’expérience :
20“ de la solution N » » 1,130 div.
20“ de la solution P » » 1,010 div.
Ainsi, il y a eu concentration de l’alcali au pôle cette quantité d’alcali répond à :
légatif et
D’autre part, on a pour le poids de l’oxygène dégagé au pôle positif :
Il résulte de là que l’oxygène dégagé tire totalement son origine de la potasse : l’eau n’a pas subi l’action du courant. Le phénomène doit donc s’exprimer par l’équation suivante :
KIIO 5 =
(KH) Pôle N
+ 0^ Pôle P
L’hydrogène du résidu (KH) se dégage au pôle négatif, tandis que le potassium réagit sur l’eau à la manière ordinaire ■
K + H ! 0* = KHO 3 + H.
Ainsi s’explique l’accumulation de l’alcali au pôle négatif.
Afin de justifier celte dernière équation directement, j’ai recommencé l’expérience en recueillant le gaz qui se dégage au pôle négatif.
Voici les résultats de l’une des nombreuses déterminations que j’ai faites :
Solution alcaline j pô|e N 2Q „
Hydrogène recueilli. . . . 82 cc .6.
Température. 22°.
Pression. 0.762.
0,495 (S0 3 II0) occupant 400 divisions répond à KHO 2 = 0,507
10“ de la solution primitive ont exigé.452 div.
Après l’expérience :
10“ sol. N. » . 486 div.
10" sol. P. » . 420 div.
La quantité d’alcali électrolysé renferme une quantité d’hydrogène égale à
D’autre part, on a pour le poids de l’hydrogène dégagé :
Ainsi l’hydrogène tire son origine de deux sources : de celui qui est contenu dans la potasse et de celui qui provient de l’action du potassium sur l’eau. J’ajoute qu’il est préférable, dans ces sortes d’expériences, de recueillir l’hydrogène, tant parce que le volnme gazeux obtenu dans le même temps est plus considérable, que parce que l’on n’a pas à craindre la production de phénomènes secondaires.
Bien que l’eau ne soit pas décomposée par le courant, il est facile de voir comment une très-petite quantité d’alcali suffit pour provoquer la décomposition d’une quantité d’eau indéfinie, dès que les deux électrodes ne sont pas rigoureusement séparés, puisque l’alcali se régénère à mesure qu’il est décomposé par le courant.