‹ Nouvelles recherches sur l'endosmose et l'exosmose suivies de l'application expérimentale de cesChapitre 12 sur 14 · DES TIGES ET DES RACINES. 9I · texte numérisé non relu

DES TIGES ET DES RACINES. 9I

tèmes tendent à se Courber en $ens inverse : or, dans la moitié de tige il y dura une forte tendance du sys^ tènoie central à $é courber en dehors^ et une tendance plus &ible du système cortical à recourber en de^ dans , en raison de la prédominance de masse du pre^ miçr de ces systèil)es% Si doi^c Ton {^ongé cette moitié de tige dans Teat^^ eUe se courbera en dehors par reâet de TendoSmose ^ ei avec une f(Hrce qui sera égale à Texcès de Is^ tendâince à FincUrvation en dehors du système central sur la tendaiiGe à Tincurvation en dedans du système coctitaL Si Ton transporte cette nioitié de tige dans le sirop de sucre ,. elle perdra sa courbure en dehors èl s0 Courbera en dedans, par reflfet de Texosmose*

La même expérience , faite siir la moitié de racine de haricot fendue longivudinalement, donne des ré^ sultats inverses. La racine offre une prédominence du ^stème cortical sur le système central; par consé* (|U€int la tendance à\X système cortical à se courber en dedans remportera silr la tendance du système central à se courber en dehors; et la moitié de racine étant plongée dans Teau, se courbera en dedans avec une force égale à Texcès de la tendalnce du système cortical à se courber en dedans^ sur là tendance du système central à se courber en dehors : cet effet sera dû à Tendosmose. Si Ton transporté cette moitié de racine dans le sirop de sucre , elle perdra sa courbure en dedans , et prendra une courbure en dehors par Teffet de Texosmose.

C)!i DIRECTION

Nulle tige ne manifeste avec plus d^énergie les ten-^ clances à l'incurvation dont il vient d'être question^ que la tige ou hampe du pissenlit. Une lanière Iout gitudinale de cette tige fistuleuse ëtant plongée dans l'eau, se roule en dehors sous forme d'une spirale^ très -serrée. Cette incurvation en dehors a lieu également sans plonger la lanière de tige dans l'eau; mais cette incurvation est bien moins profonde. Si l'on transporte cette lanière de l'eau dans le sirop d& -sucre , elle perd sa position roulée en dehors, se re-. dresse , et se roule en spirale en dedans. Cette incurvation en dedans est le résultat de la déplétion géné^ raie des vésicules par l'effet de l'exosmose. Cela se voit de la manière la plus facile , en soumettant au., microscope une petite lanière de tige de pissenlit plongée dans du sirop. On voit ses vésicules composantes, et spécialement les plus grandes, qui sont situées à la partie intérieure, se vider et devenir plus petites. Si on laisse une tige de pissenlitse flétrir un peu avant de la diviser en lanières longitudinales , ces lanières ne se courberont point en dehors dans l'air, comme cela a lieu pour ces mêmes lanières lorsqu'elles appartiennent à une plante fraîche, c'est-à-dire qui contient beaucoup de sève lymphatique. C'est donc l'accession de cette sève lymphatique sur les vésicules remplies d'un liquide dense, qui, dans l'état naturel, provoque l'endosmose de ces vésicules, et par suite l'incurvation du tissu qu elles forment par leur assemblage. Ces lanières à demi -flétries sont dans l'état de flaccidité. Si

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bn les plonge dans Teau, elles reprennent promptement, par Taccession de ce liquide, leur tendance à Fincurvation en dehors. Ainsi, nous voyons que partout Tincurvabilité exige, pour son exercice, Taccession d'un liquide extérieur sur les vésicules qui composent le tissu incurvable, et que ce liquide extérieur est toujours la sève lymphatique, lorsque Tincurvation a lieu par endosmose.

ITous venons de voir que l'incurvation inverse des moitiés longitudinales de tige et de racine est le résultat du défaut d'équilibre en sens opposé, qui existe entre les tendances inverses à l'incurvation des systèmes cortical et central de chacune de ces moitiés de caudex végétaL Ceci va nous conduire à la connaissance de la cause qui détermine les tiges et les ra-^ cines à se courber dans leur entier en sens opposé , SQUS l'influence de la pesanteur.

«Tai couché horizontalement une tige ou hampe de pissenlit, et je l'ai maintenue dans cette position au moyen d'un poids placé sur la moitié de sa longueur. Au bout de vingt-quatre heures, la tige couchée s'était redressée et dirigée vers le ciel, en se courbant dansle voisinage de l'obstacle. Je détachai cette tige du sol, j'en retranchai les parties qui avaient conservé leur rectitude. Je ne voulais étudier que la partie courbée. Je fendis longitudinalement cette partie courbée en deux , en suivant le sens de la courbure ; j'obtins de cette manière deux moitiés de tige courbées, l'une ^z^i (fîg. 4) dont l'épiderme oc-

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cupait la concaTilé dirigée dans l'état naturel vers le' ciel, l'autre M dont Tëpidermc occupait la convexité dirigée dans Fétat naturel vers la terre. Ainsi, la première, ou celle d'en haut, était courbée en dehors, et la seconde , ou celle d'en bas , était courbée en dedans. Or, il arriva que la première aa augmenta son incurvation en dehors, et que la seconde bb perdit une partie de son incurvation en dedans, et tendit à se redresser. Ce phénomène devint encore plus sensible en retranchant deux lanières latérales à chacune de ces deux moitiés de tige fistuleuse , et en ne conservant ainsi qu'une seule lanière médiane pour chacune de ces moitiés. La lanière médiane de la portion supérieure aa se courba plus fortement ,en dehors , la lanière médiane de la portion inférieure bb se redressa complètement. Cette observation prouve que la moitié inférieure bb était courbée en dedans malgré ellcj ou dans le sens opposé à celui de sa tendance naturelle à l'incurvation. Etant abandonnée à elle-même par sa séparation de la moitié supérieure aaj elle tendait au redressement et à Tincurvation en dehors, qui était le sens naturel de sa tendance, mais cette tendance naturelle à ^incurvation en dehors était affaiblie, elle n'était pas à beaucoup près auasi énergique que celle de la portion supérieure aa. Ainsi, dans la plante vivante et sur pied, les deux moitiés longitudinales de tige au et bb tendaient toutes les deux à l'incurvation en dehors, comme c'est l'ordinaire. Mais cette tendance à l'incurvation en

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dehors étant affaiblie dans la moitié longitudinale inférieure bbj et la moitié longitudinale supérieure aa ayant conservé sa tendance à Tincurvation en de^iors dans toute son intégrité , il est résulté de cette rupture d^équilibre, que la moitié de tige supérieure aa j par sa prédominence d'action d'incurvation en dehors, a courbé la tige toute entière dans le sens d'incurvation qui lui est propre. La moitié de tige inférieure bb ayant une action d'incurvation en dehors moindre, a été vaincue et entraînée malgré elle dans un état de courbure contraire à celui qui résulte de sa tendance naturelle. Ainsi, la courbure que prend une tige couchée horizontalement, pour diriger son fiommet vers le ciel , dépend de la rupture de l'équilibre ou de l'égalité d'action d'incurvation en dehors dans ses deux moitiés longitudinales supérieure et inférieure. Cette dernière , qui regarde la terre , étant affaiblie , et son antagoniste, qui regarde le ciel, ayant conservé toute sa force, la tige toute entière est courbée dans le sens d'incurvation en dehors et en haut, qui est propre au côté vainqueur, et le sommet de la tige se trouve ainsi dirigé vers le ciel. Passons actuellement à la cause de la direction des racines vers la terre.

J'ai pris \m haricot germé, dont la radicule, par- Ëdtement droite, avait acquis une longueur d'environ un pouce. Je donnai à cette radicule une position horizontale, et bientôt elle se courba pour diriger sa pointe vers la terre. Je détachai cette racine courbée.

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et je la fendis longitudinalement en deux , en suivait le sens de la courbure. «Tobtins, de cette manière , y deux moitiés de racine courbées, Tune aa (fig. 5), ^ dont Tépiderme occupait la convexité, dirigée, dans ^ Tétat naturel , vers le ciel; l'autre bbj dont répidérme occupait la concavité, dirigée, dans Tétat iiatarel^ vers la terre. Ainsi , la première , ou celle d*en haut, était courbée en dedans, et la seconde, ou celle d^en bas, était courbée en dehors. Ayant plonge ces deux moitiés de racine dans Teau , la moitié supérieure aa augmenta sa courbure ; la moitié inférieure bbj au contraire, perdit la sienne et se redressa. Par eonséquent, dans cette . circonstance , la moitié infeieure bb était courbée en dehors, malgré elle^ ou dans le .sens contraire à celui de sa tendance naturelle à Tincurvation, tendance qui, chez les racines, a lieu en dedans j ainsi que nous Pavons vu plus haut. Cepen-^ dant, cette moitié longitudinale de racine 66^ plongffe dans Teau, ne fît que perdre sa position forcémeot courbée en dehors, elle atteignit la rectitude sanstf courber en dedans, comme cela a lieu ordinairement* Cette moitié longitudinale inférieure bb a donc perda une partie de sa tendance à Tincurvation en dedans: cette tendance est aSaiblie; or, comme cette mâne tendance naturelle à Tincurvation en dedans exisK. dans toute son intégrité chez la moitié longitudiddh^ supérieure aa^ il résulte de cette rupture d'équilibre , ' ou de cette inégalité de force d^ncurvation en dedans^. \ dans les deux côtés supérieur aa et inférieur bbj que ■

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té dernier est vaincu par la prédominance de force d'incurvation, en dedans et en bas de son côte antagoniste â^/ de cette manière , la pointe de la racine se trouve ramenée vers la terre.

Une conclusion importante se déduit de ces deux observations. Dans la tige courbée (fîg. 4)^ comme dans la racine courbée (fîg. 5), c*est toujours le côté supérieur aa qui est vainqueur du côté inférieur bb^ et qui lui imprime de ferce le mode de courbure qui loi est propre. Celte prédominance d'action dHncurvation du côté supérieur aa provient, dans la tige comme dans la racine, de Taffaiblissement de Taction d'incurvation dans le côté inférieur bb. Quelle est donc la cause qui, dans une tige ou dans une racine couchée horizontalement, affaiblit la tendance à l'incurvation qui est propre au côté de cette tige ou de cette racine qui regarde la terre? C'est encore rexpérience qui va nous résoudre ce dernier problème. Reportons-nous d'abord à nos connaissances précédemment acquises. Nous savons que la force d'incurvation est proportionnelle à la force de l'en-* dosmose des vésicules qui composent le tissu incurvàble; par conséquent, l'affaiblissement de cette force d'incurvation provient de l'affaiblissement de l'endosmose. U s'agit donc de déterminer quelle est, dans CQlte circonstance, la cause de l'affaiblissement de Fendosmose. Cet affaiblissement peut avoir lieu de trois manières : i "* par le défaut d'accession de la sève ^lymphatique en quantité suffisante ; ^à"* par la diminu-

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tiou de densité duliquide intërieur des vésicules; 3"* par rajogmentation de densité dé la sève lymphatique, qui est ici le liquide extérieur aux vésicules. Il n^existe aucune raison pour qu*il y ait une diminution dans la quantité de sèvô lympathique que reçoit la partie latérale inférieure desciudex végétaux, Couchés horizontalement; il n*existe, de même, aucune raiton pour que le liquide intérieur des vésicules composantes de cette même partie latérale inférieure éprouve de la diminution dans sa densité par Tefiet de la pesanteur. L^exclusion de ces deux premières manières dont peut avoir lieu raffaiblissement de Tendosmôse, nous met dans la nécessité d'adopter la troisième , et nous allons voir cette adoption confirfâée et légitimée par Texpérience. Loi'sque deux liquides, impar&itement mêlés, sont [réunis dans un même vase, lé plus dense se précipite vers la partie inférieure, et le moins dense occupe la partie supérieure. Or, la sève lymphatique n'est point un liquide homogène et partout le même; lors de son introduction dans le végétal^ ce n'est que de l'eau pure ; cette éau acquiert peu à peu une densité plus considérable, par la diasolutlon qu'elle opère des liquides organiques. Ce fait est bien prouvé par les expériences de M. Knight. Lorsqu'un caudex végétal est couché horizontalement, la sèvela plus dense doit de précipiter vers le côté qui regarde la terre; la sève la plus aqueuse, et par conséquent la plus légère , doit demeurer dans le côté qui regarde le ciel.

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