‹ Nouvelles recherches sur l'esthétique et la moraleChapitre 20 sur 39 · La Philosophie Positive^ année 1868, p · texte numérisé non relu

La Philosophie Positive^ année 1868, p

2. Cette étude devait paraître dans La Gazette médicale de Paris,

164 NOUVELLES RECHERCHES SDR L^ESTHÉTIQDÊ ET LA MOtlALË

qa*an navire sans boussole, privées de lear critériam essentiel, c'est-à-dire d'un appui sûr pour le verdict de l'expert et pour sa conscience, d'un abri pour sa responsabilité, et, pour tous, d'une indispensable garantie. Ce serait donc nn véritable et grand bienfait social que de mettre un terme à cette incertitude ; or c'est à M. Littré que cette bonne fortune et cet honneur seraient échus si la découverte annoncée dans les lignes suivantes se trouvait être une réalité.

< Dans un individu malade cérébrale ment >, nous déclare M. Littré, < un motif actuel ne peut être vaincu par un motif plus fort ; c'est là ce qui caractérise la maladie. Dans un individu sain d'esprit, un motif plus fort peut toujours vaincre un motif actuel; c'est là ce qui caractérise la santé cérébrale. >

La forme précise et magistrale sous laquelle ce jugement est rendu atteste chez l'auteur la conviction sincère, la ferme et entière confiance d'avoir enfin apporté à la psychologie médicale la solution de son problème capital. Mais cette assurance était-elle justifiée? c'est ce qu'il importe de voir.

Telle est donc la distinction caractéristique et fondamentale qui vient d'être fixée entre < l'individu cérébralementmalade » (je conserve les expressions de M. Littré) et < l'individu sain d'esprit >. Chez ce dernier, < un motif plus fort peut toujours vaincre un motif actuel > ; chez celui-là, tout au contraire, < un motif actuel ne peut pas être vaincu par un motif plus fort. >

La première de ces deux propositions exprime, sous line forme restrictive, il est vrai, une loi générale, absolue, de la détermination morale, en quelque sorte un principe de mécanique rationnelle appliqué à la psychologie. Ce principe, M. Littré Ta développé d'ailleurs

longuement dans le cours de son écrit, et il nous paraît en avoir donné une démonstration solide autant que brillante. Mais, après cela, comme s'il ne se rendait pas compte lui-même de la force et de la portée de ses raisonnements (qu'il a pourtant fait sentir si bien au lecteur), il dément implicitement la vérité qu'il vient de mettre en pleine lumière ; à cette vérité toute d'évidence il prétend imposer des exceptions qui la contredisent, c'est-à-dire qui contredisent la logique même; et cette contradiction est si directe, si formelle, si peu déguisée, qu'elle laisse l'esprit dans un indicible étonnement.

Après s'être longuement appliqué et avoir pleinement réussi, il me semble, à nous faire sentir l'absurdité de dire que de deux motifs sollicitant la volonté en sens inverse, ce n'est pas le plus fort des deux qui nécessairement l'emporte; après avoir consacré de nombreuses pages à démontrer que c'est là une flagrante contradiction dans les termes (car le plus fort, qu'il s'agisse de motifs ou de toute autre force, peut seulement s'entendre de ce qui surmonte la résistance), après avoir défendu et fait triompher cette thèse, on vient nous apprendre qu'il est un cas où < un motif- actuel ne peut être vaincu par un motif plus fort » !

101. Ainsi se trouve très formellement réhabilité, par l'écrivain positiviste, le sophisme du libre arbitre classique, que son article avait pour unique but de réfuter. Ajoutons que ce philosophe renchérit encore, et d'une façon bien étrange, sur l'illogisme reproché par lui, et non à tort, à ses adversaires. Aucun de ces derniers, certes, n'aurait voulu reconnaître pour sienne une opinion présentée sous la forme d'un jugementaussi ouvertement

négatif de soi-môme; car, aifirmer que le plies fort ne peut pas vaincre le plits faible^ et que le plus faible a toujours le dessus, équivaut en toute rigueur à affirmer que le plus fort, c'est le plus faible, que le plus faible, c'est le plus fort; c'est-à-dire que le blanc n'est pas blanc, mais qu'il est noir ; que le noir n'est pas noir, mais qu'il est blanc; c'est, en un mot, qu'on me pardonne l'inévitable dureté du terme, c'est pure logomachie. Oui, sans doute, ce paradoxe inqualifiable exprime bien au fond et fidèlement une certaine doctrine extrême du libre arbitre ; mais, je le répète, les adhérents de cette doctrine n'y restent attachés que parce que l'erreur s'en dérobe dans le vague de leur pensée, parce que cette croyance, flottant dans un brouillard de subtilités, ne s'est jamais présentée à leur esprit dans sa nudité. Or voilà que M. Littré s'attache et réussit à merveille à dépouiller cette doctrine de tous ses artifices, à l'exposer sans voiles et à la convaincre de fausseté en la réduisant à l'absurde ; et, cela fait, il épouse et fait sienne l'erreur ainsi rendue manifeste et ridicule à tous les yeux par ses propres soins ! Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Après s'être prononcé pour ce qu'on peut imaginer de plus outré dans le dogme spiritualiste du libre arbitre — duquel il s'applaudit en même temps d'avoir fait bonne et sévère justice — , après avoir proclamé Texistence d'un libre arbitre inouï, ce n'est pas toutefois à l'universalité des êtres humains qu'il en attribuera indistinctement le bénéfice : il le dénie positivement à l'homme raisonnable, il en fait l'apanage de Taliéné I II a dit : < Dans un individu malade cérébralement (M. Littré entend désigner ainsi l'aliéné), un motif actuel ne peut pas être vaincu par un motif plus fort ; c'est là ce qui caractérise la maladie, >

102. Est-ce donc là ce qu'il nous faut accepter pour de la philosophie positive ?

La haute situation de M. Littré donne à ses jugements philosophiques une importance bien supérieure, j'ai le regret de le dire, à leur mérite intrinsèque; il en est même quelques-uns (et Ton m'accordera que celui dont il vient d'être question est du nombre) dont on hésiterait à faire sérieusement la critique en s'adressant à des lecteurs auxquels serait inconnu le nom très sérieux et célèbre de notre auteur. Mais il m'est avis que Tautorité même de cet écrivain (autorité incontestablement très légitime à une foule de titres, je me plais à le répéter), dont cette soi-disant philosophie positive s'est fait un pavillon inviolable couvrant ses marchandises et leur donnant entrée partout en franchise et sans vérification, est pour nous un surcroît d'obligation de démasquer cette fausse sagesse. Les erreurs sont dangereuses d'autant qu'elles tombent de plus haut, et celles que trop souvent laisse échapper la plume de M. Littré ont ceci de particulièrement pernicieux que ce chef d'école a pour habitude d'exprimer toutes ses opinions, en matière de philosophie, sous forme de propositions axiomatiques, de sentences, et je dirais presque d'oracles, comme s'il s'agissait, non de pures opinions, mais de vérités établies, reconnues et indiscutables, auxquelles l'ignorance ou l'ineptie pourraient seules marchander leur adhésion. Continuons donc à discuter avec indépendance les enseignements d'un maître dont nous honorons le caractère et le savoir, mais à la suite duquel nous voyons avec chagrin la philosophie générale, et plus particulièrement la physiologie et la médecine philosophiques, s'égarer dans une obscurité épaissie et rétrograder.

Dans le singulier paradoxe que M. Littré a donné pour formule à sa distinction de Tétat de santé et de l'état de maladie mentales, on aimerait à ne voir qu'un lapsus calami ; et, au fait, la manière dont il rend sa pensée est tellement inacceptable que, suivant toute probabilité, il a mieux voulu dire qu'il n'a dit en effet. Cherchons donc à dégager l'idée possible, intelligible, sinon juste et vraie, que peut cacher cette expression si étrange.

L'interprétation la plus favorable qu'il soit possible d'en donner me parait être celle-ci : c'est que les motifs spéciaux, tels et tels motifs, qui se montrent constamment prépondérants chez une classe de sujets — qua* lifîés, pour cette raison même, d'esprits sains — cesseraient de l'emporter sur'les impulsions antagonistes quand il s'agit de l'aliéné. Ainsi traduite, la pensée de M. Littré ne serait donc pas, contrairement au sens littéral de sa formule, que, chez l'aliéné, un motif plus fort est toujours vaincu par un motif plus faible (ce qui a un sens trop peu raisonnable pour n'être entièrement dénué de sens), mais que les mêmes motifs, constamment les plus forts chez les individus de la première catégorie, se montreraient les plus faibles chez les autres. Les aliénés, dès lors, nous représentent une classe d'hommes dontles déterminations sont régies souverainement par des motifs qui n'exercent pas le même empire sur l'esprit des autres hommes.

Certes, ramenée à de semblables termes, la proposition de M. Littré n*a plus rien de choquant pour la raison ; mais je me demande si, pour cela, elle a plus de valeur scientifique ; et, je le déclare, je ne lui en trouve absolument aucune. Et en effet, qu'importe-t-il, au point de vue du diagnostic médico-psychologique, de savoir que la supériorité ou l'infériorité relative des motifs qui

sollicitent la volonté n'est pas invariable, et qu'elle n'est pas la même chez l'homme raisonnable et chez le fou, si nous ignorons sur quels motifs spéciaux porte une telle différence? si nous ignorons quels sont ces motifs différentiels? Or, sur ce dernier point, le point essentiel, M. Littré garde un silence complet ; et en même, temps il affirme pourtant qu'il s'agit là d'une différence < radicale >, essentielle, absolue, et telle enfin qu'entre la série des innombrables degrés de la folie et la série des nuances si nombreuses à distinguer dans la santé mentale, aucun trait d'union n'existe, aucun terme de transition n'est possible. Et, bien plus, ce n'est pas seulement entre la folie et la raison qu'il met cet infranchissable abîme, c'est aussi entre l'état de maladie mentale et les états d'infirmité et de dépravation mentales ; entre la classe des aliénés et la classe des esprits infirmes jet des caractères vicieux. Et, conséquent cette fois avec lui-même, il n'hésite pas à recommander à la société, à la médecine, à la morale, à la jurisprudence, d'user de deux conduites tout aussi radicalement différentes, également opposées, vis-à-vis de ces deux catégories, qu'il se flatte d'avoir déterminées si nettement qu'on ne saurait dorénavant courir le risque terrible de les confondre, grâce au critérium dont il a fait l'heureuse trouvaille !

« « 103. Oui, moi qui aime la philosophie et qui en ai fait ma vie, je suis forcé d'en convenir : parla coupable légèreté de ses décisions sur les questions les plus ardues et les plus graves, sur des questions qui touchent à nos existences mêmes, à tous nos plus précieux intérêts, elle se rend digne, en vérité, du mépris que certains hommes de pratique ou de science spéciale lui ont voué-.. Mais

les philosophes feraient-ils par hasard de leurs dires ^loin8 de cas encore qu'on en fait ailleurs, et entendraient-ils que, dans leurs œuvres, on vît purement dés jeux d'esprit, une escrime littéraire sans autre prétention plus sérieuse et sans conséquence aucune, ^n i)ien ou en mal, pour les affaires humaines, vérbaet voceset prœterea nihil ? On pourrait le croire s'il était permis de douter de leur orgueil. Reprenons.

Je cite un autre passage de l'article de M. Littré : < La pathologie aussi doit dire un mot. Voilà un halluciné à qui des voix, qu'il regarde oomme surnaturelles, lui commandent un meurtre, et ir tue ; et, en regard, voilà un assassin qui convoite de Targent pour ses besoins et ses passions, et il tue aussi. Aux yeux de la société, le premier est irresponsable, le second est responsable. Pourtant on doit dire que, dans les deux cas, l'acte est nécessaire, et la voix céleste n'est pas plus impérieuse que la soif de l'or chez une nature où les lumières et la moralité se sont éteintes ou même n'ont jamais existé. Ces deux cas, semblables par l'absence de ce qu'on nomme le libre arbitre, diffèrent radicalement, en ceci que, si l'on peut agir sur ces deux hommes, c'est, chez le premier, par des moyens médicaux, chez le second, par des moyens moraux. »

Tout d'abord, il importe de remarquer qu'en mettant enparallèleun assassin halluciné et un assassin voleur, notre philosophe n'entend pas opposer précisément Tune à l'autre l'hallucination et le vol ; ces deux cas ne figurent ici que comme exemple d'une règle générale applicable à V aliénation mentale àdiX\s toutes ses espèces, d'une part, et, d'autre part, au vice pris dans toutes ses formes. Ainsi, pour lui, ce n'est pas seulement l'assassin halluciné, qui diffère radicalement de l'assassin

cupide, c'est aussi le cleptomaniaque on voleur aliéné, qui différera radicalement du voleur simplement vicieux ; c'est le dipsomatiiaque, qui différera radicalement du simple ivrogne ; c'est le satyriasique et la nymphomaniaque, qui différeront radicalement d'un libertin, d*une débauchée ; et, en résumé, l'œil discriminateur de M. Littré découvre une différence radicale qui, pour lui, sépare nettement ces deux groupes de tiialheureux tellement malaisés à distinguer jusqu'à ce jour que la position socialcdes familles était le plus souvent l'unique signe différentiel, l'unique symptôme diagnostique décidant à leur égard entre la maison de santé et la maison de correction, entre Tasile et la prison, le bagne ou l'échafaud I

104. Les termes choisis par M. Littré pour définir d'une manière abstraite la radicale distinction qu'il affirme exister entre la raison et la folie, ayant un sens contradictoire, ou pour mieux dire n'ayant aucun sens, c'est dans les développements subséquents de sa thèse que nous avons dû chercher le fond de sa pensée. Le passage qui vient d'être cité nous fournit à cet égard quelques indications très précises. En revanche, elles sont peu d'accord avec certaines autres déclarations non moins formelles contenues dans le même écrit ; mais à cela que pouvons-nous ? Quoi qu'il en soit, en posant ce fait que l'on peut et doit agir sur les aliénés « seulement par des moyens médicaux >, c'est-à-dire physiques (puisque médical est opposé ici à moral), et que les moyens moraux sont au contraire les seuls ayant puissance d'agir sur l'esprit des pervers, et à plus forte raison, j'imagine, sur l'esprit de ceux qui ne sont ni Tun

ni l'autre, M. Littré a voulu indiquer sans doute que la matière de l'organisme, que le corps, enchaîne la volonté chez les premiers et la laisse libre de toute contrainte chez les autres.

Ainsi, d'après cette dernière citation, en disant, dans la première, que, chez l'aliéné, < le motif actuel ne peut être vaincu par un motif plus fort >, M. Littré a voulu exprimer (ou autrement il faut renoncer à l'expliquer et à le comprendre) que, chez l'aliéné, l'impulsion psychique est régie par la disposition organique. A ce compte, ce ne serait plus la folie qui jouirait du privilège du libre arbitre, comme nous l'avions cru d'abord ; ce serait au contraire la privation du libre arbitre qui constituerait le caractère dis tinctif de la folie, et de la sorte M. Littré se trouverait parfaitement en règle vis-à-vis de Torthodoxie spiritualiste.

Mais cette explication se heurte à une nouvelle difficulté. Voici, en effet, un autre passage du même article où il est déclaré positivement, et du ton le plus péremptoire : 1<> que toutes les variations possibles dans la loi de nos déterminations dépendent de la diversité de nos organismes ; 2^ que les causes psychiques, pour opérer différemment sur des cerveaux différents, n'en opèrent pas moins sur tous, indistinctement sur tous. Je cite :

< Les cerveaux sont isotypes >, écrit M. Littré ; < mais cette isotypie laisse la place à une infinité de nuances ; et, de personne à personne, les traits du cerveau ne varient pas moins que ceux du visage. Il est donc certain que les mêmes causes psychiques opéreront différemment sur des cerveaux différents ; mais elles n'en opéreront pas moins ; et la part de variation que Ton aperçoit dans les actions sous les mêmes causes psychiques^

Le LIÔRE ARBITRE ^OSlTlVlSTE 1?8

constate seulement la part de variation^ soit congénitale^ soit acquise, dans le type commun. >

Ainsi l'auteur pose en principe ces deux choses: c'est que de l'état des cerveaux particuliers dépend la défaite ou la victoire, la prépondérance ou la sujétion, des motifs divers qui se livrent bataille en notre âme ; et, en second lieu, c'est que les causes psychiques opèrent, différemment sans doute, mais efficacement, sur tous les cerveaux. Pourquoi donc l'auteur de ces propositions veut-il, dans un autre endroit de son écrit, que les causes psychiques, < les moyens moraux >, soient sans action aucune sur le cerveau de tout aliéné, et que les causes physiques, physiologiques, ou, comme il le dit, les « moyens médicaux >, c'est-à-dire ceux dont l'action modificatrice s'adresse directement aux organes, soient sans action aucune sut Tétat mental du sujet vicieux ou normal, comme si, dans ce cas, Tétat du cerveau perdait toute influence sur l'état de l'esprit? En vérité, c'est une tâche malaisée que d'avoir â concilier cet autour avec lui-même.

En tout cas, cela n'est que trop évident, M. Littré s'est vainement efforcé de rendre claire, de rendre intelligible et logique, sa distinction radicale de la raison et de la folie; et il a également échoué dans ses efforts pour établir comme quoi c'est le régime de la chemise de force, de la douche et de l'ellébore, qui seul est applicable aux aliénés (si nettement définisd'ailleurs !), et comme quoi le sermon et la menace des peines, dans cette vie et dans l'autre, dbivent constituer tout le traitement des esprits mal faits ou pervertis.

105. Tout rintérét de cettediscussion n'est pas de nous édifier sur les présomptueuses théories positivistes ;

m NOUVELLES RECHERCHES SUR L'ESTHÉTIQUE ET LA MORALE

è'est encore pour nous une occasion de nous familiariser avec un problème redoutable qui se pose à la médecine et devant lequel elle ne peut plus reculer. Car ce n'est pas seulement la logique scientifique qui le lui impose ; la société la met hautement en demeure de le résoudre, en se fondant sur les attributions nouvelles dont elle lui a concédé le privilège : connaissance des causes de psychologie légale, direction des aliénés. Le point que nous examinons ici à propos des vues émises par M. Littré n'est donc pas un sujet de pure controverse médico-métaphysique destiné à ne jamais descendre des régions éthérées de l'abstrait ; c'est essentiellement une question de pratique médicale, une question vitale, actuelle, urgente. Que le lecteur nous pardonne donc de faire quelque violence à ses habitudes et à ses goûts en Tentraînant sur un terrain qu'il jugeait peut-être étranger au domaine médical.

La culture de ce domaine s'est concentrée en effet depuis un certain temps sur quelques-unes de ses parties, et, à beaucoup d'égards, c'est un bien ; mais la Médecine a des voisins : ce sont la Psychologie, la Morale, rÉducation, la Jurisprudence et toute la Sociologie. Or ces voisins d'héritage ont sur elle des droits de servitude, comme elle en a sur eux ; et, s'il lui convient de négliger ses droits, on sait la rappeler avec injonction et menace au soin de ses devoirs. On lui apprend alors que toutes les portions de son domaine naturel sont solidaires entre elles, et qu'en restreignant sa jouissance à quelques-unes elle encourt la dépossession du totit. Mais revenons à la thèse de M. Littré.

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