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LE RÉALISME ET LA MORALE

112. Il est rare que dans an procès tout le tort soit d'un côté et toute la raison de Tautre. La cause du Réalisme, à bien voir les choses, a aussi sa part de raison.

Le Réalisme, déclarant par la bouche de M. Fr. Sarcey que Fart n'a rien à démêler avec la morale, a peutêtre été trahi par l'expression, et il est possible qu'au fond sa pensée n'aille pas aussi loin. C'est qu'en effet cette opinion paradoxale a un côté vrai, légitime, qu'on peut dégager au moyen d'une distinction restée jusqu'ici inaperçue.

Étant données l'intelligence et les lumières de M. Sarcey, il est permis de croire que ce qu'il a voulu dire est en somme ceci : c'est que, en matière d*art comme en matière de science, la vérité relève seulement d'ellemême, et qu'il ne dépend pas des convenances de la morale ou de la religion établies^ ou de toute autre chose, que cette vérité reste vérité ou cesse d'être vérité. M. Sarcey ne veut pas, dit-il, que l'Église impose silence à Galilée parce que la vérité sur le système du mondé confessée par ce grand homme contredit une erreur de la doctrine ecclésiastique; et c'est par une seconde et semblable revendication en faveur de la vérité qu'il oppose les droits de l'art à ceux de la morale.

Évidemment, M. Sarcey n*a pu entendre que dans ce conflit, dans cette radicale contradiction entre l'art et la

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