LA RAISON NATURELLE DE LA PUDEUR
122. € Il n'est pas vrai que rincontinence suive la nature, elle la viole au contraire. C'est la modestie et la retenue qui suivent ses lois. >
Ainsi a parlé Montesquieu {De la pudeur naturelle^ dans V Esprit des lois), et il a, je crois, bien parlé. Mais le grand écrivain ne se borne pas à énoncer cette opinion, il cherche à Fappuyer d'une démonstralion. La pudeur, nous dit-il, est dans le vœu de la nature; or, qu'est-ce qui prouve qu'il en soit véritablement ainsi? Et, en second lieu, si la nature a institué la pudeur, pour quelle fin, pour quelle fonction, pour quelle utilité Ta-t-elle instituée?
Telles sont les questions que l'illustre penseur s'est adressées à lui-même ; et maintenant nous allons examiner sa réponse.
Pour préciser le point en discussion, nous devons d'abord constater ceci : Montesquieu commence par poser en fait que la pudeur est un sentiment particulier, en quelque sorte, à la femme, ou qui, tout au moins, a sur elle un plus grand empire que sur l'homme. C'est cette différence entre les deux sexes, différence incontestable à un certain point de vue, mais très contestable à certains autres, dont il recherche la cause naturelle. Voici ce qu'il a trouvé. Il dit, en parlant de la nature :