‹ Nouvelles recherches sur l'esthétique et la moraleChapitre 3 sur 39 · Ceci s'écrivail en · texte numérisé non relu

Ceci s'écrivail en

2. Cours élémentaire de phytique, par A. Boutan, professeur de physique au lycée St-Louis, et Ch. d'Almeida, professeur de physique au lycée Napoléon, Paris, 1862.

par eux-mêmes qu'une définition ne saurait ajouter à Tévidence de leur signification ? Une telle explication n'est pas admissible : ces professeurs distingués le savent trop bien, et d'ailleurs tous leurs d evancier s ont eu le soin de le faire observer, les trois expressions dont il s'agit sont particulièrement entachées d'équivoque^ Au fond, rien de plus indéterminé, scientifiquement parlant, que le sens quele vulgaire y attache. Et, quant aux savants, ils ont pour eux deux significations radicalement différentes et diamétralement opposées, mais sans qu'ils sachent en faire le départ exact : Tune se rapportant à quelque chose qui est en nous, qui est une manifestation de notre âme même, de notre moi ; l'autre, visant quelque chose qui est hors de nous, qui est du domaine de l'objectif, de la matière.

On ne peut dès lors faire qu'une supposition, c'est que les deux habiles professeurs, frappés de l'insuccès de tous ceux qui avant eux avaient essayé de donner une définition satisfaisante des trois objets de l'optique, de l'acoustique et de la thermique, auront désespéré de pouvoir mieux faire. Impuissants à s'acquitter d'une tâche néanmoins rigoureuse, ils auront pris le parti de ne le point tent^.

3. Il faut en convenir, un pareil aveu d'impuissance est une humiliation pourla science spéciale etuneconfirmation éclatante de ce jugement de M. Littré : < L'insurrection à laquelle l'esprit moderne est en pr^i^^ écrit cet illustre penseur, est la lutte contre l'ascendant des idées générales et d'une philosophie qui soit la régulatrice des idées et des sciences particulières. Il se parque obstinément dans les compartiments des connaissances spéciales, et Ton doit voir en cet état sa maladie

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la plus manifeste et la plus grave. > [Auguste Comte et la philosophie positive^ par Emile Littré, 2* édit., p. 560.)

Nous apprécierons maintenant les tentatives qui ont été faites par de plus hardis pour triompher de la difficulté devant laquelle MM. Boutan et d'Almeida ont reculé. Je prendrai à cette fin un autre traité de physique également récent, qui se rencontre sous ma main. C'est celui de M. Forthomme, docteur es sciences, agrégé des sciences physiques, et professeur de physique au Lycée impérial de Nancy.

Je le cite :

I. < Nous appelons lumière la cause, quelle qu'elle soit, qui produit en nous la sensation que nous percevons avec l'organe de la vue, avec les yeux, la cause qui rend les objets visibles. > {Traité élémentaire de physique^ t. 1".)

IL < Le son est la sensation que nous percevons par l'organe de l'ouïe : il est toujours produit par Taction d'un corps extérieur qu'on appelle corps sonore. Le mot son s'applique aussi au phénomène particulier que produit le corps sonore, à ce qui détermine en nous la sensation de l'ouïe, et c'est dans cette dernière acception que nous le considérons ici. C'est alors un phénomène physique dont l'étude fait l'objet de l'acoustique. > (Op. cit., ibid.)

IIL < Tout le monde sait ce que l'on appelle corps chauds ; ce sont ceux qui produisent sur nos organes cette sensation particulière qu'on éprouve en approchant d'un foyer allumé, d'une barre de fer rougie au feu, d'un verre plein d'eau bouillante, etc. Cette sensation est due à une cause déterminée qu'on appelle la chaleur. > [Ibid.)

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4. Avant d'aller plus loin, je tiens à faire observer que je n'entends aucunement discuter ici une œuvre particulière au point de vue de son mérite comparatif.

Le livre que je prends pour texte de mes réflexions est d'ailleurs un travail qui, quant à la science et au talent, ne le cède pas à ses rivaux, et que, pour ma part, je serais disposé à placer au-dessus de certains d'entre eux, dont la renommée est plus grande. Qu'il soit donc bien compris que ce n'est pas tel ou tel physicien qui est ici en cause, mais la physique elle-même.

Nous pouvons d'ailleurs ajouter que si, au lieu de prendre pour texte de cette critique doctrinale les pages d'un savant qui n'est pas de ceux dont on dit qu'ils font autorité, nous eussions choisi les autorités les plus incontestées et les plus imposantes, nous aurions à gémir bien plus encore pour les lois violées, outragées de la méthode. Que l'on consulte pdiV exemple le Dictionnaire de médecine si renommé de MM. Littré et Gh. Robin, aux articles Lumière, Couleur, Son, Chaleur, Odeur ^ Saveur, et l'on jugera combien sont encore plus boiteuses, plus incohérentes, plus inacceptables, les définitions* formulées par ces deux éminents maîtres de la philosophie scientifique*.

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