‹ Nouvelles recherches sur l'esthétique et la moraleChapitre 9 sur 39 · ESTHÉTIQUE DU PLAISIR ET ESTHÉTIQUE DE L^UTILE · texte numérisé non relu

ESTHÉTIQUE DU PLAISIR ET ESTHÉTIQUE DE L^UTILE

Le Plaisir et la Peine peuvent, puisqu'il en est ainsi, fournir la matière d'une étude distincte et autonome applicable à toutes les espèces de la Sensation et du Sentiment. Une telle étude ne constituera pas, à proprement parler, une branche de l'Esthétique ; ce sera plutôt une coupe transversale de tout ce vaste domaine, comme serait par exemple une coupe de la Botanique qui partagerait l'entier règne végétal en une dichotomie d'espèces vénéneuses et d'espèces non vénéneuses, ou bien encore de plantes ligneuses et de plantes herbacées.

Cette division artificielle^ comme diraient les naturalistes, de la science totale de la Sensation, a accaparé jusqu'à ce jour pour elle-même une dénomination que je revendique avec Kant, et au nom de l'étymologie et de la méthode, au profit du grand ensemble naturel dont cette division idéale n'est qu'un des aspects.

35. Il résulte des principes précédemment posés que l'étude du Plaisir, comme l'étude de la pure sensation, présente trois côtés : le subjectifs ou psychologique] le moyen, ou physiologique; et Y objectif que nous pouvons aussi appeler physique, en élargissant l'acception habituelle de cette expression. Notre attention va se concentrer sur le dernier de ces trois points.

36.0ncomprendraquelesrèglesderEsthétique Objective générale, telles qu'elles se sont dégagées progressivementdes considérations qui précèdent, sont également applicables àl'Esthétique Objective sensuelle on du Plaisir. Le programme de celle-ci se résumera dès lors pour nous dans les questions suivantes :

1« Déterminer et expliquer les conditions objectives

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auxquelles il est normalement dévolu de susciter le Plaisir ;

2* Préciser Teffet utile que ces conditions normales sont appelées à produire d'une manière consécutive par l'intermédiaire du Plaisir.

Ces deux faces de l'Esthétique Sensuelle Objective n'ont donné lieu jusqu'à présent, ni Tune ni l'autre, à aucune investigation systématique générale. La première toutefois est devenue l'objet de recherches approfondies en ce qui concerne le son. Un art merveilleux est né de cette étude spéciale, et les physiciens ont poussé assez loin sur ce point l'analyse des causes objectives du plaisir pour en exprimer la loi en des formules numériques. Leur première découverte, dont les autres n'ont été que le développement, a été que le son objectif consiste dans un état vibratoire du corps sonore et des milieux de propagation. On distingue dans chaque son, au point de vue subjectif, trois qualités essentielles, qui sont : l'intensité, la hauteur et le timbre.

Or, il a été démontré que chacune de ces qualités subjectives du son correspond à une qualité objective particulière de l'onde sonore qui le produit, soit, respectivement, à son amplitude, à sa vitesse et à sa forme. Voilà donc les qualités du son ramenées à des propriétés purement géométriques ou mécaniques. Ce n'est pas tout : le physicien étant parvenu à mesurer exactement la vitesse du mouvement vibratoire qui correspond à chaque hauteur de son, c'est-à-dire à chaque note de la gamme, cela en comptant le nombre des vibrations accomplies dans un temps donné, il a pu par cela même se passer de l'ouïe pour déterminer la valeur musicale de chaque son et de toute combinaison de sons ; il lui a suffi de consulter des yeux le « compteur acoustique ».

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Le compteur acoustique devient ainsi le thermomètre du son. Le thermomètre et le compteur nous font connaître par voie objective, c'est-à-dire sans que nous réprouvions directement et dans sa spécificité, le pouvoir d'un phénomène donné de caloricité ou de sonorité d'agir sur notre sens de la chaleur ou sur celui du son de telle ou telle manière, et à tel ou tel degré.

37.Nousravonsdit,lamusiquedesCouleursaétéintroduite dans la science par les curieux travaux de M. Ghevreul. Mais il reste beaucoup à faire, et presque tout pour ainsi dire, je ne dirai pas pour élever celle-ci à la hauteur de la musique des Sons, mais pour lui donner tout le développement qu'elle comporte.

Que dirons-nous de la musique des Odeurs et de celle des Saveurs? Ce sont là deux champs qui ne méritent pas moins peut-être d'être culti^jés que leurs voisins. Délaissée, dédaignée par la science, la dernière a été abandonnée jusqu'ici à l'art, déjà très appréciable sans doute, mais encore tout empirique, des Vatel et des Carême. Certes le jour viendra où le laboratoire culinaire égalera en dignité scientifique l'officine du pharmacien de même qu'il l'égala de tout temps par l'utilité de ses services.

38. Pour ce qui est du second point de vue de l'Esthétique sensuelle objective, il a été aperçu, mais n'a été que superficiellement considéré, par les hygiénistes, et encore seulement en ce qui touche au goût et à Todeur. Relativement au son, il a été entrevu dans Tinfluence de tout temps reconnue de la musique sur le

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moral; et les physiciens sont parvenus à formuler par des nombres proportionnels de vibrations les caractères objectifs de deux catégories de sons curieusement distinctes par leur action sur l'âme, les uns soulevant les émotions violentes ou joyeuses, les autres évoquant la tendresse ou la pitié.

En résumé, TEsthétique objective du Plaisir n'a été constituée, dans Tordre des sensations simples, c'està-dire des sensations relatives aux différents sens spéciaux prises isolément, que pour le son seulement, par la théorie fondamentale de la musique, et par la théorie a peine ébauchée de la correspondance des différentes modifications et combinaisons du son avec les différentes manières dont Tâme émotive peut être affectée par cet agent.

Les recherches des esthéticiens ont principalement porté sur le domaine de la sensation composée et plus ou moins mêlée de sentiment, et sur le domaine du pur sentiment, c'est-à-dire des émotions procédant des facultés affectives et Imaginatives, en dehors de la sensation proprement dite. Mais, me demanderai-je ici avec tous ceux qui se sont heurtés à la difficulté capitale qui se présente en ce moment, comment serait-il possible de jeter les bases de l'Esthétique objective des Sentiments tant que les facultés de l'âme dont ils relèvent (de la même manière que les sensations spéciales relèvent des sens spéciaux correspondants) ne seront pas déterminées, différenciées et classées ?

Certes, une classification naturelle des facultés passionnelles de l'âme, venant s'ajouter à celle de ses facultés sensationnelles ou sens,répandrait un jour fécondant sur le sujet dont il s'agit ; mais ce résultat si désirable, qui semble encore bien éloigné, ne constitue heureu-

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sèment pas la condition sine quâ non d'une incursion fructueuse sur le terrain de Testhétique objective du Plaisir sentimental

39. Que le lecteur prête son entière attention à ceci : Toutes les fois que pourformuler notre jugement sur une chose nous qualifions cette chose par un mot impliquant l'affirmation d'un plaisir ou d'une peine, c'est-à-dire indiquant qu'elle a la propriété de nous faire éprouver l'un ou l'autre de ces deux états contraires, nous pouvons affirmer qu'il y a là matière à Esthétique Objective.

Ainsi, quand nous appliquons les qualificatifs suivants : harmonieux^ discordant, suave^ exquis, délicieux^ rebutant^ bene olens, maie olens, gracieux, disgracieux, aimable j détestable, beau, joli, charmant, laid, vilain, noble, ignoble, sublime^ honorable, glo-rieux, honteux, infâme, superbe, admirable, magnifique, adorable, méprisable, vil, abject, affreux, horrible, etc., ce sont autant d'états de notre moi, autant d'états subjectifs divers qui s'accusent, et qui tous se rattachent à l'une ou à l'autre de ces deux catégories : le Plaisir, la Peine. Et si nous appliquons de tels qualificatifs à des choses qui sont en dehors de nous, en réalité c'est uniquement pour désigner ces choses comme les causes objectives déterminantes des modifications subjectives caractérisées par ces mots. Quand nous disons d'un corps qu'il est chaud, cela veut dire, strictement parlant, que ce corps a la propriété de réveiller en nous certain état de conscience qui est la sensation de chaleur. Et de même, quand nous disons qu'un breuvage est exquis, qu'un édifice est magnifique, qu'une femme est belle, qu'une action est noble, que les actes de tel individu

sont méprisables, etc., au fond nous n'affirmons rien autre que certains états de plaisir ou de peine éprouvés par nous,en rapportant ces effets subjectifs à des causes déterminantes objectives qu'ils servent à distinguer et à caractériser.

Ce sont ces circonstances, ces conditions excitatrices externes, ces causes objectives, en un mot, qu'il s'agit de déterminer et d'analyser. Mais pour les considérer en elles-mêmes, pour définir leurs propriétés intrinsèques et absolues, nous avons appris qu'il faut commencer par faire entière abstraction de tous leurs caractères sensibles, c'est-à-dire des caractères extrinsèques empruntés par ces causes aux manières d'être qu'elles suscitent en notre âme.

Ainsi, quand nous proclamons que la Vénus de Milo est admirablement belle, nous attestons qu'une certaine cause à nous extérieure produit en notre moi un certain état spécial de plaisir. Pour apprécier et définir cette cause dans ce qui lui appartient intrinsèquement et constitue son essence, il faut l'envisager dépouillée du caractère de l'émotion qu'elle nous procure, et cela sous peine de nous enfermer dans un cercle vicieux. Le problème à résoudre devient alors une question physiologique et géométrique, elle cesse d'être une question de sentiment.

40. Pour traiter l'Esthétique objective du Plaisir en général, il est nécessaire de comprendre sous une commune et générale expression tous les différents qualificatifs exprimant les modes spécifiques particuliers de plaisir et de peine. Par exemple, de même que nous désignons par la commune appellation de sonore tout ce qui

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suscite en nous les diverses modalités possibles de la sensation de son, et par celle de sapide tout ce qui nous donne la sensation de saveur, quelle que soit la variété de chacune de ces deux sensations spécifiques ainsi provoquées, il conviendrait de même d'embrasser sous le couvert d'une seule et même désignation générique tous les objets du Plaisir et tous les objets de la Peine. Mais où prendre ces dénominations nouvelles ? Le mieux sera, je crois, de les demander à une extension de la valeur, d'ailleurs encore assez mal arrêtée dans le langage philosophique, des deux termes suivants : le Beau et le Laid.

Je ne perds pas de vue que le mot beau, pris dans son acception la plus habituelle, sert à distinguer Tune des espèces du genre à la désignation duquel je proposé de Taffecter. Mais les classificateurs les plus accrédités nous ont enseigné depuis longtemps un artifice de nomenclature qui permet de multiplier l'application d'un mot sans créer pour cela d'équivoque. Il est habituel en effet aux naturalistes d'étendre au genre lui-même le nom consacré d'une de ses espèces prise pour type. Le nom ainsi généralisé ne perd pas pour cela sa signification spécifique ; promu pour ainsi dire à une fonction supérieure, il conserve néanmoins son ancien petit emploi, il cumule. Le nom de l'espèce Chien, par exemple, a été étendu au genre correspondant ; après quoi, quand c'est ce dernier qu'on veut désigner, on dit simplement Canis, et s'il s'agit au contraire de l'espèce, le mot se redouble et fait Canis Canis, Ne peut-on pas recourir à un expédient analogue pour lever la difficulté qui nous arrête? La métonymie a des inconvénients, mais le néologisme a aussi les siens.

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Nous avons vu que Ton peut se proposer pour sujet d'étude l'Agent spécial de la Sensation, celle-ci étant considérée génériquement, c'est-à-dire abstraction faite de ses différentes espèces particulières. De même le Beau, pris en général comme agent normal du Plaisir, devient le domaine d'une science distincte. Dès lors le beau, au sens restreint, le ^oK, le gracieux^ le magnifia que^ le sublime, ïeooquis, le suave, le délicieux, V harmonieux ^ V honnête, V honorable, le vénérable, etc., seront des termes spécifiques congénères appartenant tous à l'extension d'un même terme générique, le Beau.

41. Après avoir satisfait ainsi de notre mieux à la nécessité logique de commencer par donner un nom à la chose dont nous avons à traiter, et après avoir rempli l'obligation non moins impérative de préciser nettement la valeur de ce signe représentatif, de telle sorte qu'il ne puisse être le sujet d'aucune confusion ni obscurité, nous allons passer à Texamen de la chose elle-même.

42. Le Beau fait la matière de l'Esthétique objective du Plaisir comme VAgent de Sensation fait la matière de l'Esthétique objective en général.

Nous n'avons pas oublié que l'Agent normal se distingue des autres en ce qu'à lui seul appartient le pouvoir de rendre la sensation ou le sentiment apte à exercer une fonction « ttsuelle >. Le Beau normal sera pareillement celui qui, à la propriété de faire naître en nous l'état de plaisir, joint celle de rendre ce plaisir fécond, c'est-à-dire productif d'utilités ultérieures.

Le Beau normal une fois constaté et déterminé, et ses deux fonctions, la « sensuelle > et F « usuelle > (29), une fois précisées dans leurs attributs, reste à connaître les propriétés objectives au moyen desquelles il réalise son double effet.

Nous avons déjà eu l'occasion d'appliquer cette règle dans ce qui a trait au son. Nous avons reconnu que le Beau, dans le Son, correspond à un concours de mouvements vibratoires qui sont entre eux dans un certain rapport de vitesse déterminé. Nous avons cru pouvoir constater ensuite que le son musical a pour « fonction usuelle > de servir de complément au langage, d'être, à vrai dire, un langage du cœur au moyen duquel l'artiste de génie fait communier l'âme de tous dans les trans-

ports cachés de son inspiration, et met en vibration des cordes humaines qui n'eussent jamais vibré sans lui.

En outre, l'observation nous a appris que, réglée d'une certaiine manière, Faction sonore soulève les passions fortes, viriles, héroïques,ou rend joyeux; et que, soumise à une modification différente, elle a la propriété de nous porter à la tendresse, à la volupté, ou à la pitié. Et le physicien, venant se joindre à Tartiste, nous a appris à quelles conditions précises d'objectivité ces deux sortes opposées de modifications subjectives peuvent se rapporter respectivement: il a mis sous nos yeux deux échelles de nombres proportionnels de vibrations sonores dans l'unité de temps, l'une correspondant à la gamme majeure^ l'autre à la gamme mineure,

43. Appliquons la même méthode d'analyse à quelques autres cas de « beauté >.

Quelle est l'utilité qui se cache sous la beauté d'un édifice? et quelles sont les raisons objectives de ce genre de beauté? Ici le beau correspond objectivement à certains rapports géométriques de forme et de grandeur dont l'un des principaux est celui qu'on nomme la symétrie. Or la symétrie est une condition fondamentale d'équilibre. Elle est en outre l'expression première delà grande loi de l'Unité dans la Variété, et de l'ordre le plus parfait dans la diversité la plus étendue, c'est-àdire de cette haute loi de distribution grâce à laquelle l'énergie, le temps et l'espace sont le mieux aménagés et le mieux u,tilisés.

Les qualités que nous aimons dans le corps de la femme, ces formes que nous sentons et proclamons belles, sont en même temps des conditions de sa struc-

tnre qui là rendent apte à Taccomplissement de sa mission sexuelle. Une gorge opulente est-elle donc sans profit pourrallaitement? Et le développement du bassin caractéristique de la forme féminine, qui communique aux hanches et aux fesses leur relief harmonieux et voluptueux, n'est-il pas en rapport manifeste avec les besoins de la gestation? Le beau, dans ce cas, a donc un office d'utilité incontestable ; cet office est de guider les préférences de l'homme dans le choix de l'organisation appelée à concourir avec la sienne à l'œuvre de la reproduction. Une femme chez qui l'âge a ravagé les formes du corps et les traits du visage, éloigne chez l'homme le désir sexuel, loin de l'exciter. Considérée au point de vue de l'union des sexes, elle fait sur lui une impression de laideur, c'est-à-dire de répugnance, et il est rationnel, il est normal qu'il en soit ainsi. A la physiologie il appartiendra, dans l'un et l'autre cas, de justifier l'impression de beauté et celle de laideur, et en môme temps de nous donner leur norme objective; c'està-dire de nous faire connaître les caractères matériels par lesquels ces deux causes opposées de plaisir et de déplaisir sont constituées en elles-mêmes et sont scientifiquement appréciables.

44. < Le jugement du goût n'est pas un jugement de connaissance, il n'est pas par conséquent logique, mais esthétique (relevant de la sensibilité), c'est-à-dire que le principe qui le détermine est purement subjectif. > Kant. {Critique du jugement^ traduction française de M. Jules Barni,t. l*%p. 66.)

Cette appréciation est inexacte. Sans doute la détermination de notre esprit qui nous fait déclarer qu'une chose

est belle ou qu'elle est laide à première vue, ne se produit pas en nous comme conséquence d'un syllogisme, ce n'est pas le fruit d'un raisonnement, c'est une impression spontanée, c'est une sensation, c'est un sentiment. Maiis ce phénomène de sensibilité, cet acte esthétique et non logique, mérite-t-il bien d'être appelé un jugement ? Ce mot contient une équivoque par laquelle Kant s'est laissé tromper. Si i^dit juger delà beauté d'un objet on entend simplement reconnaître, discerner, constater sa présence par l'impression qu'elle fait sur nous, on est fondé à dire que le jugement du goût n'est pas un jugement de connaissance. C'est alors un jugement purement esthétique, comme celui que nous exprimons en disant : le soleil brille, il fait chaud. Mais il ne s'ensuit aucunement que ce qui peut être jugé par la sensation, par une soudaine impression esthétique, ne puisse pas être en même temps justiciable de l'intelligence, faire Tobjet d'une analyse rationnelle. Soutenir le contraire, c'est nier que le sensible soit réductible à V intelligible y et c'est nier la science, dont l'œuvre tout entière est d'opérer cette réduction.

Quand, soumis à une impression de chaud ou de froid, je juge qu'il fait chaud ou qu'il fait froid, c'est par ma sensation que je juge, c'est-à-dire c'est une sensation, c'est un état subjectif que j'affirme. D'après le principe posé par Kant, il faudrait conclure de là que < le jugement de la chaleur n'est pas un jugement de connaissance, qu'il n'est point par conséquent logique, mais esthétique, c'est-à-dire que le principe qui le détermine est purement subjectif >. Et la conséquence pratique d'une telle appréciation serait forcément de déclarer vaine et sans objet la science de la chaleur considérée comme quelque chose d'extérieur à nous, comme quel-

que chose d'objectif. Cette dialectique conduirait pareillement à supprimer la physique de la lumière et la physique du son.

En poussant le principe de Kant à toutes ses conséquences, on en rend la fausseté évidente et palpable.

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