‹ Nouvelles recherches sur l'intoxication spéciale que détermine le sulfure de carboneChapitre 7 sur 12 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

La seule remarque qu'il soit utile de faire ici à l'occasion du diagnostic, portera sur la difficulté que l'on éprouve à classer certains symptômes, du moins au point de vue de leur origine réelle.

L'observation XVIU offre un exemple curieux de paralysie iocalisée dans la moitié droite du corps, avec contracture très sensible. Ces altérations se sont produites à la suite d'une attaque subite, suivie de sept jours de perte de connaissance.

et elles ont persisté du 5 décembre 1860 au mois de février 18Ô2. Jusque-là, rien que de simple, et le diagnostic pouvait être porté ainsi : hémorrhagie cérébrale, suivie d'un travail suLintlammaloire dans la périphérie du foyer hémorrbagique. Il était probable d'ailleurs que l'intoxication sulfocarbonée, déjà prononcée à l'époque de l'attaque, avait agi comme cause prédisposante pour la développer, exactement comme on le voit dans l'alcoolisme.

Mais ce qui laisse des. doutes sur l'explication des faits, ce qui porte à se demander si l'intoxication seule ne doit pas être invoquée comme cause, sans qu'on ait besoin d'admettre une lésion cérébrale, c'est ce qui s'est passé en dernier lieu.

En février 1862, le malade entre à l'hôpital Necker, portant au nez une légère plaque érysipélateuse qui avorte; mais il est atteint aussitôt d'un anthrax énorme de la nuque, qui détermine une suppuration longue et étendue.

Peu à peu, pendant le cours de cette suppuration, la contracture diminue, puis disparaît, la paralysie s'amende, les mouvements de la jambe et de la main se rétablissent, la force y reparaît avec l'adresse, et le malade sort dans un état très satisfaisant. On peut, après ces faits, soutenir encore le premier diagnostic. Une violente dérivation, déterminée par un travail pathologique spontané et puissant, a modifié l'état subinflammatoire développé autour d'un foyer bémorrhagique ; les altérations physiologiques ont reculé en proportion de cet amendement; mais, il faut le dire, après quinze mois ces guérisons des hémiplégies par hémorrhagie cérébrale sont bien rares, surtout lorsqu'il se produit après une aussi longue persistance une amélioration si rapide. Aussi l'opinion contraire a-t-el!e prévalu auprès de quelques médecins habiles qui avaient observé le malade, et qui ont voulu rapporter à l'action seule du sulfure de carbone, sans lésion cérébrale étrangère intercurrente, les phénomènes de paralysie observés.

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Le diagnostic dans ce fait, qui, ainsi interprété, serait unique dans mes observations, avait ici une importance spéciale. Une action civile avait été engagée par l'ouvrier malade contre son patron, et une affirmation absolue, si une expertise eût été demandée, eût pu exercer sur la décision à intervenir une influence prépondérante. C'est d'ailleurs la seule circonstance où la recherche de la cause de quelquesuns des accidents ait présenté une sérieuse difficulté.

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