Martin Hylacomylus, p
idée de son étonnement et le son indignation. Vite il arrêla le tirage, — ce qui expiique la grande rareté de la première édition, dont on ne connait qu'un seul exemplaire; — et, soit qu’il n'y en eût que fort peu d'imprimés, soit que les Luds aient confisqué et détruit l'édition, ce qui est encore possible, on peut dire que ce premier tirage n’a pas été distribué, ni par conséquent mis en circulation,
Avec beaucoup de modération et de justice, Gaultier Lud se contenta de supprimer le nom de son prote Wartinus Ilacomilus comme auteur ; il le remplaça par le nom collectif Gynnasium (sic) vosagense, laissant le monogramme du prote dans la marque typographique ; puis il retrancha le décastichon de Ringmann. De la dédicace de Waltzemüller il modifia certaines parties; en somme, ce ne sont que des variantes peu nombreuses, ayant pour but de remplacer l’ambitieux et accapareur Waltzemüller par les associés du Gymnase vosgien, Les deux premiers feuillets seulement furent l'objet des changements que je viens d'indiquer. La plaquette resta entière; pas un mot de la partie géographique ni des voyages de Vespucci ne fut modifié; l’on conserva la date primitive du 7 mai 1507.
Après ce beau coup, Waltzemüller fut congédié sur l'heure; l'absence du prote se reconnait aux erreurs typographiques, d’abord du mot Gymnasium imprimé Gynnasium (deux n), et à certaines coquilles des feuillets cinquième et sixième qui tenaient au premier et au second feuillets, et qu'on réimprima en entier, non pas, comme le dit d’Avezac pour cacher « la mutilation », mais pour avoir une impression uniforme de ces quatre feuillets, avec un passage plus facile sous la presse.
Philesius Vogesigena (Ringmann) dut recevoir sa part de blâme, puisque son décastichon fut retranché; mais il était de si bonne composition qu’il n’en fit jamais rien paraître dans ses écrits imprimés depuis lors, reconnaissant ainsi la justice du procédé de Gaullier Lud, qui avait revendiqué les
o0 NOUVELLES RECHERCHES droits de l'association du Gymnase vosgien contisqués par Tacomylus.
D'Avezac qui a tant contribué à nous faire connaître les divers tirages du célèbre livre de Saint-Dié et les autres travaux littéraires des membres du Gymnase vosgien, admet que Gaultier Lud, le chef reconnu du Gymnase, « l'éditeur payant », et l’imprimeur de Saint-Dié, en faisant des corrections au premier tirage, a eu pour € but direct, de recommander à la publique renommée l'œuvre commune du Gymnase vosgien, au lieu d'une œuvre personnelle de Waltzemüller! ». Seulement il pense que le second tirage a dû être forcément très réduit, par suite, dit-il, de la mise en circulation antérieure d'exemplaires intacts de l’édition originale ou premier tirage. Ce qui, ajouie-t-il, a bientôt amené une troisième édition, ou plutôt un tirage dont l'impression fut achevée, le #4 des calendes de septembre 1507.
Ce troisième tirage n’est qu’une réimpression du second, seulement avec quelques différences dans la disposition typographique; la seule de quelque importince est la paginalion des deux parties de l’œuvre, ayant chacune sa propre série de signatures en lettres. Ge qui fait que la plaquette est composée de deux parties distinctes et séparables, ce qui explique l'existence de quelques exempixires isolés de l'une et de l’autre partie, formant chacune un livret par e le-même.
Cette manière de voir de d’Avezac ne supporte pas un examen attentif. Gaultier Lud qui avait fait venir Pimprimerie et qui était très occupé de plusieurs œuvres, Lant de lui-même que de Jean Basin, de Ringmann et de Jehan Aluys, devait, comme imprimeur responsable, être très altentif à tout ce qui se passait dans son officine. Waltzemüller, sous un prétexte quelconque, aura relardé l’impression de la première feuille, afin de pouvoir modifier à son