Examen critique, vol. V, p
4 Recherches historiques et bibliographiques sur Americ Vespucci. Paris, 1842, p. 13°
à Florence, le volume d’imprimés et de copies et notes manuscrites sur Vespucci est intitulé Alberico. Ce volume, qui date de 1820, a été ainsi arrangé et désigné par le bibliothécaire d'alors, l’abbé Follini, tandis que le nom Amerigo ou Amerrigo est venu de la péninsule ibérique (Lisbonne et Séville) ; c’est là qu'on le trouve avec le plus de persistance, chaque fois qu’il s’agit de Vespucci. Le fait n’a rien d’étonnant pour un nom indigène, venu des terres nouvellement trouvées à l'Occident, Quant au nom latin d'Americus, il est de Jean Basin, l'élégant prosateur de Saint-Dié, et ce nom s’est localisé dans la région du Rhin, avant de se répandre partout, à l'exception de la citation isolée, faite en Espagne, en 1516, dans la seconde décade de Pierre Martyr, et qui démontre la part prise par ce compatriote de Vespucci dans le maintien de cette altération du prénom.
En recevant un exemplaire de la Cosmographiæ Introductio du Gymnase vosgien, Vespucci a dû être très flatté de l'honneur qu’on lui faisait. l'rès prétentieux, rempli de vanité et désireux d'être célèbre, aimant à faire parade deson érudition, ainsi que le prouvent ses deux lettres à Médicis et à Soderini, il voyait réalisés tous les souhaits les plus beaux qu'il eut jamais pu former, et il les voyait réalisés sans qu'il s’en fût mêlé lui-même.
S'il l'avait voulu, il aurait eu tout le temps de désavouer celle « dangereuse gloire », puisqu'il n’est mort que le 22 février 1512; tout au moins il aurait pu écrire à ses amis de Florence pour déclarer qu'il n’avait pas la prétention de supplanter Colomb, ni les autres premiers découvreurs et explorateurs du Nouveau Monde. Rien de pareil n’a eu lieu; mais en revanche, nous avons, à partir de 1508, ces trois signatures et la leltre à Ximenès de Cisneros, archevêque de Tolède.
L'une de ces signatures, d’après le fac-simile qu'en à donné Varnhagen!, est un chef d'œuvre de calligraphie.