Q 1 ■ 20,80 X IS
bels inorganiques : — r = 0,78
Cette injection produisit un effet très-marqué , la température s'éleva jusqu'à 4t" et demi, puis suivit lentement une marche descendante et l'animal se rétablit
2° Sur un autre lapin très-vigoureux nous avons injecté 24 centimètres cubes en six points différents de la région dorsale et fessière, soit :
Urée 1,37; matières extractives 0,19; sels inorganiques 1,25.
L'animal ne tarda pas à tomber dans un état de torpeur très-prononcé ; il refusa toute nourriture. Le lendemain sa température était de 40° trois quarts ; néanmoins il se soutint et parut bien rétabli 8 jours après l'opération.
IV. Ainsi, de toutes les urines que nous avons injectées sous le tissu cellulaire , les seules qui paraissent avoir par elles - mêmes déterminé la mort, sont celles qui contenaient, relativement à un poids d'urée trèsminime, une proportion considérable de matières extractives.
Le tableau suivant permettra de voir immédiatement la différence de composition des divers liquides injectés et aussi la différence des résultats obtenus .
Numéros (t'orrtre (les expériences
Kspèce d'urintî-
Quantité injectée.
Poids d'urée.
Poids des m;itiéres extractives.
a acii It'itc nh tu 11 lie
Urine pathologique provenant d'un polyurique et préalablement condensée par la congélation. Densité 1,050.
cent. cul>.
cent. gr.
Mort 48 heures après avec
Id.
Id.
Id.
Id.
Mort dans la matinée du troisième jour.
Urine normale condensée par congélation Densité 1,045.
Se rétablit assez rapidement.
Urine normale condensée par congélation. Densité 1,055
Fièvre, malaise général , cependant guérison assez rapide.
Id.
D'abord très-malade, cet animal était cependant rétabli au bout de 8 jours.
V. Injections dans la veine. Quelques injections dans la veine nous ont paru nécessaires pour confirmer ou pour infirmer les résultats obtenus par les injections sous - cutanées. Remarquons ici que l'élimination des substances directement introduites dans la circulation se fait beaucoup plus ra-
pidement que celle des substances introduites sous le tissu cellulaire; il s'en suit que les effets toxiques doivent se montrer plus rapidement, mais aussi cesser plus vite. Voici d'ailleurs le compte-rendu de ces expériences :
N" 1. Nous avons injecté d'abord dans la veine jugulaire d'un lapin de taille moyenne 6 centimètres cubes d'urine normale préalablement fdtrée et d'une réaction faiblement acide. L'animal fut malade, sa température était, 15 heures après l'opération, de 40" et demi, mais elle ne s'éleva pas au-delà, et toujours après l'opération l'animal paraissait en parfaite santé.
N" 2. Sur un deuxième lapin nous avons pratiqué, également dans la veine, une injection de 40 à 11 centimètres cubes de la même urine. L'animal parut d'abord très-afFaissé, sa température était le lendemain de 41"; néanmoins il avait également repris ses allures habituelles quelques jours après l'opération.
N° 3. L'urine normale condensée par congélation qui nous a servi déjà à l'injection sous-cutanée n° 1 fut encore utilisée pour l'injection dans la veine. Un lapin assez fort reçut dans la veine jugulaire 10 centim. cubes de ce liquide ainsi préparé II fut très-malade, se remit lentement et fut perdu de vue seulement 10 jours après l'opération. Sa température ne dépassa jamais 41".
N" 4. Enfin l'urine analysée et condensée par M. Hepp, que nous avons utilisée déjà pour nos injections sous-cutanées n"' 4 et 5, nous servit également à une injection dans la veine.
Un lapin de taille moyenne fut soumis à cette opération ; il reçut 1 0 centimètres cubes du liquide sus-mentionné :
Sels inorganiques : 0,52.
L'animal peut à peine se remuer, il refuse de manger.
Le lendemain même état; sa température était alors de 40* '/j, elle se
Soit : Urée :
2280 X 10 4ÔÔ
Matières extractives :
3,05 X 10 4ÔÔ
maintint ainsi pendant trois jours , puis s'abaissa progressivement et redevint normale SS'"/^, 6 jours après l'opération.
Ainsi, des quatre urines normales que nous avons injectées dans la veine, aucune n'a déterminé la mort, mais toujours les animaux ont été malades; le dernier liquide injecté (n" 4) paraît surtout avoir occasionné des accidents sérieux auxquels l'animal a cependant pu résister. De toutes les urines employées en injections dans la veine , cette dernière était la plus condensée. Rien d'étonnant par conséquent qu'elle ait donné lieu à des troubles plus accentués.
VI. Injections de matières e.vtractives pures. Poussant plus loin nos in vestigations , nous avons demandé et obtenu que M. Hepp nous préparât une urine très-concentrée et complètement dépouillée d'urée, ne conservant plus que les matières dites extractives et les sels inorganiques.
M. Hepp, pour résoudre ce difîicile problème, se servit encore des urines normales qu'une première congélation avait réduites de 2400 à 400 centim. cubes.
Nous avions utilisé , tant pour nos injections sous-cutanées que pour une injection dans la veine, environ 50 centim. cubes de ce liquide, résultat d'une première congélation. Le reste, 350 centim. cubes, fut de nouveau congelé au moyen de mélanges réfrigérants, et réduit à 225 centim. cubes.
Ce résidu fut traité par le nitrate mercurique qui se combine avec l'urée et forme un précipité insoluble. Ce précipité fut lavé; et le liquide, après filtration, fut traité par l'hydrogène sulfuré, de manière à précipiter le mercure provenant du nitrate mercurique, employé pour séparer l'urée.
Cela fait, le liquide fut de nouveau soumis à la congélation et réduit à 90 centim. , densité de 1,120.
Ce nouveau liquide fut enfin lentement évaporé au bain- marie et laissé cristalliser à 10 centim. cubes. Pour les besoins de l'opération on étendit à 30 centim. cubes.
M. Hepp évalua à ce moment à 176""/o la quantité de matières extractives contenues dans ce résidu.
Ainsi préparé, ce liquide a une couleur jaune foncée, son odeur rappelle très-bien celle de la viande rôtie. Sachant que 1000 parties d'un pareil liquide correspondent à 1 76 de matières extractives , nous pouvons par le
calcul établir ce que contiennent les 30 centim. cubes mis à notre disposition.
Poids des matières extractives : — ïqqq — ~ 5,280 Deux lapins furent soumis à l'injection.
N" 1. L'un d'eux reçut dans la veine jugulaire 10 centim. cubes, c'est-àdire : 5,280 X 10 ^
A peine achevions-nous de pousser cette injection avec toutes les précautions possibles, que cet animal fut pris de mouvements convulsifs tellenjent intenses que le servant, habitué à ces sortes d'opérations, dit n'en avoir jamais vu de pareils.
Puis, après quelques inspirations spasmodiques très-courtes , l'animal expira 3 minutes environ après l'opération.
A l'autopsie faite 2 heures après la mort, les organes ne nous ont présenté aucune altération sensible.
N° 2. M. le docteur Feltz voulut bien pratiquer une injection du même
liquide. Un second lapin très- vigoureux reçut dans la veine 5 centim. cubes
seulement, soit : = 0,88.
L'animal éprouva des mouvements spasmodiques très-intenses, il poussa des cris affreux, convulsa les yeux, etc. ; nous crûmes qu'il allait succomber aussi, néanmois au bout d'un quart d'heure il paraissait à peu près remis.
Ainsi, iO centim. cubes d'un liquide dépouillé d'urée, mais contenant 1 gr. 76 cent, de matières extractives et des traces de sels inorganiques (fait vérifié par M Hepp) ayant été injectés dans la veine jugulaire d'un lapin , des convulsions intenses et la mort ont immédiatement suivi cette opération.
5 centim. cubes du même liquide contenant seulement 0,88 de matières extractives ayant été injectés dans la veine jugulaire d'un autre lapin , des mouvements convulsifs suivirent immédiatement l'opération. Cependant l'animal, encore malade les jours suivants, se rétablit. Il est donc probable que les matières extractives jouent dans l'intoxication du sang par l'urine
nn rôle important. N'oublions pas cependant que pour séparer ces matières de l'urée, il a fallu traiter par divers agents chimiques qui ont pu les altérer et les rendre plus nuisibles.
A côté de cette objection, rappelons enfin que dans les injections d'urines, les seules opérations qui ont été suivies d'une mort qu'il paraît naturel d'attribuer à l'intoxication immédiate, sont celles pratiquées avec les urines qui contenaient la plus forte proportion de matières extractives.