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cherche des causes finales dans l'étude des sciences a toujours été considérée comme une méthode mauvaise et peu philosophique. Constatons d’abord les faits, nous verrons ensuite à les expliquer. Mais s'il fallait ibaliiie donner une explication, ne pourrions-nous pas dire queles cétacés dépourvus à-peu-près de membres, leurs lèvres étant garnies de fanons, ces animaux ne possèdent pour pouvoir juger de la présence des corps et des différences de température des milieux dans lesquels ils sont plongés, que la surface cutanée générale? Il leur fallait une enveloppe cornée, solide, unie à un corps gras, huileux, qu'on trouve abondamment sous le derme, pour pouvoir résister à l'action du liquide dans lequel ils sont plongés, et qui sans cette disposition, produirait une espèce de macération ou de prompte altération de la peau, comme on le voit sur la surface de notre corps lorsque nous sommes restés pendant quelques | heures dans un bain. Mais avec une cuirasse aussi résistante, il convenait de multiplier les papilles, de leur donner un plus grand développement, plus de longueur, pois douer cette peau d’une sensibilité dont la matière cornée n’était pas suscep: tible. Quant aux papilles si nombreuses sous les sabots des herbivores, à laplante du pied descarnassiers,des plantigrades,etc., n’est-ce pas aussi vers ces parties que sur tous les animaux l'appareil nerveux a le plus grand développement? Chez l’homme, la paume de la main, la plante du pied, la pulpe des doigts, n'offent-elles pas un appareil de sensibilité tactile plus parfait que partout ailleurs ? ra |
Pour dernières raisons, nous dirons que malgré tous nos soins nous n'avons pu reconnaître dans ces tiges blanches de la peau des cétacés des canaux excréteurs, comme l’a soupçonné M. Rapp, qui a peut-être confondu les enveloppes cornées des papilles avec les tiges elles-mêmes. Notre ami M. M. E. Lauth(r), dont on connaît la rare habileté anatomique, n’a pas été plus heureux que nous pour distinguer des canaux excréteurs dans ces filamens.
Enfin, une raison que nous considérons comme péremptoire
(x) Correspondance particulière.
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c'est que nous avons trouvé d’autres organes pour la sécrétion de la matière muqueuse ou cornée, que cet appareil est complet, et qu'il a pour annexe un autre petit appareil chargé de fournir la matière colorante.
Maintenant si nous faisons un semblable examen historique sur Pétat de la science relativement à la matière colorante de la peau, considérée sous le rapport de sa nature et de son mode de production, nous voyons que les idées ne sont pas plus arrêtées que sur la nature de l’épiderme.
Aristote (1) dit que la couleur noire des Maures ne doit être attribuée qu’à l’ardeur du soleil (2), Galien soutient, dans son livre de la nature, que cette idée ingénieuse est vraisemblable. Pline rapporte , d'après l'autorité d’autres écrivains , qu'il y avait en Thessalie un fleuve dont les eaux teignaient en noir la peau des hommes et des animaux et faisait créper les cheveux. Ce sont là de véritables fables. |
Santorini pense que la matière colorante de la peau est sé: crétée par le foie, et, dans les maladies, il croit trouver un rapport de coloration entre la teinte de la peau et celle du foie ou de la bile sécrétée par cette glande. Chezles Éthiopiens la peau (le derme)est blanche, la cuticulenoire,maisle corpsréticulaireest encore bien plusnoir que l’épiderme(3). Quoique le réseau muqueux appartienne à la cuticule, suivant Albinus, cependant il croit ces deux parties distinctes par leur épaisseur, leur densité, leur coloration, non-seulement dans la race nègre, mais encore dans la race blanche, et il place la matière colorante dans le réseau muqueux(4). 11 paraît, selén Camper), que la température du climat que l’homme habite est cause de la couleur de son teint; mais il dut se passer plusieurs siècles avantqu’une race d'hommes blancs, transportée sous la zoue torride, devint parfaitement noire, ainsi que l’a fort bien remarqué Buffon. Ce n'est donc rien prouver que de dire que la peau des Européens ne prend pas
(x) Sect. x, 6 67.
(2) Camper, p. 457, t. 11.
(3) Observationes anatomicæ. Jo, Dômin. Santorini. — Cap. «. $ 1, x. in-4°. Lugduni ‘Batavor. 1739.
(4) Acad. annotat. Lib. r, c. 1x et dissert. de sede et causs. color, Æhiop. icon. B. D. (5) OEuvres de Pierre Camper, t. 1x.
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une teinte parfaitement noire, même en restant pendant fort long-temps dans les Indes Orientales ou Occidentales. Il y a trop peu de temps que nos colonies dans les pays chauds existent, … pour juger de l'effet que doit produire, à cet égard, le séjour des Européens dans ces contrées. Selon Camper, il est probable que nos neveux y deviendront parfaitement noirs, s'ils continuent à y habiter consécutivement pendant plusieurs siècles; comme il est à croire que les nègres d’Angola deviendraient également blancs s'ils demeuraient sans interruption en Europe pendant le même espace de temps. Une comparaison prise parmi les animaux peut, suivant notre auteur, aider à éclaircir ce fait. Pendant l'été, les lièvres sont gris en Suède et en Russie, et d’un blanc de neige pendant l'hiver, ainsi que Linnæus (1) l'a remarqué.
Gaultier reconnait que le fluide colorant de la peau, a comme les autres fluides, une source, une existence intérieure, mais il
n'indique pas où est cette source. Malpighi a bien dit que le
siège de la matière colorante des Éthiopiens est dans le corps muqueux réticulaire, mais ce n’est pas là que se forme ce pigment ; le corps muqueux n’est qu’un lieu de dépôt. Gaultier va plus loin en déclarant que la sécrétion s’opère dans de petits appareils d'organes communs à toutes les variétés de l’espèce humaine. Puisqu’il parle de ces organes, pourquoi ne les decritil pas et n’en'assigne-t-il pas le siège ?
Ces organes colorans sont, sur la peau, associés à ceux des poils et des fluides sébacés. Il aurait été plus exact de dire qu'ils fournissent de la matière colorante aux poils, parce que ces poils se revétent d’un surtout de substance muqueuse épidermique et que partout la matière colorante est versée dans le corps mu-. queux. Nous prouverons ailleurs que cette matière colorante n'a pas de rapports ou que de très éloignés avec le fluide sébacé. |
Gaultier a vu un nègre, sur la peau duquel on avait appliqué un vésicatoire , que la surface de la plaie était rouge sans pigmentum, et que le lendemain un petit point noir se mani-
(1) Fauna Suecica, p. 8.
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festa autour de chacune des ouvertures qui donnent passage au poil. Cette observation a fait penser que c’est par l'ouverture du derme , qui livre passage aux poils, que l’excrétion du pigmentum s'opére.
Nous avons dit, dans notre partie descriptive, que l'appareil sécréteur de la matière colorante correspond: à la couche externe du derme, laquelle couche est formée par un lacis de vaisseaux sanguins; qu'au-dessus se trouvent le corps muqueux formant l’épiderme:; et que ce lacis vasculaire,de même que les petites glandes chromatogènes, laissent passer à travers leur tissu, ou à côté d’elles, les corps papillaires.
Une irritation vive par un épispastique dénature le corps muqueux , l’enlève, met à nu le lacis vasculaire surmontant le derme, et de là résulte la manifestation de la teinte rouge. Mais à mesure que l’irritation s’apaise, le corps muqueux est de nouveau sécrétée, et bientôt la matière colorante vient se mêler à cette substance cornée diffluente. (1)
Suivant Béclard, le corps muqgueux est une couche tres mince de tissu cellulaire à demi liquide, qui revêt la surface papillaire du derme, la sépare de l’épiderme, adhère intimement à lune età l’autre, et devient le siège de la coloration. Cette couche a l'apparence d’un réseau, mais n’est point percée. Ceux qui n’ont admis que deux membranes à la peau, l'ont regardée comme la partie profonde de l’'épiderme; ce corps muqueux paraît consister en un liquide plastique ou un tissu cellulaire à demi organisé. Le sang et les injections n’y montrent point de vaisseaux; des liquides y pénètrent pourtant; mais ils semblent y être contenus dans des interstices particuliers; on n’y aperçoit pas de nerfs non plus, et c’est par une pure allégation que Gall l’assimile à la substance grise du cerveau. Cette membrane forme un vernis humide qui revêt la surface papillaire et vasculaire du derme; elle est le siège de la couleur, et celui des productions cornées, écailleuses, etc.; dans quelques cas elle parait être composée de plusieurs couches superposées (2). Le pigment
(x) Gaultier. Recherches anatomiques sur le syst, cutané de l’homme, etc, Paris, 1811. (2) Béclard, Anat, gén. p. 275. $ 3or.
108 ; Recherches de de la peau a donc son siège principal dans le corps muqueux ; et souvent dans sa couche moyenne; mais les surfaces externe di derme, et interne de l’épiderme surtout , y participent aussi un peu. Les anatomistes antérieurs à Malpighi, et quelques-uns depuis lui, en placent le siège entre ces deux membranes, surtout dans la dernière. La matière colorante existe dans les hommes de toutes les races, excepté les Albinos; cependant ce n’est guère que dans les Nègres qu'on peut la voir bien distinctement du reste de la peau. Malpighi avait seulement annoncés quela couleur de la peau avait son siège dans le réseau muqueux.: Littre avait essayé, mais en vain, d'obtenir la matière colorantes séparée, en soumettant la peau du Nègre à la macération pour gonfler le corps muqueux, et isoler ainsi l'épiderme du derme Gaultier à assigné pour siège spécial, à la matière colorante, las couche moyenne du corps muqueux, qu’il décrit sous le nom. de gemmules. Il semble plutôt que le pigment résulte de globules colorés disséminés dans le corps muqueux. La matière colorañte de la peau est très analogue à celle du sang; ellé paraît être sé-. crétée de cette humeur, et passer des vaisseaux de la surface du derme dans le corps muqueux, où elle est dans une sorte d’imbibition. Divers phénomènes morbides pcertent à croire qu'elle y est sans cesse renouvelée par une déposition et une résorption continuelles. Les observations chimiques de Davy, de Coli et autres, ont démontré ce que Blumenbach avait avancé depuis long-temps, que le pigment de la peau est principalement formé de carbote. (1) | he |
M. de Blainville (2) considère le pigmentum comme une des. principales parties constituantes de la peau. Placé au-dessus du réseau vasculaire, ce pigment forme une couche presque diffluente, composée de grains agglutinés les uns aux autres, sans continuité organique entre eux; cest une sorte de membrane artificielle qui est exhalée par les parois mêmes des vaisseaux veineux. Ce que dit ici M. de Blainville est bien supérieur à tout ce qu’avaient avancé ses prédécesseurs, seulement il accorde aux
(x) Béclard, Anatomie générale. p. 279.
(2) De l’organisation des animaux on priveipes d'anatomie comparée, T. r, p. 34. Paris 1822, |
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veines une fonction de sécrétion qui est possible, mais qui n'est pas démontrée. M. de Blainville a été bien près de ce que nous considérons comme étant la vérité, car c’est dans ce plexus vasculaire que nous placons les organes glânduleux chargés dé séparer la matière colorante. Notre opinion diffère donc très peu de celle du savant que nous venons de citer, seulement nous attribuons la production du pigmentum à des organes spéciaux dé sécrétion, situés au-dessus du derme ou près de sa face extérieure.
L'opinion de MM. G. Cuvier et Ch. Valencienne vient corroborer la nôtresur le mode de production, le siègé et la disposition organique de la matière colorante. Ils eut au dérme de sécréter, sous les écailles, cette matière d’un éclat métallique argenté, qui rend tant de poissons si brillans; elle se compose de petites lames polies comme de l'argent bruni, qui se laissent enlever par le lavage, soit de la peau, soit de l'écaille dont elles. vérnissent la face inférieure; il se sécrète aussi de cette matière chez beaucoup de poissons, dans l'épaisseur du péritoine et des: enveloppes que le péritoine fournit à certains viscères, particuliérement à la vessie natatoire. (1)