CHAPITRE IIL
DE L'APPAREIL DIAPNOGÈNE ET DES CANAUX SUDORIFÈRES OU HIDRO- PHORES,
Nous avons suivi dans l'étude de cet appareil le même procédé de préparation que pour les papilles. Les organes constituant l'enveloppe cutanée sont d’une telle exiguïté, qu'on est toujours sûr d'en renfermer plusieurs entiers dans une couche extrémement mince de peau prise au talon et soumise au foyer d'une forte loupe. Nous avons déjà dit que si la tranche est tant soit peu épaisse, on ne voit rien ou que très confusément. |
Cet organe d’exhalation ses l’épaisseur de la peau, depuis l'intérieur du derme, jusqu’à la couche la plus superficielle de l’épiderme où il gfrre une ouverture.
Il est composé d’un parenchyme de sécrétion et d’un canal excréteur.
Ce parenchyme est situé dans l'épaisseur du derme, et environné de nombreux capillaires qui s’y attachent. Sa forme est celle d'un sac légèrement renflé, d’où part un canal spiroïde qui poursuit son trajet dans le derme, et en sort par l’infundibulum ou fissure transversale située entre les papilles; dela il se dirige obliquement dans l'épaisseur de la couche cornée sous forme “dé tire-bouchon ou de serpentin d’alambic, jusqu’en dehors de l’épiderme où sa terminaison est craie par la légère dépression ou espèce de pore qu’on remarque sur le dos des lignes saillantes épidermiques.
Ce canal (1), vu à travers la couche épidermique, est arrondi; sa structure ressemble beaucoup à celle du tissu corné dont il est difficile ce la distinguer. Sa disposition en spirale fait qu’il débouche au dehors par une ouverture très oblique presque parallèle au plan dela peau; cette ouverture se ferme par l'application
; re s (1) PL, ro, fig. r9; fig. 22-B; fie, 0526.
Sur les appareils légumentaires des animaux. dy
des parois supérieures et inférieures du tube, l’une contre l'autre. En examinant sourdre la sueur, on voit que la première gouttelette est précédée d’un soulèvement de l’épiderme comme le serait une soupape.
Sur un morceau de peau macérée ou échaudée convenablement, si l'on sépare l’épiderme du derme, on voit, à l’œil nu, ces canaux excréteurs s’allonger indéfiniment comme des fils de toile d’araignée, ce sont les spires qui se déroulent. Ils présentent, vus au microscope, une surface enduite de matière cornée (1), comme imbriquée sur un canal central. On distingue très bien, par ce procédé de séparation, la sortie de ces canaux d'entre les papilles et leur pénétration dans la matière cornée, qui remplit, en manière de coin, Pinfundibulum interstitiel des papilles. A leur sortie du derme, les spires sont accompagnées d'un vaisseau inhalant qui entre dans linfundibulum. Les spires, tubes filiformes (2), pris avec une pince et placés sur un verre humecté, se roulent, s’agelomerent et forment un noyau muqueux homogène, élastique et tremblotant comme de la gelée. En les remuant sous le verre, il s’en détache une infinité d’écailles polygonales irrégulières. La sueur formée dans l'organe sécréteur, parvient au dehors en suivant les sinuosités du canal excréteur qui doit exhaler aussi la matière de la transpiration insensible. Il est probable que, si on observait l’orifice extérieur d’un de ces canaux par un temps froid et lorsque le corps est un peu échauffé, on le verrait fumer comme un tuyau de poële.
Pour découvrir ces canaux sur la peau de la baleine ou du marsouin , il faut enlever deux ou trois feuillets minces de la matière stratifiée, afin d'arriver jusqu’au capuchon incliné des papilles nerveuses; on aperçoit autour des papilles et dans l’intervaile qui les sépare, une infinité de porosités correspondantes aux taches ou valvules de l’épiderme, et qui ont leurs racines dans le derme, ce sont les conduits sudorifères.
Cette disposition en tire-bouchon ou en vrilles des tubes sudorifères chez l'homme, est très remarquable; elle explique
(MP 9 fe 2-he pl, ro, fig. 16.
CUIR S RTS TNA
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pourquoi l’épiderme, évidemment ouvert au passage des excrétions, a toujours paru imperforé. En effet, lorsqu'on enlève un morceau d’épiderme sur le cadavre ou sur le corps vivant, les tubes sudorifères déchirés par violence, du côté du derme, se rétractent, bouchent l'ouverture; la spire s’affaisse sur ellemême, et il est impossible d’apercevoir aucune perforation soit à l’œil nu, soit avec le microscope ou par le secours des expériences ad plus variées.
Si l'épiderme se détache en plusieurs feuillets, chacun d'eux contient un fragment de spire, et les deux ouvertures de ce fragment, couchées presque parallèlement au plan du feuillet, ne se correspondent pas. Les parois s’affaissent l’une contre l’autre, s'agolutinent, et il en résulte, pour le feuillet, la même imperméabilité apparente que pour l’'épiderme en totalité.
. On peut suivre ces canaux depuis leur sortie: vers les pores cutanés dans les sillons transversaux de la peau du talon, jusqu'à l’infundibulum des papilles, en enlevant successivement avec un scalpel toutes les couches de la matière cornée; on voit que la présence du tube est toujours indiquée par un enfoncement oblique, en cul de poule que divise une ligne légère ou fissure produite par la réunion des deux lèvres. |
Si après avoir incisé la couche cornée en dédolant et avant d'arriver aux papilles, on la presse entre les doigts comme une écorce d'orange, dont on veut faire jaillir huile essentielle, on voit suinter des gouttelettes par les fissures dont nous venons de parler, lesquelles correspondent à l’infundibulum des papilles, c’est-à-dire à la direction du canal sudorifere. |
Une autre expérience qui prouve que ces spirales sont des canaux, est la suivante : si l’on introduit un peu de mercure par un trou pratiqué dans la matière cornée du talon, suivant un trajet parallèle an plan de la peau, et si l'on fait avec un rasoir une coupe mince de l’épiderme le plus extérieur en pressant le mercure avec le manche d’un scalpel, on voit ce métal sortir par tous les canaux sudatoires, dont l'ouverture correspond au trajet qu'il parcourt. Mais la preuve la plus irréfragable est celle de la sueur qui sort par les pores de la paume des mains et de la pulpe des doigts : Les canaux sudorifères
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étant obliques et cn spirale on voit sourdre la sueur, mais elle ne jaillit pas. Cètte preuve peut être acquise par tont le monde, car cette expérience est des plus simples et elle se répète sans cesse sur nous-mêmes et sous nos yeux. (1)
Nous avons fait des expériences sur un morceau d’épiderme de baleine, pour découvrir comment les liquides se font jour à travers l’épiderme, etc. Nous avons vu que la sortie du fluide chassé des tubes sudorifères par pression , était toujours précédée du soulèvement d’une petite valvule épidermique. Nous insistons sur ces faits, parce que les prétendus vaisseaux exhalans, dont tout le monde parle, n'avaient été avant nous ni décrits ni vus par personne, sans en excepter Eichhorn qui a principalement disserté sur les orifices extérieurs de ces canaux hidrophores.
Les filamens très fins, élastiques et transparens qu'on apercoit en soulevant l’'épiderme avec précaution, et que Hunter, Bichat, Chaussier, considèrent comme des vaisseaux exhalans et absorbans, sont, d’après ces physiologistes , des organes très différens. Ils leur ont plutôt soupçonné une fonction, qu'ils n'ontireconnu la véritable nature de ces parties. Dire que ces filamens sont des vaisseaux inhalans ou des vaisseaux exhalans ne suffit pas. Il faut donc considérer ces opinions comme une simple présomption, et non comme une démonstration, car ces auteurs ne présentent aucun fait, aucune preuve en faveur de leur sentiment. D’autres zoonomistes ont pensé que ces filamens sont de simples prolongemens de l’épiderme, des tractus muqueux, etc. Béclard dit que les voies par lesquelles la sueur traverse l’épiderme, sont fout-à-fait inconnues, etc. Gaultier fait partir les vaisseaux exhalans du sommet des bourgeons sanguins ( ou papilles), et il avoue qu'il ne peut les suivre dans toutes leurs divisions, mais que le rameau principal tra-
(x) Plus tard, nous essaierons de prouver que la matière cornée, privée de nerfs, s’accroit par une espèce de végétation; mais déjà ne pourrions-nous pas trouver une analogie entre les. tubes spiroïdes et les trachées des végétaux qui laissent passer un fluide ascendant. On pourrait croire que cette forme contournée a plus de rapport avec les trachées des insectes , mais leurs spirales ne sont que des arceaux élastiques, servant de soutien aux conduits aériens . comme les anneaux de la trachée-artère des vertébrés. Les trachées des insectes appartiennent donc au système des voies respiratoires.
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verse l’épiderme et parvient jusqu'à sa superficie. Pour lui, chaque bourgeon sanguin (ou papille) est un réservoir commun où entre le sang rouge et d’où sortent le sang noir, la lymphe, les fluides exhalés.
Il a entrevu les canaux exhalans, qui lui ont paru droits, à travers une tranche épaisse de matière cornée. Les idées qu'il émet sur les rapports de ces tubes avec les papilles et sur les papilles elles-mêmes, sont évidemment erronées.
Eichhorn (1), qui a fait un Mémoire sur ces canaux, les a représentés comme droits et sans contours ; il dit même y avoir introduit un crin de cheval : nous présumons qu’il a pris le bulbe d'un poil pour un canal sudorifère, ou qu'il a pratiqué sans beaucoup d'efforts une route artificielle. Eichhorn a bien connu les fonctions sudoriferes de ces canaux, mais il n’a suivi ces tubes que jusqu'aux papilles, sans indiquer leurs rapportsavec les parties environnantes et sans dire ce qu'ils deviennent ultérieurement. Il les croit de plus des organes d'absorption. Cette {onction s'exécuterait donc ici par un mouvement rétrograde ou par opposition à celui d’exhalation. Suivant M. Eichhorn les canaux sudorifères seraient à-la-fois des organes d’exhalation et d'inhalation, sans appartenir au système vasculaire général.
Cependant on attribue communément l’exhalation au système capillaire et l'absorption à l'action, soit des veines, soit des vaisseaux lymphatiques. ;
Quant aux sécrétions, proprement dites, quoique dépen-. dantes du système vasculaire sanguin, le nouveau fluide ne sort pas tout formé des vaisseaux; il est élaboré par un organe particulier appelé glande, et partout où nous avons observé une sécrétion, nous avons remarqué, entre les vaisseaux capillaires, artériels et veineux, une substance intermédiaire, un parenchyme aréolaire, spongieux, en un mot, un organe où se fait une sécrétion, dont le produit est éliminé par un canal excréteur. Ayant acquis la certitude que telle est partout la disposition commune des petits vaisseaux artériels et veineux, lorsqu'il s’o-
(@) Henri Eichhorn, Mémoire sur les exhalations qui se font par la peaw et sur les voies par lesquelles elles ont lieu.
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père une sécrétion , nous sommes portés à conclure que les capillaires ne différent des grands vaisseaux auxquels ils appartiennent, que par leur petitesse. Ce sont des canaux d’une capacité variable destinés à charrier un liquide. Lorsque les vaisseaux artériels ne communiquent pas avec les vaisseaux veineux directement, il existe un organe intermédiaire dont le tissu est tout particulier et dont la fonction est de sécréter un fluide; mais nulle part nous n'avons vu d’organe être tourà-tour un instrument d’exhalation ou de sécrétion, et un instrument d'absorption. Sous ce rapport, les opinions d'Eichhorn nous paraissent très erronées. (1)
On rencontre de nombreuses difficultés pour observer et bien connaître la disposition de ces canaux sudoriferes; il nous a fallu une longue étude et des essais très multipliés avant de pouvoir découvrir ces canaux et de les bien connaître. Aussi croyons-nous être les premiers à donner une description avec des dessins faits d’après nature de ces tubes hidrophores, car jusqu’à nous leur histoire n'avait pas réellement été faite.
Nous avons étudié la structure de la peau sans avoir aucune idée préconçue, et nous nous sommes bornés à dire ce que nos sens nous ont appris. Pendant nos recherches, ces paroles de J.-J. Rousseau revenaient sans cesse à notre pensée (2) : « Je sais « que la vérité est dans les choses, et non dans mon esprit qui les « juge, et que moins je mets du mien dans les jugemens que j'en « porte, plus je suis sûr d'approcher de la vérité ».
Nous nous sommes constamment fait un devoir d'indiquer les procédés que nous avons suivis, afin qu'on püt répéter nos observations. Si, avec tous ces soins et cette attention soutenue, nous nous sommes trompés, on devra nous plaindre et non nous accuser; mais si les petites passions et l'esprit de dénigrement continuent à nous poursuivre et à attaquer notre travail sans avoir cherché à vérifier les faits, nous ne répondrons que par le silence.
. (x) Mémoire sur les exhalations qui se font par la peau et sur les voies par lesquelles elle -ont lieu. Arch, de Meckel.
(2) Émile.
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Dès 1717 Leeuwenhoek (1) annonça avoir reconnu , à l'aide du microscope, les pores de la peau, mais le nombre qu'il en admettait semble prouver qu’il voyait toute autre chose que les orifices extérieurs des canaux hidrophores. En effet, l'imagination la plus complaisante ne peut guère supposer qu'il ÿ ait 14,400 ouvértures sur une ligne carrée de tissu cutané. Nous pensons donc, avec Blumenbach et Eichhorn, que Leeuwenhoek a commis une erreur. Kaaw avait aperçu des filamens qui allaient de l’épiderme au corps muqueux et qu'il est facile de voir lorsque, sur un morceau de peau qui commence à se putréfier, on détache l’épiderme avec précaution. W. Hunter a décrit et figuré ces filamens déliés, transparens , élastiques , incolores, et il les considérait comme les canaux de la sueur. Chaussier et Bichat les regardent comme des vaisseaux exhalans et absorbans. Monro, apercevant sous l’épiderme des filamens disposés en spirales, les crut de nature nerveuse, et Fontana parle aussi de vaisseaux contournés, sans en indiquer le caractère. M. de Humboldt refuse à ces filamens la qualité vasculaire et croit qu'ils dépendent des simples plis de la peau.
Gaultier fait sortir les vaisseaux exhalans du sommet des bourgeons sanguins qui de là s’ouvrent au-dehors en traversant l'épiderme. Il avait bien observé le siège de ces orifices, dans les petites excavations qui existent sur le dos des sillons où il avait remarqué des gouttelettes d’un fluide limpide. Il compte de quatre à six de ces petites excavations par ligne, ce qui est bien loin du nombre assigné par Leeuwenhoek, et chacun de ces orifices correspond à un bourgeon sanguin. Ce sont les papilles nerveuses que Gaultier appelle cb deb sanguins. Nous avons démontré leur nature nerveuse, et c’est par une erreur d'optique qu’en fait sortir les vaisseaux exhalans du sommet de ces bourgeons. (2)
G. Prochaska admet plusieurs ordres de vaisseaux dans la structure de la peau; à la troisième catégorie, il rapporte ceux qui se dirigent vers les papilles et dont les uns se terminent en cul-de-sac et les autres reviennent au réseau et se joignent à
(x) Epistol : phys. super complur. naturæ arcan. Epist : x£rix. p. 412-413: 1919.
(2) Recherches anatomiques sur le système cutané de l’homme, etc. Paris, 1811; p: 20.
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lui: ces vaisseaux nous semblent se rapporter aux exhalans que nous avons décrits.
:Unautre ordre de vaisseaux parait être les canaux sudorifères : les paroles denotre auteur semblent l'indiquer assez clairement :
« In vola manus, planta pedis et apicibus digitorum illud rete densius est, ex quo part ratione vascula tenuissüma papillas cutaneas petunt. Papillæe hæ conicæ in lineas spirales dispositæ sunt, ut ita in quavis linea duplex series papillarum habeatur, inter quas exigui hiatus aut interstitia observantur , parvis osculis in epidermide visibilibus respondentes, quibus, cum manus sudat, sudoris guttas insidere observamus. »
Prochaska fait très judicieusement observer que ce ne peut -pas être la terminaison des artères : Finium arteriarum oscula, quæ materium transpirationis exhalare dicuntur , injectiones non comprobant, quia omnia vasa absque ulla interruptione retia sua texunt, et si quæ in papillis fine cæco terminantur , illa materies colorata non penetrasse videtur. (1)
Suivant M. Mojon (2), la surface externe de l’épiderme offre une multitude de pores qui s'ouvrent obliquement entre les écailles et entre les fibres. Ces pores sont de deux sortes; les uns servent à la transpiration et les autres à l'absorption. Il découle des hi di chez les enfans à la mamelle, une humeur propre à empêcher le dessèchement de Né pdepnEs Chez les animaux qui vivent dans l’eau, comme Îles poissons et les cétacés, cette humeur est un gluten huileux. M, Mojon confond ici des choses très différentes : 1° nous pensons que les inhalans n'ont pas d’orifices sur les surfaces extérieures ou intérieures ; 2° que le gluten dont il parle provient de la matière cornée et le suc huiieux des cryptes folliculeux, bien distincts des pores sudorifères. Mais les observations d’ AT de Meckel, de Cruikshank, et celles de M. de Humboldt (3), faites avec un microscope qui grossissait 312,400 fois les objets, n’ont pu
(x) Disquisitio anatomico-physiologica organismi corpor. humani etc. Fiennæ 1812, p.
{2) Osservazioni notomico-fisiologiche sull'epidermide, p. 19, Genova, 1820.
« La pagina esterna dell’epidermide presenta per ultimo una infinità di pori, che si aprono « obliquamente fra le sue squame e fra le sue fibre, ecc. »
(3) Versuche üeber die Gereizte Muskel und nervenfaser, 1. 1‘ p.155
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faire découvrir les pores de la peau. Seiler (r)et Béclard (2)}n’ont pas été plus heureux. Le premier, en enlevant l’épiderme avec un rasoir, sur un animal en sueur, et le second, en chargeant un lambeau d’épiderme d’une colonne de mercure du poids d'environ une atmosphère. Béclard ne confondait pas ces pertuis pour la sueur et la transpiration, avec ceux des follicules; il dit très clairement qu’on voit, à la surface libre de la peau, des ouvertures petites, arrondies, très irrégulièrement distribuées, abondantes, à la face surtout : ce sont les orifices des follicules sébacés, et d’autres ouvertures, plus petites .encore, microscopiques, ou des porosités apparentes de l’épiderme, mais qui sont des enfoncemens infundibuliformes terminés en cul-de-sac. (3)
Enfin, il est des anatomistes qui, n’admettant pas l'existence de canaux sudorifères, ni d’orifices de ces conduits à la surface de la peau, prétendent qu'ils ne sont pas nécessaires. C’est l'opinion de Blumenbach (4),J. F. Meckel (5), Rudolphi, (6), Heusinger (7), etc. — Hildebrandt (8) croit à l’existence des pores d’après Pexhalation elle-même, et nous ne voyons rien de bien fondé dans les reproches que lui adresse Eichhorn (9). Schroëter, graveur à Leipsick, a donné une figure assez exacte de la disposition des orifices cutanés des canaux hidrophores, mais le texte de son mémoire ne répond pas aux figures. (10)
Le célèbre zootomiste Delle Chiaje n’admet pas d’ ouvertures
(1) Anat. physiol, Realwôrterbuch, etc.
(2) Élémens d'Anat. génér. de l’homme ,-p.283, Paris, 1823.
(3) Loc. cit., p. 268,6. 292.
(4) Instit. physiol.
(5) Manuel d'Anat. génér. descript. et pathol. , traduit par A. $. TL. Jourdan et G. Breshet, t., Paris, 1825; |
(6) Abhandlungen der Kænigl. Akad. , Zu Berlin. 1814; 1817 etc.
(7) System der Histologie, 1. 1.
(8) Loc. cit.
(9) Loc. cit.
{10) Das menschliche Gefühl oder Organ des Getastes, nach den a Pre) Beruehmten Anatomen dargestellt, Leipsick, 1814, in-fol. SES 14
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à l'épiderme (1) (Æd è in realtà la stessa epidermide non perru- GraTA, etc.), qui ést formé, selon lui, par l'agglomération des globules de sang privés de fibrine et desséchés.
Il faut arriver à ces derniers temps pour trouver quelque recherche satisfaisante sur les perforations de l’épiderme et sur les canaux sudoriféres. Le mémoire d’Eichhorn (2) sur ce sujet est d’un haut intérêt, quoique ce physiologiste ait commis plusieurs erreurs et qu'il n'ait pas reconnu la véritable disposition de ces canaux sudorifères, qui présentent des spirales. Il les croit coniques, à ouvérture infundibuliforme, et d’un diamètre assez
large pour recevoir un crin. (3)
(r) Osservazioni sulla struttura del l’epidermide umana. Memoria de Stefano Delle Chiaje, “p. 16, Napoli, 1825.
Voyez le quatrième volume des actes académiques de l’Institut d'encouragement des Sciences naturelles, où ce mémoire ést inséré.
(2) Des exhalations qui se font par la peau, et des voies par lesquelles s ’opèrent ces exhalations. Voy. les Arch. de Meckel.
(3) Tel'était pour nous l’état de la science, Ms nous avons entrepris, il y a quatre ans, de nouvelles recherches sur la structure de Ja :peau. Avant de communiquer. les résultats: de nos propres travaux à l’Académie des sciences, dans le mois de janvier de cette année 1834, nous avions, au fur et à mésure que nous rencontrions des dispositions inconnues , fait part de ces découvertes à la société philomatique, nous les avions montrées ou nous en avions parlé à beaucoup d’anatomistes et de physiologistes français ou étrangers, à MM. Tiedemann, Jacobson, Lauth, Retzius, ‘et à plusieurs membres dé l’Académie des sciences. C’est sans doute à ces communications , qui se sont propagées , qu’il faut attribuer les travaux récens de plusieurs anatomistes allemands. M. Retzius nous écrivait dernièrement que , pendant son dernier voyage en Allemagne en 1833*, il avait fait connaître quelques-uns des principaux résultats de nos
Nous plaçons, ici la déclaration faite en Allemagne par M. le professeur Retzius relativement aux canaux sudorifères,