‹ Nouvelles recherches sur les feux d'artificeChapitre 12 sur 35 · Bois servant de balancier, vu de profil · texte numérisé non relu

Bois servant de balancier, vu de profil

6. Moyeu à quatre tenons pour une fusée de table à quatre branches.

7. Fusée de table à quatre branches, toute chargée, dont les cartouches sont entrés sur les tenons. ( Voyez la page suivante.)

Digit

zedby G00gle

ce:

fc*

Digiti

zedby G00gle

Dragons ou courantins.

Ce sont des fusées volantes sans baguettes et sans garnitures, auxquelles on donne une direction précise et que Ton fait arriver sur un point déterminé au moyen d'un cordeau ou d'un fil de fer recuit que Ton tend le plus possible. On colle solidement, sur la longueur du cartouche, un petit tube en carton dans lequel, avant de le tendre, on fait entrer le fil de fer ou le cordeau. C'est au moyen de ce tube que la fusée glisse sur le fil de direction , et arrive avec une grande rapidité au but qu'on désirait qu'elle atteignît. Le départ d'un dragon est assez ordinairement le signal qui annonce le commencement d'un feu d'artifice; cette fusée, le plus souvent, va mettre le feu à la première pièce que Ton tire. On frotte de savon sec le fil de direction, afin que la fusée glisse plus facilement dessus, et on le tend sur deux poteaux ou sur d'autres objets très-solides, arbres, murs, etc. Il ne faut pas que Tintervalle entre les deux points où est attaché le cordeau soit plus grand que l'espace que peut parcourir la fusée. Si la distance était trèsgrande, on mettrait alors à côté les unes des autres plusieurs fusées que Ton attacherait et qu'on collerait solidement; on en mettrait la quantité

nécessaire pour qu'elles pussent franchir tout l'espace qu'il y aurait entre les deux points. On les ferait communiquer de manière que, lorsque la composition du premier cartouche serait consumée, le feu, en partant de la fin ou de l'extrémité non étranglée de ce premier cartouche, se communiquât, par une mèche renfermée dans un tube, au commencement de la seconde fusée, dont la tête ou le bout étranglé est du même côté que la première. Elles doivent toutes les deux aller dans le même sens, c'est-à-dire fuir en arrière, à l'opposé du feu. Si deux fusées ne suffisaient pas, on en mettrait trois, même quatre s'il le fallait; on les disposerait toujours de la même manière. 11 ne faut, pour un dragon k plusieurs cartouches, qu'un seul tube, dans lequel entre le fil de direction. On calculerait, en faisant quelques essais, la quantité de fusées dont on aurait besoin pour faire parcourir à un dragon une distance donnée; il serait difficile d'arriver juste ; mais, dans tous les cas, il n'y aurait pas d'inconvénient à lui donner une durée un peu surabondante. Une fusée de 18 à 20 millimètres de diamètre intérieur peut parcourir un espace au moins de 150 mètres. Pour qu'un courantin puisse mettre le feu à une pièce d'artifice, il faut que cette pièce soit placée à proximité du point où le dragon doit arriver, et qu'une mèche

Digiti

zedby G00gle

soit disposée de manière a ce que le feu qui sort du cartouche puisse infailliblement le lui communiquer.

Lorsque Ton veut que le dragon, après avoir mis le feu à une pièce, revienne à son point de départ, on met le second cartouche tourné à Finverse du premier, c'est-à-dire que la tête ou le bout étranglé de la seconde fusée se trouve placé à côté et au même niveau que l'extrémité non étranglée de la première. Lorsque la première fusée a terminé son effet , elle met le feu , par une mèche enfermée dans un tube qui sort de son bout non étranglé, à la tête de la seconde fusée, qui retourne en rétrogradant au point d'où elle était partie. Les courantins, lorsqu'ils arrivent à la fin de leur course, frappent quelquefois avec violence sur le poteau ou sur l'objet auquel est attaché le cordeau , ce qui pourrait déranger la mèche de communication, lorsqu'il y aurait deux cartouches, et empêcherait le dragon de s'en retourner. Il est essentiel de placer la mèche de manière à lui faire éviter le choc. On pourrait mettre , par exemple, un bout de tube en carton, dans lequel serait entrée la corde; ce tube toucherait au mur ou au poteau, et amortirait le coup, qui d'ailleurs se ferait sur le bout du tube qui sert de conduit au fil de direction. ( Voyez la planche, page suivante.)

Digiti

zedby G00gle

Les anciens artificiers donnaient aux couranlins différentes formes, et représentaient la figure de divers animaux, soit naturels, soit fantastiques ; c'est probablement là l'origine du nom de dragon qu'on a donné à cette sorte de fusée.

Lorsqu'on veut représenter une figure quelconque , on colle sur le dessus du tube qui sert de conduit à la fusée, et dans lequel entre le fil de direction, une petite tringle en bois léger; peut-être vaudrait-il mieux percer dans Pépais-

Digit

zedby G00gle

seur , et dans toute la longueur de ce bout de tringle, un trou qui remplacerait alors le tube en carton. On disposerait en arcs du fil de fer» dont les deux extrémités seraient fixées sur la tringle en bois, au moyen de ces arcs de différentes grandeurs. On obtiendrait à peu près la charpente ou le squelette de l'animal qu'on voudrait représenter. On achèverait de lui donner entièrement la forme en collant du papier que Ton peindrait de la couleur convenable; on se servirait de peinture à l'huile pas très -épaisse, afin que le papier fût transparent* En supposant qu'on représentât la figure d'un dragon , on peindrait le papier en vert de différents tons ; on laisserait une ouverture sur le dos de l'animal, afin que le feu qui serait dans l'intérieur ne s'éteignît pas. On éclairerait cette espèce de transparent avec des lances ou étoiles vertes, un peu longues, que Ton collerait en dedans sur la tringle ; on enduirait ces étoiles sur toute leur surface, excepté le bout auquel on mettrait le feu, avec une dissolution un peu épaisse de gomme arabique , ce qui retarderait la combustion et la ferait durer le temps nécessaire. On pourrait mettre , pour remplacer les yeux , deux petites lances eu feu rouge, etc. Il est essentiel que les cartouches, même vides, soient un peu plus lourds que le châssis qui représente l'animal; sans cela il cha-

Digiti

zedby G00gle

O ARTIFICE. f88

virerait et se trouverait en dessous au lieu d'être en dessus. Si les fusées n'étaient pas assez lourdes, on les lesterait en ajoutant un autre cartouche rempli de sable ou d'autres substance lourdes.

Afin qu'on ait le temps de bien voir la forme du dragon, on mettrait le feu aux étoiles vertes destinées à éclairer l'intérieur quelques instants avant de le mettre aux fusées.

II serait superflu d'entrer dans plus de développement sur ce sujet; cet exemple suffira probablement. Lorsqu'on voudra représenter différents objets, on consultera son goût, qui, pour ces sortes de choses, sera un guide suffisant.

Bombe.

Quel est ce feu rougeâtre à peine visible, qui monte sans grâce d'un mouvement saccadé? Ce doit être peu de chose; il ne laisse aucune trace. Mais, ô surprise! du point où il semble s'être arrêté jaillit un torrent de lumière; le ciel est embrasé; on est ébloui!!! C'était une bombe!... Cette pièce, d'un très-grand effet, est une des plus grandes ressources de la pyrotechnie; maintenant qu'on possède des compositions qui produisent des flammes de toutes les couleurs, on peut en varier beaucoup les effets. Si on avait plusieurs bombes à tirer, on pourrait mettre la garniture

de la première en étoiles blanches , la seconde en jaune, la troisième en bleu, une autre rouge, en vert, en violet, etc. Le seul défaut qu'on puisse trouver à cette pièce, c'est de coûter très-cher; puis son effet est peut-être trop soudain. Il est possible cependant de corriger en partie ce dernier défaut en faisant les bombes lumineuses; alors on ne serait pas pris à l'improviste, l'attention serait préparée ; on pourrait suivre de l'œil la bombe sortant du mortier, ayant l'aspect d'un globe enflammé. Ce serait un moyen de varier et de rendre cette pièce encore plus belle. Qu'on se figure, par exemple, l'effet que doit produire une flamme verte sphérique d'un assez fort volume, lancée dans l'espace par une force modérée, qui permet de la bien voir, qui , arrivée au terme de son ascension, s'ouvre et répand dans l'air une quantité considérable de petites flammes rondes, brillantes, d'un beau violet. On aurait l'attention de réunir les couleurs qui contrasteraient le plus; une bombe lumineuse à flamme verte lancerait des étoiles rouges, une bombe violette des étoiles vertes ; une bombe jaune lancerait des étoiles bleues , etc. J'indique , au chapitre des Compositions, celles qui conviennent pour couvrir les bombes. On fait des bombes depuis 8 centimètres de diamètre jusqu'à 33 centimètres , mais on n'en tire que bien rarement de

Digiti

zedby G00gle

cette dernière dimension ; elles reviennent h un prix très-élevé. Une bombe de 33 centimètres, dont la garniture serait en feu coloré, coûterait à peu près 150 à 160' francs.

La bombe d'artifice est une boule creuse, que Ton remplit d'étoiles ou de toute autre sorte de garniture ; on fait entrer cette boule dans un mortier, espèce de tube solide, au fond duquel on place auparavant une chasse de poudre , qui la projette dans l'air à une grande hauteur.

Une bombe se fait en deux parties, que Ton réunit ensuite; ces deux demi-sphères, ou plutôt ces deux calottes , se font avec des bandes de papier qu'on enduit de colle, et que Ton pose dans un moule en plâtre qu'on a la précaution de graisser avec du saindoux ou de l'huile, afin que le papier n'y adhère pas. On peut aussi les faire tourner en bois, comme les boîtes à savonnettes; mais je pense que les calottes en carton sont préférables. Les éclats de boîtes en bois peuvent blesser en tombant, au lieu que le carton étant plus léger et moins dur est beaucoup moins dangereux.

Four donner la forme aux calottes, on se sert, comme je l'ai dit plus haut, de moules en plâtre; ces moules se font de la manière suivante. On fait (aire, par un tourneur, une boule en bois , de la grosseur dont on veut la bombe; on scie cette

Digiti

zedby G00gle

boule en deux parties égales ; on graisse d'huile ou de saindoux une de ces demi-boules; on la pose à plat sur un marbre uni , que Ton a aussi frotté avec un peu d'huile. On se procure un châssis carré en bois, d'une grandeur propre à laisser autour de la demi -boule un espace d'à peu près la moitié de son diamètre; l'épaisseur ou la hauteur du châssis doit excéder la hauteur de la demi-boule de 4 à 6 centimètres. Si on n'avait pas de châssis, on pourrait y suppléer avec de la terre glaise un peu humectée, que Ton pétrirait , et à laquelle on donnerait à peu près la forme qu'aurait eu le châssis en bois; puis on coulerait dans le châssis du plâtre fin, délayé au degré convenable, jusqu'à la hauteur des bords du châssis, ce qui formerait audessus de la demi-boule une épaisseur de 4 à 6 centimètres. Lorsque le plâtre serait bien pris, c'est* à-dire dur, ce qui a lieu ordinairement au bout d'une demi-heure, lorsqu'on n'a pas trop mouillé le plâtre, on ferait sortir avec précaution, en se servant de la pointe d'un couteau , la demi-boule du moule ; on ôterait également le châssis , en retirant les chevilles qui le tenaient assemblé, ou, si c'était la terre glaise qui en tint lieu , on la briserait, afin de laisser le moule à nu; puis on le mettrait sécher à l'air, avant de mouler les calottes. On graisse avec du saindoux ou de l'huile,

Digiti

zedby G00gle

comme je l'ai déjà dit, non-seulement l'intérieur du moule, mais aussi les bords, qui ont, comme on sait, un demi-diamètre tout autour de la partie creuse du moule. On prend du gros papier d'emballage, dit papier lombard; on le coupe par bandes d'à peu près 27 millimètres de large, si c'est pour un petit moule, et, pour un grand moule, du double de largeur. On donne à ces bandes de papier une longueur suffisante pour qu'en les posant sur les moules elles s'appliquent au fond et sur les bords; on les enduit de colle des deux côtés. Lorsqu'on a appliqué une bande dans un sens , on en applique une seconde dans un sens opposé, ce qui forme une croix; puis on en applique dans les intervalles, de manière à couvrir toute la surface du moule. Comme les bandes de papier sont croisées au milieu les unes sur les autres, ce milieu est par conséquent plus épais que les côtés. On colle alors, afin de rendre la calotte d'égale épaisseur, des demi -bandes de papier qui ne posent pas sur la partie épaisse, mais à côté du milieu. Lorsque Ion juge qu'il y a assez de bandes de papier collées pour que la calotte ait l'épaisseur convenable , on rabat le papier qui porte sur les bords du moule, et on l'applique dans l'intérieur de ce moule, ce qui augmente l'épaisseur de la calotte. On doit tenir compte de ces bords rabattus pour déterminer l'épaisseur

Digiti

zedby G00gle

nécessaire. Celte épaisseur doit être, pour la partie destinée à être dessous et à recevoir l'impulsion de la poudre, d'un dixième du diamètre intérieur de la bombe. La calotte de dessus, sur laquelle on ûxe l'espolette, n'a pas besoin d'être aussi forte; une épaisseur d'un douzième du diamètre intérieur de Ta bombe est suffisante. On peut appuyer fortement dans le moule sur le papier rabattu avec la demi-boule qn bois, ce qui aplatit les bosses ou inégalités qu'il peut y avoir, et rend la calotte plus unie et plus serrée. Après cette opération, on sort la calotte du moule, que Ton met sécher à l'ombre. On procède de la même manière pour mouler toutes les calottes de bombes; lorsqu'elles sont sèches, on se sert, pour en dresser les bords, de feuilles de ferblanc percées de petits trous, qui forment des reliefs ou aspérités sur une surface. C'est avec ces feuilles ainsi percées qu'on fait des râpes à sucre. On cloue, en les étendant sur une planche unie , une ou deux feuilles de ce fer-blanc percé.

On frotte, sur cette espèce de dressoir, toutes les calottes du côté de la partie creuse , jusqu'à ce que les bords soient unis , et que deux calottes rapprochées l'une de l'autre s'appliquent parfaitement et forment une boule à peu près ronde , sans qu'il y ait le plus petit jour entre elles.

Digiti

izedby G00gle

Espoletle ou fusée de bombe.

L'espolette est une petite fusée de forme cylindrique, dont le cartouche n'est pas étranglé; on l'introduit dans la bombe par un trou pratiqué au milieu de la calotte de dessus ; elle doit y entrer un peu gênée et y pénétrer à peu près de 3 à 4 centimètres. Elle prend feu au moment où la bombe est projetée par la chasse , brûle pendant toute la durée de son ascension, et met le feu à la garniture qui fait éclater la bombe.

Les auteurs ne s'accordent ni sur la longueur que Ton doit donner à l'espolette, ni sur la force de la composition avec laquelle on doit charger cette petite fusée. Il est cependant essentiel qu'elle soit faite avec la plus grande précision et que sa durée soit fixée d'une manière rigoureuse; car c'est de l'exactitude de la proportion de l'espolette , des soins apportés dans sa confection , que dépend la réussite de la bombe ; la plus petite négligence ou inexactitude peut la faire manquer et occasionner de graves accidents. Par exemple, si l'espolette était trop courte et char* gée avec une composition vive , elle ne durerait pas assez longtemps, et la bombe éclaterait avant d'arriver à toute la hauteur qu'elle doit atteindre, ce qui produirait un mauvais effet; mais si l'es-

Digiti

zedby G00gle

polette était trop longue, ou si elle était chargée avec une composition trop lente , il y aurait un bien plus grand inconvénient; la bombe pourrait retomber à terre, briser dans sa chute ce qui se trouverait dessous, et ses éclats, lorsqu'elle ferait explosion, pourraient encore tuer ou blesser plusieurs personnes.

Je vais indiquer, avec le plus d'exactitude possible, les proportions et la manière de faire cette petite fusée.

Le cartouche doit être collé entièrement. On se sert de carton de trois feuilles, que Ton roule sur une baguette de 9 millimètres de diamètre. Après avoir frotté la baguette avec du savon sec ou de la craie de Briançon, afin de pouvoir la retirer facilement du cartouche , on prend la varlope et on serre le carton le plus possible. Lorsque le cartouche a l'épaisseur voulue, on colle dessus une bande de papier, qui fait une ou deux révolutions.

Quelques auteurs conseillent de donner aux espolettes un diamètre différent pour chaque grosseur de bombe; mais je n aperçois pas le motif de cette prescription, et je pense que des espolettes d'un même diamètre peuvent servir pour les bombes de toutes les grosseurs. Les espolettes varient seulement dans leur longueur, parce que les grosses bombes sont projetées un

zedby G00gle

peu plus haut que les petites, et que par conséquent les espolettes doivent être un peu plus longues, afin de durer plus longtemps. Neuf millimètres de diamètre pour les espolettes m'ont paru une grosseur convenable; plus petites elles prendraient moins bien et risqueraient de s'éteindre par le choc de l'air en sortant du mortier ; plus grosses, leur durée serait plus difficile à régler, et la violence du feu d'une grosse espolette pourrait chasser le massif en dedans , comme il arrive quelquefois aux fusées volantes.

On donnera au cartouche de la fusée de bombe une épaisseur d'un diamètre et demi de son diamètre intérieur ; ainsi, le diamètre intérieur étant de 9 millimètres, la grosseur totale sera de 22 millimètres. Cette épaisseur est peutêtre un peu surabondante, mais il y a moins d'inconvénient à exagérer les précautions que d'en manquer.

Je conseille d'employer, pour charger les espolettes, du pulvérin pur ( poudre de guerre pulvérisée le plus fin possible) ; le pulvérin donnera des résultats beaucoup plus uniformes, et on pourra plus facilement régler la durée de l'espolette, qu'avec toute autre composition dont les ingrédients ne sont pas toujours de même qualité. On versera dans le cartouche une cuillerée

de pulvérin, dont la quantité sera calculée de mais

Digiti

nière à ce que, toute comprimée, la charge ne s'élève pas à plus d'un demi-diamètre intérieur; on frappera vingt-cinq coups égaux pour chaque charge, et on continuera à charger cuillerée par cuillerée, formant chacune un demi-diamètre de hauteur, et en frappant le même nombre de coups, jusqu'à ce que le cartouche soit entière* ment chargé. La longueur que doivent avoir les espolettes, d'après la grosseur des bombes, est indiquée dans le petit tableau ci-dessous. Les cartouches des espolettes ne s'étranglent pas et se chargent sans, broche. On peut faire entrer ces cartouches dans des trous d'une grosseur convenable, qui seraient pratiqués dans un morceau de bois cubique , semblable à ceux qui servent à charger les lances. ( Voir l'article des Lances.)

Diamètre des bombes.

10 centimètres 8 millimètres.

Longueur de l'espolette qui doit saillir en dehors de la bombe.

1B millimètres.

Digiti

d'artifice. 19JJ

Longueur de l'espolette qui se trouve couverte par l'épaisseur de la bombe.

0 centimètre* 11 millimètre*.

Pwttoi de l'espolette sur laquelle ou fait entrer un peu serré un petit bout de cartouche enduit de oeUe-ferte, qui se colle eu mène temps sur la partie concave de la bombe.

6 millimètres.

Longueur de la partie de l'espolette coupée en biseau*

2 centimètres 7 millimètres,

id. — id. —

id. — id. —

id. — id. —

Longueur totale de l'espolette.

5 centimètres 9 millimètres*

zedby G00gle

En examinant ce tableau, on verra que je donne aux espolettes un excédant de longueur de 27 millimètres, indépendamment de la partie destinée à brûler pendant la durée de l'ascension de la bombe. On coupe cet excédant en sifflet ou en biseau, afin que la flamboyure de l'intérieur de la bombe porte sur cette composition de Tintérieur de l'espolette mise à nu, et que, le feu arrivant sur cette partie de l'espolette, la bombe éclate instantanément. Je crois ce moyen plus sûr que des brins de mèche qui peuvent se détacher du bout de l'espolette et ne pas mettre le feu à la garniture. La bombe alors retomberait à terre sans éclater.

Lorsque l'espolette est chargée, qu'on a coupé à une de ses extrémités une longueur de 27 millimètres en biseau, on a des bouts de cartouche préparés d'avance, dont le diamètre intérieur est juste de la grosseur de l'espolette, c'est-à-dire de 22 millimètres; un de ces bouts de cartouche doit avoir la longueur précise de la partie de l'espolette qui saillit en dehors de la bombe. On enduit de colle-forte cette partie de l'espolette, destinée à être en dehors de la bombe; on l'introduit dans le cartouche. Elle doit y entrer un peu gênée , et on l'enfonce jusqu'à ce que le bout introduit se , trouve au niveau de l'extrémité du cartouche. On perce au centre de la calotte supérieure de la

Digiti

zedby G00gle

bombe ( celle qui est la moins épaisse ) un trou qu'on enduit de colle-forte, et dans lequel on fait entrer, en forçant un peu , le bout de l'espolette qui est coupé en biseau; on a aussi enduit de colle-forte la surface du bout du cartouche qui doit porter sur la bombe. Cette surface du cartouche collée sur la bombe sert d'épaulement à l'espolette, et empêche que la force de la chasse ne la fasse entrer dans la bombe. On prend un second bout de cartouche du même diamètre que le premier, mais plus court, d'une longueur égale à la partie de l'espolette qui est en dedans de la bombe et qui n'a pas de biseau ; on enduit de colle-forte la surface de ce bout de cartouche, qui doit porter sur la partie concave de la bombe; on enduit de colle-forte également la partie de l'espolette non coupée en biseau et qui se trouve placée en dedans de la bombe, près du trou. On entre un peu de force l'espolette dans le cartouche jusqu'à ce que ce bout de cartouche appuie et se colle sur la partie concave de la bombe. L'espolette se trouve, par le moyen de ces deux bouts de cartouche, maintenue en dedans et en dehors; afin que ces deux bouts de cartouche portent sur une plus grande surface de la bombe, on peut, avec une râpe à bois , ou mieux avec une râpe à sucre, donner, avant d'entrer l'espolette, une courbe concave à la surface du cartou-

Digiti

izedby G00gle

che qui doit porter en dehors sur la partie convexe de la bombe , et une courbe convexe à la partie du bout du cartouche qui doit porter en dedans sur la partie concave. Ces deux bouts de cartouche s'appliqueraient mieux et se colleraient encore plus solidement.

L'espolette étant fixée solidement à la calotte supérieure au moyen de deux bouts de cartouche collés en dedans et en dehors, on la met sécher. Lorsqu'elle est sèche , on charge la bombe , c'està-dire qu'on y met la garniture , soit des étoiles ou autre sorte d'artifice. Les deux demi-sphères ou calottes doivent être ajustées d'avance par le moyen du dressoir, et s'appliquer parfaitement l'une sur l'autre; puis on pose une des calottes sur un châssis de grandeur convenable. Si on n'avait pas de châssis, une petite chaise non empaillée pourrait en tenir lieu ; il suffit seulement que la calotte se tienne dans une position horizontale et ne puisse pas rouler. On remplit cette demi-sphère jusqu'aux bords avec la garniture qu'on destinait à la bombe. On verse sur cette garniture à peu près un tiers de flamboyure, ou mieux de la composition n° 57. Cette flamboyure est destinée à enflammer la garniture et à (aire éclater la bombe. La flamboyure ne doit pas empêcher de remplir entièrement la calotte de garniture ; elle se place facilement dans les inters-

Digiti

zedby G00gle

lices que laissent entre elles les étoiles. On met la seconde calotte sur un autre châssis, et on la remplit de la même manière que la première.

Il s'agit maintenant de placer ces deux calottes Tune sur l'autre. Afin que les étoiles et la flamboyure ne se renversent pas, on pose sur la première calotte une feuille de papier dont on colle les bords tout autour , un peu en dedans de la calotte ; on attend que ces bords collés soient secs; puis, avec un poinçon , on fait sept ou huit trous sur cette' feuille de papier. On introduit dans chaque trou un brin de mèche de 4 à 5 centimètres de long ; une moitié de cette longueur pénètre dans la garniture, l'autre moitié doit être pliée et poser à plat sur la feuille de papier. On soutient avec les deux mains la garniture , afin que le papier ne crève pas, et on renverse avec précaution cette première calotte, que l'on pose sur la seconde, dont, auparavant, on avait enduit les bords de colle-forte. On fait joindre les deux calottes en les serrant avec plusieurs tours de petite ficelle que l'on croise dans tous les sens, puis on couvre la bombe de trois à quatre révolutions de bandes de grosse toile imprégnées de colle-forte bien chaude. On colle, en outre, sur toute la surface de la bombe, du papier blanc, afin de couvrir les inégalités des bandes de toile. On met sécher la bombe; lorsqu'elle est sèche , on pose la

Digiti

zedby G00gle

chasse destinée à la lancer. La chasse se fait avec de la poudre à canon en grains, dont la quantité doit être proportionnée à la grosseur ou au poids de la bombe. Je prends pour base la pesanteur et le volume simultanément, au lieu de prendre la pesanteur ou le volume tout seul. Les deux méthodes ont des avantages et des inconvénients, mais ni Tune ni l'autre ne sont d'une précision absolue.

Pour les bombes de 108 à 162 millimètres, la quantité de poudre doit être du quinzième du poids de la bombe ; pour celles de 213 à 324 millimètres, on ne mettrait que le vingtième; on pourrait, à la rigueur , pour toutes les grosseurs, mettre le seizième.

La poudre doit être contenue dans une calotte ou un cône en carton , dont le diamètre, à la partie la plus large, doit être de la moitié du diamètre de la bombe. Si le cône ou la calotte étaient trop grands, c'est-à-dire s'il y avait un intervalle entre la poudre et la bombe, on rognerait la calotte ou le cône jusqu'à ce que la bombe portât sur la poudre; on placerait le cône ou la calotte au mi* lieu de la partie de la bombe la plus épaisse, celle qui se trouve dessous et qui est opposée à la partie sur laquelle est fixée l'espolette; on assujettirait cette calotte ou ce cône en collant plusieurs bandes de papier sur la jonction. Les calottes

Digiti

zedby G00gle

d'artifice. 201

destinées à contenir la chasse se font de la même manière que les calottes de bombes; seulement on leur donne un peu moins d'épaisseur. Les cônes se font en tournant une bande de carton de trois feuilles en cornet. On maintient le carton dans cette forme en collant dessus du papier qui empêche le cône de s'ouvrir. Lorsque les bandes de papier <jui assujettissent la calotte ou le cône sur la bombe sont sèches, on perce , à la jonction, sur les bords de la calotte qui contient la chasse, deux trous opposés l'un à l'autre, c'est-à-dire éloignés le plus possible l'un de l'autre ; on introduit dans chaque trou deux brins de mèche qui doivent pénétrer à nu dans la poudre contenue dans la calotte. Ces brins de mèche, à partir des trous du bord de la calotte, sont enfermés dans deux tubes ou conduits que Ton colle, et qui doivent s'appliquer sur les flancs de la bombe. Ces tubes, contenant les brins de mèche, doivent être assez longs pour que leur extrémité puisse arriver un peu au-dessus du bout de l'espolette. On colle sur chaque tube, afin qu'ils s'appliquent encore mieux sur la bombe et qu'ils ne puissent pas se déranger, deux bandes de papier mince. On réunit les quatre brins de mèche contenus dans deux conduits collés de chaque côté sur la surface de la bombe ; on les lie sur l'espolette avec du gros fil ; on recourbe les bouts des quatre brins

Digiti

zedby G00gle

de mèche qui doivent porter à nu sur la composition de l'espolette ; on entoure les quatre brins de mèche et l'espolette d'une bande de papier que Fon noue avec du gros fil, et que Ton colle, en outre, pour plus de solidité. Cette bande de papier, étant plus élevée que le bout de l'espolette, forme une espèce de gobelet dans lequel on introduit un tube contenant aussi deux brins de mèche qui doivent être assez longs pour dépasser la hauteur du mortier au moins d'un tiers de mètre. Il est essentiel de s'assurer que ces deux brins de mèche, ainsi que les quatre autres brins, posent bien à nu sur la composition de l'espolette ; il serait prudent mémo d'y mettre un peu de pâte d'amorce , qui collerait ces six brins de mèche sur le bout de l'espolette. On lie avec du gros fil le haut du gobelet formé par la bande de papier , ce qui empêche les brins de mèche qui sortent du mortier de se déranger. Lorsqu'on ferait partir la bombe, on couderait l'excédant de conduit qui sort du mortier , de manière à ce qu'on pût mettre le feu sans que la main approchât de l'embouchure du mortier.

Il y a une autre méthode de placer les mèches qui doivent donner le feu à l'espolette et à la chasse qui projette la bombe. Ce procédé consiste à donner 9 millimètres de plus de longueur à l'espolette, qui est, du reste, confectionnée et char-

Digiti

zedby G00gle

géede la même manière. On l'entre dans la bombe; on l'assujettit avec de la colle-forte ; on agit enfin comme j'indique de le (aire dans les paragraphes précédents : il n'y a de changé que la longueur de l'espolette. On perce, à 9 millimètres au-dessous de l'extrémité de l'espolette, un trou qui doit traverser le diamètre ou toute l'épaisseur de l'espolette. Ce trou doit être assez grand pour qu'on puisse y introduire deux brins d'étoupille. Ce double brin d'étoupille serait assez long pour que chaque partie de ce brin double pût arriver, en s'appliquant sur le flanc de la bombe, jusque dans le cane ou la calotte qui contient la chasse. On entrerait chaque partie de ce double brin de mèche dans deux conduits qui partiraient de chaque trou. L'un s'appliquerait sur le flanc droit de la bombe , et l'autre sur le flanc gauche. On ferait entrer les extrémités de ces deux portions d'étoupille d'à peu près 27 millimètres dans la chambre qui contient la chasse. Ces bouts de mèche porteraient k nu sur la poudre. On collerait du papier sur les trous par lesquels on a introduit ces deux bouts de mèche, afin que la poudre ne pût pas s'échapper; on maintiendrait, appliqués sur les flancs de la bombe, les deux conduits, en collant sur chacun une bande de papier brouillard ; on collerait aussi sur l'orifice de chaque trou latéral de Fespolette du papier brouillard qui couvrirait

Digiti

ces deux trous et les parties de la mèche qui n'étaient pas entièrement enveloppées par les conduits. On collerait, dans le haut de l'espolette, un peu au-dessus des trous d'où partent les brins d'é» toupille, une bande de papier qui servirait de chemise, ou qui formerait à l'espolette une espèce de gobelet, dans lequel on ferait entrer deux brins d'étoupille réunis ensemble, qu'on courberait à l'extrémité qui porterait sur la composition dont est chargée l'espolette. On assujettirait ces deux brins coudés sur le bout de l'espolette avec un peu de pâte d'amorce ; on entrerait l'autre extrémité de cette double mèche dans un conduit que l'on ferait descendre jusque dans la chemise ou gobelet de l'espolette. On forcerait la chemise sur le conduit , et on lierait avec du gros fil. Le conduit devrait être assez long pour saillir d'au moins 324 millimètres au-dessus de l'orifice du mortier; on couderait cette partie saillante du conduit, qui se trouverait en dehors du mortier, et auquel on pourrait mettre le feu sans être obligé d'approcher la lance au-dessus du mortier.

L'avantagé de cette méthode, c'est qu'on a la certitude que l'espolette prend feu avant la chasse, puisque c'est elle qui le lui communique, après avoir brûlé quelques instants; s'il arrivait que le conduit qui est hors du mortier ne mit pas le feu à l'espolette, la bombe resterait dans le mor-

Digiti

zedby G00gle

D ARTIFICE. 20tf

lier et ne serait pas projetée : ce serait le seul inconvénient qui pourrait en résulter ; au lieu que, par l'autre procédé, il serait possible que l'espolette ne fût pas enflammée , et que cependant le feu (fit mis à la chasse par les deux autres mèches; la bombe alors serait lancée et retomberait sans avoir éclaté , ce qui pourrait produire de graves accidents.

Bombe dont l'espolette a on excédant de longueur.

Le bout de cette espolette, qui est en saillie en dehors de la bombe, a, sur les côtés, à 5 ou 6 millimètres au-dessous de son extrémité, deux petits trous percés dans l'épaisseur du carton , qui se joignent en traversant toute l'épaisseur de la composition du cartouche ; on fait entrer dans ce trou un double brin d'étoupille, qui doit être assez long pour être dirigé, en s appliquant sur chaque côté ou flanc de la bombe, dans le cône ou la calotte qui contient la chasse. Les bouts de cette mèche, qui sortent des trous latéraux de l'espolette, doivent être entrés dans deux conduits. La mèche n'a de découvert que la partie entrée dans l'épaisseur de la composition de l'espolette, et les bouts qui sont entrés dans le cône qui contient la chasse.

Le dessin qui est à gauche de la bombe, dans

Digiti

zedby G00gle

le haut, est l'espolette isolée. Le trou qui traverse le diamètre du cartouche est indiqué par deux traits noirs (un sur chaque côté).

Les deux petites lignes courbes qui sont au milieu de la partie la plus épaisse de l'espolette indiquent l'épaisseur du carton de la bombe; ce qui est au-dessus et au-dessous de ces lignes représente les deux boots de cartouche qui servent

Digiti

zedby G00gle

d'épaulement , et qui sont entrés un peu serré sur l'espolette, collés sur les surfaces extérieures et intérieures de la bombe, afin que l'espolette soit maintenue et ne puisse sortir ni entrer dans la bombe.

Cette méthode de transmettre le feu à la châsse de la bombe par des trous percés dans le haut de l'espolette est préférable à l'ancienne manière.

Les bombes doivent entrer facilement dans le mortier destiné à les projeter; leur diamètre extérieur doit être d'un vingtième moins grand que le diamètre intérieur du mortier; cet intervalle , qu'il est indispensable de laisser, empêche que le mortier ne crève et que la bombe ne se brise en partant.

On observera la même proportion à l'égard des calottes ou des cônes qui doivent contenir la chasse; leur diamètre extérieur aura aussi un vingtième de moins que le diamètre intérieur de la chambre du mortier. On descend les petites bombes dans le mortier en les tenant par l'espolette; on tâche de placer, le plus droit possible, la calotte ou le cône dans la chambre qui est au fond du mortier ; mais les grosses bombes étant très-lourdes ( celles de 324 millimètres pèsent jusqu'à 20 kilogrammes), on risquerait, si on se servait du même moyen, de décoller

Digiti

zedby G00gle

Fespolette. On évitera cet inconvénient si, lorsqu'on colle des bandes de toile sur la bombe, on laisse passer les bouts de deux de ces bandes, qui seraient posées en croix , collées avec de la colle-forte sur toute la surface de la bombe; les quatre bouts de ces deux bandes de toile dépasseraient la hauteur de l'espolette de quelques centimètres, de manière à laisser une prise suffisante pour soulever la bombe. Il est bien entendu que ces deux bandes seraient collées avant de placer la calotte ou le cône qui doit contenir la chasse.

Le choix entré les demi-sphères et les cônes est embarrassant a faire, car ces deux systèmes ont leurs avantages et leurs inconvénients. Lorsque la chasse est contenue dans un cône, il faut un peu moins de poudre pour lancer la bombe. Au moyen du cône, la bombe se place nécessairement droite au fond du mortier, puisque la chambre dans laquelle doit entrer le cône a aussi une forme conique ; mais le cône, présentant plus de saillie, risque plus que les demisphères, lorsqu'on transporte les bombes, d'être heurté et même décollé par le choc de quelques corps durs.

Les artificiers, probablement par ce motif, n'emploient généralement que des calottes en carton pour contenir la chasse des bombes.

Bombe lumineuse.

Météore ou globe enflammé, d'une lumière vive, et qui, lancé dans les airs par une force d'impulsion et arrivé à la hauteur qu'il doit atteindre, forme, en s ouvrant, une auréole composée d'une multitude d'étoiles brillantes.

Quoique son ascension soit rapide, on peut cependant le suivre de l'œil. Cette pièce est d'une grande beauté; elle peut être variée de toutes les couleurs* Pour qu'elle produise un effet plus agréable, il faut, comme je l'ai dit dans l'article précédent, assortir les nuances, c'est-à-dire mettre ensemble les couleurs qui tranchent le plus ; par exemple, Une bombe bleue lancerait des étoiles jaunes ou des étoiles rouges; une bombe rouge lancerait des étoiles vertes; une bombe verte, des étoiles violettes, etc. Il faut éviter de mettre le jaune avec le rouge, le violet avec le bleu, le bleu avec le vert. Ces couleurs ne font pas bien lorsqu'elles sont ensemble ou lorsqu'elles se succèdent immédiatement.

La confection des bombes lumineuses ne diffère presque pas de celle des bombes ordinaires ; on procède précisément de la même manière; seulement > avant de coller la calotte qui contient la chasse , on couvre toute la surface de la

Digiti

bombe (excepté Tespoiette) d'une pâte faite avec une composition qui produit une flamme de la couleur que Ton désire donner à la bombe. On fait cette pâte et on l'applique de la manière suivante. On humecte la composition avec un peu d'eau-de-vie ; on met en outre , afin qu'elle soit plus liée , gros comme une noix de colle d'amidon par 600 grammes de composition; on forme du tout une pâte qui doit avoir de la consistance ; on l'étend sur un marbre uni , avec une billette ou un rouleau. On donne à cette pâte une épaisseur de 9 millimètres ; on la coupe par bandes de 27 ou 54 millimètres, suivant la grosseur de la bombe. On dispose, sur le marbre sur lequel est étendue la pâte, des brins d'étoupe fine de chanvre ou de lin; ces brins doivent avoir une longueur du double de la largeur de la bande de pâte. On les étend sur une surface équivalente à la longueur de la bande de pâle, et on espace les brins de manière à former une espèce de réseau ; on pose la bande de pâte au milieu des brins d'étoupe disposés en réseau; on appuie légèrement avec le rouleau, afin que les, brins entrent un peu dans la pâte. On donne sur la surface de dessus de la pâte une couche légère de colle-forte, puis on relève à droite et à gauche, sur cette surface enduite décolle, l'excédant des brins d'étoupe, qui s'y appliquent et restent collés. Cette espèce

Digiti

zedby G00gle

de tissu, qui enveloppe la bande de pâte, la maintient et l'empêche de s'écailler. On enduit aussi de colle-forte une surface de la bombe équivalente à la grandeur de la bande de pâte ; on y place la bande en la retournant , afin que ce soit la surface de la bande qui a été enduite de colle-forte qui pose sur la bombe. Il ne faudrait pas qu'il y eût de colle-forte mr le dessus de la pâte : cela l'empêcherait de brûler.

On appuie avec la main sur la bande, afin qu'elle s'applique et qu'elle prenne bien la forme de la partie de k bombe sur laquelle elle est posée. On prépare de la même manière tontes les bandes de pâte ; on les applique à côte les «mes des antres; on en couvre toute la surface de ht bombe, et on laisse sécher. On pourrait pétrir ensemble 1-étoupe et la composition, et en former mie espèce de bouillie qu'on appliquerait de mente sur la bombe. Cette opération se ferak pins vite ; mais la pâte , humectée au degré nécessaire pour qu'elle puisse se tenir sur la bombe, sèche difficilement , et la flamme n'est jamais belle; les sels les plus solubles se portent, en séchant, à la surface, et l'amalgame n'est plus homogène. Lorsque ha pâte est sèche, on prend un pinceau à longues soies, que l'on trempe dans de la colle d'amidon un peu claire; on en humecte très-légèrement toute la surrace

Digiti

zedby G00gle

de la bombe ; on la saupoudre, pendant qu'elle est encore humide , de poussier de poudre, qui sert d'amorce à la pâte. Afin que toute la surface de cette pâte prenne feu en même temps , on pose en outre plusieurs brins de mèche que Ton dis- 1 tribue convenablement ; on les assujettit de distance en distance avec un peu de pâte d'amorce. Pour plus de propreté, et afin que les mèches ne se dérangent pas, on enveloppe la bombe d'une espèce de chemise de papier mince que l'on colle. Avant de poser la calotte qui contient la chasse, on déchire, sur la place que la calotte doit occuper sur la bombe, un peu de papier qui couvre la pâte. 11 faut s'arranger de manière à ce qu'il y ait à cette place quelques brins de mèche, car c'est la chasse qui doit mettre le feu à la pâte. Cette opération termine ce qui concerne particulièrement les bombes lumineuses. L'achèvement de la bombe lumineuse se fait précisément de la même manière que pour les bombes ordinaires. J'en ai donné une description détaillée dans le chapitre précédent. Pour lancer les bombes lumineuses, il faut que les mortiers aient une plus grande ouverture ; par exemple, une bombe de 108 millimètres de diamètre se trouve grossie par la pâte, les mèches et le papier, d'à peu près 27 millimètres ; ainsi, une bombe ordinaire de 108 millimètres de diamètre extérieur, si on

Digiti

zedby G00gle

la fait lumineuse, exigera un mortier de 14 centimètres 1 millimètre (les 7 millimètres sont pour le vingtième de jeu que doit avoir la bombe dans le mortier).

Grenades, ou petites bombettes, pour être projetées avec la main

J'ai imaginé, il y a quelques années, un petit artifice, d'une confection très-simple, qui produit cependant un joli effet; ce sont de petites grenades ou bombettes qu'on lance avec la main le plus haut qu'on peut, et qui s'épanouissent en Pair en produisant une pluie de perles de différentes couleurs, d'un effet nouveau et très-remarquable. On coupe des disques en papier mince (papier brouillard ou papier d affiches) de 13 à 14 centimètres de diamètre; on y met cinquante ou soixante grains gros comme des petits pois, d'à peu près de 4 millimètres de diamètre. On mélange avec ces grains un poids égal de la corn* position n° 61 ou 62 ; on met au milieu du disque une mèche de moyenne grosseur, que Ton coude à l'extrémité qui doit porter sur la composition. Cette mèche doit saillir de 4 centimètres au delà du rayon ou demi-diamètre du rond de papier. On rassemble les bords du papier sur la mèche , et on lie le tout avec du gros fil. Il ne faut pas que

Digiti

zedby G00gle

21 i 1>ES FEUX

la composition soit serrée ;, il faut qu'il y ail un peu de vide entre la ligature et la composition. Si la composition était serrée , la bombette ferait explosion et les grains ne seraient pas enflammés.

On coupe avec des ciseaux le papier qui excède la ligature, en laissant cependant un quart de centimètre, afin que la ligature ne se défasse pas. La mèche qui sort de fat bombette ne doit saillir au delà de la ligature que de 3 centimètres. Si elle était plus longue, on la couperait à cette mesure. Pour projeter ces bombettes, on les tient avec trois doigts par la partie la plus volumineuse. La mèche doit être placée horizontalement, afin que le feu n'arrive pas trop vite à la composition. Aussitôt qu'on a mis le feu au bout de la mèche, on se presse de lancer la bombette, qui produit en petit le même effet que le? grosses bombes. Il ne faudrait pas employer d'autres compositions que celles n° 61 ou 62; les flamboyures ordinaires n'enflammeraient pas le quart des grains.

On peut faire ces bombettes beaucoup plus grasses ; mais, au delà de 60 grammes, elles ne produisent pas un effet aussi certain ; elles risquent de retomber à terre avant de s'épanouir.

On peut varier beaucoup l'effet de ces bombettes. Par exemple, on pourrait mettre dans la

Digiti

zedby G00gle

première des grains blancs, dans la seconde des grains rouges, dans la troisième des grains verts, dans la quatrième des grains violets, puis des grains jaunes, des grains bleus, etc. On pourrait aussi mélanger différentes couleurs.

Mortiers.

Les mortiers sont de gros tubes ou tuyaux cylindriques qui servent à lancer les bombes. On doit mettre beaucoup de soin dans la confection de ces tubes et leur donner une très-grande solidité. S'ils n'étaient pas assez forts, la chasse pourrait les faire crever et occasionnerait des accidents.

La longueur des mortiers varie suivant les calibres, et doit suivre la progression suivante.

La longueur de la partie vide du mortier (sans y comprendre l'espace occupé par la chambre) , pour une bombe de 108 millimètres de diamètre extérieur, doit être de 594 millimètres; pour une bombe de 135 millimètres, de 621 millimètres ; pour une de 164 millimètres de diamètre, de 649 millimètres de longueur ; pour une de 243 millimètres de diamètre, de 811 millimètres de longueur , et pour une bombe de 324 millimètres de diamètre (sans y comprendre l'espace occupé

Digiti

zedby G00gle

par la chambre), il doit avoir 1 mètre 81 millimètres de longueur.

Il faut ajouter à la longueur du tube du mortier un diamètre intérieur en plus; cet excédant de longueur est destiné à recevoir une espèce de tenon cylindrique pris dans l'épaisseur du socle, et qui doit servir à fixer solidement le tube sur sa base. L'épaisseur du tube sera de la moitié de son diamètre intérieur.

Les tubes se font généralemeut en cuivre ou en tôle; on pourrait, à la rigueur, faire les petits mortiers (jusqu'au diamètre intérieur de 165 millimètres) en carton seulement, mais ce serait une mauvaise économie. Les parois du tube intérieur s'écaillent promptement; le mortier, alors n'est plus cylindrique, et la bombe n'est pas projetée à la hauteur voulue.

Il vaut mieux que le tube intérieur soit en cuivre rouge cylindrique , soudé et bien uni en dedans ; l'épaisseur de ce tuyau sera , pour un mortier de 108 millimètres de diamètre inté* rieur, de 1 millimètre d'épaisseur ; pour un de 162 millimètres, de 2 millimètres; pour un de 243 millimètres, de 6 millimètres, et pour un mortier de 324 millimètres, de 11 millimètres d'épaisseur.

On entrera dans le tuyau en cuivre un mandrin cylindrique en bois; puis on roulera des

zedby G00gle

sus des feuilles de carton de huit feuilles en bon papier collé, et non en carton de pâte. On amincira les bords des feuilles de carton , afin qu'ils ne forment pas de côtes ; on enduira toute la surface de ces feuilles de colle-forte , et on les roulera le plus serré possible avec la varlope. On mettra des feuilles de carton jusqu'à ce que le tube ait l'épaisseur d'un demi-diamètre intérieur, c'est-à-dire que, si le vide du tuyau en cuivre a 108 millimètres de diamètre, le mortier, revêtu de carton, aura 162 millimètres de grosseur (ou diamètre extérieur). On pourra rouler en outre deux ou trois révolutions de toile écrue unie, mais forte, imprégnée aussi de colleforte bien chaude; enfin, pour achever de le consolider, on le cordera entièrement, c'est-àdire qu'on roulera de la corde en anneaux serrés, qui devront se toucher et couvrir toute la surface du tube, depuis un bout jusqu'à l'autre. On prendra de la corde d'une grosseur proportionnée au diamètre du tuyau ; par exemple, pour un tube de 108 millimètres de diamètre intérieur, la corde aurait 4 millimètres de grosseur; pour un de 169 millimètres de grosseur, et pour les antres calibres, on augmenterait la grosseur de la corde dans la même proportion ; puis on imprégnerait cette corde d'une couche épaisse de colle-forte bien chaude.

Digiti

zedby G00gle

Le socle ou culot doit avoir une longueur totale d'un diamètre et demi de l'intérieur du tube en cuivre; ainsi le tenon ou la partie cylindrique qui doit entrer dans le tube aurait un diamètre de longueur, et ta base sur laquelle doit poser te tube aurait un demi-diamètre de hauteur. La grosseur de la base devrait excéder un peu celle du tube cartonné et cordé qui pose dessus.

On creuserait, au milieu de la surface du bout de la partie cylindrique qui forme le tenon, une cavité demi-sphérique ou conique (suivant celui des deux systèmes qu'on adopterait) , dont IVmverture ou l'entrée aurait un demi-diamètre extérieur, ou la moitié de la grosseur totale de la bombe ; on donnerait à cette cavité une grandeur d'un vingtième en plus, afin que la calotte ou le cône pût y entrer sans gêne. On doublerait cette cavité en cuivre, afin que le feu n'agrandisse pas la cavité creusée dans le bois. Cette calotte ou ce cône en cuivre aurait des rebords qui s'appliqueraient sur la surface non creusée du bout du tenon ; on ferait des trous sur ces rebords en cuivre, et on les assujettirait avec des petites vis qui entreraient dans le bois. Le tenon doit être, le plus possible, parfaitement cylindrique, et entrer très-juste dans le tube; an moment de l'entrer, on l'enduit d'une couche de colle-forte.

Digiti

zedby G00gle

On doit choisir, pour foire le socle dont le tenon fait partie» du bois bien sec, liant, et non sujet à se fendre. On percerait, avec un foret ou avec un vilbrequin , sur toute la surface de la partie du tube dans laquelle est entré le tenon , de distance en distance, des trous dans lesquels on mettrait <fes vt§ à bois qui fixeraient solidement ce tube snr le tenon.

On observerait, pour ne pas endommager la cavité du tenon, de ne pas prendre des vis trop longues ; on donnerait une couche de colleforte sur la partie du tube vissée sur le tenon. Par surabondance de précaution, on corderait encore cette partie du tube , et même 8 centimètres au-dessus de la chambre (cavité), afin de fortifier le point où doit se faire l'effort de la chasse. On donnerait sur cette partie cordée encore une couche de colle-forte. Après cette opération, la confection du mortier est entièrement terminée.

Malgré toute la solidité que Ton donne généralement aux mortiers, il arrive cependant quelquefois encore des actidents ; c'est pourquoi je conseille, lorsqu'on voudra tirer des bombes, de faire un trou et d'enterrer le mortier, dont . les bords ne sortiraient que de 54 h 81 millimètres; avec cette précaution , si le mortier crevait, ou si la bombe éclatait dans le tube, les

Digiti

zedby G00gle

éclats seraient lances perpendiculairement, et ne pourraient blesser personne.

1 . Bombe ayant un cône en carton destiné à contenir la pou* dre grainée qui doit la projeter.

2. Bombe dont la chasse (poudre grainée) est contenue dans une calotte en carton.

Page 1