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Mortier dans lequel est entré une bombe

5. Tenon ou culot du mortier, dans lequel est creusée une cavité ou chambre qui doit recevoir le cône en carton qui contient la chasse destinée à lancer la bombe.

6. Socle ou base placé au-dessous du tenon ou culot. ( Foyer la planche page suivante.)

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Pots à feu.

Les pots à feu sont des espèces de petits mortiers ; ils servent à lancer toute sorte de garni-

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tures, étoiles, serpenteaux, vétilles, marrons, etc. Leur effet est bien différent de celui que produit le mortier ; ce dernier projette verticalement la bombe, qui ne s'épanouit que lorsqu'elle est arrivée à une grande hauteur, au lieu que les petits artifices qui composent la garniture des pots à feu se séparent en sortant du tube, et forment une espèce de gerbe d'un effet particulier qui est très-agréable,

La confection de ces tubes exige les mêmes soins et au moins autant de solidité, à proportion de leur diamètre, que les mortiers. On opère de la même manière, c est-à-dire qu'après avoir introduit un mandrin cylindrique dans le tuyau en cuivre, on roule des feuilles de bon carton enduites de colle-forte, que Ton serre avec la varlope ; on met des feuilles de carton jusqu'à ce que le tube ait une épaisseur d'un demi-diamètre intérieur. On y met de la toile, et on les corde précisément comme on fait au mortier. La longueur du tube doit être de 6 diamètres intérieurs, sans comprendre le diamètre dans lequel entre le tenon du socle. Ainsi , la longueur totale du tube est de 7 diamètres intérieurs. On ne creuse pas de chambre sur le bout du tenon ; on donne une plus grande longueur aux tubes des pots à feu, afin que la garniture doit lancée avec plus de force. Dans les mortiers, la chasse, qui est contenue

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dans une demi-sphère ou dans un cône, agit sur un seul point et sur un objet unique qui présente une grande résistance , au lieu que la chasse des pots à feu est enfermée seulement dans un simple morceau de papier (que Ton nomme champignon) qui est posé sur toute la surface du fond du tube. La force de cette chasse, agissant sur une multitude d'objets, n'a pas, à beaucoup près, la même énergie ; il y a aussi perte de puissance par les interstices.

Les pots à feu ne produisent un joli effet que lorsqu'on les tire en batterie, c'est-à-dire douze, vingt-quatre ou même une plus grande quantité à la fois. On peut en régler le départ de manière que les pots produisent leur effet successivement, mais dans un intervalle très-rapproché.

Lorsqu'on destine les pots à feu à être en batterie, on fait la base un peu plus large, ou on cloue sous le socle une petite planche carrée qui excède ce socle de 14 millimètres. Cette saillie est destinée à fixer avec des vis à bois les pots sur une pièce de bois d'une longueur proportionnée à la quantité de pots à feu que Ton veut mettre dessus. On donne à cette pièce de bois 54 millimètres d'épaisseur et une largeur d'à peu près 81 millimètres; on laisse entre chaque pot un intervalle de 54 millimètres an moins ; on fait, dans toute la longueur de la pièce de bois, une rainure

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de 7 millimètres de largeur et de 9 millimètres de profondeur. Cette rainure sert à placer une mèche qui communique le feu à tous les pots à la fois ou successivement. On retarde l'effet de la mèche en mettant, lorsqu'elle est placée dans la rainure, de la sciure de bois ou du son, que Ton foute avec la main ; on colle par dessus deux ou trois bandes de papier, afin que le feu du premier pot, ou même celui d'autres pièces d'artifice , ne puisse pas y pénétrer. La mèche doit être à découvert sur les points où le milieu de chaque pot à feu doit poser. On perce un petit trou de 4 millimètres de diamètre sous le socle, qui doit être précisément au milieu et traverser d'outre en outre le tenon. On introduit un brin de mèche, ou, pour plus de certitude que le feu sera communiqué , deux brins ensemble dans ce trou. Ces brins doivent être plus longs que la partie du socle ou culot qui est percée. On plie 27 millimètres de ces brins de mèche en dedans du tube qui s'applique sur le tenon, et on plie une longueur égale de ces brins de mèche sur le dessous du socle qui doit poser sur le brin de mèche contenu dans la rainure.

Ainsi la mèche qui sort du socle du pot à feu doit toucher celle qui est dans la rainure. On fixe les pots à feu sur la pièce de bois en mettant deux vis à bois sur deux angles opposés du socle; ces

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vis entrent dans la pièce de bois et assujettissent solidement les pots à feu. On peut élever les pièces de bois sur lesquelles sont les pots en les plaçant sur des poteaux.

On donne ordinairement aux pots à feu un diamètre intérieur de 54 à 68 millimètres.

Du champignon , ou chasse qui lance la garniture des pots à feu.

Le champignon est le papier qui renferme la chasse qui doit lancer la garniture contenue dans le pot à feu. 11 se fait de la manière suivante. On coupe un rond de papier dont la grandeur doit avoir a peu près trois fois le diamètre intérieur du pot à feu ; on met la chasse au milieu de ce papier. Elle consiste, pour un pot à feu de 54 mil* limètres de diamètre, en 31 grammes 25 centigrammes de la composition suivante : 6 parties relien ou poudre de guerre, dont les grains sont un peu broyés, et 1 partie de charbon fin. On met sur la chasse deux ou trois brins de mèche réunis ensemble, dont on courbe les bouts qui posent sur la chasse d'à peu près 27 millimètres, afin qu'ils ne puissent pas sortir du champignon. On relève les bords du papier , qu'on rassemble sur la mèche, qui est relevée en même temps que

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les bords du rond de papier , mais dont la partie coudée reste posée au milieu de la chasse. On lie avec du gros fil le papier réuni et serré sur la mèche. Cette mèche, en trois brins, doit sortir du papier d'à peu près 54 millimètres.

Pour charger les pots à feu, on place le champignon au fond du tube , en mettant dessous la partie de laquelle sortent les bouts de mèche. On plie ces bouts de mèche , afin qu'ils posent sur les brins coudés qui sortent du socle, et qui sont appliqués sur le bout du tenon .

Lorsque le champignon est au fond du tube, on perce le dessus du papier de sept ou huit trous avec une broche quelconque; on verse sur ce champignon percé quelques pincées de flamboyure, qui servent à enflammer la garniture. Cette garniture, que Ton met sur le champignon , doit occuper au plus un diamètre et demi de l'intérieur du tube. S'il y a parmi cette garniture des artifices amorcés, comme serpenteaux, vétilles, etc. , on mettra les bouts amorcés tournés en bas, posant sur le champignon ; puis on assujettira la garniture, afin qu'elle ne ballotte pas , en mettant des tampons de papier chiffonné; on collera sur le pot un rond de papier qui le couvrira.

On ne met pas de poudre pure pour faire les chasses des pots à feu, parce que, lorsque la gar-

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niture est lancée trop brusquement, elle sort souvent du tube sans être enflammée.

Les batteries de potà k féu servent quelquefois à faire lés bouquets qui terminent les feux d'artifice; ils remplacent alors les caisses de fusées volantes , qu'on ne peut pas toujours employer lorsqu'on manque d'espace, dans la crainte d'incendier les bâtiments voisins.

Si on avait plusieurs batteries de pots à feu, par exemple detix pièces de bois garnies chacune d'un rang de pots à feû, on placerait ces deux batteries à quelques pas de distance l'une de l'autre ; on donnerait une petite inclinaison à chaque pièce de bois, dans un sens opposé, afin que le feu de chaque batterie se dirigeât l'tib Vëf s l'autre; cela produit un effet plus agréable que lorsqu'on les tire verticalement.

Lorsqu'on fait partir les pots a feu isolément, il est inutile de percer le socle. On met alors le champignon dans le tube, les mèches tournées en haut. On place ordinairement au milieu du tube une gerbe en feu chinois, qui n'est pas fermée par le bas, et qui, lorsqu'elle a terminé soft effet, met le feu à la chasse qui lance la garniture. Cette garniture doit être placée autour de la gerbe, posant , du côté amorcé, sur le champignon. Où saupoudre cette garniture et la chasse d'un peu de flataboyure ; on maintient droite la gerbe en mettant

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sur le haut du pot uu disque en carton, percé au milieu d'un trou dans lequel entre le jet. Ce disque en carton, qui sert de couvercle au tube, est assujetti, sur le haut du pot, par une bande de papier que Ton colle dessus.

La longueur ordinaire des gerbes est insuffisante pour que le bout non étranglé touche à la garniture. On l'allonge en mettant un bout de cartouche vide, ou simplement une petite tige de bois qu'on attache à la gerbe. Une mèche partant de la fin de cette gerbe, assujettie sur la tige de bois, descendrait sur la garniture et y mettrait le feu.

Saucissons volants simples et à tourbillons.

Je range dans la même catégorie ces sortes de jets, quoiqu'ils ne produisent pas précisément le même effet; mais ils sont projetés de la même manière, c'est-à-dire dans des tubes proportionnés à leur diamètre et faits dans le même système que les pots à feu.

Le saucisson volant simple se fait avec un cartouche court, ayant une épaisseur semblable a celle des jets ordinaires; on lui donnera 7 diamètres intérieurs de long ; on l'étrangle d'un bout; on lie la gorge avec de la ficelle. On le charge, h la hauteur d'un diamètre et demi intérieur, avec

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de la composition de jets tournants ordinaires et suivant son diamètre ; puis on l'étrangle audessus du point où sont arrivées les trois charges de composition. On lie cet étranglement avec de la ficelle; on remplit le restant du cartouche avec de la poudre grainée, en réservant cependant l'espace nécessaire pour étrangler le bout qui est audessus de la poudre. On met un tampon de papier sur la poudre ; on étrangle et on lie la gorge avec de la ficelle. Il faut avoir l'attention que le second étranglement, celui qui est entre la composition et la poudre grainée, ne soit pas entièrement fermé, afin que, lorsque la composition est consumée, elle mette le feu à la poudre grainée , qui fait alors explosion. Ces saucissons se mettent dans des tubes faits précisément comme les pots à feu dont j'ai donné la description. (Voir Kart. Pots à feu, p. 221 .) On ne met qu'un seul saucisson dans chaque pot; il doit entrer librement, sans cependant qu'il y ait trop de jeu, ce qui nuirait à sa projection. On met au fond du pot une chasse renfermée dans un champignon (voir l'art. Champignon, p. 225) , d'où sort un brin d'étoupille qui passe par le trou pratiqué sous le culot au milieu du socle. On fait plusieurs trous avec un poinçon sous le champignon qui est au fond du pot; on sème un peu de flamboyure. On met le saucisson dans le pot, en posant sur le cham-

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pignon la gorge qui n'est pas entièrement fermée, et d^ns laquelle on introduit deux petits bouts de mèche que Ton fait tenir avec de la pâtç d'amorce. On met un morceau de papier chiffonné d^ns te haut du pot, afin que le saucisson ne hallotte pas; on colle sur l'ouverture du pot un rond de papier. On peut mettre des saucissons volants en batterie, comme on fait pour les autres potç à feu.

Les saucissons à tourbillons (quelque auteurs les nomment saxons ) se font avec des cartouches ayant huit on neuf diamètres intérieurs de long. On étrangle un bout du cartouche , on lie la gorge avec de la ficelle, on entre dans le cartouche un petit tampon de papier que l'on foule en frappant ' avec la masse plusieurs coups sur la baguette à charger, afin de feriuer entièrement ce bout; puis on charge presque toute la longueur du cartouche avec de la composition de fusée de table , en réservant un petit bout du cartouche, afin de pouvoir étrangler cette seconde extrémité. On met un tampon de papier, que l'on comprime avec U baguette, on étrangle et on lie la gorge avec de ta ûceUev

On per^e, sur la surface latérale du cartouche, près d$ chaque extrémité, un trou semblable à ceux pratiqués sur les cartouches des fusées de t^ble; on y met un brin d'étoupille que Ton entre

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d'abord dans un des trous, et on dirige l'autre extrémité de celle mèche dans le second trou, placé à l'autre extrémité du cartouche, sur le côté et à l'opposé du premier trou. On fait tenir cette mèche avec de la pâte d'amorce. On pose horizontalement, sur un des trous latéraux, deux autres brins d'étoupille courts, sur lesquels on met un peu de pâte d'amorce, afin de les maintenir appliqués sur le trou ; ces brins d'étoupille n'auraient que la longueur suffisante pour être recourbés sur le bout du cartouche. On met encore un peu de pâte d'amorce sur ces boute de mèche recourbés. On colle une bande de papier brouillard sur le brin d'étoupille qui règne dans toute la longueur du cartouche, et on ne laisse à découvert que les mèches qui sont recourbées sur un des bouts du cartouche ; c'est ce bout qu'on entre dans le pot à feu et qui porte sur le champignon. Cette espèce de saucisson ou saxon produit l'effet d'un soleil tournant aérien. On pourrait aussi le rendre luisant en le couvrant de plusieurs couches de composition colorante, comme j'indique de le faire pour le saucisson simple; mais alors on n'entrerait le brin d'étoupille dans les trous latéraux qu'après que le cartouche serait revêtu de composition colorante à une épaisseur suffisante; on couvrirait tout le cartouche avec du papier

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brouillard ; on laisserait seulement k découvert les brins de mèche recourbés sur le bout du car* touche, auquel le champignon mettrait le feu.

Chandelles romaines.

Si vous avez vu des jongleurs lancer des balles les unes après les autres , les rattraper successivement , les relancer aussitôt, de manière à ce qu'il y en ait toujours en l'air une certaine quantité , vous aurez une idée assez juste de l'effet que produit une galerie de chandelles romaines; les flammes qui retombent ne sont pas projetées de nouveau ; mais comme les tubes continuent a en lancer de semblables , on croirait que ce sont les mêmes qui montent et descendent.

Une galerie de chandelles romaines produit un des beaux effets de la pyrotechnie; les flammes sphériques, brillantes et de couleurs variées f semblent animées et courir les unes après les autres. Les bombes, lorsqu'elles s'épanouissent, étonnent peut-être davantage, font éprouver une émotion plus forte; mais la lumière qui avait frappé disparaît comme un éclair, tandis que l'effet des chandelles romaines se prolonge pendant plusieurs minutes et plaît généralement.

Les chandelles romaines sont des tubes qui produisent des effets analogues k ceux des mor-

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tiers; la différence est dans le volume des objets projetés. Au lieu de bombes, ce sont de petits morceaux de pâte de forme cylindrique, dont le diamètre varie depuis 9 jusqu'à 27 millimètres; chaque tube en contient ordinairement sept ou huit, qui sont lancés par intervalle, et dont le départ est réglé au moyen d'une certaine quantité de composition lente que Ton comprime, et qui est placée sur chaque morceau de pâte. Au fur et à mesure que la composition d'intervalle est consumée, le feu est communiqué à chaque morceau de pâte (étoile), qui est lancé en l'air par une certaine quantité de poudre en grains qui était placée sous l'étoile et qui lui sert de chasse.

La confection des chandelles romaines paraît simple au premier abord; c'est cependant une des pièces dont l'exécution est le plus difficile et qui exige le plus d'attention, on pourrait presque dire d'études, car on est obligé de faire des essais chaque fois que l'on emploie de nouveaux tubes. Lorsque les cartouches sont en bon carton, collés entièrement et roulés bien serrés, il faut moitié moins de chasse pour projeter les étoiles que lorsqu'ils sont mous ou en mauvais carton. Si on n'avait pas égard au plus ou moins de fermeté des tubes pour régler en conséquence la quantité de poudre nécessaire pour lancer les

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étoiles, il résulterait que celles contenues dans les tubes solides et durs seraient lancées avec trop de force et s'éteindraient en sortant, tandis que celles qui seraient dans des cartouches mous ne s'élèveraient qu'a quelques pieds et souvent même brûleraient dans le tube. La quantité de poudre doit aussi être différente pour chaque étoile du même tube. Il faut tenir compte de la place qu'occupent ces étoiles dans le cartouche, c'est-à-dire de la distance à laquelle elles sont placées de l'orifice du tube. Ainsi , supposez un cartouche de 33 centimètres de longueur, d'un diamètre intérieur de 18 millimètres; si le cartouche est serré et dur , il faudra à peu près un demicentigramme pesant de poudre de guerre pour lancer l'étoile qui est placée au fond du tube; pour celle placée le plus près du haut du même tube, il en fendrait plus du double (à peu près 1 centigramme). Les étoiles intermédiaires auraient des chasses proportionnées à la place qu'elles occupent entre ces deux points. Si au lieu de 33 centimètres le tube en avait 47 de longueur, la quantité de poudre nécessaire pour lancer l'étoile qui est au fond du tube ne sérail que d'un demi-centigramme. Celle du haut du tube le plus près de l'orifice serait, comme dans le cartouche le plus court, de 1 centigramme , puisqu'elle se trouve à la même distance du haut

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du tube ; car c'est toujours la distance à laquelle est placée Péloile de l'orifice du tube que Ton doit considérer pour déterminer la quantité de poudre nécessaire pour la projeter. Si on se servait de cartouches mous, quoique du même diamètre et de la même longueur, il faudrait souvent le double de chasse , et même quelquefois le triple, suivant le plus ou moins de fermeté du cartouche.

On jugera par cet exposé que je n'exagérais pas en disant que les chandelles romaines étaient d'une exécution assez difficile. On arrive cependant à des résultats à peu près certains en opérant de la manière suivante.

La longueur que l'on donne généralement aux tubes de chandelles romaines est de 20 à 22 diamètres intérieurs. On prend du bon carton en trois ou quatre feuilles, que l'on colle entièrement, et que Ton roule le plus serré possible sur la baguette à rouler, en se servant de la varlope ; on met du carton jusqu'à ce que le cartouche ait un demi-diamètre intérieur d'épaisseur, c'est-àdire que, si le vide intérieur du tube a 18 millimètres, ce tube , lorsqu'il sera arrivé à la grosseur qu'il doit avoir, aura 27 millimètres de dianiètre extérieur.

On roulera une bande de papier qui fera deux révolutions, qu'on collera sur le bord , afin que

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le tube ne puisse pas se dérouler; on aura aussi la précaution de frotter légèrement de suif la baguette à rouler, ce qui empêchera la colle d'adhérer et permettra de retirer la baguette sans déchirer le carton. On mettra sécher ces tubes à l'ombre; lorsqu'ils seront secs, on fermera un des bouts en comprimant fortement par dixhuit ou vingt coups de masse ou de maillet de la terre glaise fine, sèche, qui, étant comprimée, devra s'élever dans le cartouche à la hauteur d'un diamètre intérieur.

On charge les chandelles romaines en mettant d'abord uta peu de poudre de guerre en grains au fond du tube, puis une étoile, morceau de pâte sèche, cylindrique, percé au centre d'un petit trou qui le traverse dans toute sa longueur. C'est par ce trou que s'insinue de la composition d'intervalle, qui met le feu à la poudre qui lance l'étoile en l'air, toute enflammée. J'indiquerai, avant de terminer cet article, la manière de faire les étoiles percées.

L'étoile doit entrer facilement dans le tube, et son diamètre avoir à peu près un vingtième de moins fort que n'est grand le vide intérieur du tube. Si l'étoile était tçop serrée, elle risquerait de se briser ou de faire crever le tube. L'étoile qu'on a mise dans le tube descend au fond et pose sur la poudre en grains ; on s'as-

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sure qu'elle touche bien au fond en introduisant dans le tube la baguette à charger. Les baguettes à charger les chandelles romaines sont faites précisément comme celles qui servent à charger les jets ; elles sont plus longues, puisque les tubes sont plus longs. On retire la baguette à charger, et on verse dans le tube une cuillerée de composition lente, suivant la formule ci-après :

Poussier de poudre 3 parties.

Salpêtre 15

Charbon fin 6

Soufre 6

On foule cette composition en remettant dans le tube la baguette à charger, et en frappant modérément avec la masse sept ou huit coups, afin de ne pas écraser l'étoile. Cette composition, lorsqu'elle est comprimée , doit s'élever à peu près à la hauteur d'un diamètre intérieur ; mais il vaut mieux un peu plus que moins, car, si la composition d'intervalle n'avait pas assez d'épaisseur dans le tube, la flamme de la chasse qui est au-dessus pourrait pénétrer au travers des pores de cette composition , mettre le feu à la chasse de dessous, faire partir deux étoiles à la fois, et même toutes les étoiles que contient le tube. C'est |>ourquoi il y a moins d'inconvénient

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à en meure un peu plus que moins (il vaut mieux la comprimer en deux fois).

Lorsque la composition est comprimée, on met une seconde chasse de poudre en grains, puis une étoile, et pardessus l'étoile une seconde cuillerée de composition lente, que Ton comprime, et qui doit avoir la même hauteur que la première cuillerée; puis alternativement une chasse, une étoile, et de la composition lente, jusqu'à ce que le tube soit à peu près plein. La composition lente ou d'intervalle doit se trouver dessus ; c'est à cette composition que la mèche qui est au haut du tube met le feu, qui, lorsqu'elle est brûlée, le met à l'étoile, qui le communique instantanément à la poudre qui lance l'étoile. On ne remplira pas entièrement le tube jusqu'à l'oriûoe ; on laissera à peu près 5 ou 6 centimètres de vide. Les étoiles qui sont trop près de l'ouverture du tube sont d'un effet presque nul ; elles ne sont pas lancées assez haut. Avant de compléter la description des chandelles romaines, je vais indiquer la manière de faire les étoiles percées.

Manière de faire les étoiles percées.

Les étoiles qui servent à charger les chandelles romaines sont des morceaux de pâte d'une forme cylindrique, ayant à peu près trois quarts

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de diamètre de hauteur ; il n'y a pas de règle précise à cet égard ; cela dépend du plus ou du moins de vivacité de la composition avec laquelle elles sont faites. Lorsque la composition est trèsvive , on les fait plus longues, afin que leur combustion se prolonge assez longtemps pour qu'on ait le temps de les voir; on peut leur donner jusqu'à un diamètre de hauteur. Lorsque la composition est très-lente, on doit les faire moins longues; sans cela elles retomberaient à terre avant d'être entièrement consumées. Il ne faudrait cependant pas leur donner moins d'un demi-diamètre de hauteur.

Si on les faisait trop basses , elles ne seraient pas dirigées par la forme du tube ; elles rouleraient dedans, ne seraient lancées qu'à une trèspetite hauteur ou même resteraient dans le tube. Les étoiles doivent être percées au centre d'un trou qui les traverse dans toute leur longueur. Ce trou, pour les petites étoiles, jusqu'à 18 millimètres de grosseur, doit avoir un sixième de diamètre d'ouverture ; pour les plus grosses, un huitième d'ouverture suffira. Ce trou a pour but de laisser passer une certaine quantité de composition d'intervalle qui communique avec la chasse et fait sauter l'étoile. Si le trou était trop petit, la composition le boucherait, et l'étoile ne serait lancée que lorsque les trois quarts auraient été

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consumés dans le tube. Il y aurait aussi de l'inconvénient à les faire trop grands ; si les étoiles avaient un trop grand vide au centre , elles perdraient de leur solidité et pourraient se briser en sortant du tube.

Pour mouler les étoiles on a une virole en cuivre bien cylindrique, ayant 2 diamètres intérieurs de long; on a aussi un moule en bois, cylindrique des deux bouts. Ces deux bouts cylindriques doivent pouvoir entrer dans la virole sans être trop serrés. Ce moule a un renflement

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