Une étoile percée
au milieu, servant de portée ou d'arrêt, qui appuie sur le haut de la virole lorsqu'on entre un des bouts cylindriques dedans. Le bout cylindrique du moule destiné à comprimer la composition doit avoir trois quarts de diamètre de moins
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long que la virole ; l'autre bout , au contraire , doit être un peu plus long que la virole, et sert à repousser l'étoile lorsqu'elle est moulée. On plante, au milieu du bout cylindrique qui doit comprimer l'étoile, une tige cylindrique en acier ou en cuivre, qui doit saillir de trois quarts de diamètre , c'est-à-dire de la différence qu'il y a entre la longueur de la virole et celle du moule ; c'est la hauteur qu'aura (étoile lorsqu'elle sera sortie de la virole. La grosseur de la tige sera, pour les petites étoiles, d'un sixième du diamètre du bout cylindrique du moule, et d'un huitième seulement pour les grosses.
Cette tige ou broche devra être fixée solidement au milieu du bout du moule , afin qu'elle ne puisse pas s'enfoncer dans le bois et qu'elle conserve toujours la même saillie.
On met de la composition dans un mortier de marbre ; on l'humecte avec un peu d'eau-de-vie ; on ajoute, par 500 grammes, gros comme une noix de colle faite avec de l'amidon , afin que la composition ait plus de consistance ; on la triture avec le pilon. Il est essentiel de mettre beaucoup de réserve en humectant; lorsque la composition est trop mouillée, les étoiles sèchent difficilement et ne sont jamais belles. Le degré d'humectation est assez difficile à indiquer. Il ne faudrait pas que la composition que l'on triture
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dans le mortier se rassemblât par morceaux ou se formât en boule : elle serait trop mouillée. Il faut, lorsqu'on la remue avec le pilon, qu'elle puisse encore se diviser si on la presse avec la main, sans qu'elle s'y attache, et que cependant elle reste agglomérée en un seul morceau ; c'est le bon degré.
On met alors la composition humectée sur une table de marbre, non sur du bois, qui absorberait les sels qui sont en dissolution, et la composition serait altérée. On entre dans la virole le bout cylindrique du moule qui porte la lige en acier ou en cuivre ; on l'entre jusqu'à ce que la partie renflée du moule, qui sert d'arrêt, pose sur le haut de la virole. L'extrémité de la tige en métal doit être précisément au niveau du bas de la virole, et ne saillir ni ne rentrer, afin que l'étoile soit percée d'outre en outre. On serre avec la main le moule et la virole de manière à ce qu'ils se maintiennent dans la même position, et que la tige reste toujours au même niveau dans la virole. La composition étant rassemblée en un monceau sur le marbre , on pose le bout de la virole sur cette composition , en appuyant fortement sur le moule avec les deux mains; s'il y a de l'excédant de composition au bout de la virole, on l'ôte en frottant avec le doigt jusqu'à ce qu'on aperçoive le bout de
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la tige. On retire avec précaution le moule de la virole en tournant un peu , afin de ne pas déformer l'étoile; puis on entre dans la virole l'autre bout cylindrique du moule, qui, étant plus long, sert de repoussoir et fait sortir l'étoile. Au fur et à mesure que les étoiles sont moulées, on les pose sur un tamis de crin pour les faire sécher.
Si elles étaient un peu trop humectées, il ne faudrait pas les exposer au soleil ; elles se ramolliraient et perdraient entièrement leur forme.
Les étoiles de chandelles romaines ne prennent pas toujours très-bien, ou plutôt s'éteignent en sortant du tube, car elles s'enflamment presque toutes ; mais comme elles sont lancées avec quelque force, le choc de l'air les souffle asseç souvent. Pour obvier à cet inconvénient, je propose de mettre sur chaque étoile, au fur et à mesure qu'on les fait descendre dans le tube, un quart de diamètre de hauteur du tube de la cornposition suivant la formule ci* dessous :
Salpêtre 48 parties*
Chlorate de potasse. . . 48
Gomme laque en poudre. 21
Charbon léger 9
Ces quatre ingrédients doivent être passés tamis de soie le plus fin.
au
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Cette composition a une action plus pénétrante que celle dite d'intervalle et enflamme presque toutes les étoiles. On ne doit pas mettre de mèche dans le petit trou de l'étoile; le feu arriverait trop vite à la chasse, et l'étoile ne serait pas enflammée. On descend la baguette à charger sur cette composition, que l'on foule faiblement-; puis on met de la composition dMntervalle un diamètre de hauteur du tube, que Ton comprime en deux fois avec la baguette à charger.
On moule aussi des étoiles de chandelles romaines sans conserver de vide au milieu; mais elles sont sujettes à manquer encore plus souvent que celles qui sont percées. On est obligé de les faire un peu plus petites, afin qu'il puisse passer de la composition d'intervalle entre les parois du tube et les étoiles ; mais alors ces étoiles , ayant un peu trop de jeu dans le tube, sont projetées beaucoup moins haut. C'est d'ailleurs une bien petite économie de temps ; car elles sont presque aussi longues à mouler que les étoiles percées.
Je vais tâcher maintenant d'achever de décrire, avec le plus de précision qu'il me sera possible, la manière de confectionner les chandelles romaines ordinaires.
Si on a la précaution de n'employer que des
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tubes faits avec du bon carton, collés entièrement et roulés bien ferme, on n'aura pas besoin de faire de nouveaux essais lorsque l'on changera de tubes ; il suffira de déterminer une seule fois la quantité de poudre qu'il faut pour la chasse de chaque étoile d'un même calibre , et on en tiendra note. Il serait nécessaire , si on voulait des chandelles romaines de différentes grosseurs, de faire des essais pour chaque calibre. Je conseille de faire les tubes d'un même calibre toujours de la même longueur; car, si on leur donnait une longueur différente, il faudrait régler les chasses en conséquence , ce qui compliquerait encore la confection de cette pièce, qui est déjà très-compliquée. On réglerait le poids de la chasse de chaque étoile d'un calibre donné en procédant de la manière suivante.
Supposez, par exemple, qu'on voulût régler les chasses de chandelles romaines de 18 millimètres de diamètre intérieur, ayant 38 centimètres 37 millimètres de longueur de vide* sans comprendre la partie du tube occupée par la terre glaise qui ferme un des bouts. On mettrait au fond du tube 22 centigrammes de poudre de guerre en grains ; on ferait descendre une étoile qui poserait sur la poudre; on s'assurerait que l'étoile est bien au fond du tube, en introduisant dans ce tube la baguette à charger qui la pousserait jus-
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qu'au fond , si elle n'y était pas arrivée ; puis on mettrait une cuillerée de composition d'intervalle que l'on comprimerait. Gette composition comprimée doit s'élever dans le tube* ordinairement, ad moins à un diamètre intérieur ; mats , dans cette circonstance, comme on ne veut que connaître la force de la chasse du fond du tube , et que les esgfeis ne se font que sur une étoile h la fois ♦ il suffira qu'il y ait un quart de diamètre de la composition dont je donne la formule n° 61 , seulement pour communiquer le feu, qui sera mis sur le haut de l'étoile» à la poudre qui est dessous. On placerait verticalement le tube , et on l'assujettirait, afin qu'il se maintint dans cette position. On mettrait un brin de mèche assez long pour qu'une extrémité pût poser sur la composition d'intervalle, et que l'autre bout sortît du tube de 54 à 81 millimètres. On mettrait le feu » et on observerait l'effet produit.
L'étoile du fond d'une chandelle romaine de 18 millimètres de diamètre intérieur, 38 centimètres de longueur* lorsque la chasse est bien réglée, doit être ktaoéê à peu près à 33 mètres de haut. Si les 22 centigrammes de poudre ne lançaient pa& l'étoile à la hauteur voulue, on augmenterait alors le poids de la chasse peu à peu, en répétant les essais jusqu'à ce que l'étoile atteignît la hauteur indiquée. On prendrait note du
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poids de la chasse, et on ferait des essais avec un tube de même diamètre (18 millimètre»), qui n'aurait à peu près que 81 millimètres de longueur de vide, afin que, lorsque la poudre, l'étoile et la composition seraient introduites dans le tube, il restât encore 54 millimètres de vide. On mettrait a peu près le double de chasse que celle qui a fait arriver la première étoile à fa hauteur de 33 mètres, et si cette chasse, dont on a doublé le poids, était insuffisante, on l'augmenterait par degrés, en répétant les expériences jusqu'à ce que l'étoile arrivât à une hauteur égale à celle à laquelle a été projetée la première étoile, c'est-àdire à 33 mètres; puis on noterait également le poids de la poudre de cette seconde chasse. Connaissant le poids que doivent avoir les chasses des deux points opposés du tube, on en conclurait facilement le poids que Ton devrait donner aux chasses de tous les points intermédiaires.
Lorsque le tube est chargé à moitié, on doit prendre une baguette plus courte , afin de charger plus d'aplomb. On place les mèches aux chandelles romaiûes de la manière suivante. Les tubes se sont salis en les chargeant; on les blanchit en roulant une demi-feuille de papier, dont on colle les bords. Ce papier doit être plus long et dépasser de 87 millimètres à peu près le bout du tube do côté où il a été chargé. On prend deux brins
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de mèche de la même longueur, que Ton réunit; on plie ces deux brins de mèche à une extrémité, de manière à former un crochet d'à peu près trois quarts de diamètre intérieur du tube. On descend dans le tube cette double mèche , dont le crochet doit porter sur la composition. On met dessus un petit tampon de papier chiffonné qui maintient la mèche sur la composition. Cette mèche doit sortir du tube et dépasser le papier de 11 à 14 millimètres. On fronce le papier en rassemblant les plis sur la mèche, et on lie avec du gros fil. Deux brins de mèche valent mieux qu'un seul dont la grosseur équivaudrait aux deux brins réunis, parce que , lorsque la mèche est un peu trop serrée, il arrive souvent que le feu s'arrête à la ligature et ne pénètre pas dans le tube, tandis que deux brins, quoique bien serrés, ont toujours un peu de vide entre eux, et le feu est communiqué plus sûrement.
Lorsque l'on tire les chandelles romaines isolément , elles ne produisent qu'un effet médiocre ; elles ne sont réellement belles que lorsqu'on en brûle une certaine quantité à la fois et qu'elles sont formées en batteries (ou galeries). On les place en rang sur des tringles de bois, en les espaçant à volonté, mais ordinairement de 11 à 16 centimètres. On plante a distance convenable de longs rions, sur lesquels on attache les chandelles
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romaines , en se servant de fil de fer recuit. On les fait communiquer entre elles en prenant des brins de mèche enfermés dans des conduits, ou tubes en papier. On place dans la première chandelle romaine un tube dans lequel il y a deux brins de mèche. Ces brins de mèche doivent sortir du conduit de 1 ou 2 centimètres, et être coudés des deux bouts. On entre un des bouts, dont la mèche doit portera nu sur la composition ; en entre dans le même tube un second conduit précisément semblable , dont la mèche recourbée doit aussi porter à nu sur la composition. On fronce le papier, on rassemble les plis sur les deux conduits qui contiennent les mèches, et on lie avec du gros fil. On dirige le bout d'un de ces deux conduits, auquel on a donné une longueur convenable pour cet effet, dans le tube de la seconde chandelle romaine, et le bout de mèche (double) qui est à découvert et courbé doit porter sur la composition. On introduit dans cette seconde chandelle romaine un deuxième conduit, dont la mèche doit aussi porter h nu sur la composition. On fronce le papier , dont on rassemble les plis sur les deux conduits, et on lie comme on a fait pour la première chandelle romaine. Le second conduit sera introduit de la même manière dans le tube de la troisième chandelle, etc. Il y aura, par conséquent, toujours deux conduits dans chaque
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tube de chandelle romaine. On procédera de la même manière pour faire communiquer toutes les chandelles romaines de la même galerie. On met le feu au bout de mèche qui sort du premier tube, qui le communique instantanément à toutes les chandelles romaines de la même galerie. (Voir ci-dessous le dessin d'une galerie do chandelles romaines toutes en communication.)
zg&steâ
Lorsqu'on a deux galeries de la même longueur, on peut les placer à plusieurs pas Tune de l'autre, en les inclinant un peu, de manière que les étoiles, en sortant des tubes, se dirigent les unes vers les autres ; cela produit un très-joli effet. On peut aussi les placer sur des espèoes de candélabres formés par des cercles de différentes grandeurs. Ces cercles sont placés sur des traverses ou rayons qui sont fixés dans l'épaisseur d'une pièce de bois d'un diamètre de 8 k 13 centi-
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D ARTIFICE. ttf I
mètres et demi. La longueur de ces pièces de bois doit être de 2 mètres 33 centimètres à 2 mètres 66 centimètres ; elles doivent être plantées dans la terre et assujetties solidement, ou avoir de grands patins qui leur servent de pied. On place les cercles les plus grands (il y en a deux de la même grandeur) à 1 mètre 33 centimètres de hauteur; on laisse entre chaque cercle un intervalle de la même grandeur, d'à peu près 68 millimètres. On fixe solidement ces cercles sur les rayons, et on attache avec du 61 de fer les chandelles romaines qui posent en dehors sur ces deux cercles qui leur servent de point d'appui. On en met tout autour des deux cercles et on les espace à volonté. On pote au-dessus deux autres cercles plus petits» ayant à peu près un diamètre de 8 centimètres de moins; ils doivent être placés de 8 à 11 centimètres plus haut que les deux premiers cercles. On les assujettit y et on attache les chandelles romaines de la même manière qu'on a fait pour les deux premiers cercles. On peut mettre un troisième rang de cercles» même un quatrième, et on procéderait toujours de la même manière. On ferait communiquer les chandelles romaines des candélabres de la métne manière que je l'ai indiqué pour les galeries.
Lorsque plusieurs candélabres sont placés convenablement à dix ou douze pas de distance,
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qu'ils prennent feu en même temps, et que chaque candélabre lance des étoiles de couleur différente, ils produisent un effet admirable. On ne les incline pas; ils lancent les étoiles verticalement.
Manière de préserver les étoiles hygrométriques du contact de l'air.
Le moyen de conserver les étoiles hygrométriques, dont j'ai parlé à l'article Nitrate de strontiane, consiste, pour le chandelles romaines, lorsqu'elles sont chargées, à rouler sur le cartouche une feuille d'étain qui doit faire au moins deux circonvolutions.On colle les bords du dernier tour. Cette feuille d'étain doit être un peu plus épaisse que les feuilles dont on couvre le chocolat; elle doit être plus longue que le cartouche et dépasser de 34 à 41 millimètres chaque extrémité. On enduit de très-peu de gomme épaisse ou de dextrine le dehors de Fêtai n qui excède le bout fermé du cartouche. On rabat cet excédant sur le bout; on le frotte sur une table ou sur un corps uni quelconque , afin que les plis s'appliquent et ne laissent pas d'interstices par lesquels l'air pourrait pénétrer. Dans le tube que forme la seconde extrémité , on introduit deux brins de mèche qui doivent porter sur la composition d'intervalle et
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b AHT1FICE. 2^3
élre courbés (faire le crochet). Afin que la partie de la mèche qui touche à la composition y porte sur une plus grande surface, on remplit les 54 millimètres de vide du cartouche avec du papier chiffonné. Ce papier maintient la mèche sur la composition , et en même temps sert de point d'appui à l'excédant de la feuille d'étain, que Ton fronce et que Ton tord de manière à ce que l'air ne puisse pas pénétrer. Les deux brins de mèche qui portent sur la composition doivent être assez longs pour être repliés sur le haut du papier chiffonné qui remplit le haut du cartouche. L'étain , qu'on avait enduit en dehors d'une couche légère de dextrine ou de gomme , et qu'on avait tordu de manière à fermer hermétiquement le bout du cartouche , doit porter sur la mèche , qui est repliée sur le bout du papier chiffonné. On roule une feuille de papier sur le cartouche enveloppé de la feuille d'étain, .afin d'abord de préserver la feuille d'étain du choc ou frottement de corps durs qui pourraient la déchirer, puis aussi pour former au bout une espèce de tube, dans lequel on met une forte pincée décomposition. Ce papier, roulé sur le cartouche, doit excéder les deux bouts de 34 à 41 millimètres. On rabat le papier sur le bout fermé. Après y avoir mis un peu de colle, on tâche que les plis se collent bien et couvrent entièrement l'étain. On colle les bords du dernier
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tour du papier* Le haut de ce papier doit être collé sur la feuille d'étain à 37 millimètres à peu près de l'orifice du cartouche, afin que la pincée de composition que Ton met sur rétain qui ferme le cartouche, et qui est tordu, ne puisse pas tomber entre les révolutions du papier. On pose sur cette composition deux brins de mèche coudés qui doivent saillir en dehors du cartouche de 14 à 20 millimètres. On rassemble les plis du papier sur ces brins de mèche , et on les lie avec du fil. Lorsqu'on met le feu à la mèche, elle le communique à la pincée de composition qui, en brûlant, fond l'étain. Le feu prend, par conséquent, à la mèche qui est sur le haut du papier chiffonné qui remplit le vide du cartouche. Cette mèche le porte à son tour à la composition qui est sur la première étoile, etc.
Ce moyen de conserver les étoiles réussit complètement; Tétain est peut-être la substance qui convient le mieux. J'ai essayé plusieurs autres ma* tières, qui avaient des inconvénients et qui n'atteignaient pas aussi bien le but. Le caoutchouc, dont j'étais parvenu à faire des tubes extrêmement minces, avait le défaut de rester attaché aux étoiles et de brûler simultanément, en produisant une flamme jaunâtre qui nuisait à la couleur des étoiles. Il arrivait même assez souvent que ces tubes, quoique excessivement minces, n'étaient
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D ARTIFICE. «Si*
pas percés par le feu de la composition d'intervalle, et les étoiles n'étaient pas enflammées. L'étain , au contraire , est fondu par la plus petite chaleur et ne produit aucune flamme.
On conserve à peu près de la même manière les étoiles hygrométriques destinées à garnir les fusées volantes. On met les étoiles et la flamboyure dans un tube en papier pas très-fort ; on fermet les deux extrémités en repliant le papier simplement. On fait avec un poinçon des trous de distance en distance sur toute la surface de ce tube ; on introduit dans ces trous de petits bouts de mèche qui ne doivent pas saillir. Lorsqu'ils sont enfoncés dans le tube, on les coupe avec des ciseaux au niveau des trous ; on roule sur ce tube une bande de feuille d'étain qui doit faire au moins deux circonvolutions. En roulant le premier tour, on met une couche de poussier de poudre qui se trouve intercalée entre le tube et la feuille d'étain. On colle les bords du dernier tour de la feuille d'étain, puis on enduit le dehors des extrémités de l'étatn, qui dépasse les bouts du tube qui contient les étoiles, d'un peu de dextrine ou de gomme ; on rabat ces excédants et on frotte sur un corps dur et uni, afin d'effacer les plis de manière à interdire tout accès à l'air. Ce tube, contenant les étoiles, la flamboyure, et recouvert d'une bande d'étain, doit être un peu moins gros
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et surtout moins long que le pot de la fusée. Ou met d'abord au fond du pot une demi-cuillerée de flamboyure, puis on introduit le tube recouvert d etain, qui porte sur cette flamboyure ; on met encore de la flamboyure , qui se place entre les parois du pot de la fusée et la surface de Tétain qui enveloppe le tube ; on lie le haut du pot comme on le fait ordinairement. Lorsque le massif de la fusée est brûlé, le feu prend à la flamboyure qui est dans le pot , l'étain fond, et les bouts de mèche communiquent le feu a la flamboyure de l'intérieur du tube, qui enflamme et lance les étoiles, etc.
On peut conserver par le même procédé les étoiles que Ton destinerait à garnir les bombes. On les mettrait dans des tubes en papier que Ton percerait , et dans les trous desquels on mettrait des bouts de mèche ; on couvrirait ces tubes avec de Tétain qui aurait un peu de poussier de poudre sur toute la surface du premier tour ; on mettrait le tube recouvert d'étain dans un troisième tube en papier, dans lequel il y aurait de la flamboyure et d'où sortirait une mèche. Ce troisième tube ferait l'office du pot de la fusée. Comme on voit, l'opération est absolument semblable à celle indiquée pour les fusées. Le feu est communiqué à la flamboyure de l'intérieur du tube par la mèche qui sort du troisième tube en papier. On fe-
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rail les tubes pour garniture de bombes moins longs que ceux qui contiennent la garniture des fusées volantes.
Garnitures.
Les garnitures sont des accessoires qui terminent généralement l'effet des pièces aériennes. Ces petits arliûces jouent bien souvent le rôle principal ; une bombe, sans les étoiles dont on la renJplit, et qui sont dispersées lorsqu'elle éclate, serait absolument insignifiante. Les fusées volantes sont belles par elles-mêmes; mais la garniture complète et double leur effet.
Les étoiles, les serpenteaux, les marrons, les lardons, les vétilles, etc., voilà à peu près tout ce qui s'emploie en garniture. Les bombes s'emplissent d'étoiles de différentes couleurs ou à pluie d'or. On met quelquefois des serpenteaux dans les pots de fusées volantes ; mais ils sont d'un effet médiocre. Vu à une trop grande hauteur , leur feu parait terne. Les étoiles terminent d'une manière beaucoup plus agréable l'effet des fusées; l'éclat de leur flamme permet de les bien voir, quoiqu'elles soient très-élevées.
Les serpenteaux, les lardons et les vétilles font très-bien dans les pots à feu ; ne s'élevant qu'à une hauteur médiocre, on peut les voir assez bien.
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Étoupille ou mèche de communication.
Avant d'indiquer les moyens de confectionner les petits artifices qui servent de garnitures, je vais donner la manière de faire les étoupilles ou mèches de communication. Cet accessoire, dont j'aurais dû parler plus tôt, est de la plus grande utilité. On remploie dans toutes les pièces ; il établit des rapports presque immédiats entre des points assez éloignés les uns des autres; il sert de lien à des pièces divisées en beaucoup de parties. En portant le feu instantanément sur plusieurs points à la fois, l'action de toutes ces parties devient simultanée et ne forme plus alors qu'une seule pièce. Les mèches se faisaient autrefois avec de l'étoupe de chanvre ou de lin ; c'est probablement l'origine du nom d'étoupilles qu'on leur a conservé jusqu'à présent. Elles se font maintenast avec du coton filé, qui doit être uni, sans être trop tordu. On fait des mèches de différentes grosseurs, en deux, trois, quatre et cinq brins. Les mèches moyennes ont à peu près 2 millimètres de diamètre. Cette grosseur peut servir pour presque toutes les communications. Si un brin ne suffit pas, on en met deux et jusqu'à trois dans le même conduit. H y a des pièces qu'on doit amorcer avec des mèches beaucoup plus petites, par
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exemple, les vétilles , les serpenteaux et les trous des chandelles romaines de mon nouveau système ; on les ferait alors de deux et même d'un seul brin, suivant la grosseur du coton qu'on emploierait On prend du poussier -de poudre de guerre, passé au tamis de soie , ou , à la rigueur , du poussier de tonneau , que l'on met dans une terrine en grès vernissée. On met par 500 grammes de poussier 15 grammes 63 centigrammes de gomme arabique (on peut remplacer la gomme par de la colle d amidon), que Ton fait fondre à part, dans le moine d'eau possible, sur un feux doux, en remuant, afin que la gomme ne s'attache pas au fond du vase. Lorsqu'elle "est fondue, on la verse sur le poussier , que Ton délaie avec dé l'eau-devie jusqu'à ce que le tout ait la consistance d'une bouillie un peu claire. On met la pelote de coton, qui a la grosseur convenable, c'est-àdire à peu près la moitié de la grosseur dont on désire la mèche (la pâte qui s'attache au coton augmente le volume du double), dans une seconde terrine vide. On déroule le coton en forme de cercles, dont on garnit le fond d'une troisième terrine. Lorsqu'on a déroulé du coton de manière à former vingt ou trente cercles dans la troisième terrine , on étend avec une cuiller de bois de la pâte sur cette couche de coton , afin qu'elle s'en imprègne ; puis on déroule la même quantité de
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coton; on verse dessus de la pâte, et on fait alternativement une couche de coton , une couche de pâte , jusqu'à ce qu'on ait épuisé toute la pâte. On laisse reposer à peu près une heure, afin que la pâte ait le temps de bien pénétrer le coton. Puis on a un châssis carré en bois de 83 centimètres 32 millimètres à 1 mètre. Ce châssis doit avoir au milieu deux chevilles, placées vis-à-vis l'une de l'autre, destinées à servir de pivots. Une des chevilles doit être carrée dans le bout seulement, afin qu'on puisse y mettre une manivelle. On pose ce châssis sur deux tréteaux, ou sur un chevalet, à une hauteur convenable , c'est-à-dire assez élevé pour que le châssis puisse tourner sans toucher à la terrine qui contient la mèche, et que l'on place au-dessous du milieu du châssis. On fait des entailles aux tréteaux ou chevalets, afin de recevoir les chevilles qui servent de pivot au châssis. On prend un petit entonnoir dont le trou de la douille a la grosseur de la mèche. On entre le bout de la mèche dans l'entonnoir par l'ouverture la plus grande, qui doit être un peu inclinée au-dessous de la terrine , afin que l'excédant de la pâte qui s'arrête au bout, en dedans de la douille, puisse retomber .dans cette terrine. On fixe le bout de mèche à un petit clou qui est au commencement du châssis; on tient l'entonnoir de la main gauche, et on tourne la manivelle de la main droite.
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La mèche s'étend sur le châssis ; on espace les brins en laissant 8 à 10 millimètres de distance entre eux. Lorsque le châssis est plein , on l'ôte de dessus les tréteaux ; on le place debout de manière à ce qu'une des chevilles porte à terre, et que l'autre appuie sur un mur. Par ce moyen, la mèche se trouve isolée et sèche plus facilement. On a plusieurs châssis semblables, et on continue à dévider la mèche de la même manière , jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus dans la terrine. Lorsque la mèche est sèche, on coupe les brins d'une longueur de 2 mètres. Ces brins doivent avoir de la fermeté, afin de pouvoir entrer facilement dans des conduits (tubes en papier de 6 à 8 millimètres de diamètre, ayant une épaisseur de trois ou quatre révolutions de papier) qui doivent servir à faire communiquer les différentes pièces. On met ces brins de mèche dans une boîte longue, qui a un couvercle à charnières. On place cette boîte au sec , et on la tient fermée de son couvercle , afin que la mèche ne s'évente pas. La partie de la mèche qui porte sur le châssis n'est pas d'une grosseur égale; elle n'est pas droite et entrerait difficilement dans les conduits. On coupe cette partie de mèche, qu'on met dans les pots à feu ou dans les bombes avec la flamboyure.
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Corde ou mèche à feu.
La mèche a feu, ou mèche à canon, est une corde qui a la propriété de brûler lentement et de conserver, au bout auquel on a mis le feu, un charbon rouge, dur et pointu, que le vent anime au lieu de l'éteindre; cette corde, qu'on attache à un long manche pointu dans le bas, espèce de piquet qu'on enfonce dans la terre, sert k allumer les lances de service avec lesquelles on met le feu aux pièces d'artifice. Un mètre de cette corde, lorsqu'elle est bien préparée, dure à peu près deux heures; on peut en faire qui dure plus longtemps, mais elle brûle moins bien et est sujette h s'éteindre. Il y a plusieurs manières de préparer les cordes à feu ; je vais indiquer celle qui me paraît la meilleure et la plus simple.
On prend du bon chanvre peigné et prêt à faire de la corde; on le met dans un chaudron, et on verse dessus de l'eau en quantité suffisante pour qu'il puisse y baigner et en être recouvert; on met dans l'eau un huitième de son poids de nitrate de plomb pulvérisé. On fait bouillir le tout pendant une heure. On retire le chanvre du chaudron, on le tord pour en exprimer l'eau ; pn le met sécher. Lorsqu'il est sec, on le bat pour
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l'assouplir, et on le fait peigner une seconde fois; puis on le donne au cordier, pour qu'il en fasse une corde de la grosseur du doigt.
On peut, si on vent, simplifier l'opération en mettant tout uniment bouillir la corde dans une dissolution de nitrate de plomb, pendant le temps indiqué ci-dessus; mais la corde dont le chanvre est préparé avant de le filer prend beaucoup mieux. Si, au lieu de nitrate, on employait de l'acétate de plomb , la corde durerait plus longtemps, mais ne prendrait pas aussi bien.
La dissolution de nitrate de plomb dans laquelle a bouilli le chanvre peut encore servir une seconde fois, en y remettant un peu de nitrate de plomb.
En préparant, comme il est indiqué ci-dessus, du très-beau lin ou du chanvre très-fin que l'on ferait filer à une grosseur convenable, on pourrait former des chiffres et autres dessins avec des petits bouts de cette corde, qu'on attacherait avec du fil de fer sur des pointes plantées sur des tringles en bois. On mettrait un peu de pâte d'amorce snr chaque bout de ces cordes, qu'on ferait communiquer entre elles en posant des conduits garnis d'étoopille, et entaillés sur les points on ces conduite porteraient sur l'extrémité des cordes garnies de pâte d'amorce. On ferait tenir ces conduits en collant une petite bande de pa-
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pier brouillard sur chaque point où pose le conduit.
Les décors faits de cette manière n'ont pas, à beaucoup près, autant d'éclat que ceux formés avec des lances rouges ; mais ils ont un caractère particulier qui peut convenir dans certaines circonstances, par exemple, pour tracer en lettres de feu des sentences, devises, avertissements mystérieux, etc.
On peut s'en servir aussi pour représenter la demeure des génies infernaux; ces espèces de lances durent très-longtemps , et , lorsqu'elles sont faites avec de très-beau lin ou du chanvre bien préparé , elles ne se recouvrent jamais de cendres. On peut mettre sur les rayons des roues tournantes plusieurs rangs de ces bouts de cordes ; ils garniraient le centre de ces roues, en formant un large ruban ou plusieurs cercles (suivant la manière dont on disposerait ces es* pèces de lances), qui produiraient un assez bon effet.
Le chanvre grossier ne peut servir que pour les cordes destinées à garder le feu seulement ; mais pour faire des décors il est essentiel de choisir tout ce qu'il est possible de trouver de plus beau en chanvre ou en lin. Lorsque le chanvre est en très-belle qualité, on le prépare indifféremment avec l'acétate ou le nitrate de plomb ;
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il prend également bien , et ne se couvre pas de cendres.
Étoiles cubiques.
J'ai déjà parlé des étoiles à l'article Chandelles romaines; les développements dans lesquels je sois entré sur la manière de confectionner les étoiles moulées et percées me laissent peu de chose à dire sur ce sujet, car on pourrait garnir les bombes et les fusées volantes avec les étoiles qui servent à charger les chandelles romaines; c'est seulement pour éviter une façon un peu plus compliquée, et dont on peut à la rigueur se dispenser, qu'on les fait autrement. Je dois même prévenir que, si on ne tient pas à économiser le temps, les étoiles percées sont toujours plus belles que celles qui sont cubiques; elles sont plus brillantes , et leur flamme a plus d'expansion. Amorcées comme je l'indique, avec des compositions à deux degrés de forces* différentes, elles prennent presque toutes, tandis qu'il y en a au moins un quart qui manque lorsqu'elles sont faites au châssis.
Pour faire les étoiles cubiques , on prend un châssis en bois ou en cuivre; la dimension n'est pas rigoureuse : on leur donne , en général , cependant, à peu près 324 millimètres de long;
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l'épaisseur des tringles du châssis détermine la hauteur des étoiles, et doit avoir à peu près 9 millimètres. On humecte la composition de manière à en former une pâte assez ferme ; on triture cette composition dans un mortier de marbre, et non dans une sébîlle de bois , qui absorberait une partie des sels en dissolution. On pose le châssis sur une table de marbre, on le remplit avec la pâte , on frappe avec un rouleau pour Tétendre et la comprimer dans le châssis. On ôte avec une longue lame la pâte qui excède et qui est en saillie au-dessus du châssis; on coupe la pâte avec un couteau, dans un sens d'abord, en se servant d'une règle pour aller plus droit; puis on coupe dans un autre sens , de manière à former des carrés à peu près égaux, ayant six surfaces comme un dé. On peut faire ces étoiles plus petites si on veut; cela dépend d'ailleurs du diamètre des fusées que l'on veut en garnir. Lorsque la pâte est à moitié sèche, on ôte le châssis, qui doit pouvoir se démonter, et on sépare les étoiles, qui se désunissent facilement dans les coupures; on les met sur des tamis de crin» pour qu'elles achèvent plus promptement de sécher.
Les étoiles , par l'édat de leur lumière et la variété de leurs couleurs, forment sans contredit les garnitures les phis belles ; elles convien-
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oent dans toutes les pièces; dans les pots à feu seulement, les serpenteaux leur sont peut-être préférables.
Serpenteaux.
Les serpenteaux sont de petites fusées qui servent particulièrement à garnir les pots à feu; on en met quelquefois dans les pots des fusées volantes, mais rarement; ils ne produisent pas un bon effet. Ce petit artifice est bien connu des enfants, dont il fait les délices; sa confection est à peu près semblable à celle des jets ordinaires. On roule sur un petit mandrin de 5 à 7 millimètres de diamètre (en se servant de la varlope) , d'abord une carte à jouer, puis une seconde , et une bande de papier assez longue pour faire trois circonvolutions. On colle ce papier sur les bords; c'est l'épaisseur que Ton donne ordinairement à ce petit cartouche.
On l'étrangle à un bout, on lie la gorge avec de la très-petite ficelle ; on charge avec les compositions n° 20 ou n° 21 (voir à l'article des Corn* positions). Si on veut que les serpenteaux aient un mouvement plus vif, on emploie alors du poussier de tonneau pur, ou on les charge sur une broche de 14 à 16 millimètres de longueur, en se servant, pour les deux premières charges.
d'une baguette percée ; mais ordinairement on comprime la composition avec une seule baguette pleine, semblable à celle dont on se sert pour charger les lances. (Voir l'article, à la page 299.)
Lorsque le petit cartouche est chargé à moitié avec la composition, on achève de le remplir avec de la poudre de guerre en grains; si on veut que la détonation soit plus forte, on met, au lieu de poudre de guerre, de la poudre de chasse.
On ne remplit pas entièrement le cartouche; on laisse assez de vide pour pouvoir étrangler le second bout ; on met sur la poudre un petit tampon de papier; puis on étrangle et on lie avec de la petite ficelle. On ouvre avec un poinçon le trou de l'étranglement du premier bout, c'està-dire celui auquel on n'a pas mis de tampon de papier; on y introduit un petit brin de mèche de 11 à 14 millimètres de long, que Ton fait tenir avec de la pâte d'amorce. Ces petits cartouches, lorsqu'ils sont lancés par des pots à feu, serpentent en l'air, comme l'indique leur nom, et finissent par des détonations qui ressemblent à un feu de file, ce qui produit un effet assez agréable.
Lorsqu'on veut les lancer à la main, on les fait plus courts, ou on met moins de composition et
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plus de poudre grainée, afin qu'ils puissent éclater en l'air.
Les artificiers étranglent tous les petits cartouches, vétilles et serpenteaux, avec l'étrangloir en fer, espèce de cisailles a crans ; cela va très-vite. (Voir l'article Étrangloir à crans, p. 97.)
Serpenteaux à tourbillons.
On fait une autre espèce de serpenteau, qu'on pourrait nommer soleil aérien; les cartouches doivent avoir précisément la même dimension que ceux des serpenteaux ordinaires. On étrangle le premier bout, qu'on lie avec de la petite ficelle; on met un tampon de papier, afin de fermer entièrement l'ouverture ; on charge le cartouche entièrement avec la composition n° 20 ou n° 21 ; on met aussi un tampon de papier, afin que l'ouverture de ce second bout soit entièrement fermée. On étrangle et on lie la gorge avec du gros fil ou de la petite ficelle, puis on perce deux trous sur les côtés, un à chaque bout, mais opposés l'un à l'autre, comme ceux que l'on perce aux fusées de table, pour leur imprimer un mouvement de rotation horizontale; puis on établit la communication avec un brin de mèche, dont une extrémité entre dans le premier trou et l'autre extrémité dans le second trou. On
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fixe celte mèche dans les deux trous avec de la pâte d'amorce ; puis on colle une petite bande de papier brouillard sur toute la longueur du brin de mèche; on laisse au milieu seulement une petite partie de celte mèche à découvert. On passe dessous le milieu de cette mèche un autre brin d'éloupille assez long pour que le bout de cette mèche puisse descendre jusqu'au niveau de l'extrémité du serpenteau qui doit porter sur le champignon qui est au fond du pot à feu. On peut, par précaution, afin que cette mèche ne se dérange pas par l'explosion de la chasse, et qu'elle puisse communiquer avec certitude le feu aux trous, coller une hande de papier brouillard sur cette seconde mèche, en laissant à découvert seulement le bout qui porte sur le champignon. Il est essentiel de faire les deux trous assez grands; s'ils étaient trop petits, le cartouche crèverait. On peut donner à ces trous un demi-diamètre intérieur d'ouverture. Cette espèce de serpenteau produit un très-joli effet. On pourrait employer ces serpenteaux dans les fusées volantes, et même dans les bombes; mais alors il faudrait les enduire sur toute leur surface d'une couche mince de pâte de composition produisant une flamme colorante ; on procéderait à peu près comme j'indique de le faire pour les baguettes de fusées lumineuses. Ces serpenteaux
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auraient l'aspect d'étoiles filantes et à tourbillons.
Les vétilles sont des serpenteaux plus petils , qui n'ont que 3 ou 4 millimètres de diamètre; on les fait avec une seule carte. On peut , comme aux serpenteaux décrits ci dessus, leur faire des trous, et les enduire de pâte, qui leur feraient produire des flammes de toutes les couleurs.
Les lardons sont un peu plus gros que les serpenteaux ; on les fait avec trois cartes. Ainsi les vétilles, les serpenteaux et les lardons ne diffèrent que par leur diamètre; ils ont le même emploi, et servent à garnir les pots à feu.
Pâte d'amorce.
La pâte d'amorce se prépare précisément comme celle qui sert à faire les mèches; on délaie du poussier avec de F eau-de-vie, dans laquelle on met un peu de gomme arabique. On conserve cette pâte dans un vase en grès vernissé en faïence; lorsqu'elle devient trop épaisse, on y remet un peu d'eau-de-vie pour l'éclaircir. Cette pâte sert à assujettir les brins d'étoupille dans la gorge des jets ou fusées. On amorce les lances avec cette pâte, sans y mettre de mèche. On pourrait remplacer la gomme par la dextrine ou la colle d'amidon ; ces deux ingré-
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dients sont même plus combustibles; mais ils se moisissent si on les garde longtemps, au lieu que la gomme est presque incorruptible.
Marron.
Le marron est un cartouche cylindrique, ou une espèce de boîte cubique en carton , que Ton remplit de poudre g rai née ; on le ficelle dans tous les sens, afin qu'il oppose plus de résistance et que ta détonation soit plus forte.
On emploie les marrons comme garniture dans les pots à feu et dans les bombes ; mais ils ne produisent un bon effet que lorsqu'ils sont luisants, c'est-à-dire couverts d'une pâte produisant une flamme brillante, soit blanche ou de toute autre couleur.
Marron cylindrique.
Le marron cylindrique se fait avec un bout de cartouche peu épais, d'une grosseur proportionnée à celle que Ton veut donner au marron. 11 doit être aussi haut que large, afin que, lorsqu'il sera terminé, il soit à peu près rond. On roule sur ce bout de cartouche une bande de papier trois fois plus large que n'est long le cartouche, afin que ce papier dépasse de chaque bout d'une lon-
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gueur équivalente à celle qu'a le cartouche. Ce papier doit faire trois ou quatre révolutions; on le colle sur le bord; on culasse le cartouche d'un bout, en repliant en dedans le papier qui excède. On le rend uni et au niveau du bout du cartouche en introduisant la baguette sur laquelle on a roulé le bout de cartouche, ou plutôt un autre mandrin un peu moins gros. On tient ce bout de cartouche perpendiculairement; on le pose sur un morceau de marbre ; on frappe avec un maillet sur le mandrin de manière à aplatir les plis du papier et à fermer entièrement l'ouverture de ce cartouche. On retire le mandrin, et on remplit le cartouche de poudre grainée; puis on replie le papier excédant sur la poudre , ce qui ferme le second bout du cartouche. On unit les plis en frottant assez ferme sur un corps dur et uni. On corde ce cartouche, en mettant plusieurs rangs de ficelle en croix qui se touchent et doivent être serrés le plus possible.
Lorsqu'il est entièrement ficelé, on le trempe dans de la colle-forte chaude, qui lui donne encore plus de solidité et qui empêche la ficelle de se dérouler. Lorsque la colle est sèche, on perce le marron. Il est essentiel de s'assurer que le poinçon a pénétré jusqu'à la poudre. On introduit dans le trou un brin de mèche qui doit toucher à la poudre et ne pas saillir en dehors de
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plus de 10 à 12 millimètres. On assujettit ce brin de mèche avec de la pâte d'amorce.
Marrons luisants.
Pour rendre les marrons lui sans, on coupe la mèche qui est assujettie avec de la pâte d'amorce au niveau du trou pratiqué dans le marron ; on couvre toute la surface de ce marron avec de la pâte produisant une flamme colorée; on assujettit cette pâte avec des brins d'étoupe de chanvre, comme j'indique de le faire pour les bombes lumineuses. On soupoudre cette pâte de poussier de poudre ; on met plusieurs brins d'étoupille , afin que le feu prenne plus promptement sur toute la surface. On enveloppe le marron avec du papier mince; on rassemble les plis de ce papier sur un brin de mèche double qui pose sur la pâte et qui sort du papier de quelques lignes. On lie les plis du papier sur la mèche; on coupe l'excédant des plis du papier de manière à laisser à découvert le bout de ces deux brins de mèche. (Voir page 276 le dessin d'un marron luisant enveloppé de papier.) On peut aussi t pour revêtir de composition colorante les marrons, se servir du procédé que j'indique pour rendre lumineuses les baguettes des fusées volantes. ( Voir l'article Fusées à baguettes Lumineuses.)
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Marrons cubiques.
Le marron cubique se fait de la manière suivante. On trace sur un morceau de carton , avec une règle, soit à l'encre, soit avec la pointe d'un poinçon, six lignes qui doivent avoir aussi entre elles une distance égale. On trace dans un sens opposé quatre autres lignes qui doivent avoir entre elles le même intervalle qu'il y avait entre chacune des six premières lignes tracées dans l'autre sens. Ces deux rangs de lignes tracées dans deux sens opposés forment un carré long, composé de quinze carreaux. On coupe le carton sur toutes les lignes du haut, ce qui fait cinq carreaux séparés. Quoiqu'on n'ait coupé que sur quatre lignes, on ne coupe que la longueur d'un carreau. Les cinq carreaux du milieu doivent rester intacts. On coupe de la même manière les lignes du bas, ce qui forme cinq carreaux divisés, qui se trouvent placés vis-à-vis et parallèles à ceux du haut. (Voir page suivante le dessin où sont indiqués par des traits plus noirs les lignes que Ton doit diviser avec les ciseaux.)
On plie le carton sur chacune des quatre lignes du milieu. Ce carton plié, si on en rassemble quatre faces, forme un carré ; il reste une face ou carreau en plus, que Ton fait croiser, et qui se trouve
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superposé sur la dernière face qui forme le carré. Les carreaux qu'on avait divisés avec des ciseaux se trouvent à chaque bout du carré ; il y en a cinq en haut et cinq en bas; ils sont destinés à servir de couvercles et à fermer chaque bout du carré. On commence par rabattre les deux carreaux qui sont superposés l'un sur l'autre; puis on rabat les trois autres carreaux, l'un après l'autre, de manière que cela forme cinq couvercles qui sont posés les uns sur les autres. On colle une petite bande de papier, afin que ces couvercles ne se dérangent pas; on remplit le carré de poudre grainée, et on rabat les cinq carreaux de la seconde extrémité, comme on a fait pour la première. On colle de même une bande de papier, afin que les
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couvercles restent dans la même position. Ce petit coffre , étant fermé , doit former un cube parfait, ayant la forme d'un dé a jouer. On ficelle ces marrons cubiques et on les enduit de colle-forte» comme on fait pour les marrons cylindriques ; on les amorce aussi de la même manière.
Le dessin à gauche représente un marron ficelé; le dessin à droite est un marron luisant recouvert de papier ; le dessin placé au-dessous est une bande de carton divisée en quinze carreaux, pour former un marron cubique.
Le seul mérite des marrons est de faire beaucoup de bruit. La détonation qu ils produisent est effectivement assez forte, eu égard à leur volume. Les marrons cubiques ne produisant pas de plus fortes explosions que les marrons cylindriques et étant plus difficiles à faire, je conseille de ne les faire qu'avec des cartouches cylindriques.
On lance quelquefois des marrons avec la main; mais alors, afin d'éviter qu'ils ne crèvent avant qu'on ait pu les projeter au loin, on entre dans l'orifice du conduit qui contient l'étoupille qui communique à la poudre de l'intérieur dû marron un petit bout de lance trèscourt ; on peut lui donner 14 millimètres de longueur. Il ne serait pas culasse (fermé d'un bout); on l'amorcerait, et on y mettrait une
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mèche à chaque extrémité; on l'enduirait de colle sur sa surface extérieure, et on l'entrerait dans le conduit à peu près à moitié de sa longueur. La mèche du bout entré devrait toucher à rétoupille que contient le conduit. On collerait une petite bande de papier brouillard qui porterait sur le bout du conduit et sur la partie saillante du bout de lance, ce qui empêcherait la lance de sortir du conduit.
Saucissons.
Le saucisson est encore une espèce de marron; c'est un cartouche court, étranglé et fermé d'un bout par un tampon de papier. On le remplit de poudre en grains, en laissant la place de l'étranglement; on l'étrangle par le second bout, et on le couvre de plusieurs rangs de ficelle que Ton enduit de colle-forte, comme on a fait aux autres marrons. On l'amorce par le trou du dernier bout étranglé ; on déplace un peu la poudre avec un poinçon, afin d'introduire un petit bout de mèche que l'on assujettit avec de la pâte d'amorce. On peut aussi enduire les saucissons de pâte de composition colorante; ils peuvent servir alors à garnir les bombes, et produisent le même effet que les marrons luisants.
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Grains.
Les grains sont des espèces de petites étoiles rondes faites arec des compositions produisant des flammes blanches ou colorées ; on humecte ces compositions, afin d'en former une pâte épaisse avec laquelle on fait les grains.
J'ai cherché bien longtemps, sans succès, le moyen de charger des jets avec des compositions dans lesquelles on aurait mis des grains, afin que ces jets produisissent une pluie de perles brillantes, imitant à peu près l'effet des limailles - d'acier ou de fonte , et même avec plus de variété, puisqu'on peut faire des grains de toutes les couleurs ; mais j'avais échoué dans mes tentatives : les grains obstruaient le trou du jet, brûlaient dans le cartouche, duquel il ne sortait que le résidu en fusion. J'étais réduit à en charger de petits tubes en papier ou des jets courts non étranglés, qui ne produisaient qu'un effet médiocre, les grains n'étant projetés qu'à une faible distance. Je viens d'imaginer une espèce de cartouche avec lequel les grains sont lancés aussi loin que les étincelles que produisent les limailles. L'orifice du cartouche n'est plus engorgé. Avec ce nouveau mode de cartouche, je suis enfin parvenu à obtenir un effet aussi beau que je
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l'avais d'abord espéré. Ces cartouches ne sont pas étranglés et ont une extrémité en forme de cône. (Voyez l'article Cartouches coniques, p. 100.)
On pourra faire maintenant de très-jolies choses avec les grains ; par exemple, imiter des cascades, des jets d'eau. On pourra faire tourner avec des cartouches chargés de grains des roues dont le centre formerait des cercles d'une couleur, et dont les jets produiraient une auréole d'une couleur différente qui changerait plusieurs fois pendant la durée de la pièce.
Je vais indiquer différentes manières de faire les grains; on pourra choisir celle qui conviendra le mieux. Je commence par le procédé qui est peut-être le plus simple , mais avec lequel on n'obtient que des grains de forme irrégulière et de grosseurs inégales. On met dans un mortier de marbre de la composition colorante convenable pour faire des grains. Toutes les compositions ne sont pas propres a cet usage. J'indique, au chapitre des Compositions, celles dont on doit se servir pour cet emploi. On met par 500 grammes de composition gros comme la moitié d'un œuf de colle faite avec de l'amidon. On triture la composition en l'humectant avec de l'eau-de-vie, que l'on verse peu à peu, jusqu'à ce qu'elle ait la consistance d'une pâte liée et ferme. On conserve à peu près un quart de la même composition en
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poudre, afin que, si la pâte se trouvait trop humectée , on pût la rendre plus ferme en y mettant un peu de cette composition en poudre. Le degré d'humectation que doit avoir la pâte n'est pas facile à préciser ; il y a d'ailleurs des compositions qu'il faut mouiller beaucoup plus pour qu'elles puissent former une pâte liée. Le signe cependant auquel on peut connaître que la pâte est humectée à un bon degré , c'est que , si on en pétrit un morceau avec la main, elle ne s'y attache pas, et qu'on puisse facilement le former en boule, sans que la pâte se sépare. On met la pâte sur une table de marbre; on l'élend avec un rouleau jusqu'à ce qu'elle soit assez mince ; puis , avec une grande lame, on hache dans un sens, puis dans un autre sens. Lorsque Ton juge que la pâte est assez divisée pour la grosseur que l'on veut donner aux grains, on met cette pâte hachée dans une boite longue qu'on tient des deux mains, et à laquelle on imprime un mouvement horizontal d'alléeet venue assez rapide qui arrondit lesgrains. Si on s'apercevait qu'ils s'agglomérassent, on mettrait dans la boîte un peu de composition sèche, ce qui les tiendrait divisés. Lorsque les grains seraient formés, on les mettrait sur un crible, on lui imprimerait un mouvement, et les grains tomberaient sur le papier. Les grains tombés sur le papier sont de différentes grosseurs; pour les
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avoir à peu près égaux, on met lous les grains sur un second crible, dont les trous sont un peu plus petits que ceux du premier. On agite ce second crible, et les grains trop petits tombent sur le papier; il ne reste alors sur ce crible que des grains d'une même grosseur. On les met sécher sur des tamis de crin ou sur des feuilles de papier. On garde les trop gros grains et les petits grains pour les pétrir avec d'autre composition semblable, lorsqu'on fait des grains de même couleur.
Les grains avec lesquels on se propose de charger des jets, soit tournants, soit pour cascades, doivent avoir à peu près la grosseur des plus forts grains de chènevis. Ceux que Ton met dans les capsules de chandelles romaines doivent être un peu plus gros , et être à peu près comme des moyens petits pois. On obtient facilement des grains réguliers et d'égale grosseur par la méthode que les confiseurs emploient pour faire la nonpareille, les anis et autres graines recouvertes de sucre, etc.
On met dans une bassine ou un grand chaudron à bords peu élevés de la graine quelconque, destinée à servir de noyaux aux grains que Ton veut faire. On doit choisir de préférence les plus petites graines , afin que les grains contiennent le moins possible de substances étrangères à la composition dont ils doivent être faits. Le mil-
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let dont od a été i'écorce, la semoule, la graine de moutarde, de navets , sont d'une grosseur convenable. Je dois prévenir cependant que les graines de moutarde et de navets, étant oléagineuses ou grasses, produisent, lorsque la couche de composition qui formait le grain est brûlée , une flamme jaunâtre, d'une couleur terne, qui n'est pas d'un effet très-agréable. Je conseille de donner la préférence aux petites graines farineuses. On tâche de juger le mieux possible la quantité de petites graines qu'on doit mettre dans la bassine, afin d'obtenir à la grosseur convenable la quantité des grains que l'on désire. Il est bien difficile d'arriver à une juste appréciation ; on est sujet à se tromper; on met presque toujours trop de petites graines, et on a souvent employé toute la composition qu'on avait préparée avant que les grains aient la grosseur voulue. Le moyen d'éviter cet inconvénient, c'est de rassembler sur un point de la petite graine qu'on se propose d'employer, d'en former un volume équivalent à la grosseur d'un des grains que Ton veut obtenir. On compte les petites graines, et, supposé qu'il y en eût quarante, on ne mettrait en graines qu'un quarantième du volume de la composition que l'on se propose d'employer , et même plutôt un peu moins, afin que les grains puissent arriver à la grosseur que Ton veut qu'ils attei-
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gnent avant que la composition soit épuisée. On se sert pour arroser la graine de colle un peu claire, faite avec de l'amidon ou avec de la fécule de pommes de terre; mais l'amidon est préférable. On met avec un petit pinceau extrêmement peu a la fois de cette colle, puis on remue la graine vivement avec les deux mains à plat. On retourne la graine dans tous les sens, afin que la très-petite quantité de colle que Ton a mise soit répartie également sur toute la surface de la graine. On met ensuite une très-petite quantité de composition (elle doit être en poudre trèsfine); on remue la graine avec prestesse et de la même manière qu'on a fait après avoir mis la colle; mais on retourne et on remue la graine plus longtemps , afin qu'en prolongeant ce mouvement les graines sèchent en partie pendant cette opération. On jugera combien il faut peu humecter à la fois pour que les grains sèchent en si peu de temps. Il faut mettre avec la même réserve la composition; si on en mettait un peu trop, les grains s'écailleraient. Il ne doit pas rester de composition en poudre au fond de la bassine ; s'il y en avait, il faudrait verser les grains sur un tamis de crin, afin de les purger de cette poussière humide. S'il s'était attaché de la composition au fond de la bassine, il faudrait aussi Fêter. On remettrait les grains dans la bassine; on humecterait
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avec la même prudence ; on mettrait de la composition en poudre, toujours avec autant de réserve, et on agirait de la même manière jusqu'à ce que les grains aient acquis la grosseur qu ils doivent avoir. A mesure que les grains deviennent plus gros, on met aussi plus de colle et plus de composition; on en met dans la proportion du volume que forment les grains dans la bassine ; mais il vaut mieux en mettre un peu moins que plus. Cette manière de faire les grains parait longue dans le commencement de l'opération , surtout si on en fait peu à la fois; car il faut presque le même temps pour en faire 125 grammes que pour en faire 5 kilogrammes. On obtient par ce procédé des grains bien ronds et presque tous de la même grosseur; on les met sécher sur des tamis de crin.
J'ai dit, au commencement de cet article, qu'on ne pouvait pas faire des grains avec toutes les compositions ; par exemple, les rouges et les violets hygrométriques, dont le nitrate de strontiane est la base, ne produisent pas un bon effet en grains. Pour que la pâte soit suffisamment liée, afin de pouvoir être divisée en petites parties , on est obligé de beaucoup humecter la composition ; les grains sèchent difficilement , même en les mettant plusieurs jours à l'étuve , et la couleur n'est jamais belle ; la flamme est toujours
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vague et terne. J'avais supprimé les compositions hygrométriques dans la confection des grains, parce que j'avais remarqué que l'humectation nécessaire pour former les grains faisait perdre à ces compositions la supériorité qu'elles ont incontestablement sur celles qui sont non hygrométriques. J'avoue que c'était avec regret que je renonçais à faire des grains avec les plus belles compositions, surtout depuis que j'emploie les cartouches a bouts coniques , avec lesquels les grains sont lancés aussi loin et peuvent produire un aussi bel effet que les limailles d'acier ou de fonte. Je viens enfin d'imaginer un moyen de faire des grains sans qu'on soit obligé de mettre les compositions en pâte. Les grains faits avec des compositions hygrométriques, par ce nouveau procédé, produisent des flammes d'une couleur aussi intense, aussi belle, et ayant le même éclat que celles que produisent ces compositions formées en étoiles. La manière d'opérer est simple. On humecte la composition extrêmement peu avec de la colle d'amidon ou de dextrine; on a un châssis en cuivre de 108 à 135 millimètres carrés, dont les bords n'auraient pas plus de 6 millimètres de hauteur; on poserait ce châssis sur une plaque unie en cuivre, puis on le remplirait de composition humectée légèrement. On passerait sur le châssis
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un morceau de bois cylindrique qui répartirait la composition et ferait tomber en dehors du châssis la composition excédante. On placerait sur cette composition une seconde plaque de cuivre qui devrait entrer juste dans le châssis ; on mettrait le tout, c'est-à-dire le châssis posé sur une plaque de cuivre au moins de la grandeur du châssis , plus une autre plaque qui entrerait juste dans le châssis et poserait sur la composition ; on placerait le tout, dis-je, sous une presse que Ton serrerait fortement. La composition, toute comprimée, ne devrait pas avoir plus de 3 millimètres d'épaisseur; le châssis devrait pouvoir se démonter, et être fait comme je l'indique à l'article Étoiles cubiques. On ôterait la composition comprimée, que Ton mettrait sécher. On remplirait de nouveau le châssis de composition, que l'on comprimerait de la même manière , jusqu'à ce qu'on en eût la quantité suffisante.
Lorsque ces espèces de galettes de compositions seraient sèches, on les diviserait en posant dessus une lame de couteau, et en frappant avec un marteau un coup sec. Après les avoir divisées d'abord en bandes étroites, on couperait ces bandes dans un autre sens, de manière à former de petits cubes. Ces grains seraient anguleux et de forme irrégulière ; on les passerait
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dans un crible, afin de séparer les trop petits grains; on recouperait ceux qui seraient trop gros.
Ces grains, quoique défectueux dans leur forme , produisent une flamme beaucoup plus belle et plus brillante que ceux qu'on obtient par les autres procédés. Je conseille de se servir de cette méthode, même pour faire des grains avec des compositions non hygrométriques ; les couleurs seront plus intenses et plus pures. Le degré d'humectation nécessaire pour former des grains altère en général toutes les compositions, même celles qui n'attirent pas l'humidité de l'air ; mais la différence est beaucoup plus remarquable à regard des compositions hygrométriques. On sera surpris de l'effet prodigieux que produisent les grains rouges, cramoisis et violets; ils ont une pureté de teinte et un éclat vraiment admirables.
Lorsqu'on ne veut faire qu'une petite quantité de grains, on peut à la rigueur se passer de châssis et de presse ; un moule en cuivre, avec lequel on fait des étoiles de 27 millimètres de diamètre, serait suffisant. On mettrait peu de composition dans la virole , et on la comprimerait de manière à former de larges étoiles plates, que Ton ferait sécher, et que Ton diviserait toujours avec une lame de couteau, en frappant avec un marteau, afin d'en former des grains.
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Ces grains anguleux sont très-bons pour mettre dans les capsules des chandelles romaines à étoiles multipliées de mon nouveau système, mais ils conviennent beaucoup moins pour charger des jets à bouts coniques ; les aspérités de ces grains nuisent à leur projection, et, se chargeant moins bien, risquent de faire crever les jets.
Je viens de trouver un moyen d'arrondir ces grains sans diminuer les avantages que leur donne le mode de compression. Ce procédé consiste à mettre ces grains dans une bassine dont le fond serait presque plat ; on humecterait ces grains avec très-peu d'eau a la fois; on les retournerait avec les mains, afin que l'eau se répartit le plus également possible. Après les avoir retournés pendant une demi-minute, Peau a pénétre la superficie des grains; on frotte vivement avec les mains, en appuyant assez ferme, jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que la couche de composition qui avait été pénétrée par l'eau est entièrement enlevée. On verse les grains sur un tamis de crin , afin de les purger de la composition humide qui s'est détachée par le frottement* On essuie la bassine, on remet les grains dedans, on verse dessus un peu d'eau comme la première fois, on recommence à frotter, et, alternative* ment, à humecter, retourner, frotter, jusqu'à ce que les aspérités anguleuses aient disparu. Comme
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la couche de composition pénétrée par l'eau est enlevée au fur et à mesure par le frottement, les grains, quoique laits avec des substances hygrométriques , ne sont pas altérés par cette opération. On peut mettre de mauvais gants en peau, afin de pouvoir frotter fort sans se faire mal aux mains.
La composition humide, dont on purge les grains chaque fois , avant de les humecter de nouveau, est mise à part; on en fait des étoiles qui sont médiocres. Si on veut amorcer ces grains, on tes remet dans la bassine; après l'avoir bien essuyée, on verse un peu d'eau, en retournant les grains vivement sans les frotter; puis on met du poussier de tonneau en quantité suffisante pour absorber l'eau qui a pénétré la superficie des grains. On retourne légèrement avec les mains ou avec un morceau de carton, afin que le poussier s'attache également sur toute la surface des grains ; puis on met sécher sur des tamis de crin.
Plaques en cuivre pour faire des grains.
J'ai imaginé un petit instrument avec lequel on obtient assez promptement des grains cylindriques d'une grosseur uniforme et parfaitement réguliers. Ces grains brûlent mieux et ont une
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combustion d'une durée plus convenable que ceux grossis dans une bassine ; ils n'ont pas besoin de noyaux, et, par conséquent, ces gt*ains, ne contenant pas de substances étrangères à la composition, produisent une flamme plus pure et plus homogène.
Cet outil est composé, premièrement, de deux plaques en laiton, qu'on doit battre ou écrouir le plus possible, afin de les durcir et de leur doqner plus de consistance. La plaque dont je me sers pour les petits grains avec lesquels on charge les pastilles a 2 millimètres d'épaisseur, 12 centimetrès de longueur et 9 centimètres et demi de largeur. Les trous (il y en a 504) occupent, dans la longueur de la plaque, 9 centimètres , et , dans la largeur, 8 centimètres 2 millimètres seulement. 11 y a , par conséquent, à chaque bout de la longueur, une marge de 1 centimètre 5 millimètres, et, dans la largeur, deux marges de 5 millimètres chacune. On perce dans chaque marge , qui est aux deux extrémités de la plaque, deux trous de 8 millimètres de diamètre. Chaque trou est percé au milieu dp la marge. Ces grands trous sont éloignés de chaque bord de 8 ipillimètres, et laissent également un intervalle de 8 millimètres entre les petits et les grands trous. Comme on voit, on perce quatre grands trous destinés à recevoir quatre pieds ou cylindres qui sont fixés
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sur la plaque qui porte les repoussoirs. Ces pieds doivent entrer librement dans les grands trous de la plaque à petits trous, et avoir une saillie, au-delà de la surface de la plaque qui porte les repoussoirs, d'à peu près 8 millimètres.
On procède de la manière suivante pour confectionner les grains. On fait une pâte très-ferme de la composition qu'on destine à faire les grains ; on pose sur un marbre la plaque percée ; on met sur cette plaque une quantité un peu surabondante de la pâte. On prend un gros bouchon de liège qui sert de molette; on appuie fortement avec cette molette, en tournant le bouchon, afin de mieux faire entrer la pâte dans les trous. On change la % molette de place, en parcourant toute la surface de la plaque, en appuyant toujours fortement, jusqu'à ce que tous les trous soient remplis. On ôte avec la lame d'un couteau la pâte qui reste sur la plaque, ainsi que celle qui est en saillie sur les trous, puis on retourne la plaque en mettant sur le marbre la surface qui était dessus. Les trous ne sont pas toujours entièrement remplis; la pâte quelquefois ne pénètre pas jusqu'au fond des trous. C'est pour cela qu'il est essentiel de retourner la plaque, de mettre de la pâte sur la seconde surface , de la faire entrer dans les trous, en appuyant fortement avec la molette, d'agir enfin comme on avait
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fait pour la première surface. On ôte avec la lame d'un couteau, sur les deux surfaces, la pâte qui est en saillie sur les trous , et l'opération est terminée. 11 s'agit maintenant de faire sortir les grains de la plaque. On a un châssis en bois épais, sur lequel est pratiquée une feuillure destinée à recevoir la plaque ; on pose la plaque sur la feuillure ; elle ne doit porter que sur la marge non percée. On place ensuite la plaque à repoussoir, dont les pieds entrent dans les grands trous de la plaque percée. On appuie fortement, en mettant les deux mains sur la plaque à repoussoir ; les grains sortent des trous et tombent sur le marbre. Si la composition avait été un peu trop humectée, les grains resteraient attachés à la surface de la plaque. On frapperait alors plusieurs coups avec un petit maillet sur la plaque, qu'on laisserait sur le châssis , ce qui achèverait de faire tomber les grains. S'il en restait encore quelques-uns, on les ferait tomber avec la lame d'un couteau; puis on les mettrait sécher sur un tamis de crin.
Quoique l'on fasse plus de 500 grains à la fois, il faut encore plusieurs heures pour en confectionner un demi-kilogramme; mais les grains qu'on obtient par cette méthode sont bien préférables à ceux qu'on obtenait par les autres procédés.
Plusieurs amateurs qui ont examiné mes plaques ont pensé que cet outil, par la précision qu'il
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paraît exiger, devait être d'une exécution trèsdifficile; mais c'est une erreur. J'en ai fait faire, il y â deux ans, à la campagne, par un ouvrier très-ordinaire, un ferblantier, qui a parfaitement réussi. On peut donc facilement le faire exécuter par un ouvrier qu'on dirigerait soi-même, le mets ci-dessous la manière de procéder.
On prend du laiton en feuille d'une épaisseur double de celle tju'oh veut donner aux plaques; on le coupe de la grandeur voulue; on le bat avec un marteau sur une enclume unie, jusqu'à ce qu'il soit arrivé à l'épaisseur que l'on veut donner à la plaque. On procédé de la ftiême mahière pour h seconde et la troisième plaque. Cette dernière est de moitié plus mince; j'en indiquerai l'emploi plus tard. On coupe les plaques à la grandeur qu'on a décidée d'avance ; on en met deux l'une sur l'autre; elles doivent être précisément de la même dimension. On soude légèrement sur le bord et sur quatre points différents ces deux plaques, afid qu'elles ne puissent pas se déranger. On marque avec un poinçon ïa place où doivent être percés les petits trous, et aussi la place où doivent être percés les gros trous. On pose ces deux plaques réunies sur une platacfae épaisse et unie ; on perce les trous avec des forets d'une grosseur convenable, en se servant de l'archet ou d'un drille. Lorsque les trous «ont percés, on a du ffi de lai-
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ton que Ton coupe à la longueur de l'épaisseur des deux plaques. II doit être de grosseur a pouvoir entrer juste dans les trous, sans cependant être trop serré. On fait entrer toutes ces pointes dans les trous, et on les met au niveau de la surface de dessus de la seconde plaque, en se servant d'un marteau. On étame avec de la soudure à Tétain toute la surface de la seconde plaque, ce qui assujettit et maintient le haut des pointes dans les trous. La troisième plaque , qai est de moitié plus mince que les autres , doit être précisément de la même grandeur que les deux autres. On la soude sur la seconde plaque, afin qu'elle maintienne les pointes, et que ces pointes ne puissent pas sortir des trous. Afin de pouvoir faire entrer les quatre grosses pointes destinées à servir de pieds, ou pratique sur la planche quatre trous vis* à -vis la place des quatre jpîeds. Os trous sont plus profonds et plus grands qu'il n'est nécessaire pour loger ces quatre pieds, qui, par conséquent , ne sont pas gênés. On retourne les deux plaques , et on lime l'excédant des pointes au niveau de la surface de la plaque à trous. Comme on voit, les repoussoirs de la plaque de dessus sont foroémeat vis-à-vis les trous. On dessoude les quatre points qui maintiennent unies les deux /plaques, et on sépare la plaque à trous de celle a repoussoirs. Si les pointes de la plaque
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à repoussoir sont un peu gênées dans les trous, on agrandit ces trous avec un équarrissoir; mais on procède avec réserve, afin de ne pas trop les agrandir.
Comme on voit, mon appareil à faire des grains n'est pas aussi difficile à exécuter qu'on aurait pu se l'imaginer. J'espère que bon nombre d'amateurs se décideront à en faire faire. On peut avoir des plaques pour plusieurs grosseurs de grains. J'en ai de deux dimensions, une de 2 millimètres» pour les grains de pastilles, et une de 4 millimètres, pour les grains destinés à charger des cartouches à bouts coniques de 18 à 27 millimètres.
Afin que les pointes qui doivent servir de repoussoir se rencontrent toujours avec les trous de la plaque percée, il faut, avant d'ôter la soudure qui maintenait les deux plaques unies, tracer assez profondément sur un bout, sur l'épaisseur des deux plaques, un V, qui servira de repère, et on ne pourra plus se tromper.
Lances.
Les lances sont de petits tubes en papier chargés en compositions lentes, produisant une lumière vive, blanche ou colorée, qui doit être pure , homogène et sans étincelles , ayant a peu près l'aspect d'une flamme d'un bec au gaz, mais
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beaucoup plus brillante. Elles servent à faire toutes sortes de décorations. On représente avec ces petits tubes des palais, des temples et autres édifices, etc. ; on en met aussi au milieu des roues , afin qu'en tournant elles décrivent un ou plusieurs cercles de différentes couleurs , ce qui, avec le rayonnement que produisent les jets qui impriment le mouvement de rotation, fait un très-bel effet.
Lorsque Ton destine les lances à former des dessins, comme chiffres ou autres décors, on leur donne de 4 a 6 millimètres de diamètre. On emploie de bon papier, pas trop dur. L'épaisseur doit être de trois circonvolutions au plus , quelquefois même de deux tours seulement; cela dépend de la nature de la composition. Si on les faisait trop épais, souvent on ne verrait pas la flamme; la combustion du papier décomposerait la couleur. Le papier doit brûler au fur et a mesure et en même temps que la composition. Moins les tubes des lances sont épais, plus la flamme est belle. Il y aurait cependant de l'inconvénient à les faire trop minces ; on risquerait alors de les briser, soit dans le transport, soit en montant les pièces. Il n'y a pas de règle précise sur la longueur que l'on doit donner aux lances; en général, cependant, les blanches ont ordinairement 12 centimètres : c'est la longueur
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moyenne. On donne aux lances des autres couleurs une longueur proportionnée à ta durée de leur composition ; on prend pour point de départ et pour terme de comparaison les compositions les plus vives ; on essaye et on fait plus ou moins courtes les lances , afin que leur durée coïncide avec la durée de celles chargées avec les compositions les plus vives» afin qu'elles finissent toutes en même temps. Tous ces petits tubes de longueurs très-inégales sont assez difficiles à faire communiquer Les conduits qui contiennent les mèches étant plies du haut d'une lance pour poser sur «ne lance moins longue, et successivement monter et descendre d'un rang de lances élevé à un rang de tances plus tes, ont un aspect peu agréable à la Vue. Je propose, pour obvier à cet inconvénient, de faire tous les tubes d'une longueur uniforme «t un peu surabondante ; on chargerait les lances d'une couleur en mettant seulement dans le tube la quantité de composition nécessaire pour qu elle ne durât précisément que le même temps que les lances chargées avec la composition la plus vive, et on achèverait de remplir la lance avec de la terre glaise que l'on foulerait de lft même manière que la composition. Par ce moyen, les lances auraient une même durée et seraient d'une longueur uniforme, le reviendrai sur cette idée. Je vais con-
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tinuer à irtdiqw*r la ttianièrè de faire et de charger tes lattces. Ort roule sur une baguette de 8 ou 6 millimètres dfe diamètre des bandes de papier dé 12 centimètres de largeur. La longueur de ces bandes de papier doit être suffisante pour firtre trois tours sur la baguette à rouler. On en ferait aussi qui n'auraient que deux tours, dans lesquels on mettrait les compositions qtti ne brûlent bien que dans des tubes minceà. l'indiquerai au chapitre des Compositions celles auxquelles les tubes épais ne conviennent pas. On ne se sert pas de varlope pour rouler ces tubes ; la main seule suffit. On colle le papier sur le bord, c'està-dire à peu près sur le quart du dernier tour. On culasse un bout du tube en retirant la baguette à rouler de manière à laisser en saillie 7 à 9 millimètres du tube. On enduit le dehors de ce bout, qui dépasse la baguette, avec un peu de colle ; on le fait rentre* en dedans du tube avec le bout d'une tige quelconque ; on pose le bout sur une surface unie , Soit marbre, soit bois. On appuie fortement sur la baguette à rouler, ce qui unit et ferme entièrement ce bout. Le tube est terminé ; on le met sécher.
On charge les fonces avec wne baguette 'd'ftde longueur de 12 a 14 centimètres { ttta tes fait ortKtoairettettt cta fer ou fc* cuivre ; êttés -cohvtenncm pour tes Wanchas; fttote 'pour les tetaces
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colorées, dans la composition desquelles il entre du chlorate, il y aurait danger de détonation par le choc. 11 vaut mieux les faire en hois dur ; la tête serait en plomb, du poids d'à peu près 500 grammes. ( Voir le dessin d'une baguette à charger les lances.) Cette baguette serait un peu moins