‹ Nouvelles recherches sur les feux d'artificeChapitre 15 sur 35 · Tube d'une lance · texte numérisé non relu

Tube d'une lance

grosse que celle qui a servi à rouler le tube, afin qu'elle pût entrer facilement dans la douille de l'entonnoir que Ton met dans le haut du tube. Le bout de cet entonnoir doit être cylindrique.

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court, pour entrer seulement de 6 millimètres dans le tube.

On a des cubes de bois percés de plusieurs trous de différentes grosseurs ; ces morceaux de bois, de forme cubique, ont une hauteur équivalente à la longueur des lances, cependant plutôt un peu moins que plus. Les trous pratiqués dans les cubes en bois sont destinés à recevoir les lances. Comme il y a plusieurs calibres, on choisit le trou dans lequel la lance peut entrer sans être trop serrée et cependant sans ballotter. La lance entrée dans cette espèce de moule, on met l'entonnoir, puis la baguette à charger, qui doit porter au fond du tube. On met de la composition dans l'entonnoir; puis on charge vivement à petits coups, en levant la baguette au plus de 6 à 8 millimètres et en la laissant retomber. Lorsque la lance est chargée, on remplit le vide qu'a laissé le bout de l'entonnoir avec de la pâte d'amorce et on met sécher.

En se servant de ces cubes percés pour charger les lances, on risque moins de les faire plisser ou rompre. Lorsque les lances sont sèches, on les perce dans le haut, à 4 millimètres de l'orifice, d'un petit trou qui doit traverser les deux parois du tube et la pâte d'amorce. Ce trou est destiné à recevoir un petit brin de fil de fer recuit, gros comme un crin, qui doit servir à

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attacher le conduit (tube en papier) qui contient les mèches de communication, et dont la partie qui doit porter sur le haut de la lance est entaillée avec des ciseaux, aûp que la mèche porte à nu sur la pâte d'amorce. On colle un peu de papier brouillard sur tous les bouts de lances, ce qui assujettit plus solidement le conduit lié avec le petit fil de fer, couvre entièrement la ligature, et préserve la mèche de$ attejptes des étincelles qui pourraient y ipettre le feu ayant le temps opportun. Op perce à l'autre extrémité, celle qui est cqlassée, pn petit trou en long, au milieu du t)oiH? de H OM 12 millimètres de profondeur; ce trop sert à faire eptrer une pointe sans tête qui est plantée sur une tringle de bois, sur laquelle est tracé le dessin que l'on veut faire, l* lance se maintient} par la pointe qui est entrée dedans, au moyen d'un peu de colle-forte que l'on met sur le bout dç la lance au moment où on lait entrer la pointe dedans.

Il y a une méthode de faire communiquer les lances qui est plus simple, plus propipte et au moins aussi sûre que celle indiqué^ çirdessus. On emplit entièrement les tubes des lances, ou plutôt on coupe la partie vide dans laquelle était entrée la douille de leptonnoir; on pose (après les avoir enduites de cojle-forte) , en les faisant entrer sur les pointes saps têtes qui sont plantées sur les

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châssis ou tringles, les lances à la place qu'elles doivent occuper, afin qu'elles forment le dessin que Ton veut représenter.

Lorsque la colle-forte est sèche, on pose sur le haut des lances un conduit contenant deux brins d'étoupille. 11 est essentiel que les conduits ou tubes, dits porte-feu, aient une grosseur un peu surabondante, afin que les mèches ne soient pas serrées ; car, lorsque les étoupilles sont gênées, les tubes détonnent, et les communications peuvent être interrompues; on pose, dis- je, un conduit sur les bouts des lances; on assujettit ce conduit (ou plutôt ces conduits, car on les allonge, suivant la longueur dont on a besoin, en les faisant entrer les uns dans les autres) en se servant d'épingles courtes, mais fortes. On prend une pince pour faire entrer ces épingles qui traverse* root les deux parois du conduit et entreront de 2 à 3 millimètres dans la composition. On fait, en outre, à côté de l'épingle, avec un poinçon, un trou qui traversera également les deux parois du conduit et pénétrera un peu dans la composition. On bouche le trou qu'a fait le poinçon avec une petite bande de papier brouillard en* duit* de colle, qui, en même temps qu'elle maintient le conduit sur le haut des lances, enveloppe et clôt leur orifice de manière à ce que la corn* position ne puisse pas s'échapper.

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Celte manière de faire communiquer les lances dispense de mettre du fil de fer dans le haut des tubes. Je la trouve aussi plus prompte; car il faut une certaine habitude (dans l'autre système) pour faire les entailles précisément à la place où elles doivent être.

Le moyen de déterminer la longueur que doivent avoir les lances, suivant leur différente durée, afin qu'elles finissent en même temps, consiste à faire les lances des différentes compositions qui doivent servir d'épreuves toutes de la même longueur, par exemple de 108 millimètres. On trace à l'encre sur chaque tube, de 7 millimètres en 7 millimètres, des marques que l'on numérote. Les lances ayant toutes une longueur de 108 millimètres, c'est quinze marques que l'on numérote, puisque le haut et la fin du tube ne peuvent pas être marqués. On met le feu en même temps à la lance qu'on présume être chargée avec la composition la plus vive et devoir durer le moins longtemps, et à une autre lance chargée avec une composition moins vive. On tient ces deux lances avec des pinces par les bouts fermés. On les place dans une position horizontale, parce que, si on les tenait perpendiculairement, le résidu, en coulant, pourrait percer les lances et mettre le feu sur plusieurs points à la fois. On laisse entre elles un intervalle de 8 cen-

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timètres au moins, afin que l'action dç la flamme d'une lance ne puisse pas accélérer la combustion de l'autre. Ayant allumé les deux lances à la fois, on observe, et, lorsqu'une des deux lances finit de brûler, on note à quel numéro était arrivée la flamme de l'autre lance. Connaissant la durée relative de ces deux lances, on en conclura facilement la longueur que devra avoir la lance la moins vive pour finir en même temps que la lance la plus vive. Par exemple, si la lance la moins vive n'était arrivée qu'à la marque n° 12, au moment où la plus vive termine son effet, la marque n° 12 correspond à une longueur de 8 centimètres; ainsi , pour que les deux lances finissent en même temps, la lance la plus vive aurait 12 centimètres de longueur, et la plus lente 8 centimètres seulement.

J'avais d'abord pensé à prendre pour base une lance d'une durée moyenne, la blanche, par exemple; mais je me suis aperçu que le calcul est beaucoup plus facile lorsque l'on prend pour point de départ la lance qui brûle le plus vite. En prenant pour point de départ une durée moyenne, il y aurait des lances qui brûleraient plus vite et d'autres moins vite que celle qui servirait de terme de comparaison, et le rapport à établir serait plus compliqué. En voici la preuve. Je suppose que je prenne une lance d'une durée moyenne, une blan-

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cbe, par exemple, et que la lance avec laquelle je veux établir une comparaison brûle plus vite que la blanche dans le rapport cilé plus haut, c'est-àdire que la lance blanche ne serait arrivée qu'à la marque n° 12, lorsque la lance à laquelle on aurait mis le feu en même temps serait entièrement consumée ; ce serait donc un quart de la longueur totale, ou 27 millimètres, qu'il faudrait ajouter à la lance la plus vive pour que sa durée pût coïncider avec celle de la lance blanche. Mais cette adjonction serait insuffisante; car le quart de longueur qu'on donné en plus à la lance la plus vive brûlera simultanément avec le dernier quart de la blanche. 11 résultera que la lance vive, brûlant un quart plus vite, sera consumée, et que la lance blanche aura encore une longueur du quart du quart ou d'un seizième à brûler. Ainsi, pour que la durée de ces deux lances puisse réellement coïncider, il faut ajouter 5 seizièmes à la longueur de la lance vive. La blanche ayant une longueur de 12 centimètres, la lance vive aurait 15 centimètres, car il y. a encore une fraction; au lieu qu'en prenant pour terme de comparaison toujours la lance chargée avec la composition la plus vive, l'opération est beaucoup plus simple.

On procédera de la manière indiquée plus haut pour déterminer la quantité de composition ou

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plutôt la hauteur que doit occuper dans les tubes chaque composition, suivant leur différente durée. On remplit le restant de la longueur des tubes avec de la terre glaise. Ces lances ont, par conséquent ♦ toutes la même durée et une longueur égale.

On doit établir une distinction entre les lances destinées à former des chiffres, des devises, ou à représenter des temples et autres décors, et celles que Ton met aux roues tournantes. 11 est nécessaire que les lances qui doivent former des dessins d'architecture aient une assez longue durée, et surtout une flamme homogène et pure; mais celles qui garnissent le centre des roues n'ont pas besoin de durer aussi longtemps, puisque» pour plus de variété, différentes couleurs doivent se succéder pendant l'effet de la roue. Il n'est pas non plus indispensable que la flamme de ces lances soit absolument sans mélange, le mouvement de rotation faisant décrire un cercle h ces flammes. Si , dans leur étendue, il y a différentes teintes, cela forme alors plusieurs cercles qui , au lieu de nuire, sont plutôt un ornement qui ajoute à la beauté de la pièce.

Les lances que Ton destine à être placées au centre des roues, afin de former des cercles de différentes couleurs, doivent être beaucoup plus grosses. On peut leur donner de 9 à 18 mil))*

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mètres de diamètre ; on les fait d'une longueur proportionnée à la durée des jets.

Cylindres remplaçant les grosses lances que l'on met au centre des roues.

Toutes les compositions ne conviennent pas pour charger les lances. Il y en a qui sont superbes en étoiles et dont la couleur se décompose par la combustion du papier; tels sont plusieurs verts, et particulièrement mon plus beau violet, qui à, en outre, l'inconvénient de sortir du tube par le mouvement de la roue et de s'échapper par flocons. J'ai imaginé un moyen qui fait dis- |>araitre ces défauts, et qui permet d'employer indistinctement toutes les compositions au centre des roues. Je moule des étoiles, auxquelles je donne une longueur double ou triple (suivant la durée que je veux obtenir) de celle que l'on donne ordinairement aux étoiles de chandelles romaines. Je les fais sécher. Lorsqu'elles sont sèches, je les enduis sur toute leur surface, excepté sur le bout auquel on doit mettre le feu , d'une couche de dissolution épaisse de gomme arabique. Cette couche de gomme sert à empêcher le feu de s'étendre sur les côtés; l'étoile, ne brûlant que par un bout, dure beaucoup plus longtemps. Lorsque

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la couche de gomme est sèche, on roule sur ces espèces de cylindres une bande de papier que l'on colle entièrement , el qui doit dépasser chaque bout du cylindre de 15 à 18 millimètres. Ce papier ne doit pas faire plus d'un tour et demi sur le cylindre. On culasse un des bouts, en repliant le papier que Ton unit en appuyant et frottant sur un corps dur et poli. On met sur l'autre bout un peu de pâte d'amorce. Pour les placer sur la roue, on fait creuser de petits bouts de bois, en forme de godets, de 10 à 12 millimètres de haut et d'une ouverture qui permette de foire entrer juste, mais jusqu'au fond du godet, le bout culasse du cylindre. On met un peu de colleforte sur ce bout avant de l'entrer dans le godet. On peut placer, avant de mettre les cylindres, les godets ou bouts de bois creusés sur les rayons de la roue; on les assujettit avec de la colle-forte. Lorsque la colle-forte est sèche, on fait communiquer les cylindres aux jets , ou plutôt les jets aux cylindres, en dirigeant unconduitqui part d'un des jets, et dont on fait entrer un bout dans l'espèce de tube que forme l'excédant de papier du bout du cylindre. Le conduit que l'on fait entrer dans cette espèce de bonnet ou fourreau doit avoir un petit bout de mèche à découvert , plié en crochet, qui porte sur la pâte d'amorce ; on fronce el on rassemble les plis du papier sur le conduit. On

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lie avec du gros 61, et on colle une bande de papier brouillard sur la ligature.

Lances de service.

Les lances de service se font comme les lances blanches; on les charge de la même manière et avec la même composition. On leur donne ordinairement 30 à 40 centimètres de long; mais il n'y a pas de dimension obligée ; on peut les faire petites, grosses, courtes ou longues, k volonté. Si on trouvait qu'une lance ne durât pas assez , on en allumerait une seconde un peu avant que la première ne fût consumée , et , par suite , une troisième , si on en avait besoin. Comme il n'est pas nécessaire qu'elles produisent une flamme très-blanche, on peut les charger avec n'importe quelle composition, pourvu qu'elles brûlent bien et qu'elles durent longtemps. Les compositions ci-jointes pourraient convenir.

Salpêtre — 30 — 16 — 16 Soufre — 12 — 8 — 8 Poussier — 6—4 — 3

Lorsqu'elles sont chargées, on met dans le bout qui n'est pas culasse (fermé) u* brin d'étoupilie de 11 à 14 millimètres de long, que l'on fait te-

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nir avec un peu de pâte d'amorce épaisse. On emploie ces lances pour mettre le feu aux différentes pièces d'artifice. Lorsqu'on veut s'en servir, on les place au bout d'une tige en bois de 2 mètres de long. Ce bout doit être fendu, avoir une entaille pour les recevoir et un anneau pour les serrer: 11 doit avoir la forme (Tun porte-crayon. Cette tige de bois se nomme porte-lanee.

Conduits ou tubes de communication, dits pûrte-mèchcs.

Les conduits sont des tubes dans lesquels on met les brins de mèche ou étoupille qui servent à communiquer le feu aux pièces d'artifice. Si les mèches étaient à découvert, il y aurait d'abord danger que le feu y fût mis avant le temps voulu par les étincelles d'une pièce voisine que l'on tirerait auparavant; puis, si elles étaient à no, elles brûleraient trop lentement; l'humidité pourrait même les empêcher de prendre. Les conduits nonseulement garantissent les mèches des accidents du feu , du choc de corps durs , de l'humidité, mais ils servent principalement à rendre beaucoup plus rapide la combustion de la mèche. Le feu mis à une étoupille enfermée dans un tube le communique à une distance de plusieurs mètres avec la rapidité de l'éclair.

Les conduits se roulent sur des tringles de 6

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à 8 millimètres de diamètre; on leur donne la longueur d'une feuille de papier ; l'épaisseur doit être à peu près celle des lances, c'est-à-dire avoir trois ou quatre tours de papier. La baguette a rouler doit être plus grosse à un des bouts, et être en forme de cône, à peu près comme une baguette de fusil de munition. On donne à un des bouts du tube une plus grande ouverture afin de pouvoir faire entrer le plus petit bout d'un conduit dans l'ouverture la plus grande d'un autre, de manière à pouvoir augmenter indéfiniment la longueur d'un rang de conduits et porter le feu sur un point très-éloigné. On laisse dépasser la mèche d'à peu près 2 ou 3 centimètres à chaque bout du conduit) afin que les bouts de mèche se croisent lorsqu'on fait entrer les conduits les uns dans les autres, et que la communication ne soit pas interrompue.

Flammes de Bengale.

Les flammes de Bengale ne peuvent pas être considérées comme des pièces d'artifice, aussi les ai-je classées dans la même catégorie <jue les étoiles et autres accessoires. Ce sont simplement des compositions en poudre, que Ton verse dans des plats de grès. Cependant le feu qu'elles produisent est d'un effet prodigieux ; leurs flammes

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sont d'une blancheur, ont un éclat qui étonne et éblouit ; la vivacité de leur lumière peut être comparée à la clarté du jour. Elles sont d'une grande ressource pour les théâtres; elles imitent les incendies, les volcans; on les emploie dans les apothéoses. On peut, avec les flammes de Bengale, maintenant qu'on en fait de toutes les couleurs , représenter l'Olympe , les Enfers, etc. Elles produisent aussi un très-bel effet dans des jardins, surtout les flammes vertes; le reflet s'harmonise assez heureusement avec les feuilles des arbres. Lorsqu'on en brûle plusieurs à la fois, il faut toujours qu'elles soient de la même nuance. Si on en mettait de différentes couleurs, les reflets se mêleraient, et il y aurait confusion. On peut cependant mettre le feu simultanément à des flammes de différentes couleurs ; mais alors il est nécessaire qu'il y ait entre les flammes de nuances différentes une distance assez considérable, de manière que chaque reflet soit bien distinct.

Quelques artificiers mettent les flammes dans des vases profonds, et même dans des espèces de boîtes cylindriques en carton, mais c'est une mauvaise méthode. Le carton, en brûlant, donne beaucoup de fumée; le feu qu'il produit, se mêlant avec la couleur de la flamme , l'affaiblit et la décompose. En mettant les composi-

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tions dans des terrines à bords élevés, les flammes ne sont belles que lorsqu'elles commencent à brûler ; elles perdent presque aussitôt leur éclat primitif. Le résidu qui surnage dans le haut du vase l'obstrue en partie et empêche la flamme de monter; il se produit une fumée épaisse qui laisse à peine apercevoir quelques lueurs vagues et ternes. On obtient de belles flammes en mettant la composition dans des plats en grès , presque sans bords ; il ne faut pas la comprimer. Ob la verse doucement, de manière à former un monticule de forme pyramidale. On amorce les flammes en saupoudrant la pointe qui est au milieu du vase avec du poussier mêlé avec un quart de la compositioa de la flamme; le poussier pur brûle trop vite, et souvent ne communique pas le feu. On pose en outre cm brin de mèche que Ton enfonce faiblement dans la pointe de la composition, et c'est a ce brin d'étoupille que Ton met le feu. Si, pour reflet que l'on veut produire, il était nécessaire que la flamme durât plus longtemps, on en aurait plusieurs à proximité, et lorsqu'une flamme serait prête à finir, on en allumerait une autre , etc.

Plusieurs compositions ne peuvent pas se mettre dans des terrines pour brûler en flammes; elles seraient beaucoup trop vives, et, quand même on les comprimerait, elles ne dureraient

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que quelques secondes; telles sont les bleues, les jaunes, les violettes et certaines vertes, etc. J'ai imaginé un moyen très-simple de faire produire aux compositions trop vives un effet analogue à celui des flammes de Bengale ordinaires, et de prolonger leur durée aussi longtemps qu'on pourrait le désirer : ce serait d'humecter faiblement la composition , que l'on comprimerait dans un moule solide (tube en cuivre) , soit en frappant sur un mandrin , ou mieux en mettant le moule et le mandrin sous une presse. On formerait de cette manière de très-grosses étoiles ou cylindres, de la dimension que Ton désirerait, depuis 3 centimètres jusqu'à 20 centimètres; on donnerait à ces cylindres un seul diamètre de hauteur, afin de pouvoir mieux les comprimer. Lorsqu'ils seraient secs, on enduirait de dissolution de gomme arabique épaisse les bords de la surface de dessous de chaque cylindre, que l'on collerait en les posant les uns sur les autres. On formerait, par ce moyen , la longueur que l'on désirerait, suivant la durée que Ton voudrait obtenir. On les laisserait sécher, en les plaçant dans une position verticale, afin que tous ces bouts réunis ne $e disjoignissent pas; on enduirait toute la surface de ce long cylindre , excepté le bout par lequel on mettrait le feu, d'une couche de dissolution épaisse de gomme arabique, et, en outre,

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on couvrirait ce cylindre d'une circonvolution de papier brouillard que Ton collerait, afin de maintenir toutes ces portions de cylindres unies. La couche de gomme dont on couvre toute la surface de cette longue étoile sert à empêcher le feu de prendre intempestivement sur les côtés, de manière qu'elle ne brûle que sur une seule surface a la fois.

Lorsqu'on mettrait le feu à ces flammes, on ne poserait pas ce cylindre perpendiculairement; le résidu qui coulerait sur la surface latérale du cylindre pourrait mettre le feu presqu'en même temps sur plusieurs points, et il serait consummé en peu d'instants.

On le poserait horizontalement; il serait soutenu par des supports en gros fil de fer dont le haut aurait une espèce de croissant; ces supports seraient placés de distance en distance et seraient fixés sur une longue plaque en tôle ayant des rebords; le résidu tomberait goutte à goutte sur la tôle et ne risquerait pas d'enflammer le cylindre; s'échappant au fur et à mesure, il ne masquerait pas la flamme, qui aurait une lumière brillante et pure jusqu'à la fin.

Cette méthode de faire les flammes est préférable pour presque toutes les compositions, même pour les blanches. Il n'y a d'exception que pour les rouges, une ou deux vertes et deux

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jaunes hygrométriques, qui sont plus belles en poudre que cylindriques. On continuerait seulement, pour ces compositions, la méthode de verser la composition légèrement dans des plats à bords peu élevés et de les amorcer, comme je l'indique plus haut. On amorcerait les flammes cylindriques en mettant, au milieu de la surface du bout qui n'est pas enduit de gomme, un petit bout de mèche plié en crochet, qui ne devrait saillir que de 8 à 10 millimètres, et que Ton ferait tenir avec un peu de pâte d'amorce.

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