‹ Nouvelles recherches sur les feux d'artificeChapitre 26 sur 35 · Un soleil fixe · texte numérisé non relu

Un soleil fixe

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veuille se donner la peine de chercher, on trouvera facilement des combinaisons et des arrangements nouveaux.

Des éventails.

Les éventails sont composés ordinairement de cinq jets ; on peut cependant en mettre un plus grand sombre. ( Voir le dessin don éventail a cinq jets, page 486.) Ces jets sont placés de manière à former un demi-cercle; ils sont assujettis sur un demi-rond de planche qui est vissé au bout d'un chevron posé verticalement et entré dans la terre ou tenu par un patin. On fait communiquer les jets fixes en posant seulement le conduit qui contient la mèche, ou plutôt les mèches, sur le bout de chaque jet. Il est prudent de mettre deux brins de mèche dans chaque conduit; la communication est beaucoup moins sujette à manquer. Chaque jet est amorcé d'avance, c'est-à-dire qu'on a mis dans Jes trous des cartouches un petit bout de mèche qu'on assujettit avec de la pâte d'amorce. Ces petits bouts de mèche doivent être au niveau de l'orifice des jets. On entaille avec des ciseaux la partie du conduit qui doit porter sur le bout des jets ; on lie le conduit sur le btiut.de chaque jet avec un brin de fil que Ton avait noué d'avance sur la gorge des car-

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touches. Cette manière de placer les conduits sur le bout des jets se nomme communication à tête plate. On pourrait se servir, pour faire communiquer les jets fixes, d'un procédé que j'indique pour les lances, et qui consiste à coller avec du papier brouillard toutes les parties du conduit qui portent sur le haut des lances , et, lorsque le papier serait sec , de percer un trou et d'introduire un petit bout de mèche. Afin que des étincelles d'une autre pièce ne puissent pas mettre le feu aux mèches avant le temps voulu , on collerait, sur toutes les parties entaillées du conduit, un petit morceau de papier brouillard qui couvrirait en même temps l'ouverture de chaque jet. Un bout de conduit assez long sortirait du jet du milieu. C'est en mettant le feu à ce bout de conduit, avec une lance de service, qu'il se communique instantanément à tous les jets de la pièce.

Pattes d'oie.

Les pattes d'oie sont faites précisément comme les éventails; elles n'ont que trois jets; on les pose aussi sur une planche ayant la forme d'un demi-disque, fixées sur le bout d'un chevron. Les jets communiquent entre eux de la même manière que ceux des éventails. ( Voyez page 486.)

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Soleil fixe.

On forme les soleils fixes en clouant des tringles en bois sur un plateau (morceau de planche coupé en rond). Le nombre des tringles est indéterminé ; plus on leur donne de longueur, et plus elles doivent être nombreuses; elles sont disposées en rayons autour du plateau. C'est sur le bout des tringles que Ton assujettit les jets; on les attache avec du fil de fer; on les fait communiquercomme les éventails, c'est-à-dire à tête plate. On fait des soleils fixes de la grandeur que Ton veut, depuis 66 centimètres jusqu'à 16 à 18 mètres de diamètre. Les soleils fixes qui n'ont qu'un rang de jets, particulièrement s'ils sont d'une forte dimension, ont un grand vide dans le milieu. Cet espace, qui n'est pas éclairé, est d'un effet disgracieux ; on peut remplir le vide en mettant des lances colorées, que Ton disposerait en forme de rosace ou autres dessins. Les lances qui forment ce dessin doivent être courtes, afin de ne pas durer plus longtemps que les jets. Un rang de lances jaunes formerait le contour de la rosace , et le milieu serait garni de lances bleues assez près les unes des autres, qui couvriraient tout l'espace. Les soleils fixes se placent verticalement; on les cloue sur un chevron. Il faut

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qu'ils soient à une hauteur suffisante pour que le feu qui sort des jets tournés en contre-bas ne touche pas à terre.

Gloires.

Les gloires sont des soleils fixes ayant plusieurs rangs de jets; ordinairement on en met trois rangs ; mais les gloires d'un très-grand diamètre ont jusqu'à sept et huit rangs ( on fait quelquefois des gloires de 20 à 27 mètres de diamètre). Les jets doivent être proportionnés à la grandeur de ces pièces. On fait des jets depuis 14 jusqu'à 54 millimètres de diamètre. On les charge ordinairement en brillant pour soleils fixes, et en chinois pour cascades.

Les gloires produisent, un très -grand effet, mais de peu de durée ; on place ces pièces à la plus grande hauteur possible. Les jets du second rang doivent avoir entre eux un intervalle au moins d'un tiers plus grand que ceux du premier, et ceux du troisième rang être éloignés les uns des autres aussi d'à peu près un tiers de plus que ceux du second rang* Si on n'augmentait pas les intervalles des rangs supérieurs» il y aurait confusion; les jets ne produiraient qu'une masse de feu peu agréable. On fait communiquer les gloires à tête plate , comme toutes les pièces

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lîies. (Voit ci-dessous le dessin d'une Gloire à trois rangs.)

Cascades.

Les cascades imitent en feu les chutes d'eau; pour produire cet effet , on place des jets chargés en chinois sur des tringles de bois placées horizontalement, et étegéës en gradins les unes au-dessus des autres. L'intervalle entre chaque tringle n'est pas déterminé, pas plus que la direction des jets, qui peuvent être placés hdrizon-

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talement ou en contre-bas, suivant l'effet que Ton veut produire. On peut varier les feux des cascades; par exemple, on chargerait les jets en grains verts, en grains violets ou en grains bleus, etc. ; il en serait de même pour les fontaines. La description de ces différentes pièces serait surabondante.

Pastilles.

Les pastilles sont des espèces de soleils en miniature , formés par des longs tubes en papier,

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chargés avec de la composition vive, et roulés en spirale sur un moule de bouton ou disque en bois, percé d'un trou au milieu. Ces pièces sont très-jolies lorsqu'elles sont bien confectionnées; elles produisent en petit reflet des roues à plusieurs cartouches; elles ont même l'avantage de durer beaucoup plus longtemps et de tourner avec plus de vitesse. Leur centre, pendant tout le temps de la combustion , est garni d'une flamme brillante, formant un cercle dentelé. Le tube n'est ordinairement chargé, dans toute sa longueur, qu'avec la même composition, et cependant la flamme du milieu, ainsi que les rayons qui composent l'auréole , change à tout moment de teinte et d'aspect. Cette variété est un des agréments de ces petites pièces. Quelques artificiers attribuent ces changements de feux à la pression inégale de la molette, dont les dents, lorsqu'on aplatit les tubes, ne s'impriment pas d'une manière uniforme ; mais c'est une erreur. J'ai examiné avec attention ces différents effets, et je me suis assuré qu'ils provenaient simplement du résidu qui s'accumule à l'orifice du tube , et qui s'échappe en plus ou moins grande quantité à la fois.

On ne trouve dans aucun ouvrage la manière de faire les pastilles. Il semble qu'on ait dédaigné ce petit artifice ; il méritait cependant bien

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qu'on en parlât ; il fait souvent plus de plaisir qu'une grande pièce compliquée.

Les pastilles ne sont pas aussi aisées à faire qu'on pourrait se l'imaginer au premier abord ; leur confection demande beaucoup de soins, et, malgré toutes les précautions que Ton peut prendre, il en crève encore quelques-unes. M'étant beaucoup occupé de ces petites pièces, je suis parvenu à obvier à plusieurs inconvénients, et, si on ne s'écarte pas de la marche que je vais indiquer, on réussira presque toujours. La première opération consiste à rouler les tubes sur une tringle cylindrique en fer ou en acier. Les tringles en acier sont préférables, parce qu'elles sont ordinairement plus unies et plus droites. Le papier doit être en bon chiffon bien collé, sans cependant être trop dur ni trop épais. Les artificiers emploient du papier très-peu coJ|é et spongieux, dit papier bon drille; je préfère, lorsqu'il n'est pas trop épais, le grand papier d'office. On fait des tubes de différents calibres; les plus petits ont 4 millimètres de diamètre intérieur, et les plus gros ont 7 millimètres. Lorsque Ton fait les tubes avec la tringle de 4 millimètres de diamètre, la bande de papier ne doit avoir que 61 millimètres de largeur. Si on se propose de ne donner à la pastille qu'une seule longueur de tube, on coupe la bande dans la plus grande

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I) ARTIFICE. 4i>3

longueur du papier, c'est-à-dire que l'on ouvre la feuille , et que le pli se trouve au milieu de la bande; mais lorsqu'on la fait de deux longueurs de tube , on coupe les bandes dans l'autre sens de la feuille de papier. Les deux tubes réunis formant une assez grande longueur, si on mettait le papier dans le sens le plus long , il y aurait un pli au milieu de chaque tube, et ils seraient sujets à fléchir lorsqu'on les chargerait. Si on fait les tubes sur la tringle de 7 millimètres de diamètre, les bandes de papier doivent avoir 180 à 200 millimètres de largeur. Celte dimension n'est pas absolument rigoureuse; cela dépend de l'épaisseur du papier; lorsqu'il est mince, on peut faire les bandes un peu plus larges, comme, lorsqu'il est épais, on peut leur donner un peu moins de largeur. Cependant il faut le moins possible s'éloigner de la proportion que j'indique , car c'est la largeur moyenne que je donne.

On frotte la tringle en acier avec du savon sec, ou mieux avec de la craie de Briançon , afin que l'on puisse facilement la retirer du tube. On pose cette tringle sur la bande de papier placée sur une table unie; la bande de papier doit être enduite sur un des bords, dans toute sa longueur, de colle d'amidon, de gomme arabique ou de dextrine. On roule avec les deux mains, en observant qu'il ne se forme pas de plis, et lorsque

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la bande est bien serrée sur la tringle, on frotte le tube avec un morceau de linge, afin que les bords du papier soient mieux collés. Si on veut ne faire les pastilles que d'une seule longueur, on retire alors la tringle du tube ; mais si on se propose de les faire de deux longueurs , on enduit de gomme ou de dextrine, dans la longueur d'à peu près 27 millimètres, la surface extérieure du bout du tube qui se trouve au milieu de la tringle (cette tringle doit avoir au moins la longueur de deux bandes de papier) ; puis on roule une seconde bande de papier, dont 27 millimètres doivent croiser sur le bout du tube enduit de gomme ou de dextrine. Lorsque cette seconde bande de papier est bien serrée, et le bord collé, on retire la tringle, afin de faite sécher ce double tube.

On fait des pastilles composées de trois et même de quatre longueurs de tubes ; mais elles tournent mal et produisent rarement un bon effet. J'ai reconnu que la longueur de deux tubes était la plus convenable. Lorsque les tubes sont secs, on lie avec du gros fil une des extrémités ; on met dans l'autre bout un entonnoir en fer-blanc ou en cuivre, dont la douille doit être cylindrique et un peu plus petite que le trou du tube , afin qu'on puisse l'introduire facilement.

On charge les tubes en les tenant suspendus

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avec trois doigts , qui serrent la partie du haut du tube dans laquelle est entrée la douille de l'entonnoir; cette douille sert alors de point d'appui. On introduit dans le tube une tringle carrée en acier, qui sert de baguette à charger ; on lime carrément le bout de la tringle qui doit porter sur la composition, afin que ce bout présente une surface plane. Après avoir fait beaucoup d'essais , c'est la tringle de forme carrée qui m'a paru la meilleure pour servir de baguette à charger. Les intervalles qui se trouvent entre les quatre surfaces de la tringle et la paroi du tube permettent à la composition de descendre au fond du tube, et les angles de cette tringle, en la faisant rouler vivement dans les doigts , font tomber la composition qui s'attache à la surface intérieure du tube et empêchent qu'il ne s'obstrue. La tringle doit être assez longue pour que , lorsqu'un des bouts touche au fond du tube, l'autre extrémité dépasse un peu le haut de l'entonnoir. Son diamètre doit être , un peu plus petit que le vide de la douille de l'entonnoir, afin qu'on puisse facilement la faire rouler entre les doigts. On met une petite quantité de composition dans l'entonnoir, et on appuie assez fortement, en tournant la baguette, chaque fois qu'on la soulève. Il ne faut pas la lever de plus de 7 à 9 millimètres ; lorsqu'on la lève plus

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haut, il s'introduit de l'air qui se trouve corn* primé et couvert par une couche de composition, ce qui occasionne presque toujours la détonation. On remet de nouvelle composition dans l'entonnoir lorsqu'on s'aperçoit que celle qu'on y avait mise est descendue au fond du tube et qu'elle est comprimée. On juge assez facilement, par le son que produit la baguette en frappant sur la composition, si elle est entièrement comprimée et s'il en reste encore à la paroi du tube. On continue à charger de la même manière, en mettant peu de composition à la fois, et en faisant vibrer de temps en temps la tringle entre les doigts, afin de faire tomber la composition qui se serait attachée à l'intérieur du tube. Lorsque le tube est entièrement chargé, on ôte l'entonnoir, et on met dans le vide qu'a laissé la douille un petit tampon de papier que l'on comprime avec, la baguette , afin que la composition ne puisse pas s'échapper.

On trouvera, au chapitre des Compositions, différentes formules pour tubes tournants de pastilles; mais la composition qui produit le meilleur effet est le bon poussier de tonneau, dans lequel on met un seizième de litharge fine. Les pastilles chargées avec cette composition tournent avec rapidité et ont une auréole bien fournie et très-étendue ; mais on est obligé de

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foire subir une préparation au poussier, avant de s'en servir pour charger les tubes. Si on l'employait comme il est lorsqu'il sort du tonneau, son excessive finesse ne permettrait pas qu'il descendit au fond du tube; il s'agglomérerait et resterait attaché à la surfaoe intérieure du tube. Avec les plus grandes précautions et toute la patience possible, on ne parviendrait jamais à charger entièrement un tube de manière à ce qu'il ne crevât pas.

La préparation que je fais subir au poussier consiste à l'humecter légèrement avec un peu d'eau ; on le triture avec un pilon dans un mortier, afin qu'il soit le plus possible également humecté; on le verse sur un tamis de crin, et on le fait passer, en frottant avec la main, audessus de grandes feuilles de papier. II ne faut en mettre qu'une couche peu épaisse , afin qu'il sèche promptement. Il est essentiel de choisir un temps sec pour faire cette opération ; car si le poussier humecté sèche lentement, on peut considérer l'opération comme à peu près manquée. Lorsque ce poussier ainsi préparé est sec, on le passe dans un tarais de soie. On reconnaît qu'il est bien préparé , si , en le rassemblant au milieu, en levant les côtés de la feuille de papier, il paraît ondulé et ressemble a du sable fin. Les grains qui n'ont pas pu passer, et qui sont restés sur le

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tamis de soie, sont mis de côté pour faire de la flaraboyure ou de la pâte d'amorce. Il faut mettre ce poussier dans des flacons que Ton tient bouchés; si on le laissait exposé à l'air humide, il perdrait les avantages que la préparation lu1 avait donnés. On doit éviter d'employer du poussier fait avec de la poudre grainée que Ton aurait pulvérisée, quoique bien préparée; il est sujet à faire crever les tubes ; cela vient de ce que les parcelles, même les plus fines , sont toujours composées des trois éléments qui constituent la poudre, et que, par conséquent, chaque molécule, quelque (énue qu'elle soit, est toujours un grain de poudre. Voilà ce qui se passe : le mou- Tement indispensable qu'on imprime à la tringle pour comprimer la composition fait monter les parties les plus grosses, qui se rassemblent inégalement sur plusieurs points ; ces petits grains laissent entre eux des interstices, et, lorsque le feu arrive à la place où ils sont accumulés, il pénètre et enflamme une plus grande quantité de composition à la fois, ce qui fait crever le tube. 11 n'en est pas de même du poussier qui n'a pas été en grains; si le mouvement rassemble les atomes les moins fins , ces parcelles ne sont pas composées ; chacune d'elles est une substance simple, séparée, soit charbon, salpêtre ou soufre; aussi, lorsque le feu arrive à ces ingré-

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clients, sa force diminue plutôt qu'elle n'augmente.

En général, pour toute espèce d'artifice, on doit donner la préférence au bon poussier de tonneau , même pour charger les cartouches les plus solides. Lorsqu'il est suffisamment trituré, il a autant d'énergie que le poussier fait avec la poudre écrasée, et les cartouches sont moins sujets à crever.

Mais revenons aux tubes des pastilles. Lorsqu'on les charge avec du poussier préparé, qui doit, comme je l'ai dit plus baut, ressembler à du sable fin, en en mettant peu à la fois dans l'entonnoir, il tombe aussitôt au fond du tube, et comme ces espèces de grains étaient incomplètement formés, la plus faible compression suffit pour désunir les parties qui formaient ces grains et les remettre dans l'état primitif où elles étaient avant la préparation; car le poussier avait été trop faiblement humecté pour qu'il y eût une agrégation réelle ; il n'y avait qu'une très-faible cohésion, que le plus petit choc suffisait pour détruire.

On ne met le seizième de litharge dans le poussier que lorsqu'il a été préparé.

Lorsque les tubes sont chargés , on les passe à la molette. Une molette est un instrument qui sert à aplatir et en même temps à assouplir les

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tubes. Il y en a de différentes espèces ; la plus simple est formée avec un rouleau ou morceau de bois dur, cylindrique, de 189à 216 millimètres de long , et de 30 à 34 millimètres de diamètre. On amincit ce rouleau aux deux extrémités, dans une longueur de 81 millimètres, afin de pouvoir y placer les mains; ces deux bouts servent de manches. Le milieu, dans une longueur de 54 millimètres, conserve sa grosseur primitive, c'està-dire 34 millimètres de diamètre, et doit être cannelé à petites dents, ayant au plus 2 millimètres d'intervalle entre elles. On place un tube sur une table unie, on pose le milieu de la molette sur le tube , on fait rouler cette molette sur toute la longueur du tube, en la tenant des deux mains par les manches et en appuyant fortement. La pression aplatit, et les dents qui s'impriment dans l'épaisseur du tube l'assouplissent, ce qui permet de le rouler sans le rompre. On enduit de dextrine, de gomme arabique, ou, à la rigueur, de bonne colle de farine, toute la surface du tube sur laquelle les dents de la molette sont marquées. On pose à plat, sur une table, deux moules de boutons en bois, superposés l'un sur l'autre ; un de ces petits disques en bois est destiné à servir de moyeu à la pastille; celui qui est dessous, et qui est précisément de la même grandeur (16 à 18 millimètres de

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diamètre pour les pastilles de petit calibre), sert seulement à élever celui qui est dessus , afin que ce dernier soit placé le plus possible au milieu de la largeur du tube. On met sur la même table, en le plaçant sur le côté , le tube enduit de colle 9 et on le roule le plus serré possible sur les moules de boutons , en commençant par le bout par lequel on a fini de charger. Lorsque la pastille est roulée , on la tient serrée avec une main ; on prend de l'autre main de la cire à cacheter que l'on fait chauffer à la flamme d'une chandelle; on en met un peu au-dessous du bout du tube, sur lequel on appuie jusqu'à ce que la cire soit refroidie, afin qu'il ne se déroule pas; on ôte avec une épingle le moule dé bouton qui était dessous (celui qui posait sur la table). La pastille est terminée, on la met sécher.

Pour tirer les pastilles, on prend une petite planchette en bois blanc de 54 à 81 millimètres de large, longue de 135 à 162 millimètres, dont un des bouts est en pointe et arrondi. On entre dans le trou du moule de bouton une épingle pour servir d'axe; on enfonce cette épingle, qui doit être assez solide, dans le bout de la planchette. On frappe avec un marteau sur la tête de l'épingle, afin qu'elle soit fixée solidement au bout de la planchette; on s'assure que la pastille tourne librement. Si l'épingle était un peu gênée, il fau-

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drail agrandir le trou du moule de bouton. Il faut placer la planchette a 1 mètre 324 millimètres de hauteur. On la met soit sur un appui de croisée ou sur une surface unie quelconque ; on l'assujettit en mettant un poids assez lourd dessus; on met un petit brin de mèche que Ton entre dans le tube. La partie de mèche qui porte sur la composition doit être pliée en crochet, afin que, lorsqu'on aura replié le papier, elle ne puisse pas sortir du tube. On pourrait s'en dispenser; mais cela est plus commode pour mettre le feu et aussi plus prudent; si la pastille crève, on est moins sujet à être brûlé. Lorsque le feu de la mèche est arrivée au tube, si la pastille ne tourne pas sur-lechamp, il faut lui donner la première impulsion avec la main.

On procédera précisément de la même manière pour les pastilles d'un plus fort diamètre, pour les plus gros tubes. On prendra des moules de boutons plus grands, de 27 millimètres de diamètre, et l'on en mettra quatre les uns sur les autres, que l'on collera ensemble. On agrandira surabondamment les trous des deux qui seront au milieu, afin que l'épingle ne porte que sur le premier et le dernier , et qu'il y ait moins de frottement.

Une rondelle de carton épais, percée au milieu d'un trou assez grand, remplacerait avantageusement les deux moules de boutons du milieu ; on

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pourrait aussi, au lieu de moules de boutons, mettre sur chaque surface du carton un petit disque en fer-blanc ou en cuivre mince, percé bien au centre, collé et assujetti avec du papier brouillard. On aurait l'attention de placer les deux disques de manière à ce que les deux trous fussent bien vis-à-vis l'un de l'autre. Pour que les grosses pastilles (celles dont les tubes ont 7 millimétrés de diamètre) produisent tout l'effet dont elles sont susceptibles, il faut que la composition soit chargée fortement; mais, afin que le tube puisse résister à un surcroit de compression , il est nécessaire de modifier la méthode suivie pour les petits tubes, comme je l'ai indiqué plus haut. Les bandes de papier, pour un diamètre de 7 millimètres, doivent avoir 180 à 200 millimètres de largeur ; on en roule une bande d'abord ; on enduit de dextrine ou autre bonne colle 27 millimètres de la surface extérieure de l'extrémité du tube qui se trouve au milieu de la tringle; on roule une seconde bande de papier, dont 27 millimètres croisent sur la première bande. Lorsque ces bandes sont bien serrées et les bords collés, on fait sortir la tringle du tube d'à peu près 7 millimètres seulement ; on reploie en dedans la partie du tube qui est restée vide par le retrait de la tringle, ce qui culasse ou ferme le tube et empêche la composition de sortir lorsqu'on le charge.

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On roule deux autres bandes de papier de la même largeur que les deux premières, afin de fortifier le tube, qui, sans cette précaution, se romprait lorsqu'on voudrait le courber. On colle les bords, puis on retire la tringle , afin que le tube ne fléchisse pas en le chargeant, ce qui arriverait malgré qu'on Tait fortifié en roulant dessus deux secondes bandes de papier. On entre le tube dans un tuyau en bois , en métal, ou même en carton , moins long de 28 à 30 millimètres que le tube, et d'un diamètre intérieur qui permette au tube d'y entrer juste, sans cependant être trop serré. Le tube se trouve maintenu par ce tuyau , et ne fléchit pas. On charge comme je l'indique pour les petites pastilles, excepté que le tube n'est pas suspendu et qu'il a un point d'appui au fond du tuyau, qui lui-même porte à terre. On met peu de composition à la fois, mais on doit appuyer et frapper fort avec la tringle carrée. Lorsque le tube est entièrement chargé, on le passe à la molette. Ce tube étant très-dur, il seïait impossible de l'aplatir avec la molette dont j'ai donné plus haut la description. On se sert d'un instrument fait de la manière suivante. On prend une pièce de bois en noyer ou en chêne , ayant 27 millimètres d'épaisseur, 1 mètre de long et 68 à 81 millimètres de large. On fait faire au milieu de cette pièce de bois une rainure qui doit régner dans toute sa

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longueur, avoir 16 millimètres de profondeur, et d'une ouverture à permettre que le tobe y entre sans être trop serré. On a un galet ou disque en cuivre de 68 millimètres de diamètre, épais d'à peu près 11 millimètres, percé au milieu d'un trou de 3 à 4 millimètres, que Ton (bit refendre sur une plate-forme (machine avec laquelle les horlogers font des dents aux roues). Il ne faut pas que les dents aient plus de deux millimètres d'intervalle entre elles. On prend une autre pièce de bois carrée de 41 millimètres d'épaisseur et de 730 à 811 millimètres de longueur. On fait une entaille à un des bouts de cette pièce de bois, afin de pouvoir placer le disque en cuivre dentelé. On perce sur les côtés du bout de la pièce de bois deux trous vis-à-vis l'un de l'autre; on entre dans ces trous , et dans celui qui est au milieu du disque en cuivre, une broche en fer ou en acier qui est destinée à servir d'axe au disque dentelé. On rive sur les côtés du bout du bois entaillé les deux extrémités de la broche. Cette broche doit être assez forte, afin qu'elle ne puisse pas se courber. Le disque doit saillir, au bout de la pièce de bois, de 16 à 18 millimètres, et n'être pas trop serré sur son axe, afin de pouvoir rouler facilement. On pose à terre la pièce de bois qui a une rainure dans laquelle on a mis le tube; on tient avec les deux mains la pièce de bois qui sert de manche

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à la molette. On place le disque dentelé au commencement de la rainure, et on le fait rouler sur toute la longueur du tube, en appuyant de toute la pesanteur de son corps. Si une fois ne suffit pas, on le passe deux et même trois fois. Les artificiers ont des molettes mécaniques avec lesquelles ce travail se fait beaucoup plus vite. Ce sont deux cylindres placés au-dessus l'un de l'autre, dont les axes posent sur deux montants en bois; celui qui est au-dessus est cannelé, et les deux extrémités de son axe portent sur deux coussinets qui sont posés sur des ressorts à boudins. Dans-1'épaisseur de chaque montant est placée une vis de pression. Ces deux vis, en les faisant agir simultanément avec les deux mains, afin que la pression soit égale, rapprochent ou éloignent à volonté les deux cylindres l'un de l'autre,' ce qui permet d'aplatir plus ou moins le tube. On place un bout du tube entre les deux cylindres ; on tourne une manivelle qui est sur le côté d'un des montants et fixée sur un bout de l'axe du cylindre dentelé. Le mouvement de la manivelle, si on place le tube par devant, doit se faire à l'envers, c'est-à-dire de dehors en dedans. Le tube est attiré par les dents du cylindre , passe promptement et se trouve aplati et dentelé dans toute sa longueur. L'action de la molette, de quelque système que l'on se serve, est insuffi-

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santé pour assouplir les tubes lorsqu'ils ont été chargés fortement. Voici le moyen que j'emploie. Je prends une lanière de cuir, pas trop souple, sans cependant élre dur, large de 27 millimètres et longue de 243 à 270 millimètres ; je la pose sur la surface du tube qui n'est pas dentelée. Je tiens des deux mains le tube sur lequel est placée la lanière; je place mes deux pouces qui doivent se toucher sous le tube; je tiens la lanière et le tube le plus serré possible, afin qu'ils ne cessent pas de s'appliquer l'un sur lautre; puis je fais fléchir le tube par degré et avec précaution, jusqu'à ce qu'il soit arrivé à la courbure nécessaire pour pouvoir s'appliquer sur le disque qui sert de moyeu et sur lequel il doit être roulé. Cette opération oblige à employer une certaine force; le tube est dur à courber. Afin de faciliter ce travail et de le rendre moins fatigant, on s'assied , on met entre ses genoux les deux mains qui tiennent la lanière et le tube; on serre les genoux , qui font alors l'office d'un étau. On ne saurait imaginer combien la pression des genoux, dans cette circonstance, ajoute de force à celle des poignets. On courbe de cette manière toute la longueur du tube, en changeant de place, de temps en temps, la lanière, qui est trop courte pour couvrir toute Tétendue du tube. Cette lanière, posée sur le tube et tendue en même temps, lui sert de point d'appui et

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empêche qu'il ne se rompe lorsqu'on le courbe. Les secondes bandes de papier qu'on avait roulées sur le tube avaient pour but seulement de le fortifier et de l'empêcher de casser en le courbant. Il est essentiel de le débarrasser de cette enveloppe, qui nuirait à son effet ; car il ne faut pas que les tubes des pastilles soient trop épais; ils doivent brûler au fur et à mesure, en même temps que la composition. Si le papier avait trop d'épaisseur, le feu serait terne , accompagné de beaucoup de fumée; la pastille tournerait mal et n'aurait pas d'auréole. On ôte l'enveloppe du tube en l'humectant légèrement avec une petite éponge imprégnée d'eau et en ratissant avec Ja lame d'un couteau.

Lorsque le tube est développé , on l'enduit de dextrine épaisse ou de gomme arabique, dans toute sa longueur , sur la surface où les dents de la molette sont imprimées , et on le roule sur le disque qui doit lui servir de moyeu , comme je l'ai indiqué pour les pastilles d'un petit diamètre.

Toutes les espèces de colles sont hygrométriques et finissent par se ramollir par l'humidité * de l'air. Les grosses pastilles chargées ferme sont élastiques et se déroulent souvent lorsqu'on les brûle. On obvie à cet inconvénient en collant un rond de papier mince, de la grandeur de la pastille, sur une de ses surfaces.

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Malgré la préparation qu'on a fait subir au poussier, lorsque le temps est humide ou que le salpêtre avec lequel est fait ce poussier n'est pas parfaitement pur et qu'il contient du uiuriate de soude (sel de cuisine), on éprouve souvent beaucoup de difficultés à charger les tubes ; le poussier, en absorbant l'humidité de l'air, perd l'effet de sa préparation; il devient gras , s'attache à l'intérieur du tube et l'obstrue; on est quelquefois un temps infini à charger un tube , et encore n'est-on pas certain qu'il ne crèvera pas. Le moyen que j'ai imaginé pour obvier à cet inconvénient consiste à percer avec une aiguille fine un rang de petits trous, très-rapprochés les uns des autres, sur toute la longueur du tube , avant de le charger. On garnit de cire à cacheter chaude, afin de lui donner de la consistance, toute la longueur de l'aiguille, excepté la partie qui doit pénétrer dans l'épaisseur du tube, et qui doit avoir à peu près la longueur d'un demi-diamètre du tube.

On fait les trous avec une aiguille très-fine, parce que, si ces trous n'étaient pas extrêmement petits, il s'échapperait beaucoup de composition lorsqu'on chargerait. Les tubes ainsi percés se chargent avec beaucoup plus de facilité; l'air, s'échappant par les trous à mesure que Ton comprime la composition, ne forme pas de vide dans le tube, et, malgré la mauvaise qualité du

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poussier, il est rare que ces tubes crèvent. Lorsqu'ils ont été passés a la molette, on les essuie, et on colle une bande de papier sur le tube, aûn de couvrir les trous (ces trous ont été percés sur la surface dentelée du tube). A l'égard des gros tubes qui ont une enveloppe, on les perce de la même manière; mais on ne colle la bande de papier qu'après avoir courbé le tube et ôlé l'enveloppe.

Au lieu d'envelopper les gros tubes, afin de les empêcher de se rompre lorsqu'on les courbe, on peut mettre une bande de calicot de 34 millimètres de large et de toute la longueur du tube. On la pose sur les deux bandes de papier qui croisent de 27 millimètres Tune sur l'autre; elle doit être placée à 27 ou 31 millimètres du bord. On roule les deux bandes de papier et le calicot en même temps, ce qui n'est pas très-facile; c'est cette difficulté de rouler ensemble les trois bandes qui m'a fait abandonner cette méthode ; elle est cependant praticable; je m'en suis servi pendant plusieurs années. On pourra d'ailleurs choisir entre ces deux méthodes; elles préservent, l'une et l'autre, les tubes de se rompre lorsqu'on les courbe.

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