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Pastille dahlia.
Cette petite pièce, que j'ai imaginée il y a sept ou huit ans, et dont j'ai donné la description dans une brochure que j'ai publiée en 1836, a été trouvée charmante. Je lui ai donné le nom de dahlia, parce que, lorsqu'elle tourne avec vitesse, son centre est orné d'une flamme ondulée en lestons qui ressemble beaucoup à cette Heur. Elle produit des effets variés a l'infini ; toutes les couleurs du prisme se succèdent et présentent à la fois plusieurs nuances qui ont un éclat et une fraîcheur admirables.
Cette pièce avait plusieurs inconvénients que j'avais tenté bien des lois de faire disparaître;
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mais si je corrigeais un défaut, il en surgissait presque toujours un autre. Ce n'est que depuis très-peu de temps que je suis enfin parvenu à atteindre le but que je me proposais. Je crois maintenant ce petit artifice arrivé à toute la perfection dont il était susceptible. La manière de le confectionner est très-facile; je Pai beaucoup simplifiée, tout en obtenant des résultats infiniment meilleurs et plus sûrs.
Comme il y a des circonstances où on pourra combiner les anciens procédés avec la nouvelle méthode, ce qui ajoutera encore à la beauté de cette pièce , je vais les décrire brièvement ; cela fournira en même temps le moyen de mieux apprécier les avantages du nouveau système.
Mes anciennes pastilles dahlias étaient composées de deux tubes; celui qui imprimait le mouvement avait 7 millimètres de diamètre , et était précisément semblable aux tubes de grosses pastilles simples dont je viens de donner la description; l'autre tube était en papier mince, chargé avec des compositions produisant des flammes colorées. On mettait dans ce tube plusieurs couleurs, qui paraissaient successivement les unes après les autres; on aplatissait ce tube avec un rouleau en bois uni. Ces deux tubes étaient enduits de colle sur une de leurs surfaces et roulés ensemble sur le disque qui servait de
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moyeu. Le tube qui imprimait le mouvement était placé en dessus; celui qui contenait les compositions colorantes était moins long d'à peu près 81 millimètres que le tube tournant, afin qu'il pût finir un peu avant le dernier. On mettait le feu simultanément aux deux tubes, qui étaient superposés l'un sur l'autre.
Voilà l'effet que produisait cette pièce : le tube tournant brûlait à peu près six fois plus vite que celui de couleur; il arrivait que le feu du tube tournant pénétrait le tube de couleur à 54 ou 64 millimètres en arrière, souvent même à plusieurs endroits en même temps, et le mouvement de rotation faisait détacher ce bout de tube qui était lancé au loin. Il n'y avait pas néanmoins interruption; le tube de couleur continuait à brûler, mais il y avait des couleurs qu'on était certain d'y avoir mises et qui n'apparaissaient pas. Les portions de tube qui les contenaient avaient été détachées et lancées au loin avant qu'elles ne fussent enflammées. Ces accidents avaient lieu plusieurs fois pendant la durée de la pièce.
J'avais depuis longtemps abandonné cette première méthode et l'avais modifiée de la manière suivante. Le tube tournant est le même dans tous les systèmes; celui de couleur était en papier mince, roulé sur la même tringle que le tube tournant, n'ayant qu'une circonvolution et
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demie, croisant seulement de la quantité suffisante pour pouvoir être collé. On liait le bout avec du. gros 61 ; on chargeait ce tube en le tenant suspendu et en se servant de la tringle carrée. On mettait premièrement de la composition colorante, que Ton comprimait avec précaution , afin de ne pas crever le tube ; cette composition, toute comprimée, ne devait pas s'élever à plus de 27 millimètres de hauteur; puis on mettait de la sciure de bois que Ton comprimait, et qui devait s'élever dans le tube à une hauteur à peu près de 54 millimètres. On marquait avec un trait circulaire, à l'encre, le point où s'était élevée la sciure dans le tube; on mettait de la composition d'une autre couleur, qui , toute comprimée , devait s'élever à 27 millimètres , comme la première charge , et alternativement on mettait de la sciure, dont on marquait la hauteur avec de l'encre, et de la composition, jusqu'à ce que le tube fût entièrement chargé. On aplatissait ce tube avec un fouleau uni , sans cannelures.
On enduisait de colle ou de dextrine les deux tubes, et on les roulait ensemble sur le disque servant de moyeu , comme on avait fait dans la première méthode; on liait cette pastille avec de la petite ficelle , afin que les tubes ne se déroulasent pas, et ou la mettait sécher. Lorsqu'elle était
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sèche, on ôtaitla corde: puis, avec un poinçon, on faisait un trou au tube tournant, au-dessus du trait à l'encre, marqué sur le tube de couleur, et un trou semblable sur le trait à l'encre de ce dernier tube, de manière que ces deux trous de communication fussent bien placés l'un au-dessus de l'autre ; puis on collait une petite bande de papier, afin d'empêcher que le feu ne prît à ces deux tubes intempestivement. On faisait des trous de communication et on agissait précisément de même à l'égard de tous les traits à l'encre marqués sur le tube de couleur. On introduisait dans le bout de chaque tube un petit brin de mèche que l'on faisait tenir en repliant le papier ; on réunissait ces deux brins d'étoupille en les liant avec un brin de fil, afin que le feu prit en même temps aux deux tubes. C'était toujours une grosse épingle drapière qui servait d'axe.
Cette seconde méthode était préférable à la première; toutes les couleurs apparaissaient, et souvent il en paraissait deux à la fois, parce qu'une couleur prenait feu avant que celle qui la précédait ne fût entièrement consumée. Cet effet était encore assez agréable ; les deux portions de tube enflammées, n'étant pas précisément sur la même ligne , produisaient des cercles bien distincts, sans aucune confusion. Cette méthode, comme on voit , était moins défectueuse que la
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première; mais cependant elle avait encore une partie des mêmes défauts, quoiqu'à un degré plus faible; en outre, elle en avait un qui lui était particulier. Les inconvénients communs aux deux méthodes, c'est que l'action de la flamme de couleur, qui est très-pénétrante, perçait quelquefois la partie du tube tournant qui se trouvait audessous. Il y avait alors contre-sens; le mouvement se ralentissait, quelquefois il s'arrêtait toutà-fait; le tube était percé à plusieurs endroits, et la pastille était entièrement perdue.
J'avais cherché à remédier à ce défaut en mettant de petites bandes de carton incombustibles sous le tube de couleur; mais ces bandes formaient une épatsseur augmentée par le résidu du tube de couleur, et, lorsque le feu arrivait à la partie du tube tournant qui était couverte par ce carton, la pastille tournait mal ; le feu était terne, avec beaucoup de fumée , et il n'y avait presque pas d'auréole. Un autre inconvénient moins grave, mais qui privait de voir entièrement l'effet de certaines couleurs , provenait de la faiblesse du tube. On faisait les tubes de couleur en papier très-mince, parce que le papier un peu fort arrêtait le résidu qui masquait la flamme et la décomposait. Il arrivait qu'on ne pouvait pas, dans ces tubes minces, comprimer assez fortement la composition , et qu'elle s'échappait par flocons
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enflammés. De grandes portions de tubes, contenant différentes couleurs, n'étaient pas détachées, comme dans le premier système ; mais une partie d'une couleur, quelquefois les deux tiers, était lancée au loin, et c'était à peine si on avait le temps de reconnaître la nuance qui venait de brûler. Ces accidents n'avaient lieu que pour certaines couleurs; le jaune, le bleu et le vert tenaient assez bien , mais le pourpre , le cramoisi et le violet ne brûlaient jamais en totalité; ils s'échappaient presque toujours. Le défaut parti* culier à cette seconde méthode , c'est que les communications manquaient quelquefois. Cependant, avec des soins et en mettant de petits bouts de mèche dans les trous, cela arrivait rarement.
Malgré ses nombreux défauts, cette petite pièce était encore très-jolie; mais, ayant résolu de la rendre aussi parfaite que possible, j'ai fait de nouveaux efforts et me suis enfin fixé à la méthode suivante, qui me paraît réunir toutes les conditions désirables.
Ce nouveau système diffère essentiellement des deux anciennes méthodes. Les tubes ne se roulent pas ensemble; celui de couleur est isolé et doit être éloigné d'à peu près 18 millimètres du tube tournant. On augmente la longueur du moyeu en roulant, sur le disque en bois dont on se sert ordinairement, une bande de carton, assez solide
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pour qu'il ne fléchisse pas, de 34 millimètres de large; on enduit de dextrîne épaisse , ou , ce qui est mieux , d'un mélange de moitié dextrine et moitié dissolution de gomme arabique épaisse (cette colle ayant plus d'adhérence), on enduit, dis-je, de ce mélange le disque et la bande de carton , et, lorsque cette bande de carton est roulée, on colle une bande de papier pour la maintenir. Le disque en bois doit être placé le plus possible au milieu de cette espèce de tube que forme la bande de carton ; mais il est encore plus essentiel qu'il soit placé droit. On s'en assure en mettant Fépingle dans le trou du disque ou moyeu et en le faisant tourner. S'il ne tournait pas droit, on déplacerait le disque pendant que le carton est encore humide de colle , jusqu'à ce qu'il fût placé convenablement et qu'il tournât juste. On le mettrait sécher en le posant avec précaution, afin qu'il ne se dérangeât pas. On pourrait préparer d'avance une certaine quantité de ces moyeux.
Le tube tournant, comme je l'ai déjà dit, est le même que celui des grosses pastilles simples; mais le tube de couleur est beaucoup plus court que ceux qu'on employait dans les anciennes méthodes. On procédera , pour faire et charger ces tubes, de la manière suivante. On choisit, parmi le papier d'office avec lequel on a roulé les tubes tournants, les feuilles les moins épaisses ; on met
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avec un pinceau , sur une surface seulement de chacune de ces feuilles, une couche d'une solution concentrée de salpêtre. On met sécher ces feuilles, sur lesquelles on a tracé des traits à l'encre, afin de reconnaître la surface nitrée. On coupe de ce papier préparé des bandes de 108 millimètres de long et de 27 millimètres de large; on roule ces bandes sur la tringle qui a servi à rouler les tubes tournants, en observant que la surface nitrée se trouve en dedans. On colle les bords de ces bandes; on retire un peu la tringle du tube, de manière à ce qu'il y ait à son extrémité un vide de 4 millimètres, que Ton reploie en dedans sur la tringle, afin que qe bout soit culasse ou fermé. On roule sur ce tube une bande de papier d'office sans être nitré, large de 108 à 135 millimètres, de la longueur du tube; mais auparavant on met sur le haut du tube, sur sa surface extérieure et dans une longueur de 4 à 7 millim., un peu de dextrine , afin que le haut de ce tube soit collé à l'enveloppe que l'on roule dessus, et qu'en chargeant ce tube il ne puisse pas se froncer et rentrer en dedans. Lorsque cette enveloppe est bien serrée sur le tube, on colle le bord, on retire la tringle et on met sécher. Ce tube étant court et fortifié par une bande de papier assez • large qui lui sert d'enveloppe, on peut le charger très-ferme sans craindre de le faire fléchir. On
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tient le tube verticalement pose sur une table ou sur du marbre; on introduit la douille de l'entonnoir dans le tube, et on verse une petite quantité de composition , que Ton fait descendre en soulevant le tube et en le laissant retomber. On ôte l'entonnoir, et on met dans le tube une baguette à charger cylindrique en bois dur ; elle ne doit pas entrer trop serrée. On frappe faiblement avec un marteau sur la tête de la baguette, afin de comprimer la composition. Il serait dangereux de frapper trop fort ; les compositions étant au chlorate, il pourrait y avoir détonation. Les baguettes en bois sont beaucoup moins sujettes à produire l'explosion que celles en métal. On retire la baguette; on remet l'entonnoir, et on verse de la même composition une quantité à peu près égale à la première charge, que l'on foule de la même manière. Ces deux charges, toutes comprimées, ne doivent pas s'élever dans le tube à plus de 14 millimètres. On renverse le tube, et on frappe avec la baguette, afin de faire tomber la composition qui aurait pu s'attacher à la paroi de l'intérieur du tube. Cette précaution est très-utile; elle empêche le mélange de deux compositions dont les couleurs sont souvent très-dissemblables , ce qui produirait une flamme vague, sans caractère décidé.
On met de la composition d'une autre couleur,
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que l'on comprime aussi en deux fois , et qui , toute foulée , doit s'élever à i 4 millimètres comme la première couleur. On met successivement cinq couleurs différentes, en procédant de la même manière, ce qui forme une longueur de tube de 68 millimètres. Cette quantité de composition est suffisante et dure au moins aussi longtemps que le tube tournant; on met sur la dernière charge un petit tampon de papier que Ton foule avec la baguette , puis on remplit le restant de la longueur du tube avec de la sciure de bois ou de la terre glaise. Cet excédant de longueur de tube pourrait être supprimé ; il n'est utile que pour rendre la forme de la pastille plus régulière, en formant un cercle entier sur le moyeu sur lequel ce tube est collé. On aplatit ce tube en le passant à la molette , ou, si on n'avait pas de molette, on se servirait d'un gros marteau, en frappant avec la carre ou l'angle; on le courberait au degré convenable en se servant d'une lanière en cuir, comme j'indique de faire pour les tubes tournants; puis on mouillerait le dessus du lube avec une petite éponge, on ratisserait avec un couteau , et on ôterait l'enveloppe.
On commencerait d'abord par rouler le tube tournant, mais auparavant on enduirait sa surface dentelée d'un mélange de gomme et de dextrine ; on poserait, debout sur une table, le disque ou
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moyeu recouvert de carton; on roulerait sur ce moyeu le tube tournant le plus serré possible ; les circonvolutions de ce tube porteraient sur la table et se trouveraient roulées sur le bord d'un des bouts du moyeu. On collerait derrière cette pastille un rond de papier qui la couvrirait entièrement; on lierait avec de la petite ficelle jusqu'à ce que la colle fût sèche. J'ai dit l'utilité de ce rond de papier en parlant des grosses pastilles simples.
On attendrait, pour placer le tube de couleur, que le tube tournant fût sec; puis on mettrait sur le bord du moyeu, sur le bout opposé à celui sur lequel est roulé le tube tournant, une couche épaisse d'un mélange de dextrine et de gomme arabique, et on placerait le tube de couleur, que l'on forcerait à s'appliquer sur le bord de ce moyeu en le serrant avec une longue bande de papier, qui ferait l'office d'un ruban, et qui ferait plusieurs tours. On arrêterait cette bande de papier en mettant un peu de colle à son extrémité.
On observerait que le bout du tube de couleur auquel on doit mettre le feu fut parallèle au bout du tube tournant, afin que la communication se fît plus facilement. Le tube de couleur serait placé le plus possible sur le bord du cylindre en carton qui forme le moyeu , et se trouverait éloigné du tube tournant de 16 à 18 millimètres,
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distance nécessaire pour que la flamme colorée ne brûle pas le tube tournant. Lorsque la colle qui tient le tube de couleur serait sèche , on déroulerait le ruban de papier, et on mettrait au tube tournant et à celui de couleur un brin de mèche au commencement de chacun de ces deux tubes. On courberait l'extrémité de ces mèches, qu'on ferait tenir en repliant le papier de chaque bout de tube ; on lierait avec du fil ces deux brins de mèche, afin de les réunir et que le feu pût prendre en même temps aux deux tubes. L'axe de cette pastille serait toujours une épingle drapière , que Ton fixerait sur une petite planchette dont un bout serait en pointe et arrondie, et qu'on placerait à une hauteur de 1 mètre 324 millimètres à 1 mètre 649 millimètres, comme je l'ai indiqué pour les grosses pastilles simples.
Cette nouvelle méthode a plusieurs avantages sur les anciennes ; d'abord le tube tournant n'est jamais percé par la flamme du tube de couleur, puisqu'il n'est plus en contact avec ce dernier, et qu'il y a entre ces deux tubes une distance qui les met hors de l'atteinte l'un de l'autre; puis la composition du tube de couleur étant très-comprimée, il ne s'en échappe jamais. Il y a aussi une grande économie de composition colorante. Je mets une dissolution de salpêtre sur la surface intérieure du tube parce que j'ai remarqué que
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certaines compositions lentes, lorsqu'elles sont très-comprimées, s'éteignent quelquefois, et que le papier nitré, continuant à brûler jusqu'à la fin, redonne le feu à la couleur qui avait été interrompue.
Sans cette précaution, le tube de couleur pourrait cesser de brûler dès le commencement, et la pastille ne produirait que l'effet d'un petit soleil simple. On n'imprègne dé salpêtre qu'une des surfaces du papier, parce que, si le dessus du tube était aussi nitré, il arriverait que des étincelles échappées du tube tournant s'attacheraientau tube de couleur, le pénétreraient sur plusieurs points à la fois, et ce tube serait consumé en une seconde. Je me sers maintenant de papier un peu plus fort pour charger les compositions colorantes, parce que j'ai trouvé depuis peu des combinaisons assez heureuses. Ces compositions, comprimées dans des tubes en papier un peu moins mince, néanmoins ne s'engorgent pas et produisent des Qammes pures, qui n'ont presque pas de résidu.
J'avais depuis bien longtemps songé à séparer le tube de couleur du tube tournant; j'ai même fait plusieurs essais qui n'ont pas réussi; cela venait de ce que les compositions colorantes, chargées dans des tubes minces, étant peu comprimées; il fallait plusieurs rangs de ces tubes
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superposés les uns sur les autres pour obtenir une durée égale à celle du tube tournant. Il arrivait qu'aussitôt qu'on mettait le feu au tube du rang supérieur, le rang placé dessous était en même temps enflammé. Afin d'éviter cet inconvénient, j'avais essayé de placer entre chaque rang de tube des bandes de carton incombustible par petits morceaux qui se croisaient les uns ' sur les autres, afin qu'ils pussent s'échapper à mesure que le tube de couleur brûlait; mais il arrivait que le résidu de la combustion du tube de couleur soudait ensemble les morceaux de carton ; ils ne tombaient pas, et la couleur placée dessous était masquée et ne produisait pas d'effet. Ce n'est que depuis que j'ai trouvé le moyen de comprimer assez fortement les compositions pour qu'un seul rang de tubes de couleur pût durer autant que tout le tube tournant que ce système est devenu exécutable et même facile; le papier nitré sur une face m'a été aussi trèsutile. Un des avantages du nouveau système, c'est qu'on peut faire des pastilles dahlias avec les tubes tournants du plus petit diamètre, de 4 millimètres , ce qui était impossible avec les anciennes méthodes, parce que, si on faisait les tubes de couleur proportionnés aux tubes tournants, ces tubes étaient trop petits; le résidu les obstruait, et il n'apparaissait qu'une
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flamme terne et décomposée. Si on les faisait d'un plus grand diamètre, ils perçaient presque de suite le tube tournant, et la pastille était consumée sans avoir produit d'effet.
Les tubes de 4 millimètres de diamètre des petites pastilles ayant deux longueurs de tube, peuvent servir, chargés de la manière que j'ai indiquée, c'est-à-dire en les tenant suspendus; mais, afin d'empêcher qu'ils ne se rompent par le mouvement de vibration qu'on leur imprime en les chargeant, on peut les mettre dans un tuyau qui les maintienne et les empêche de fléchir. Un tube en papier fort, roulé sur la tringle de 7 millimètres, sera juste du diamètre convenable et pourrait servir de tuyau ; on fortifierait ce tube en roulant plusieurs bandes de papier dessus. Lorsque ces petits tubes tournants seraient chargés et passés à la molette , on les enduirait de dextrine mêlée de gomme, et on les roulerait sur le long moyeu couvert de carton, comme on a fait pour les gros tubes. Le tube de couleur ne changerait pas de dimension; il doit être de la même grosseur et de la même longueur que pour les tubes tournants de 7 millimètres. On procéderait, pour terminer ces petites pastilles, précisément comme on a fait pour les grosses.
Les pastilles fabriquées par les artificiers ne conviennent pas pour petits soleils dahlia; elles
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n'ont pas dssez de force, et l'auréole qu'elles produisent n'est pas assez fournie. J'ai essayé plusieurs fois de m'en servir, et je n'ai jamais obtenu de résultats satisfaisants.
J'ai dit qu'on pouvait combiner la confection des pastilles de la seconde méthode avec celle du nouveau système ; voilà comment on procéderait. On enduirait de dextrine mêlée de gomme le tube tournant et le tube de couleur fait suivant la seconde méthode , c'est-à-dire chargé alternativement de composition colorante et de sciure de bois. On roulerait ensemble ces deux tubes sur le long moyeu formé par une bande de carton roulé sur un disque en bois. Lorsque ces deux tubes seraient secs, on établirait les communications en perçant, avec un poinçon, un petit trou sur chaque trait marqué à l'encre sur le tube de couleur, et un trou semblable au tube tournant, précisément au-dessus de celui du tube de couleur. On agirait enfin comme je l'ai indiqué pour les pastilles dahlias de la seconde méthode.
On prendrait un tube de couleur du nouveau système, tout prêt à être roulé, et on le collerait sur le second bord du moyeu, en le serrant avec un long ruban de papier, afin qu'il fut bien appliqué sur ce moyeu; lorsqu'il serait sec, on déroulerait le ruban de papier ; on amorcerait cette
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pastille en mettant dans chacun des trois tubes un petit brin de mèche recourbée. On replierait le papier au bout de chaque tube, pour tenir ces mèches; on lierait ensemble, avec du fil, ces brins de mèches , afin que le feu pût prendre en même temps aux trois tubes. Une pastille faite comme je viens de la décrire, confectionnée avec le concours des deux dernières méthodes, est d'une beauté remarquable. Il apparaît ensemble jusqu'à trois cercles de flammes colorées de différentes nuances bien distinctes. Il est vrai qu'il s'échappe de temps en temps, du tube de couleur qui est roulé avec le tube tournant, des flocons de flammes colorées, qui sont lancés au loin par le mouvement de rotation ; mais ces accidents, qui sont des défauts lorsque les pastilles n'ont qu'un seul tube de couleur, deviennent des qualités lorsqu'il y en a deux; car on ne s'aperçoit plus alors des lacunes que laisse la couleur qui s'est échappée, puisque le tube qui est en avant continue toujours à brûler, en offrant la même variété de couleur. Ces flammèches colorées, qui sont projetées quelquefois à une assez grande distance, viennent encore ajouter à la beauté de la pièce.
On peut faire des pastilles à double tube tournant ; il s'agit de donner un peu plus de largeur à la bande de carton qui forme le moyeu (9 mil-
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limètres de plus), afin de pouvoir placer les deux tubes, et qu'il y ait toujours une distance de 18 millimètres entre ces deux tubes et celui produit des flammes colorées. On roulerait ces deux tubes ensemble ; ils se toucheraient et seraient placés à côté l'un de l'autre, et non superposés.
Afin que ces tubes ne pussent pas se dérouler lorsqu'on y mettrait le feu, on collerait un rond de papier sur la surface de celui qui est en arrière, et un rond semblable sur celui qui est en avant.
On ferait un trou au milieu du rond de papier destiné à être collé sur la surface de celui qui est en avant, afin que le moyeu y pût passer.
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Ces pastilles dahlias à doubles tubes tournants ont un mouvement extrêmement rapide, et ils produisent une auréole très-fournie, que la grande vitesse rend aussi plus étendue. On ne mettrait qu'un seul tube de couleur.
Je croyais avoir terminé cet article et n'avoir plus rien à dire sur ce qui concerne les pastilles. J'avais cependant, depuis plusieurs mois, conçu l'espérance d'ajouter encore un nouvel effet à ces petites pièces. Quelques tentatives infructueuses m'avaient fait abandonner momentanément mon projet; je l'ai repris il y a quelques jours, et je viens de réaliser complètement cette idée, qui, je l'avoue, m'avait d'abord paru un peu chimérique. Beaucoup d'essais et de persistance m'ont enfin fait trouver tous les moyens d'exécution. Ce perfectionnement consiste à faire jaillir une pluie de perles enflammées, qui changent successivement de couleur, et dont l'effet se produit simultanément avec les cercles festonnés de couleurs différentes que tracent le petit tube placé sur le devant du moyeu et celui qui se trouve sous le tube tournant. Ainsi , trois effets ont lieu en même temps : il apparaît des cercles festonnés de deux nuances différentes et une pluie de petites flammes d'une troisième couleur. J'ai trouvé le moyen d'ajouter encore à l'éclat de cette pièce en variant les compositions destî-
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nées à enflammer les grains qui produisent cette espèce d'auréole de perles brillantes. La réunion de ces divers effets fait de la pastille dahlia à pluie de perles la pièce la plus variée et la plus jolie qu'on puisse imaginer.
La confection du tube qui lance les perles est très- facile, et n'augmente presque pas le travail qu'exige celui qui, dans le second système, est placé sous le tube tournant.
On opère de la manière suivante.
(Le tube tournant, comme je l'ai déjà dit, doit être le même pour tous les systèmes). On coupe des bandes de papier {celui dit d'office est d'une qualité convenable) ; ces bandes de papier doivent avoir 40 millimètres de largeur. On les roule sur une tringle en cuivre, en fer ou en acier, de 6 millimètres de diamètre (il vaut mieux que ce tube soit un peu plus petit que le tube tournant). On pourrait faire ces tubes de toute la longueur de la feuille de papier, mais ils se chargent mieux par petits bouts de 68 millimètres de longueur. Lorsque la bandé de papier est roulée, on la colle sur le bord dans toute sa longueur; on frotte avec un linge, afin que cette bande soit mieux collée. On retire la tringle un peu en dedans, afin que le tube saillisse en dehors de la tringle d'à peu près 6 ou 7 millimètres ; on rabat cette partie saillante en dedans, ce qui
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culasse ou ferme l'extrémité de ce tube. Avant de retirer la tringle, on roule sur ce tube une seconde bande de papier plus large que la première (on peut lui donner 16 à 18 centimètres de largeur); elle est destinée à fortifier le tube et à l'empêcher de fléchir lorsqu'on le chargera. Il est prudent de mettre un peu de colle sur le haut du tube, afin qu'il adhère à l'enveloppe que l'on roule dessus, et que ce tube, qui n'a pas de consistance, ne puisse pas se froncer et rentrer en dedans lorsqu'on le charge. On retire la tringle du tube et on met sécher.
On procède de la manière suivante pour remplir ces tubes. On commence par y mettre un petit tampon de papier brouillard que l'on foule avec la baguette à charger; on met un peu de composition colorante dans le tube, en se servant d'un entonnoir. On comprime cette composition avec une baguette à charger, en bois dur; on retire l'entonnoir avant d'introduire la baguette à charger, et on frappe modérément sur le bout de cette baguette quatre ou cinq coups avec une petite masse ou un marteau. La charge, pour les compositions les plus vives, toute comprimée, ne doit pas s'élever dans le tube à plus de 9 ou 10 millimètres de hauteur, et, pour les compositions les plus lentes, à S ou 6 millimètres seulement. On remplirait le restant du tube avec des
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grains d'une seule couleur, à peu près de la grosseur du plus petit plomb de chasse, que Ton mélangerait par poids égal avec une des compositions dont les formules se trouvent à la p. 337, n06 51 ou 52. On comprimerait la composition mélangée avec tes grains par petites charges, en frappant faiblement avec le marteau, seulement afin que les grains ne laissent pas trop de vidé dans le tube; on mettrait, après la dernière charge, un petit tampon de papier brouillard qui fermerait entièrement le tube ; puis on courberait ce tube en se servant de la lanière en cuir (il ne faudrait pas aplatir les tubes chargés de grains; la molette écraserait ces grains). Lorsqu'il aurait la courbure convenable pour pouvoir être roulé sur le moyeu, on ôterait l'enveloppe; on écrirait sur ce tube la couleur des grains, celle de la composition en poudre de la première charge, et aussi la sorte de composition avec laquelle sont mélangés les grains. On ôterait avec un poinçon le papier brouillard qui fermait le haut du tube; on mettrait à la place un petit brin de mèche, dont la partie qui porterait sur la composition formerait un crochet; on replierait le papier qui maintiendrait cette mèche, dont l'extrémité qui sort du tube ne doit pas saillir de plus de 4 ou 5 millimètres. On procéderait précisément de la même manière pour charger tous
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les bouts de tubes; ou mettrait dans chaque tube des grains de couleur différente. On enduirait de dextrine ou de gomme la surface dentelée du tube tournant, ainsi qu'une des surfaces des bouts de tubes qui doivent faire partie d'une même pastille; mais» avant de les rouler avec le tube tournant sur le moyeu, on les placerait de manière que les couleurs qui se succéderaient fussent le plus dissemblables possible. Par exemple, le tube auquel on mettrait le feu, et qui brûlerait en même temps que le haut du tube tournant, lancerait des grains bleus; la fin de ce bout de tube produirait une flamme rouge. Le commencement du deuxième bout de tube lancerait des grains verts; la fin de ce deuxième bout de tube donnerait une flamme violette. Le commencement du troisième bout de tube projetterait des grains jaunes; la fin de ce troisième bout de tube produirait une flamme bleue. Le commencement du quatrième tube lancerait des grains rouges; la fin de ce tube produirait une flamme verte. Le commencement du cinquième tube lancerait des grains violets ; la fin de ce tube tracerait un cercle de flamme jaune, etc.
On assortirait les couleurs de tous les tubes d'après les exemples ci-dessus. Comme on peut le remarquer, la fin du premier tube, donnant une flamme colorée qui brûle lentement, produit son
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effet en même temps que le commencement du deuxième tube, qui lance des perles, etc.
Lorsque les couleurs sont assorties, les bouts de tube placés dans Tordre qui convient et enduits sur une surface, ainsi que le tube tournant, de dextrine ou d'un mélange de gomme et de dextrine, on les roule ensemble avec le tul>e tournant sur le moyeu , comme j'indique de le faire pour la seconde méthode.
Il n'est rien changé à l'égard du petit tube produisant des flammes colorées, qui est isolé et collé sur l'autre extrémité du moyeu. On ferait communiquer ce tube comme je l'ai indiqué, et il produirait son effet simultanément avec le tube qui donne l'impulsion et celui qui lance les perles.
On assujettirait les tubes, afin qu'ils ne se déroulassent pas, en faisant chauffer de la cire à cacheter à la flamme d'une chandelle; on mettrait de cette cire à l'extrémité des deux tubes qui forment le commencement de la pastille. Les tubes contenant les grains seraient placés sous le tube tournant. Lorsque ces tubes seraient parfaitement secs , on percerait avec un poinçon , sous le tube tournant, vis-à-vis les mèches qui sont à une des •extrémités de chaque bout de tube, des trous qui ne traverseraient pas l'épaisseur du tube , mais qui pénétreraient seulement jusqu'à la moitié de son diamètre et communiqueraient le feu aux
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mèches. On collerait sur chaque trou un petite bande de papier qui couvrirait en même temps la mèche et empêcherait que le feu y prit intempestivement. On collerait derrière la pastille un rond de papier mince, qui couvrirait entièrement toute sa surface et empêcherait, lorsqu'on la brûlerait, qu'elle ne se déroulât.
J'ai deux motifs pour donner peu de longueur aux tubes qui contiennent les grains. Le premier, c'est que des tubes courts se chargent beaucoup plus facilement. Quoiqu'il ne soit pas nécessaire que la composition soit très-comprimée, il est essentiel cependant qu'il n'y ait pas beaucoup de vide entre les grains, afin qu'ils ne soient pas consumés trop promptement. Dans de longs tubes, il y aurait des portions très-comprimées et d'autres parties qui seraient presque vides. Le second motif, c'est qu'il serait impossible de faire coïncider la durée des tubes chargés de grains avec celle des tubes tournants , et si, par exemple, le tube chargé de grains brûlait plus vite qne le tube tournant, ce dernier, n'ayant plus de point d'appui, pendrait et n'aurait plus la force d'imprimer le mouvement ; au lieu qu'étant par bouts, si ces tubes chargés de grains brûlaient plus vite que le tube tournant, la différence de durée sur une aussi petite longueur ne serait pas remarquable et n'affaiblirait pas l'énergie de la rotation. L'équilibre
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se rétablirait d'ailleurs promptement, puisqu'il y a un temps d'arrêt lorsque l'un des bouts chargés de grains termine son effet, et que c'est le tube tournant qui donne le feu au bout du tube qui est placé à la suite de celui qui vient de finir, etc.
Je me sers aussi , pour charger ces bouts de tubes contenant des grains, d'un procédé qui est plus prompt.
On donne la même largeur et la même longueur aux bandes de papier que Ton roule sur la tringle en acier ; on colle les bords, on frotte avec un linge, on retire la tringle du tube , et on met sécher. Lorsque ces tubes minces sont secs, on lie une des extrémités avec du gros fil ; on introduit l'entonnoir, et on charge en tenant le tube suspendu, et en mettant de la composition mêlée avec moitié grains très-peu à la fois. On se sert d'abord , pour comprimer la composition, d'une tringle en bois dur, dont le diamètre ne doit être que du tiers de celui du tube; on charge sans frapper, en appuyant assez ferme et en tournant souvent la tringle, sans la lever à plus de 5 ou 6 millimètres de hauteur. Cette petite tringle enfonce les grains et chasse l'air qui se trouve entre eux. On retire la petite tringle , et on comprime avec une tringle plus grosse, afin d'unir cette première charge. On met une seconde charge de la même manière; on comprime avec la petite trio*
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gle ; on unît avec la plus grosse. On agît de même jusqu'à ce que le tube soit rempli. On ne 1 aplatit pas avec la molette; on le courbe avec précaution, en se servant de la lanière de cuir. Les bouts de tube produisant des perles, chargés par cette méthode, ne sont pas très-durs; mais ils n'ont pas de vides , puisqu'on peut , en les tâtant , s'en assurer à chaque charge et corriger ce défaut en prolongeant la compression. La composition n'étant pas vive , ils ont une durée suffisante; l'essentiel était d'empêcher qu'ils ne fissent explosion. On met, à l'extrémité du tube par laquelle on a fini de charger, un petit brin de mèche que Ton assujettit en repliant le papier; on agit enfin précisément comme j'indique de le faire pour les bouts de tubes fortifiés.
On choisira entre ces deux procédés ; ils sont bons l'un et l'autre. La méthode de fortifier les tubes est cependant préférable; les bouts de tubes durent plus longtemps et ont une combustion moins saccadée.
Les compositions qu'on mélange avec les grains, et qui servent à les enflammer , ajoutent plus ou moins à l'effet que produisent ces grains. Il y en a dont l'effet est merveilleux, et qui seules, sans les grains, sont magnifiques.
J'ai traité peut-être un peu minutieusement l'article pastille; mais ces petits artifices sont as*
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sez difficiles a bien faire, et j'ai voulu donner tous les renseignements que je crois utiles pour qu'on puisse les confectionner avec précision et la certitude de réussir. 11 me serait difficile d'ailleurs de regretter d'avoir consacré un long article à la description des pastilles, car j'avoue que c'est ma pièce de prédilection; elle résume à elle seule, suivant moi, tout ce qu'il y a de joli en artifice, particulièrement les dahlias. Rien n'est plus gracieux que cette petite pièce; ses effets ne sont jamais les mêmes ; eHe est tellement variée qu'on ne saurait se lasser d'en voir. Les artifices faits avec le concours de la seconde et de la troisième méthode, ayant deux tubes de couleur, sont sujets à quelques petits accidents; mais, lorsqu'ils réussissent, ils produisent un très-bel effet.
Mais les pastilles que je recommande particulièrement sont les dahlias à pluie de perles ; c'est le petit artifice le plus varié et le plus beau qu'on ait jamais fait.
On peut faire des dahlias à pluie de perles ayant double impulsion , en mettant deux tubes tournants, comme je l'indique plus haut. Il faut que les bouts de tubes qui lancent les grains soient précisément de la même longueur, et que les deux qui sont à côté l'un de l'autre soient chargés en grains de la même couleur. Ces bouts de tube vont deux pa r deux et doi vent être au même n i veau, afin
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de commencer et de finir ensemble. On percerait les trous de communication sur les deux tubes tournants et sur les deux surfaces de la pastille. On collerait des petites bandes de papier qui couvriraient chaque trou et chaque mèche. On collerait, en outre, sur chaque surface de la pastille, un rond de papier mince qui l'empêcherait de se dérouler lorsqu'on la brûlerait.
Ces pastilles à doubles tournants et à doubles rangs de bouts de tubes chargés en grains produisent une auréole de perles très-fournie, et les perles sont lancées beaucoup plus loin par la grande vitesse de mouvement qu'impriment les deux tubes tournants qui brûlent à la fois.
Pastilles à pluie de perles, dont les grains se chargent dans le tube tournant.
Il y a plusieurs années que j'ai abandonné la méthode de charger dans un tube à part les compositions mélangées avec les grains et destinées à produire une pluie de perles.
Je me suis assuré que les grains mélangés par partie égale avec les compositions qui impriment le mouvement aux petits soleils tournants avaient une puissance suffisante pour faire tourner assez vivement les pastilles. Seulement il faut charger
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avec précaution , afin qu'il ne se trouve pas <le vide entre les grains, ce qui occasionnerait la détonation. Les tubes doivent avoir la même longueur que celle des tubes des grosses pastilles ordinaires. On donne aux bandes de papier la moitié moins de largeur qu'on ne le fait ordinairement; on roule cette bande étroite sur la baguette à rouler dont on se sert pour les autres grosses pastilles, et afin que ce tube, qui n'est pas très-épais, puisse sortir facilement de dessus la baguette à rouler , on saupoudrerait la bande de papier sur toute sa surface avec de la craie deBriançon (dite talc de Venise).
On frotterait avec la main , afin que le papier s'en imprègne. Lorsqu'on serait parvenu à ôter le tube de dessus la baguette (ce qui n'est pas toujours très-facile), on mettrait un petit tampon de papier de soie à un des bouts du tube, afin de le fermer provisoirement, puis on emplirait ce tube avec du mica (poudre d'or fine, dont on se sert pour mettre sur le papier lorsque l'encre n'est pas encore sèche). Je me sers de mica parce que cette matière est très-fugace et que les tubes s'emplissent promptement.
Il s'agit maintenant de percer, sur toute la longueur du tube, un rang de petits trous trèsrapprochés, à 2 millimètres de distance les uns des autres. On se servirait pour cela de trois ai-
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guilles extrêmement fines, qu'on placerait sur une petite planchette mince, sur laquelle on pratiquerait trois petites rainures distantes entre elles de 2 millimètres. On placerait chaque aiguille dans une rainure, en laissant saillir de la planchette les pointes de ces aiguilles d'à peu près 3 millimètres; on assujettirait ces aiguilles, afin qu'elles ne se dérangeassent pas, en faisant fondre de la cire à cacheter dont on couvrirait toute la surface de la petite planchette. On percerait, avec ces trois aiguilles, un rang de petits trous sur toute la longueur du tube. On ôterait le mica qui remplissait le tube, ainsi que le petit tampon qui fermait un des bouts, et on soufflerait dans le tube, afin de faire sortir la poussière qui aurait pu s'attacher à la paroi du tube. On remettrait un petit tampon de papier de soie dans un bout du tube ; on rentrerait en dedans un peu de papier du tube , et on le fermerait en frappant trois ou quatre coups avec la tringle a charger. On aurait un tube en carton qui devrait avoir assez de consistance, et qui serait de 2 ou 3 centimètres moins long que le tube en papier. Ce tube en carton doit avoir un diamètre qui permette au tube en papier d'y entrer assez librement, sans cependant qu'il y ait trop de jeu. On place le tube en papier dans le tube en carton , et on charge, avec une tringle carrée en acier, un peu
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moins grosse que la douille de l'entonnoir, qui doit entrer dans le tube.
On peut beaucoup varier les compositions avec lesquelles on charge le tube; par exemple, on pourrait mettre du rayonnant à la limaille d'étain une quantité qui s'élèverait dans le tube à la hauteur de 3 centimètres ; des grains bleus mélangés par parties égales avec du poussier de tonneau, qui s'élèveraient également à la hauteur de 3 centimètres; de la composition à petites étincelles brillantes (dont je donne la formule au chapitre des Compositions), toujours à la hauteur de 3 centimètres, avec moitié grains rouges et moitié poussier de tonneau, la hauteur de 3 centimètres , avec de la composition à grosses étincelles au nitrate de plomb (on en trouvera la formule au chapitre des Compositions), également la hauteur de 3 centimètres ; avec moitié grains verts et moitié poussier, à la hauteur de 3 centimètres; avec du rayonnant à la limaille d'étain, a la hauteur de 3 centimètres ; avec parties égales de grains violets et de poussier de tonneau, 3 centimètres de hauteur; avec la composition au nitrate de plomb à grosses et petites étincelles, dont la formule est au chapitre des Compositions. On pourrait répéter ces différentes compositions jusqu'à ce que le tube fût rempli. On tacherait que la fin du tube fût rempli avec de la composition
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au nitrate de plomb, petites et grosses étincelles, cette composition produisant un effet très-remarquable.
Pour charger, on procède de la manière suivante : on place le tube mince dans celui en carton, afin qu'en comprimant la composition avec la tringle carrée le tube ne fléchisse pas et se maintienne droit sans risquer de se rompre. On verse dans le tube une petite quantité de composition qui, toute comprimée , ne doit sélever qu'à la hauteur au plus d'un diamètre du tube. On introduit la tringle carrée dans le tube ; on appuie passablement en frappant trois ou quatre coups, sans lever la tringle de plus de 3 ou 4 millimètres. La compression, quoique modérée, est suffisante, parce que l'air, au fur et à mesure que l'on charge, s'échappe par les petits trous. On retire la tringle, et on met dans le tube de la composition en quantité égale a celle qu'on avait mise la première fois. On remet la tringle dans le tube ; on appuie et on comprime cette seconde charge comme on a fait pour la première. On procède de la même manière pour toutes les charges jusqu'à ce que le tube soit entièrement rempli. On met dans le tube un petit tampon de papier de soie qu'on foule afin que la composition ne puisse pas s'échapper. On retire le tube en papier de celui en carton.
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On place le tube en papier sur une table unie. On met sur les trous une couche légère de colle de dextrine très-épaisse ou de gomme arabique, afin que la composition ne puisse pas s'échapper lorsqu'on roulera le tube. On coupe une bande de papier précisément de la même largeur et de la même longueur que celle avec laquelle on a fait le tube; on pose sur cette bande le tube, qui fait les fonctions de la baguette à rouler. On roule, le plus serré qu'il est possible, cette seconde bande sur le tube, ce qui complète l'épaisseur qu'il doit avoir, et on colle le bord. Si le tube contenait des grains , on ne le passerait pas a la molette, dans la crainte de les écraser; seulement, on appuierait avec un rouleau sur toute la longueur du tube, afin de former un faible méplat qui guiderait pour courber le tube droit. On a deux lanières en cuir assez épais sans être trop dur, larges trois fois autant que le tube; on ptace ces lanières l'une dessus et l'autre dessous le tube ; le méplat doit être dessous. On courbe le tube avec précaution , en tenant serrés avec les deux pouces les lanières et le tube. On placerait les deux poings entre les genoux, ce qui doublerait au moins la force. La pression des genoux produit beaucoup plus d'effet qu'on ne pourrait le penser. Lorsque le tube est courbé sur toute sa longueur, on le roule sur le moyeu , qui peut être plus ou
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moins gros; ceux dont je me sers ont 3 centimètres 5 millimètres de diamètre, et une longueur précisément la même, c'est-à-dire également 3 centimètres 5 millimètres. Je roule les tubes sur le moyeu sans les enduire de colle (j'en dirai la raison plus tard); mais en les roulant à sec il arrive souvent que les premiers rangs des tubes roulés sur le moyeu s'échappent; il faut alors recommencer, et on parvient rarement à rouler le tube entièrement sans que cet accident arrive. On obvie à cet inconvénient en ayant de l'eau dans une soucoupe , et en frottant avec le doigt humecté toute la surface du dessous du tube; le tube alors se roule facilement et se maintient appliqué sur le moyeu. On assujettit le tube, afin qu'il ne se déroule pas , en faisant chauffer de la cire à cacheter à la flamme d'une chandelle, et en en mettant un peu au commencement du tube. On laisse refroidir la cire, et on ôte le moyeu. On coupe des petites bandes de papier de & millimètres de large et d'une longueur qui permette de faire un tour et demi sur les deux surfaces de la pastille. On enduirait de colle de dextrine les petites bandes de papier, et on les collerait en passant ces bandes par le vide qu'a laissé le moyeu.
Pour bien maintenir la pastille, il faut douze ou seize bandes de papier que l'on colle et que
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l'un t'ait appliquer en appuyant avec un linge suites deux surfaces de la pastille, chaque fois que Ton met une nouvelle bande. La raison pour laquelle je n'enduis pas de colle le dessous du tube de la pastille, c'est que, lorsqu'un rang du tube est adhérent sur un autre rang du tube, l'action du feu du tube qui est dessus peut percer le tube qui est dessous et produire un contre-sens, au lieu que, lorsque les rangs du tube ne sont pas collés les uns sur les autres, le tube, étant chargé un peu ferme, est élastique; le bout qui n'est assujetti que par une petite bande de papier se trouve élevé de quelques millimètres, et la llamme n'agit pas aussi directement sur le rang de tubes qui est au-dessous. Lorsque le feu arrive à la bande de papier qui maintient les deux rangs de tubes unis, la bande est promptement consumée, le tube se relève et cesse d'être appliqué sur le second rang de tube, etc.
On place la pastille a plat sur une table unie; on entre le moyeu dans le vide qui est au centre de la pastille, après avoir enduit de dextrine le vide et la partie du moyeu qui doit entrer dedans. Il faut que le moyeu entre un peu serré dans le vide qui est au centre de la pastille; s'il entrait trop librement, il faudrait grossir le moyeu avec des bandes de papier qu'on enduirait de dextrine.
On ôte le petit tampon de papier qui fermait le tube ; on y met une mèche dont le petit bout qui entre dans le tube doit être courbé, et on replie le papier en dedans, en se servant d'une pointe quelconque, afin que la mèche soit maintenue et ne puisse pas sortir du tube. Dans cet état la pastille simple est terminée.
Si on voulait qu'elle décrivît un cercle en feu coloré qui changerait plusieurs fois de couleur, on procéderait de la manière suivante : on couperait une bande de papier de 8 centimètres de long et de & centimètres de large ; on roulerait cette bande sur la baguette à rouler dont on s?est servi pour faire le tube tournant de la pastille. On collerait le bord ; on roulerait sur cette bande une seconde bande de papier large de 16 centimètres et d'une longueur de 4 centimètres 5 millimètres seulement. Cette bande, comme on voit, ne couvre pas entièrement le tube ; elle laisse à chaque bout du tube à peu près 2 centimètres qui ne sont pas fortifiés. Le papier roulé au milieu du tube est destiné à l'empêcher de fléchir en chargeant , et aussi à l'empêcher do se rompre lorsqu'on le courbera. On plie un des bouts du tube, qu'on rabat sur la partie fortifiée et qui doit s'appliquer dessus. On a des compositions produisant différentes couleurs. On tient le tube verticalement, et on met, par exemple.
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de la composition jaune, qui doit s'élever toute comprimée dans le tube à la hauteur de 1 centimètre. On comprime avec une baguette en bois, en frappant dessus , avec un marteau, quatre ou cinq coups modérés ; on frappe avec la baguette à charger sur le tube, en dehors, afin de foire tomber la composition qui aurait pu s'attacher à la paroi du tube, et on renverse le tube pour que la composition qui n'est pas comprimée ne reste pas dans le tube ; ce qui tomberait serait mis sur la composition jaune que Ton vient de charger. On mettrait ensuite de la composition bleue , en quantité égale à celle qu'on a mise précédemment ; on la comprimerait de même en frappant quatre ou cinq coups de marteau sur la baguette a charger. On ferait également tomber ce qui aurait pu s'attacher à la paroi du tube ; puis on mettrait de la composition rouge, toujours en quantité égale. A la dernière mise, on ferait tomber également ce qui se serait attaché à l'intérieur du tube; on mettrait ensuite du vert, aussi en même quantité. On mettrait du violet , qui serait la dernière composition , et le tube devrait être a peu près plein. On procéderait pour ces deux couleurs comme on a fait pour les autres; on fermerait le tube en mettant un petit tampon de papier de soie qu'on refoulerait avec la baguette, en frappant plusieurs coups de marteau.
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On aplatit ce tube en passant un rouleau dessus et en appuyant assez ferme. On courbe ce petit tube en se servant des deux lanières.
Je n^e sers de deux lanières parce qu'avec une seule j'ai remarqué que souvent l'effort que l'on fait pour courber est surabondant ; le tube cède trop vite et se rompt, au lieu que la seconde lanière maintient le tube et l'empêche de fléchir trop brusquement. On été l'enveloppe qui fortifiait ce tube. On a un disque en carton de 3 millimètres d'épaisseur, de 5 centimètres 5 millimètres de diamètre, qui doit être percé au centre d'un trou de 2 centimètres de diamètre. Ce disque est destiné à être collé sur le devant du moyeu ; il sert à faire décrire un plus grand cercle à la flamme que produit le petit tube.
Autrefois je plaçais ce petit tube sur le moyeu,* mais la flamme était petite et paraissait mesquine en comparaison de l'auréole que produisait le tube tournant. J'en ai augmenté l'effet au moyen de ce disque en carton. J'enduis de dextrine épaisse le petit tube, et aussi à peu près la moitié de la circonférence du disque (sur son épaisseur) ; je pose le tube sur la partie du disque enduite de dextrine, et je fais appliquer ce tube avec un ruban de fil de 1 centimètre de largeur. On fait faire deux ou trois tours avec ce ruban sur toute la circonférence du disque, en serrant le
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plus possible. On le maintient dans cette position en attachant le ruban avec une petite épingle. On met sécher. Lorsque la colle est sèche, on ôte le ruban et on colle le disque en carton sur une des surfaces d'un bout du moyeu. On se sert de colleforte chaude et un peu épaisse. On tacherait de placer ce disque au milieu, c'est-à-dire que le petit trou qui est au milieu du moyeu , et dans lequel doit entrer Taxe, doit se trouver le plus possible au centre du disque en carton. On peut à la rigueur se dispenser d'employer la colle-forte pour fixer le disque sur le moyeu ; on collerait avec de la dextrine, sur toute la longueur du moyeu, quatre bandes de papier qui auraient un excédant de longueur de 1 centimètre; on enduirait également le moyeu et la partie du carton qui doit poser dessus avec de la dextrine épaisse; on placerait ce disque le plus droit possible, en appuyant fortement ; puis on rabattrait derrière le carton l'excédant de longueur des bandes de papier collées sur la longueur du moyeu. Cet excédant se collerait sur le carton et maintiendrait suffisamment le disque appliqué sur le moyeu. L'orifice du petit tube qui est collé sur l'épaisseur du carton doit toujours être placée de la même manière que l'orifice du tube tournant; par exemple, de gauche à droite. Si le petit tube était placé dans un sens opposé, l'impulsion qu'il recevrait
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du tube tournant pousserait la flamme sur le petit tube, qui serait consumé en quelques secondes. Les flammes des tubes tournants ou des feux colorés doivent toujours aller ensemble dans le même sens, c'est-à-dire reculer en arrière.
Le petit tube avait à un des bouts un excédant de longueur qu'on avait replié sur le tube, afin qu'en le remplissant la composition ne pût pas sortir du tube. On ouvrirait ce bout du tube, et on y mettrait une mèche qu'on entrerait dans un petit conduit. On laisserait saillir la mèche entrée dans le conduit de 5 à 6 millimètres; on courberait cet excédant de mèche, afin qu'elle ne pût pas sortir du conduit. On entrerait le conduit, au bout duquel est la mèche coudée , dans la partie vide du tube; on s'assurerait qu'elle porte bien sur la composition; puis on lierait assez ferme avec du fil , afin que le conduit ne puisse pas sortir du tube. On dirigerait le conduit, au bout duquel il devrait y avoir une longueur de mèche à découvert d'à peu près 4 centimètres du côté de la mèche du tube tournant; on réunirait ces deux bouts de mèche en les liant avec du fil. C'est à ces deux bouts de mèche réunis qu'on mettrait le feu. Pour tirer la pastille, on la placerait au moins à 3 mètres de hauteur. 11 ne faudrait pas qu'elle lût trop près d'une planche , d'un mur ou d'une surface quelconque; la flamme de la pas-
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I) ARTIFICE. H&li
tille serait renvoyée sur elle-même, et elle serait consumée en moins d'une minute. Un bout de bois fixé sur un poteau ou sur un mur, de la grosseur à peu près du moyen, qui serait en saillie de 7 à 8 centimètres, et dont le bout serait arrondi, serait convenable. On entrerait (après avoir fait un petit trou avec une vrille) l'axe de la pastille au milieu du bout arrondi ; on l'assujettirait solidement en frappant sur Taxe, avec un marteau, plusieurs coups assez fermes. Cette sorte de pastille est variée et produit un très-joli effet. On peut cependant la rendre encore plus belle en la faisant à double impulsion, c'est-à-dire en mettant deux tubes tournants qui brûleraient en même temps. On roulerait ces tubes l'un sur l'autre, en les étageant de manière que les deux bouts des tubes, lorsque la pastille serait roulée, seraient éloignés l'un de l'autre de la moitié de la circonférence de la pastille. Avant de rouler les deux tubes, on humecterait, en frottant avec le doigt qu'on tremperait dans de l'eau, le dessous de chaque tube dans toute sa longueur. Ces tubes doivent être chargés parallèlement, c'est-àdire que, si on met dans un premier tube une composition qui s'élève , lorsqu'elle est comprimée, à une hauteur de 4 centimètres, il faut mettre dans le second tube la même composition et précisément la même quantité qu'on avait mise
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dans le premier tube. Il faut tâcher que la compression soit aussi la même, afin que la combustion de la composition dans les deux tubes produise absolument le même effet et ait une durée semblable. On agirait de même pour toutes les compositions destinées à emplir les deux tubes.
Il serait prudent, afin d'arriver plus juste, de peser chaque composition, qu'on mettrait séparément dans un morceau de papier qu'on numéroterait. Supposé, par exemple, qu'on eût dix compositions différentes ; on mettrait, sur le papier de la composition qu'on se proposerait de charger la première, n° 1. On mettrait encore la même composition sur un autre papier, qu'on numéroterait de même n° 1, puisqu'il faut que les deux tubes soient chargés de la même manière et avec la même composition. On agirait de même pour toutes les compositions ; chaque composition aurait par conséquent deux numéros semblables.
Comme on voit, les deux tubes doivent brûler simultanément et produire un effet semblable dans la longueur de 4 centimètres, et toujours brûler en même temps et produire le même effet pendant toute la durée de la composition d'une seconde longueur de. 4 centimètres, et ainsi de suite, jusqu'à ce que les deux tubes soient consumés. Lorsqu'on roule la pastille,
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il faut maintenir serrés les deux tubes, afin qu'ils ne se dérangent pas. Lorsque le bout du premier tube arrive sur le second tube, on le maintient à cette place en y mettant un peu de cire à cacheter. On achève de rouler le second tube, qu'on assujettit également avec de la cire à cacheter.
On procède, pour l'achèvement de la pastille à deux tubes, précisément comme on a fait pour celle à un seul tube. La communication est cependant un peu plus compliquée. Avec un poinçon , on ouvre l'orifice d'un des tubes; on ôte le papier de soie qui fermait ce tube. On prend un petit tube en papier pour servir de conduit; il doit avoir à peu près 3 millimètres de diamètre, et de longueur la moitié de la distance ou intervalle qu'il y a entre les deux bouts du tube. On entre dans ce conduit un brin de mèche d'une grosseur moyenne, d'une longueur double de celle du conduit; on laisse dépasser la mèche, à un bout du conduit, de 7 à 8 millimètres ; on courbe cet excédant de mèche, afin que la mèche ne puisse pas sortir du conduit; puis on entre le conduit, auquel on doit faire aussi un petit crochet, dans le tube. On s'assure que la mèche porte bien sur la composition. On prend une tige en fer, pas excessivement pointue; on replie en dedans la partie vide du tube , que l'on foule le plus possible sur le bout de conduit qui est entré dedans. On
ploie ce conduit à l'orifice du tube, en prenant garde que cette pliure ne fasse sortir le conduit du tube. On le pose sur le dessus du tube , et on le maintient appliqué sur le tube, en collant de petites bandes de papier enduites de dextrine , que Ton pose dans une longueur de 4 centimètres sur chaque surface de la pastille. Ces bandes doivent être collées sur celles qui servent à maintenir les deux tubes et qui empêchent la pastille de se dérouler. On ouvre l'orifice du second tube; on ôte le petit tampon de papier de soie qui le fermait; on prend un conduit d'une longueur à peu près pareille à celle du conduit qu'on avait fait entrer dans le premier tube ; on entre dans ce conduit une mèche d'une longueur égale à celle qu'on avait mise dans le premier conduit; on laisse dépasser la mèche, d'un bout, de 7 ou 8 millimètres. On courbe cet excédant, qu'on rabat sur le conduit; puis on courbe le petit bout du conduit, que l'on entre dans le tube. On s'assure que le conduit et la mèche portent bien sur la composition. On rentre avec une tige en fer le papier de la partie vide du tube, en appuyant fortement. On dirige ce conduit sur le second rang du tube, jusqu'à ce qu'on rencontre le conduit qui est déjà collé sur le tube. Si le conduit avait un excédant de longueur, on le couperait avec précaution, afin de ne pas couper la mèche. On assujet-
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l> ARTIFICE. S39
tirait ce conduit comme on a fait pour le premier, c'est-à-dire en collant des bandes de papier sur les deux surfaces de la pastille. On dirigerait la mèche du conduit entré dans le tube qui contient les compositions destinées à produire des feux colorés. Du côté des deux mèches des tubes tournants, on réunirait ces trois mèches en les liant avec du fil. Si ces mèches avaient une longueur de plus de 5 centimètres, on en couperait. C'est à ces trois mèches réunies qu'on mettrait le feu. On tirerait cette pastille à double impulsion comme j'indique de le faire pour la pastille à un seul tube.
On pourrait faire des pastilles à quatre ou cinq tubes, mais elles ne produiraient pas un effet proportionné au temps qu'on emploierait a les confectionner. Je conseille de s'en tenir aux pastilles a deux tubes ; elles produisent un effet charmant, qui a surpris et excité l'admiration de beaucoup d'amateurs.