‹ Nouvelles recherches sur les maladies chroniques, et principalement sur les affections organiques et les maladies héréditairesChapitre 12 sur 36 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Maladies chroniques des Viscères

abdominaux ,

Il semble, au premier coup-d’œil, que Ton ne doit point faire un ordre particulier des maladies clironic[ues des viscères abdominaux , et qu’elles n’exigent pas plus d’être réunies en un seul chapitre que les affections qui attaquent l’organe pulmonaire , ceux de la circulation , ou C|ui ont leur siège dans la tête. Cette marche paraît se rapprocher des méthodes descriptives ou l’on 'passe successivement en revue toutes' les maladies internes des grandes cavités , cpiels que soient les rapports du ressemblances qu’elles ont entre elles ; tandis que dans une méthode ou. l’on' cherche à classer les maladies chroniques suivant les analogies ou les différences qu’elles ont avec les aiguës , suivant leur nature particulière sur laquelle doit être basée la méthode curative, on devrait renoncer à faire un ordre de maladies d’après le siège dans telle ou telle cavité.

Ces objections, toute spécieuses qu’elles sont, tomberont , si on fait attention que les viscères de l’abdomen sont sujets à une foule de maladies qui ne tiennent à aucun des caractères de celles dont il a été c|uestlon jusqu’à présent , ou dont nous parlerons dans les chapitres qui vont sui-

SÜR LEâ maladies fJîKo^lQ'UËâ. gg

vre| que les maladies chroniques de la tête, et qui sont Fapanag^e de Fenfance, dépendent ordinairement d’une lésion des systèmes lymphatique et nerveux ; et que ces ordres de maladies nous occuperont bientôt; que des maladies du poumon et des organes de la circulation , dont les jeunes-gens sont les victimes, les unes font partie des maladies aiguës, parce que les systèmes artériel et pulmonaire sont d’ordinaire le siège des affections vives ; et les autres, qui sont chroniques, formeront des chapitres particuliers; tandis que, au contraire , les affections des viscères abdominaux font une classe particulière, qui ne peut figurei ni parmi les affections lymphatiques ou nerveuses , ni parmi les phlegmasies , ni avec les autres espèces de maladies lentes* D’après cela on sera convaincu que ces maladies doivent être réunies dans un chapitre particulier.

Il y a beaucoup d’affections chroniques affectant les viscères de Fabdomen , qui deviennent la source des obstructions abdominales (i) , et qui exigent une place dans un cadre nosologique. Ces maladies attaquent principalement la virilité et le déclin de l’âge dans l’un et l’autre sexe. La raison en est que les mouvemens naturels et

(i) Kæmp. { Enchiricl. med. prœmium) j inti causas s œpe occultas y infarctus viscerum ahdoniinis potissimum nume-* randiy qui crebius quant 'vulgo crediiur mihi quotidie ohOe^ niunt et de quihus in curaüone morhorum chronicorum et aciitorum semper cogitandum.

RECtlERCSE&

fluxionnaires se portent dans cette caTÎté par le seul effet de Fâge , et que chez les femmes il survient une suppression naturelle dans le flux périodique, qui devient Tune des causes les plus fréquentes des engorgemens des viscères de labdomen , malgré que le reflux du sang et la déviation des ' mouvemens fluxionnaires puissent être également la source d^autres engorgemens dans les viscères des autres cavités.

La même pléthore qui fatigue les femmes à cette époque de la vie s’établit aussi à l’âge de cinquante ans chez les hommes; il en résulte une difficulté dans la circulation du sang dans là veine porte, que Stahl appelait avec tant de raison porta malorum , qui est la source d’une infinité de maladies chroniques chez les hommes.

Comme toutes les affections lentes qui résultent de cet état pléthorique et des mouvemens fluxionnaires dirigés dans la cavité abdominale sont des maladies dont l’abondance du sang est la principale cause, et qui exigent un traitement qui offre beaucoup d’analogie avec celui qui convient aux phlegmasies ; et comme, d’un autre côté , c.es maladies n’ont rien d’essentiellement inflammatoire , elles forment un ordre qui doit être séparé des phlegmasies, mais un ordre qui doit marcher à leur suite.

Les maladies qui nous occupent ne montrent point les mêmes rapports avec les affections aiguës que les maladies précédentes. À part cette disposition inflammatoire provenant des engorgemens et

Süa LES MALilDIES CHRONIQUES. 10 ï

stases sanguines, elles offrent tous les caractères des affections les plus chroniques. Ces maladies se forment peu à peu; leur marche est lente ; elles sont la suite ordinaire de l’âge , des causes et des choses dites non-naturelles ; le defaut d’exercice les favorise; elles se développent aussi par l’usage des alimens trop substantiels. Tous les levains morbifiques qui étaient assoupis depuis long-temps s’éveillent à l’âge de retour, et, secondés parles causes dont nous venons de parler, ils deviennent la source des maux chroniques en question^ de dégénérations organiques, et d’une foule d’autres maux plus ou moins graves.

Suivant que le reflux du sang a lieu vers tel ou tel viscère , la maladie offre une forme différente. Si l’estomac éprouve ce reflux , il se manifeste des gastrodynies , un dérangement dans les digestions , un gonflement à l’épigastre , des vomissemens plus ou moins fréquens qui sont suivis quelquefois de l’hématémèse ou de la maladie noire.

Si le foie est l’organe, comme il arrive fréquemment, qui reçoit la décharge, on voit se former des engorgemens dans ce viscère, les fonctions digestives languissent, il se manifeste l’ictère, des squlrrhosités ou des tumeurs d’une autre nature. Lorsque la rate devient l’organe souffrant , il en résulte tous les symptômes que les anciens faisaient dépendre de l’atrabile, et qui ne sont que l’effet du refoulement du sang veineux abdominal dans ee viscère.

BECHEKCÎÏES

Cest à Fâge de cinquante ans que se développent également chez les femmes une foule de maladies dont elles avaient déjà été atteintes avant l’éruption des mois ^ et qui se renouvellent par l’effet de cette suppression ; tels sont les engorgemens fibreux ou squirrheux de la matrice ^ de ' l’ovaire ou du sein , laménorrhagle, la leucorrhée. Beaucoup de maladies des autres viscères se manifestent encore. Heureux l’un et l’autre sexe si à cette époque de la vie iis en sont quittes pour une pléthore de sucs graisseux, et si l’embonpoint qui se développe à cet âge met à l’abri d’une maladie plus ou moins grave!

Les maladies sympathiques qui se déclarent à cette époque sont l’épilepsie , comme l’avait observé Hippocrate, et d’autres maladies du cerveau. Les effets sympathiques se propageant à la poitrine , il en résulte des maladies plus ou moins fâcheuses , qui dérivent de la même source cjue celles qui attaquent les viscères abdominaux. Toutes ces affections doivent être combattues avec les mêmes moyens , et doivent trouver leur solution dans le même toitement.

Cette méthode thérapeutique, consacrée par l’expérience , est basée sur les évacuations sanguines qui dégorgent le système de la veine porte , sur l’emploi, des apéritifs doux c|ui rendent le sang plus coulant et augmentent la sécrétion des urines. Tels sont les chicoracées , les savonneux, et les remèdes appelés tels sont encore les lave-

SÜR LES MALADIES CHROPîlQüES.

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mens Tiscéraux de Kæmp." Cette méthode corn-» ])reiid encore l’exercice, qui donne des secousses aux viscères , facilite la circulation , le dégorge-^ ment des vaisseaux , et donne le ton nécessaire aux parties engorgées pour se débarrasser des fluides c[ui les engouent ; et l’usage des eaux minérales , qui a le triple avantage d’augmenter les évacuations , stimuler les organes , et favoriser les secousses produites par Fexercice.

Parmi les évacuations sanguines , l’application des sangsues à l’anus est la plus salutaire ; elle dé-' gorge plus directement le système veineux abdominal , et seconde parfaitement les vues de la nature, qui établit dans de pareilles maladies un flux périodique qui en opère la solution , ou prévient leur développement lorsqu’elles ne sont pas encore déclarées.

Les exutoires sont encore fort utiles, surtout chez les personnes du sexe menacées de quelque tumeur cancéreuse , afin de donner une autre direction aux mouvemens fluxionnaires des organes, et prévenir des engorgemens d’une nature troSrdangereuse.

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