‹ Nouvelles recherches sur les maladies chroniques, et principalement sur les affections organiques et les maladies héréditairesChapitre 14 sur 36 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Æaladies du Système lymphatique.

Rien déplus admirable dans l’économie vivante que ce nombre prodigieux de petits vaisseaux dont la connaissance a échappé pendant long -temps aux recherches anatomiques, et qui n’a enfin été acquise que par les travaux les plus conslans et les plus éclairés des modernes. Cette connais-

SUR LES MALàDrES CHROI^iQUES. ÏG7

sance nous rend raison d’une infinité de phénomènes physiologiques et morbides dont il était impossible d’avoir auparavant une idée satisfaisante.

Le système lymphatique se compose de cet ensemble merveilleux de tuyaux qui pompent à la surface cutanée tous les principes morbifiques qui sont en contact avec la peau , ou qui exhalent à travers cet organe d’autres principes hétérogènes ou excrétoires dont le séjour dans le corps serait inutile ou nuisible ; de ces tuyaux chylifères qui prennent leur origine dans le tube intestinal^ et portent le chyle au réservoir commun pour être versé de là dans les canaux de la circulation ; de ce nombre non moins prodigieux de vaisseaux qui laissent échapper dans le tissu cellulaire ou à la^urface des membranes séreuses cette__ rosée qui facilite le jeu des organes^ et qui est absorbée de nouveau après avoir rempli son usage. Ce système se compose encore de ces pelotons glanduleux à travers lesquels ces vaisseaux passent et se replient de mille manières, et où le fluide qu’ils portent séjourne quelque temps ; de ce fluide transparent que la plupart de ces vaisseaux transportent et dont ce système emprunte sa dénomination ; enfin de cet autre liquide moins limpide , extrait des substances alimentaires , et qui doit réparer les pertes qiffe fait continuellement la machine animale.

Nous ajouterons à cet ensemble de parties anatomiques qui forment ce système, l’appareil des

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membranes muq^iieiises^ puisque la membrane de cette famille qui tapisse le canal alimentaire a une infinité de rapports avec les lymphatiques, que beaucoup de faits prouvent Fexistence des absorbans sur les surfaces muqueuses , et que d’ailleurs les maladies de cette classe de membranes ont beaucoup d’analogie , et se confondent quelquefois avec les affections du système lymphatique.

Ainsi ces sortes de vaisseaux, qui ne sont point soumis à l’influence d’une force active comme le système vasculaire sanguin, se déploient d’une part sur la surface de la peau , à l’intérieur sur les membranes muqueuses , les séreuses et le tissu cellulaire ; ils se ramifient encore sur tous les organes ; ils communiquent et s’anastomosent avec une foule de rameaux appartenant* au même système; toutes les branches qui le composent sont obligées de passer à travers les ganglions parsemés sur leur route et placés de distance en distance.

La structure des parties de ce système , la marche lente des fluides qu’il renferme, et leur séjour dans les replis infinis que les vaisseaux lymphatiques éprouvent dans le tissu des glandes , mais surtout le peu d’énergie des propriétés vitales dans ces tuyaux et la privation d’une force active à la tête de ce système, comme celle du cœur dans l’appareil artériel^; toutes ces causes réunies font que Faction de ce système est lente, que toutes les maladies qui se forment dans son étendue ont une marche chronique.

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Ce système est véritablement le domaine des affections lentes. Ici les rapports de ces maladies avec les aigiiës s’affaiblissent et disparaissent. Celui que l’on peut remarquer encore et qui concerne plus particulièrement les maladies muqueuses y est l’analogie que nous avons signalée dans les épidémies muqueuses décrites par les auteurs, lorsque la fièvre coexiste avec ces affections , et dans cet état même ces maladies empruntent bien plus des traits caractéristiques des chroniques que des aiguës.

Une autre cause qui fait que le système lymphatique est l’apanage des affections lentes, c’est, ainsi qu’on l’a observé depuis long-temps, que sa prédominance dans l’économie animale , comme celle du système nerveux , a toujours lieu aux dépens , du système artériel, qui est l’agent de la fièvre ; ce qui fait que celle-ci s’établit difficilement dans les maladies lymphatiques. Ajoutez a cette cause celle qui dérive des circonstances qui favorisent ces affections et qui tiennent toujours à des causes débilitantes. Or, comme nous le verrons bientôt , cette faiblesse introduite dans l’économie par des agens débilitans est un obstacle aux efforts du principe conservateur. Une troisième raison se déduit de l’action de ces agens, qui est toujours lente, et n’amène que peu à peu des désordres dans la machine animale , d’ou s’ensuit encore la marche lente de ces maladies.

Le système lyoïphatique , qui est celui de la nu-

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RECHEKCIIES

trltion et de raccroissement , prédomine d\ine manière sensible dans l’enfance. On remarque à cet âge répanouissement du tissu cellulaire, le développement des glandes lymphatiques , des sécrétions muqueuses abondantes, un relâchement dans le tissu des solides. On rencontre encore ces phénomènes chez les femmes et les tempéramens lymphatiques , et voilà les sujets chez qui les maladies de ce système se développent, et qui ont une marche lente.

Dans ces maladies, que nous considérons comme le prototype des affections chroniques , nous observons tous les caractèi^es qui servent à distinguer les maladies lentes des aiguës ; les codions et les crises y sont rares ; celles cpii s’y montrent ne se manifestent d’ordinaire qu’à la puberté , ou à de certaines époques oii le système artériel , prenant le dessus , devient le frein des maladies lymphatiques et en opère la solution. La fièvre les accompagne rarement ; lorsqu’elle existe , ce n’est qu’une fièvre pernicieuse .provenant de l’altération des sucs lymphatiques ou de la dégénérescence des tumeurs dans les organes , excepté dans les cas ou la nature la suscite dans uit efîbrt critique ; et la fièvre alors, au lieu de devenir leur compagne, en est le terme; leur cause est éloignée du système vasculaire sanguin , et elles trouvent ordinairement leur solution dans l’usage des remèdes toniques et stimulans.

Nous ne comprendrons point dans cette classe de

maladies celles où les absorbans ne jouent que le rôle de conducteurs du principe morbide, quel qu il soit , sans que les glandes , les vaisseaux lymphatiques ou l’appareil mucjueux soient affectés d’une manière particulière ; sans quoi toutes les maladies contagieuses et virulentes, les poisons mis en contact avec l’organe cutané , tous les principes formés à l’intérieur et charriés dans diverses parties de l’économie parles tuyaux absorbans , toutes les affections métastatiques pourraient être comprises dans cet ordre^ d’affections. Ainsi, contre la manière de voir de certains auteurs , nous élaguerons de notre classe de 'maladies lymphatiques les affections purulentes^ qui doivent figurer dans les inflammations chroniques ou dans les maladies qui succèdent aux aiguës ; les affections catarrhales que les modernes classent parmi les phlegmasles ; la maladie scorbutique, où le sang paraît bien plus affecté que la lymphe ,* et la rage , qui est une maladie vraiment nerveuse et ataxique , quoique les absorbans soient les premiers en contact avec le venin qui la produit. Mais nous y fe-, rons figurer le rhumatisme chronique et la goutte asthénique, dans lescjuels le système lymphatique paraît jouer un rôle actif, et qui offrent d’ailleurs beaucoup de caractères qui les rapprochent des autres affections de ce S3^stème (i).

(i) Voici comment s’exprime railleur de l’arlicle Goutte du Dictionnaire des Sciences médicales , lora. xtx : On peut

Indépendamment de ces deus maladies , nous comprenons parmi les affections lymphatiques toutes celles oîi il y a une diminution des propriétés vitales dans ces vaisseaux sans le concours d’un vice spécifique , et celles oii pareil vice se rencontre , telles que les maladies scrofuleuses, syphilitiques , cancéreuses , rachitiques ; et les maladies de la peau , comme la lèpre , les dartres , la croûte de lait , etc. , dans lesquelles il y a une altération de la lymphe et un mode changé dans les propriétés vitales des exhalans et inhalans répandus sur l’organe de la peau. '

Que cette diminution dans les forces vitales des vaisseaux lymphatiques soit primitive ou la suite d’un ensemble de causes débilitantes, ou qu’elle dépende de l’un des vices ci-dessus , les résultats sont à-peu-près les m.êmes > il y a toujoui’s dimi-

attribuer celte maladie à une affeetion du système lymphatique, ou du moins il y joue un grand rôle. Il y a lésion des vaisseaux lymphatiques qui se distribuent aux capsules, à la synoviale, au périoste et à l’os. Il se rend raison des tophus dans et hors l’articulation par l’action de ces lymphatiques.

Frédéric Hoffmann {Fund. patli, spec.) attribuait aussi la plupart des phénomènes de la goutte dans les articulations à une lésion des vaisseaux lymphatiques, soit inflammation, rupture, etc.

Musgrave {de Artrith, primig.) pensait que la goutte est, comme les écrouelles, une maladie des glandes dans les articulations.

Î.ËS MâL4Î)IES Îl5

îiiitîon d’activité des absorbans, altération de la l3^mplie et engorgement des glandes.

Parmi les maux qui résultent de la diminution de vitalité des absorbans , on doit compter l’empâtement du tissu cellulaire , la stagnation des sucs lymphatiques , Tengoi^ement froid du système glanduleux , les'îiydropisles générales et locales . les embarras et obstructions froides des vis- ' «

cères , les flux muqueux abondans et sans irrita-^ tion; enfin l’altération de la lymphe^ qui fait qu’elle est mal élaborée, et impropre à fournir de bons matériaux à la nutrition.

Les symptômes qui accompagnent de pareilles maladies sont la petitesse et faiblesse du pouls, la figure pâle , peu animée et comme bouffie ) les yeux perdent leur expression ^ les malades ne cherchent que le repos f l’état d’inertie enchaîne leurs forces ; les chairs sont flasques et molles ; l’appétit manque ; les digestions sont laborieuses et accompagnées de vents , de rapports aigres ; les sécrétions peu abondantes , excepté les selles, qui fournissent beaucoup d’évacuations muqueuses et glaireuses ; les tumeurs glanduleuses sont indolentes,* les empâtemens des viscères n’offrent ni chaleur ni douleur.

Les causes qui produisent ces maladies sont toutes débilitantes : les hémorrhagies ou les évacuations excessives, l’air froid et humide , une nourriture grossière et végétale , les passions tristes de l’âme, l’inaction et le défaut d’exercice,’

les boissons aqueuses abondantes, des maladies anterieures qui ont épuisé : telles sont les causes les plus ordinaires qui développent ces affections.

Lesvices spécifiques engendrent la même faiblesse dans les vaisseaux lymphatiques , engorgent les glandes , et produisent des symptômes particuliers .suivant la nature dii vice. Le rachitique affecte spécialement les os , diminue leur consistance , la force de cohésion, et attaque les glandes du mésentère pour produire la chartre. Le scrofuleux se jette plus particulièrement sur les glandes , et produit les tubercules , d’oii provient la maladie chronique la plus* fréquente et la plus redoutable , la phtlifeie pulmonaire. Le cancéreux, qui n’est qu’une variété des écrouelles , donne naissance à une autre maladie plus redoutable et plus cruelle encore. Le syphilitique porte son action “spéciale à la peau et aux membranes muqueuses. Enfin les maladies cutanées offrent des caractèreSy qui frappent la vue et qui les distinguent des autres affections de cette classe.

Nous ne portons pas dans cet ordre de maladies celles qui résultent de Faugmentation du ton et de la vitalité des absorbans, parmi lescfuelles figure le marasme essentiel. Cette affection offre les symptômes de la phlogose et de l’irritation. Ce caractère, joint à celui d’exiger dans son traitement les relâchans et les anti-phlogistic|ues , la classe naturellement parmi les phlegmasies. Nous en dirons de même des engorgemens des viscères et

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des glandes qui donnent des marques de chaleur et dhrritation^ et qui annoncent un degré plus ou moins prononcé ddnflammation. La même objection pourrait se faire pour le vice cancéreux ; mais tout est froid et atonique dans les effets de ce vice, jiisqmà ce qifune fermentation particul ière ait produit tous les caractères du cancer ouvert et confirmé ; et alors c’est une maladie vraiment sid generis , qui n’offre rien de commun avec le caractère des autres maladies ; c’est un monstre en pathologie, aussi singulier dans son essence que cruel et formidable parses résultats*

Les remèdes généraux propres à combattre les maladies du système lymphatique doivent être dirigés contre l’atonie et le relâchement des organes, répaississement et l’état peu animalisé de la lymphe , enfin contre l’état morbide de ce système.

Ainsi dans tous les cas d’obstructions glanduleuses simples sans concours des vices spécifiques ci-dessus , mais seulement avec engouement des solides, on mettra en usage les toniques, les stimulans , les remèdes connus sous le nom de fou-* dans , et tous ceux qui augmentent et animent les forces vitales des absorbans. A l’extérieur les frictions générales ou locales simples ou aromatiques, les exutoires, les stimulans épispastiqties. A l’intérieur les vomitifs et purgatifs drastiques, qui favorisent par les secousses l’absorption des sucs stagnans , et „ éveillent les prépriétés absorbantes des lymphatiques. Les aromates, les amers, les

martiaux , les remèdes salins ; enfin les secours de

la gjmnasticjue , qui produisent souvent autant »

d’effet à eux seuls que tous ceux que l’on peut retirer de la pharmacie. On modifie et on varie ces moyens curatifs suivant l’ancienneté du mal, la constitution, le sexe, l’âge et le tempérament.

Les remèdes à appliquer sur les tumeurs à l’extérieur doivent être puisés dans la même classe. Les frictions, les linimens aromatiques, les emplâtres fondans exciteront les absorhans et détermineront une fonte dans les sucs épaissis. Mais on aura l’attention de ne pas fatiguer en vain une glande squirrheuse qui ne saurait se résoudre, et dont un traitement trop actif faciliterait la dégénérescence cancéreuse.

Si la maladie du système lymphatique provient de l’action d’un vice spécifique, le traitement sera à-peu-près le même , parce qu’un pareil vice agit comme débilitant dans ce système , ralentit l’action des absorbans , et favorise le séjour de la lymple à travers les rameaux infinis et les pelotons glanduleux qu’elle doit parcourir. Néanmoins , comme l’expérience a indiqué des remèdes qui sont plus utiles dans des cas que dans d’autres, il faut faire choix de ceux que l’observation a fait connaître comme les plus efficaces.

Ce seront, pour le rachitis, les alkalis combinés avec les martiaux , le quinquina , les frictions sèches et aromatiques, le kermès minéral, et surtout les bains froids, dont la vertu tonique et for-

SUR LES MALADIES CIlIiOlNIQUES. 1 IJ

tifianteaëté recoiniae par beaucoup de médecins; une bonne nourriture, Fair sec de la campagne , une habitation sèche et exposée à F influence de la lumière , F usage du vin , un exercice proportionné aux forces des frêles individus qui sont victimes de ce mal : tels sont les moyens curatifs qui sont les plus «appropriés contre cette maladie. Si le mal se présente sous la forme du carreau, on donnera la préférence aux stomachiques amers , au muriate doux de mercure, et principalement à F eau de chaux.

Le traitement du rachitis convient au vice scrofuleux; ce sont deux enfans de la même famille. Cependant l’extrait de ciguë, les amers combinés avec les anti-scorbutiques et quelque mercuriel, comme le sirop du docteur Portai , le remède an- ^ ti-scrofuleux de Peirylhe , semblent avoir quelque chose de plus spécifique. Une chose essentielle a observer dans le traitement des écrouelles, c’est d’insister moins sur les stimulans et de les associer avec les adoucissans et les muciîagineux, à un certain âge, lorsque l’inflammation peut s’emparer des glandes à l’intérieur, et devenir la source d’une suppuration mortelle.

Les mêmes réflexions doivent s’appliquer aux glandes qui peuvent dégénérer en cancer. Les stimulans doivent être plus doux et donnés avec plus de circonspection. Les extraits de saponnaire, dejusquiame, de verge d’or, de véronique mâle, le fondant 'de Quarin , composé de ces deux der-

KEGHERGHES

nières plantes et de la cigüe, paraissent produire plus d’effet, et offrir moins d’inconvénient en pareil cas que des fondans plus actifs.

On sait que le mercure est le véritable spécifique de la maladie vénérienne: cependant la' pratique a appris, dans son administration, qu’il. était avantageux de le combiner avec les tempérans, les adoucissans, tels que les bains, les tisanes mucilagineuses , un régime doux ; toutefois ce remède agit en augmentant les propriétés vitales des absorbans , en aiguillonnant le système artéidel, et en produisant une espèce de fièvre, comme le pensent les meilleurs praticiens.

Les saignées abondantes et le régime débilitant apaisent les accès d’une goutte aiguë ou sthénique. Le remède spécific|ue, tant contre cette espèce que pour guérir la goutte asthénique, est encore à trouver, malgré les milliers de remèdes préconisés par les auteurs contre cette maladie. S’il en existe un, et si l’on peut donner ce nom au régime sobre et a l’exercice, on trouvera peutêtre dans la combinaison de ces deux moyens le véritable remède de cette affection. Les briilans éloges du Vénitien Cornaro en faveur de la diète, et l’observation suivante , semblent donner beaucoup de poids à cette proposition (i).^ Un jeune homme âgé de vingt-cinq ans, de la grosseur la plus considérable et la plus énorme dont on puisse se

(i) Dictionnaire des Sciences médicales , t. xïx, p. 258.

SUR LES MÂLAUIES CHRONIQUES. l 'ï Q

faire une idëe^ üls unique et riche, eut un accès de ^utte qui Tefïraya. ïl prit le parti de faire un grand exercice et de consacrer une bonne partie de son temps à des exercices varies comme le jeu de paume, du mail, la chasse, les courses à pied et à cheval, l’exercice des armes. Dans dixhuit mois il se trouva d’une taille et d’un embonpoint très-ordinaires, bien dispos,' vigoureux et à l’abri de la goutte.

■ Les remèdes les plus efficaces contre la goutte asthénique sont les amers, les stomachiques, les alkalins, les chicoracëes. Pareils moyens sont également ceux cjui conviennent aux maladies lymphatiques , ce qui confirme que cette affection appartient à cette classe de maladies.

- Le rhumatisme chronique dont l’origine ne peut être rapportée à l’influence des constitutions médicales, diffère encore plus du rhumatisme aigu que la goutte atonique ne diffère de la goutte sthénique. Dans l’espèce de rhumatisme en question, on n’observe rien d’inflammatoire ; le mai offre tous les caractères des maladies lymphatiques, et sans doute la lésion du système lymphatique entre pour beaucoup dans cette maladi e . Les remèdes excltans et sti mulans qu’elle réclame doivent être de la famille de ceux qui agissent sur l’organe cutané. Les bains chauds , ceux de vapeur, ceux d’eaux minérales, le kermès minéral à haute dose, les bois dits sudorifiques ^ les vésicatoires, tels sont les remèdes que l’expérience a indiqués contre cette affection. Nul doute

que ces remèdes èchauffans ne fussent nuisibles et dangereux s’il existait quelque phlegmasi^^dans les parties douloureuses.

Enfin les remèdes que nous venons de signaler conviennent encore dans les maladies cutanées. Cependant le soufre et les préparations sulfureuses ont cjuelque chose de spécifique contre les dartrès (i),

La lèpre n’excite plus la sollicitude des médecins; les autres maladies de la peau demandent une modification dans le traitement; suivant les espèces et les circonstances qui les acco*mpagnent.

Les divers traitemens qui réussissent contre les maladies cjui entrent dans notre ordre de lymphatiques produisent à-peu-près le même effet , celui d’augmenter l’énergie du système artériel, de produire une espèce de fièvre , qui est le véritable remède de ces maladies.

Ce que l’art n’opère qu’avec des efforts et souvent sans résultats heureux , la nature le produit elle-même àrépoc[uede la puberté. On est souvent

(i) Le soufre guéril les darlres, selon M. Aliberl {Diction, des Scienc. méd. y tom, viii, pag. yS), en excitant une sorte de mouvement fébrile, en réveillant Faction toni(|ue du tissu cellulaire, en augmentant les propriétés vitales de la peau, et en rétablissant le plein exercice de la transpiration. Le meme auteur, en parlant des eaux minérales sulfureuses, dit qu’elles suscitent dans tout le système de l’économie animale une sorte de fièvre artificielle qui imprime aux dartres un cara.C' {ère aigu en augmentant les oscillations du lissù cellulaire.

étonne de voir les écrouelles , le rachitis , la teigne (i), et d’autres maladies de cette classe, résister aux traitemens les plus appropriés , et disparaître enfin lorsque la nature, chez l’un et l’autre sexe, a produit cette révolution étonnante, et que la force , les belles couleurs , l’activité physique et morale, un équilibre dans toutes les fonctions, succèdent à un air pâle, bouffi, à la mollesse des chairs, à l’insouciance morale , à l’insensibilité, et â tout ]e cortège des symptômes d’atonie que l’on remarque dans les maladies lymphatiques du premier âge.

Des milliers d’observations constatent les bons effets d’une fièvre accidentelle , suscitée par l’art ou produite par mie influence épidémique , pour combattre heureusement ces maladies. L’inoculation delà petite-vérole, de la gale , des achores, de la vaccine et d’autres virus analogues ; les secousses produites par la boisson des eaux minérales ou par un exercice actif, sont des moyens , ainsi que nous en avons donné des exemples dans notre Mémoire sur les maladies chroniques, qui allument la fièvre, excitent l’énergie du système artériel, d’où résulte un état véritablement inflammatoire, qui modifie les maladies de la lymphe , et en opère la solution.

(i) Klein {Interpres. clin.^ pag. 212) dit que la teigne se dissipe quelquefois par le changement d’âge, après que l’on a employé en vain tous les remèdes possibles.

KECÎÎERCEES

L’aspersion avec Feau froide ou le bain froid , après laquelle on faA^orise la réaction vitale par les couvertures et les boissons excitantes, les bains de vapeur, peuvent egalement développer la fièvre, et suppléer à Faction stimulante et inflammatoire des virus ci-dessus.

Cette fièvre a été reconnue très-utile dans les écrouelles. Lalouette (i)avudes tumeurs scrofuleuses très-anciennes se résoudre , de vieux ulcères

se cicatriser, d’anciennes caries s’exfolier par des fièvres accidentelles et naturelles cjui suscitaient par les selles , la peau ou les urines, des évacuations vraiment critic[ues. Bordeu avait aussi observé nombre de fois C|ue Fagitation fébrile était le vrai remède des- écrouelles (a). Dumas parle de maladies scrofuleuses cjui av^aient résisté auparavant aux moyens curatifs les plus appropriés , traitées ensuite avec succès pendant le règne d’une angine gastrique par les remèdes indiqués contre l’épidémie angineuse (5). Stoll nous a signalé des guérisons du racliitis produites par la fièvre varioleuse.

La maladie vénérienne elle-même, qui paraît au premier abord une maladie moins astiiénic[ue c]ue celles dont nous venons de parler, dont lesengorgemens glanduleux ont un cours plus rapide , est

(0 Traité des Scrofules ^ lom. i, pag. 167 el suiv.

(2) Prix de VAcad. de Chiriirg,^, tom. m.

(3) Doctr. gén. des Mal. chr., pag. 66.

pourtant une alFection qui cède aux secousses fébriles accidentelles , ou à d’autres moyens tirés de riiyglène, qui activent la circulation du sang ^ et produisent dans réconomie animale un effet semblable à celui de la fièvre , lors même cjue le remède spécifique a complètement échoué.

Les médecins connaissent l’observation de Stoll touchant un homme couvert d’ulcères vénériens à la tête f traité pendant deux ans par le mercure et les autres anti- syphilitiques (i), qui guérit, en moins de trois semaines après avoir éprouvé en automne un fièvre inflammatoire bilieuse compliquée d’un érysipèle à la face ^ qui nécessita deux saignées, l’émétique et les purgatifs. On trouve, dans \e Journal général de Médecine (^2) , un rapport de M. Cullerier sur un bubon jugé vénérien. Parmi les excellentes réflexions que l’on y voit se trouve celle cjui se rapporte au vice syphilitique, il peut, selon le rapporteur, être modifié par les climats , les maladies aiguës , les suppurations abondantes, etc. 11 ajoute que des fièvres aiguës ont souvent mis fin à des symptômes qui étonnaient et désolaient le médecin par leur opiniâtreté. Van- Swieten (5) vint à bout de guérir une maladie vé-

y . . . . . . I PI. » 1.^—..- . I.. ^ I I ■■IM I ■!, lA

(1) Dumas J qui rapporte celte observation clans sa Doctrine générale^ pag. 55, a laissé exister une erreur grave concernant les remèdes employés *. il y a anti-ph logis tiques au lieu de anti-sjphilitiques .

(2) Tora. Lx, pag. 544*

(3) Comment, in Jph.j Boerh., t. v, p. 52 1. Voici ce que

nërlemie qui avait résisté nombre de fois aux frictions et aux tisanes sudorifiques, en soumettant son malade à une vie dure et labor-ieuse.

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