‹ Nouvelles recherches sur les maladies chroniques, et principalement sur les affections organiques et les maladies héréditairesChapitre 19 sur 36 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

M.aladies organiques produite^ par deê

tumeurs enkystées.

Les maladies organiques qui entrent dans ce chapitre se rapprochent beaucoup de celles de l’ordre précédent. Elles agissent Comme elles par une pression mécanique sUiTes dlfférens organes, d’où résulte une lésion des fonctions qui finit par deve« iiir mortelle. Les désordres qu’elles produisent sont par la même raison d’autant plus graves que les or-^ ganes affectés sont plus importans, ou que leur dé^ veloppement se fait d'une manière subite.

Nous appelons tumeurs enkystées celles qui sont formées par un sac Sans ouverture , qui se déve^ loppe dans un appareil organique cj[uelconque ^ dont les parois, ainsi qüe le fluide c|uil exhale peuvent varier à l’infini.

Ces kystes, formés sur la surface cutanée, peuvent se développer sur tous les points de son étendue, et occuper telle ou telle portion de sa surface. Leur volume varie depuis celui d’un pois

îlîICHEÏiCîlËS

jusqu’à celui dont T énormité frappe dans certaines circonslances. Le liquide qu’ils renferment offre également des différences notables : exhalé par les parois internes , il est tantôt séreux , muqueux , et d’autres fols albumineux , huileux , etc. Cette variété dans la couleur et la consistance du fluide épanché avait fait distinguer les kystes aux anciens en mélicéris , athérômes , et autres espèces assez insignifiantes y puisqu’elles n’apportent aucune modification au traitement.

La chirurgie possède une infinité de moyens pour faire disparaître ces sortes de tumeurs de la surface du corps y parce que leur siège sur l’organe cutané les rend bien plus accessibles aux moyens curatifs que celui des kystes Internes. Les Irrltans^ les caustlcjues ; l’incision du sac y les injections stimulantes , la ligature et l’extirpation sont tout autant de moyens entre les mains des chirurgiens qui triomphent de ces tumeurs y et qu’aucun remède interne ne peut remplacer lorsque leur siège est dans les viscères. Nous laissons aux auteurs qui s’occupent de pathologie externe le soin de décrire les différentes espèces de kystes qui naissent sur la peau , et les ressources de l’art contre ces affections. Il ne sera question ici que de celles qui se développent à l’intérieur sur les divers organes.

. Dans une classification d’anatomie pathologique, la réunion des tumeurs enkystées en un seul ordre pourrait être vicieuse , parce C[ue les kystes varient dans leur nature , et sont tantôt séreux , fi-

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Î3reux , et d’autres fols cartilagineux ou osseux : or , chaque kyste d’une nature différente devra figurer dans l’ordre où sont réunies les dégénérescences analogues à la nature du kyste. Mais dans une classification de maladies organiques , la réunion de toutes les tumeurs enkystées peut avoir lieu dans le même chapitre, attendu que les effets de ces sortes de tumeurs sur les appareils organiques sont à-peu-pi-ès les mêmes. C’est toujours par la compression exercée sur les viscères, c’est par leur développement dans les organes qui les dénature en cjuelque manière et lèse leurs fonctions, qu’ils produisent les phénomènes morbides dont la mort est la suite. Ainsi une tumeur enkystée formée dans les organes de la respiration ou de la circulation , produira à-peu-près la même lésion dans les fonctions vitales, quelles que soient la nature du kyste et celle du liquide qu’il con-^ tient. Il en sera de même de pareilles tumeurs développées dans d’autres viscères. ^

. On peut établir plusieurs différences fort importantes parmi les tumeurs enkystées qui en supposent une sensime dans les phénomènes pathologiques

qu’ils produisent dans l’économie animale. La pre-

mière, et qui a été faite par un auteur moderne d’anatomie pathologique (Cruveiliiier, Ânat. path.), est celle qui distingue les kystes en ceux où le sac préexiste à l’humeur épanchée, et qui acquiert souvent une étendue énorme dans les viscères , et ceux qui se forment autour des corps étrangers. Les pre-

HECHEBCIIES

miers sont les plus communs;, et leur influence sur le jeu des organes est ti^ès-rsouyent pernicieuse. Les auti’es, au lieu de produire de pareils désordres , semblent être, au. conti*aire , entre les mains de la nature, un moyen fort utile pour faire cesser l’ irritation d’un corps étranger placé dans l’intérieur. Ainsi ces espèces de kystes sont plus utiles que nuisibles , et doiyent être distingués avec soin des aijtres.

Ces derniers, dont on explique la formation par l’irritation du corps étranger, par l’exsudation d’une lymphe concressible qui se change en membrane et finalement en kyste , pi-ennent naissance au-? tour du caillot de fltil se forme dans une attaque d’apoplexie , ou lors d’un épanchement de sang dans la cavité abdominale? On les rencontre encore servant d’enveloppe aux balles et autres corps étrangers venus de l’extérieur , aux calculs de la vessie que l’on appelle enkjstés , et enfin aux fœtus dans les grossesses extra-utérines. Ces enveloppas permettent à ces corps de rester intérieurement une infinité d’années sans nuire beaucoup au libre exercice des diverses fonctions.

Depareilskystesfacilitent, par l’exsudation d’une sérosité qui détrempe les corps étrangers , l’absorption des parties molles et même les parties dures de ces mêmes corps. On peut donc dire cjue ces poches sont d’une très~grande utilité pour neutraliser l’action irritante des corps étrangers qui séjournent dans l’économie vivante. C’est à leur

actfon absorbante que Ton rapporte la disparition des caillots de sang qui' se forment dans Fapoplexie, et les autres €j3ancliemens sanguins dans les cavités.

' Le développement de ces tumeurs enkystées est toujours borné; leur volume produit rarément des accidens graves. Ce ne sont point par conséquent ces espèces de tum^eurs qui doivent composer l’ordre de maladies organicjues dont il est question ici, La nature de ces kystes, c]ue*Fon appelle absorhans à cause de l’effet qu’ils produisent (BriciiETEAu , Dict, des Sciences méd. ^ tom. XXVIÏ , art. Kyste') , est bien différente de celle où le sac préexiste au fluide qu’il renferme, dont le volume peut devenir très-considérable, et qui laisse renouveler avec la plus grande facilité le liquide après qu’il a été évacué par un procédé quelconque.

Les autres tumeurs enkystées auxquelles les anciens accordaient des dénominations différentes, suivant la couleur et la consistance du fluide exhalé, sont distinguées aujourd’hui, par les auteurs d’anatomie pathologique , suivant la nature du sac qui forme le kyste et suivant ses propriétés exhalantes : de là le nom de kystes séreux ^ muqueux^ fibreux , cartilagineux et osseux. Ces dénominations sont fondées sur le rapport des enveloppes du kyste avec les membranes séreuses , muqueuses et fibi^euses, et sur la consistance que ces enveloppes ont acquise , et qui se rapproche de la car-» tîlagineuse ou de l’osseuse.

RECHERGÔES

Les kystes muqueux offrent dans leurs pat'ois internes le velouté et la structure des membranes muqueuses; les villosités , la rougeur, les fon-< gosités sont des caractères qui les distinguent, par conséquent, des kystes séreux, quoique de pareils kystes puissent contenir de la sérosité , rU tendu que les membranes muqueuses exhalent souvent un pareil fluide : néanmoins le fluide renfermé dans les kystes muqueux est d’ordinaire une matière filante , muqueuse , dont la couleur varie. La plupart de ceux appelés mélicéris et athér ornes sont de cette classe.

On trouve des kystes muqueux dans les diffé-^ reiis viscères. Sçnac, dans son Traité des Mala-^ dies du Cœur, a donné l’histoire d’un mélicéris du péricarde. M. Portai a trouvé de pareilles tu-^ meurs de différens volumes dans le tissu cellu-^ lairè du cœur. Pareil kyste se forme aussi autour du caillot des apoplectiques, quoiqu’il soit plus ordinairement d’une nature séreuse. La plupart des fistules , des abcès et des vomiques du poumon offrent pour l’ordinaire une poche qui a les caractères des membranes muqueuses, M. Portai en a encore rencontré dans' l’estomac qui produisaient des symptômes graves , et amenaient peu peu le dépérissement. Il en a vu dans le mésentère, le pancréas, la vessie, la matrice, enfin, dans presque tous les viscères de la cavité abdominale.

Les kystes dermoïdes ou cutanés ne semblent

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qu’une variété de cette espèce , attendu que les membranes muqueuses ont une Infinité de rap-^ ports de structure et de fonctions avec le tissu eu*tané. Ils sont remarquables par les poils et cheveux Implantés sur leurs parois Internes, On a ob^ servé quelquefois des fistules entretenues par des kystes dermoïdes en suppuration ou placés dans l’intérieur du bassin. (Cruveilhier , ouvr. cité .)

Les kystes fibreux, cartilagineux et osseux ne sont que trois variétés de la même espèce , parce que ces trois dégénérescences organicfues ne sont , comme nous l’avons remarqué ci-devant, que trois degrés de la même dégénération* Dans certains cas, les kystes fibreux sont en’partie cartilagineux, et ceux-ci en partie osseux. Les fibreux ont été confondus cjuelquefols avec les séreux , parce qu’on a trouvé de la sérosité dans leur poche; mais la na-^ ture fibreuse du sac en forme le caractère essentiel. Ces espèces de tumeurs se rencontrent plus souvent dans le foie et les ovaires que dans les autres organes. Ceux qui sont cartilagineux ne le sont souvent qu’à demi , pu bien ils présentent quelques lames osseuses. Ils enveloppent quelquefois le fœtus dans les grossesses extra-utérines. (Bricheteau, D/cif. des Sciences méd, y loc. cit.) Ces sacs deviennent osseux en séjournant long-? temps dans l’économie. M. Dupuytren a vu des kystes osseux dans la glande thyroïde. Les ovaires en offrent aussi quelquefois.

Mais les tumeurs enkystées les plus fréquente, s

et les plus dangereuses, et qui forment la majeure partie des maladies organiques de la section actuelle, sont les kystes séreux. Que Ton admette avec Louis qu^une dilatation mécanique d’une ou de plusieurs cellules du tissu cellulaire , qui se dilatent aux dépens de celles qui les entourent, produise de pareils kystes ; ou que , selon Bichat , ils se forment selon les lois qui président au dévelop-* pement et à l’accroissement des parties de notre corps; ou que ce soit, selon d’autres, l’irritation qui produit l’exhalation d’une matière albumineuse qui se transforme en fausse membrane et ensuite en kyste; de pareilles tumeurs n’en sont pas moins les plus fréquentes, et la source d’une espèce d’hydropisie la plus dangereuse et la plus mortelle."

Comme les muqueux , les kystes séreux peuvent se développer dans tous les organes , acquérir un volume prodigieux , léser et détruire insensiblement les fonctions nécessaires à l’entretien de la vie. Le cerveau en offre souvent de différentes grandeurs après les attaques d’apoplexie ; et, dans d’autres circonstances, on en a trouvé dans ce viscère qui égalaient en grosseur un œuf de poule. On en rencontre dans la poitrine; et parmi nombre d’observations intéressantes , on doit citer celle faite par M, le professeur Dupuytren sur un jeune homme qui mourut presque subitement, et dans le cadavre duc[uel on trouva, dans chacjue cavité de la poitrine, un kyste séreux trèsy olumineux qui refoulait en avant les poumons et

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Jus avait réduits à une consistance presque solide. Le même professeur en a observé dans la sub-^ stance interne de Foreiliette droite du cœur.

Mais le siège ordinaire des bystes séreux est dans la cavité abdominale; c’est là qu’ils acquièrent un développement énorme , et qu’ils font naître les phénomènes morbides qui font périr misérablement ceux qui en sont atteints. Lieu^ taud ( Anat, , lib. I. ) en a observé dans l’é-t paisseur de l’épiploon qui formaient un sac extrê-^ mement volumineux ; et qui avaient laissé éva*^ cuer une prodigieuse quantité de sérosité par la ponction pratiquée deux fois sur le vivant. Le péritoine leur sert souvent de siège , ainsi que d’habile chirurgiens, tels que Ledran, Laporte et autres en ont consigné les observations dans les Mémoires de l’Académie de Chirurgie (tom. VI, in- 12.).

Nous avons vu souvent de pareilles tumeurs se former pendant le règne de maladies catar^ rhales , dont l’influence se faisait sentir sur les viscères abdominaux. Une phlegmasie lente se déve^ loppait au péritoine ; il se faisait une exsudation matière albumineuse qui se changeait en mem-^ brane et ensuite en kyste. Le sac renfermait une sérosité purulente dont l’absorption produisait la fièvre hectique, et amenait une terminaison funeste. Le, mal était presque toujours fâcheux , quelle que fût la méthode de traitement employée. L’opération de la paracentèse n’était pas siilyie

d’un soulagement durable ; les malades qui y étalent soumis périssaient presque aussitôt que ceux qui étalent comme étouffés par les angoisses que la dilatation énorme du kyste faisait naître chez les sujets atteints de pareils maux.

L’ovaire est une des parties de l’abdomen où le développement de pareils kystes se fait le plus fréquemment. Des milliers d’observations , puisées dans les ouvrages de médecine pratique et dans ceux d’anatomie pathologique , confirment ce fait. Nombre d’entre elles se trouvent consignées dans les Mémoires de l’Académie de Chirurgie cités. Dehaën avait également observé un grand nombre de tum eurs enkystées dont la quantité de liquide épanché était énorme. ( Rat med,y fom. II. et VI.) Mais rien ne paraît approcher pour cette quantité de celle dont parle Morgagni ÇEpist. XXXVIII y n° 64) au sujet d’un kyste formé à l’ovaire qui contenait cent cinquante livres de liquide.

Loi’sqiie l’ovaire est atteint de pareilles tumeurs, tantôt sa substance est convertie en un sac qui renferme la sérosité , et tantôt il y a nombre de cellules qui communiquent les unes avec les autres, ou isolées de manière à former tout autant de kystes réunis d’une grosseur différente. Baillie (^Ànatpath. , p. 826 ) dit-que la grosseur du sac peut occuper toute la cavité abdominale, et repousser meme le diaphragme pour produire des symptômes d’une suffocation imminente. Ces kystes

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se forment ordinairement à l’âge de retour, à l’époque où le flux menstruel venant à diminuer ou cesser entièrement , cette révolution produit chez les femmes le développement de tumeurs squirrheuses et cancéreuses , et les hystes séreux dans l’ovaire. Les observations citées de Dehaën, et de Morand , qui avait analysé celles des académiciens de Paris, se rapportent presque toutes à des femmes arrivées à l’époque de la suppression naturelle des mois.

Les signes qui annoncent la présence des tumeurs enkystées à l’intérieur sont fort incertains , et très-souvent il est impossible de les distinguer des autres maladies organiques , surtout lorsqu’elles se développent dans le cerveau, sur ses enveloppes , ou dans les organes de la respiration et de la circulation.

M. Portai ( ouvr. cité , tom III) assure pourtant que les kystes muqueux formés sur le péricarde provoquent la dyspnée , des palpitations plus ou moins fortes, avec une variation dans la force et la fréquence du pouls , des syncopes cjui deviennent mortelles et que précèdent quelquefois l’enflure des pieds et des mains. Mais ces signes ne sont-ils pas communs â d’autres maladies c[ui affectent le cœur ou le poumon?

Il en est de même de ceux donnés par le même auteur sur pareilles tumeurs qui attaquent l’estoc mac , et qui font périr les malades après les avoir fait passer par les voies pénibles et douloureuses

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du vomissement , d’une constipation continuelle / de la fièvre , de vives douleurs à Tépigastre , de Fenflure des membres inferieurs , etc. M. Portai donne encore pour signes des tumeurs enkystées qui attaquent le mésentère dans l’enfance; et qui sont ordinairement d’une nature scrofuleuse; les coliques ; les digestions dérangées, une faim vo-^ race , une chaleur âcre , la fréquence du pouls avec des exacerbations le soir; ensuite le dépérissement; le dévoiement , l’infiltration des jambes et l’épanchement dans l’abdomen.

Nous en dirons autant des signes qui accompa-* gnent la formation de ces espèces de tumeurs dans les autres viscères. Cependant les kystes séreux développés dans la cavité abdominale et surtout dans l’ovaire; peuvent être distingués dans le principe de l’épanchement abdominal ou de Fhydropisie ascite avec laquelle on peut les confondre. Mais lorsqu’ils ont acquis un certain volume; et qu’ils remplissent une grande partie ou toute cette cavité;Cette distinction devient presque impossible.

On distinguera les kystes séreux dans le prinr cipe par leur siège dans une des fosses iliaques , si c’est l’ovaire qui est la partie souffrante; et par. la formation d’une tumeur ou la saillie de la partie moyenne de l’abdomen , si le péritoine en est le siège. On les distinguera encore par la forme de la tumeur, sa proéminence en avant, les bosses qu’elle peut former, et parles symptômes de quelque phlegmasie lente dans quelque point des pa-

SUR LES MALADIES CHRONIQUES; t^î

rois abdominales, que nous avons très-souvent vu accompagner la formation de semblables tumeurs, ce qui n’arrive pas ou rarement dans Tascite*

Ces signes , quoique trompeurs quelquefois , le sont bien moins que ceux Indiqués par certains auteurs , tels que le défaut de pâleur au visage ; mais plutôt une rosète à chaque joue, la maigreur du corps, le défaut d’enflure aux jambes, et le peu d’effet des purgatifs et des diurétiques pour dimi-^ nuer le volume du ventre. ( Fb/. Dehaen , loc.^^ cit. y tom. VI ; Morgagni , Epist. XXXVIII * )

Si la chirurgie est féconde en ressources pour combattre avec efficacité les tumeurs enkystées qui se développent à l’extérieur , si elle peut les varier avantageusement suivant la forme , la consis-^ tance , le volume et la nature du kyste , la médecine , au contraire, ne possède aucun moyen pour attaquer d’une manière utile ces sortes de tumeurs formées à l’intérieur, et très-souvent elle ne peut s’assurer de leur existence dans les viscères que par l’ouverture des cadavres. En effets comment soupçonner un kyste quelconque dans l’encéphale, le cœur ou le poumon ? Ou prendre les signes dis-* tinctifs d’une pareille tumeur dans les viscères abdominaux si le kyste n’est pas de la famille des séreux?

Il semble que les mêmes moyens qui remédient aux hydropisies ordinaires doivent être utilement employés contre celles qui sont enkystées; mais, indépendamment que ces sortes de maux i*ésisteiit

iiÈcîiEïïcnES

souvent à tous les secours de la médecine les mieits concei'tés, il faut considérer- encore que ^ dans la famille des enkystées ^ la sérosité qui remplit le kyste est hors des voies de la circulation ; c’est un corps étranger contre lequel les puissances de la vie ont moins d’influence que lorsque l’épan^ chement se fait dans une cavité du corps. Les pra-* ticiens ont en effet observé que l’évacuation de ce fluide résiste aux purgatifs et aux diurétiques; son évacuation par la paracentèse n’offre qu’un sou-lagement momentané y qui n’empêche jDas que le kyste ne se remplisse encore et ne devienne plus volumineux dans peu de temps.

Les tumeurs enkystées coexistent presque toujours avec des tumeurs squirrheuses oü cancéreuses , ou d’autres lésions organiques qui font périr les malades lors même que l’on est assez heureux que d’empêcher la réplétion du sac après son évacuation. L’inflammation adhéslve des parois du kyste, au moyen d’une incision, ou parTirritation de la canule placée à demeure , ou par l’emploi de tel autre moyen Irritant , peut réussir quelquefois, comme Ledran (Mémoires cités) Fa prouvé par deux observations intéressantes , dans l’une desquelles la cure fut entièrement radicale. Mais que de milliers d’obstacles à l’emploi de pareils moyens ! Si le kyste est flottant dans la cavité abdominale , s’il est composé de plusieurs sacs réunis et adhérens les uns aux autres , si la vessie et l’estomac dilatés au point d’occuper tout l’abdo-

^ SÜR LES MALADIES CÏÏRO^^TQUKS. IC)5

men en imposent pour un liyste séreux , erreur dont Morgagni rapporte des exemples; si la tumeur occupe tout le xentre et a contracté des adhérences avec les parois abdominales ou avec les viscères; si, en un mot, le kyste est attaché à des tumeurs squirrheuses qui peuvent acquérir ou qui ont déjà acquis une dégénération funeste , Tusage des irritans cjuelconques est-il admissible ? seraient-ils bons à autre chose qu’à aggraver le mal et hâter son issue funeste ?

Ainsi, convenons-en de bonne foi, les affections enkystées contre lesquelles la médecine semble posséder quelque ressource, ne sont pas plus susceptibles de céder à un traitement rationnel que la plupart des autres maladies organiques.

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