‹ Nouvelles recherches sur les maladies chroniques, et principalement sur les affections organiques et les maladies héréditairesChapitre 24 sur 36 · CHA^PITRE IL · texte numérisé non relu

CHA^PITRE IL

Quelles sont les jnaladies héréditaires ?

Selon une foule de médecins cités par M. Portai ( Mémoire sur la Nature æt le Traitement deplii^ sieurs maladies , tom.-Ilî, pag. i8i ), parmi lesquels se trouvent Hippocrate, Galien, Eaillou , -Fernel, Boerhaave, Morgagni, Stahl, Haller et Van-Syviéten , les maladies de famille sont les

écrouelles, le racliitis , la manie , rëpilepsie , les convulsions , l’apoplexie, la paralysie , les maladies de la dentilion , la phthisie pulmonaire, l’asthme, l’hydropisie, la goutte, la pierre, A ces maladies le célèbre auteur cité ajoute le cancer, la cataracte , la surdité et le mutisme de naissance.- Pujol ( Œuvres diverses. Essai sur les maladies héréditaires, tom. Il, pag. 293 et suiv. ) fait une espèce d’échelle d’hérédité, et abonde dans le sens d’Hippocrate, en avançant cjue toutes les maladies peuvent acquérir quelque chose d’héréditaire. Il trouve consécjuemment l’influence de cette cause dans les maladies contagieuses éruptives, comme la petite-vérole et la rougeole; il croit que ce principe agit également dans la peste ; viennent ensuite le mal vénérien, la lèpre et d’autres affections qui se communiquent par le contact. Ges maux^ selon notre auteur , quoique essentiellement contagieux, se transmettent aussi dans les familles, et se manifestent encore dans certains pays au moyen des alliances parmi les individus atteints de ces aflections. .

Ce médecin semble adopter la classification de Hoffmann sur l’aptitude des maladies à «être plus ou moins héréditaii-es. 11 place dans le premier rang celles de la tête et ensuite celles de la poitrine et du ventre. Il explique les divers degrés d’influence héréditaire exercée sur les organes des trois cavités par la différence de ton et de laxlté dans leur structure. Ainsi le cerveau, qui est un

organe très-mou et très-impressionnable, est le plus soumis à cette influence ; après lui vient le poumon, et ensuite les viscères abdominaux.

D’après cela les maladies les plus héréditaires, d’après Hoffmann et Pujol, sont celles du cerveau et du système nerveux, telles que la manie, l’épilepsie, l’apoplexie, les convulsions, les affections vaporeuses et hypochondriaques» Viennent ensuite celles de la poitrine, comme l’asthme, la phthisie , l’hémoptysie et les hydatides , qui se forment dans les organes de cette cavité. Les maladies des viscères abdominaux sont en troisième ligne; elles comprennent , d’après Sennert et Fr. Hoffmann, les maladies du foie et de ses attenances, l’ascite, qui est si souvent le produit des embarras de ce viscère; les maladies de la rate, d’après les observations d’Ambroise Paré et de Sennert ; celles de l’estomac , d’après Morgagni; et les maladies de la matrice. Mais l’une des plus héréditaires est le calcul néphrétique, d’après le témoignage de quelques auteurs»

Après les maladies viscérales, Pujol en vient à celles qui attaquent tout le corps , et parmi ces affections la goutte est placée au plus haut échelon. Hippocrate, Galien et autres la mettaient au premier rang des maux de famille; suivent ensuite les dartres , la lèpre, le rachitis et les écrouelles. Le mal vénérien et les maladies rhumatismales sont placés en sous-ordre et ne doivent tenir qu’un rang inférieur,

SUR LES MALADIES CHROl^IQtJESi

Parmi les affections très-peu héréditaires^ notre auteur compte toutes les espèces de fièvres et les autres maladies aiguës ; il fait tenir un certain rang à des maladies plus locales ou à certains vices d’organisation, et dans ce nombre il met les toplius , les exostoses, la cécité , le squirrhe, le cancer, les verrues , les varices et les anévrysmes.

Le docteur Petit, dans un essai sur ces affections publié depuis peu de temps, pense que les maladies dites chroniques sont les plus susceptibles d’être transmises par génération. Néanmoins il accorde cette’ faculté^ a un certain degré, à la variole et à la rougeole. Mais parmi les affections lentes, celles qui sont les plus héréditaires sont la syphilis, le scrofule , les dartres, l’épilepsie, la phthisie , l’hémoptysie, la manie, la mélancolie, les affections hystériques et hypocliondriaques, la goutte, le rhumatisme, la pierre, l’apoplexie, la paralysie, les affections squirrheuses et cancéreuses, et les maladies organiques du cœur.

On voit, par le dénombrement fait par les auteurs que nous venons de citer, que les maladies aiguës ne sont pas du tout ou très-peu héréditaires, et que toutes les affections chroniques peuvent, au contraire, acquérir cette faculté. Néanmoins celles qui semblent l’être au plus haut degré frappent les Systèmes nerveux et lymphatique. .Or , nous avons vu dans les chapitres consacrés à ces deux ordres de maladies, que c’étaient précisé^ ment ces deux systèmes qui étaient l’apanage deS'

maladies clironic|iies. Ainsi ^ parmi les affections du système nerveux, qui comprend le cerveau, ses appendices, et tous les cordons nerveux qui en partent ou qui y aboutissent, nous pouvons compter la manie, l’èpilepsie, l’apoplexie, la paralysie , les convulsions , la mélancolie , les affections hystériques et hypochondriaques. On peut y joindre l’asthme sec ou nerveux. Les maladies héréditaires du système lymphatique sont les écrouelles et toutes leurs ramifications, comme la teigne, le goitre, etc.; la syphilis, les dartres, la phthisie pulmonaire, l’hémoptysie, qui n’en est souvent qu’un symptôme ; l’hydropisie , l’asthme, les affections squirrheuses ou cancéreuses.

En prélevant ces maladies , il ne reste cjue lés anévrysmes du cœur et des gros vaisseaux , la goutte, le rhumatisme et d’autres vices locaux, comme les exostoses', verrues, etc., cjui ne peuvent être comprises dans ces deux ordres de maladies.

Nous écarterons de notre catalogue d’affections héréditaires les vices extérieurs et locaux, tels (jue ceux que nous venons de citer, et d’autres que nous pourrions y joindre, parce c[ue ces vices ne servent ([u’à confirmer l’existence de ces maladies et leur propagation dans les familles; mais ils n’empêchent pas que les membres de ces familles ne puissent jouir dhine bonne constitution et d’une santé même brillante; ils n’exigent point les secours de la médecine, et Fart fut-ii utile en pa-

rellle circonstance ii n’aurait pas le pouvoir de changer la proportion d’une tête ou de telle autre partie du corps, la configuration d’un os, ou d’enlever une partie excédante que sa situation soustrairait à l’action de l’instrument.

Nous ne comprendrons par conséquent dans la classe des maladies héréditaires que trois ordres d’afïections qui réuniront celles qui ont le plus grand rapport entre elles à cause des systèmes d’organes qu’elles affectent, des symptômes qu’elles offrent dans leur développement, et des moyens propres à prévenir leur formation. Les deux premiers sont consacrés aux maladies nerveuses et lymphatiques , et dans le dernier seront comprises les affections musculaires et fibreuses, telles que les dilatations anévrysmales du cœur et des gros vaisseaux , la goutte, la gravelle, qui n’est souvent qu’un mode de cette maladie , et les affections rhumatismales chroniques.

Quoique M. le docteur Portai ( Mémoires sur plusieurs maladies, tom. IIÏ , p. 222 ) ait trouvé de grands rapports entre la goutte et lerachitls, parce que, selon lui, ils attaquent quelquefois le même individu, ou tour-à-tour les membres delà même famille; parce que les articulations des sujets atteints de la goutte sont plus gonflées, et leur substance tantôt ramollie ou cassante comme celle des rachitiques; parce que les os des goutteux perdent de leur poids , a raison des concrétions arthritiques , nous ne saurions ranger ces deux

affections dans le meme ordre , à cause des dlife'rences essentielles qu’elles nous présentent. Dans la goutte ordinaire tout est sthénique; elle se manifeste a l’âge de la force et de la pléthore; elle doit son développement à une nourriture substantielle, à l’usage du vin, au défaut d’exercice. Elle n’attaque point les femmes, les enfans et les eunuques. Quelle différence n’offre-l-elle donc pas avec le racliitis, oii tout est atonique ! faiblesse radicale, fibre lâche, engouement;, il attaque l’enfance et réclame une méthode de traitement essentiellement fortifiante.

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