‹ Nouvelles recherches sur les maladies chroniques, et principalement sur les affections organiques et les maladies héréditairesChapitre 26 sur 36 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Traitement des Maladies héréditaires^

Les maladies qui sont dues à l’hérédité et qui sont parfaitement développées chez les individus

’ qui les ont reçues de leurs parens , sont-elles absolument incurables ? Si elles ne le sont point, doivent-elles être traitées de la même m anière que les autres maladies de même nature et qui ne sont pas liéréditaires , ou bien leur caractère d’hérédité doit-il apporter quelque modification dans le traitement ?

J En supposant, comme nous avons essayé de le prouver, que le vice scrofuleux est la cause la plus générale des maladies héréditaires, et qu’en se perpétuant dans les familles, il y produit un nombre infini de maladies, soit en portant son influence sur le système entier des fluides et des solides, soit en développant dans un viscère diverses tumeurs qui deviennent la source de maladies organiques mortelles; il s’ensuit nécessairement cpie le caractère héréditaire, en éclairant le diagnostic sur une maladie chronique quelconque, fournit encore des indications pour la traiter, sinon avec succès, du moins d’une manière méthodique, en décélant la vraie cause qui Fa produit. Eclairons ceci par un exemple.

Supposons cju’une affection épileptique s’offre à nous pour en diriger le traitement. Si cette épilepsie est accidentelle, il faudra rechercher la cause qui l’a développée. Les causes de ce mal varient à l’infini, et il sera très-difiicile de trouver celle qui l’aura produite. Le médecin est obligé de tâtonner long-temps, et de mettre en usage successivement tous les remèdes vantés contre l’épi-

Jepsie avant de trouver la véritable cause de cette maladie convulsive. Si, au contraire, Tépiiepsie 'Cil question est héréditaire , nous aurons de grands soupçons pour présumer qu’elle a été produite par le vice scrofuleux, surtout si nous apercevons dans la famille du malade des signes évideos de ce vice.

Ce caractère nous fournit donc des indications curatives, puisc[ue nous pouvons mettre en usage les remèdes spécifique^ recommandés contre les écrouelles , et employer des anti--spasmodic|ues , qui ont la double vertu de calmer et de fortifier le système nerveux, et d’agir en même temps sur le système lymphatique. Si nous trouvons dans la conformation du crâne que le cerveau ou ses enveloppes sont lésés par queic[ue tumeur ou protubérance osseuse, ou par une tumeur de la nature de celles cpe ce vice produit dans la cavité du crâne, nous n’essaierons point de toiirmenterp'ar des remèdes inutiles un malade atteint d’une affection dont les causes sont au-dessus de la puissance de Fart. Si, au contraire, cette cause efficiente n’est pas dans la cavité du crâne, mais fixée â l’extérieur dans un membre , et si le spasme , en partant de ce point, se propage au cerveau pour y développer les symptômes épileptiques, nous conclurons avec fondement qu’un filet nerveux est irrité ou comprimé par quelque tumeur lymphatique dont Fablation fera cesser la maladie , ainsi qu’on en trouve tant d’exemples dans les traités de cette affection.

La méine remarque peut se faire pour d’autres aÜections qui n’attaquent point le système nerveux, et dont le siège se trouve dans la poitHne ou l’abdomen. Si un phthisique vient se confier a nos soins, et si nous apprenons, par son expose ou

du rapport de ses parens, que la phthisie pulmo-

iiaire a déjà fait des ravages dans sa famille et qræ ce mal est véritablement héréditaire , cette circonstance nous fournit déjà de fortes probabilités pour croire que sa phthisie est tuberculeuse, surtout si nous apercevons chez notre malade ou dans sa famille quelque signe de la diathèse scrofuleuse; et quand meme ces signes manqueraient , la seule circonstance de l’hérédité nous éclaire sur le caractère de la maladie, et sur la nullité , pour ainsi dire, des ressources de la médecine pour la combattre avec succès. c

^ Four répondre à la question de savoir si toutes les maladies liéréâitaires sont incurables , ainsi c[ue de certains auteurs Font annoncé, ou s’il y en a dans le nombre qui puissent guérir et d’autres qui résistent toujours aux ressources de l’art, il faut se rappeler que nous avons vu dans le chapitre second, concernant les maladies qui sont véritablement héréditaires, que ees affections attaquent le système nerveux , le système lymphatique , et , en troisième lieu, les parties musculeuses , ligamenteuses et fibreuses. Nous pourrons réunir les deux premières classes, puisqu’elles dépendent d’une meme cause morbide, qui, en relâchant les

zq6

solides, en diminuant le cours de la lymphe, produit la plupart des maladies du système lymphatique. La même cause, en relâchant le tissu des organes et en affaiblissant féconomie animale, prédispose aux affections nerveuses; et lorsque le même principe vient à faire éclore dans les diverses cavités splanchnic[ues des engorgemens glanduleux , des tumeurs lymphatiques, des kystes, des tubercules ou des tumeurs squirrheuses , des protubérances ou des déviations dans les os , et que ces différentes tumeurs naissent surtout dans le crâne, il en résulte une impression fâcheuse sur le cerveau et le système sensitif, qui donne * Heu aux maladies cérébrales et aux affections nerveuses héréditaires.

Le troisième ordre formera une section particulière, à cause des différences que les maladies qui la composent offrent dans leur caractère en les comparant aux premières.

SECTION PREMIÈRE

Traitement des maladies nerveuses et Ijmphadques

héréditaires.

Le caractère d’hérédité rend , d’après le témoignage des meilleurs praticiens et l’expérience de chaque jour, une maladie beaucoup plus rebelle et plus opiniâtre. Bien souvent, Iprsqu’clle est domptée par un traitement approprié, elle se renouvelle par la moindre cause, parce qu’il reste

dans rorganisation nne disposition à la même maladie qui agit sans cesse et qui tend continuellement à la reproduire. Cependant les auteurs de médecine pratique donnent des exemples de maladies héréditaires les plus graves et les plus opiniâtres qui ont cédé aux efforts de l’art, lors même qu’il n’y avait aucun espoir de succès. Qui aurait pu se flatter de guérir un épileptique , troisième rejeton d’une famille dont les deux frères étaient morts de l’épilepsie , et qui avait aussi vu périr du même mal son oncle germain paternel et les huit enfans qui avaient hérité de lui cette cruelle maladie ? Pareille guérison fut pourtant le fruit d’une connaissance approfondie de ces maladies et d’une longue persévérance dans l’emploi des remèdes , entre les mains du célèbre médecin Zacutus Lusitanus ( Prax* Adm. ^ lib. I). Que d'exemples ne pourrait-on pas citer de maladies héréditaires les plus invétérées et les plus graves qui ont été traitées avec succès î

Quelles sont donc les maladies héréditaires qui peu»

vent guérir et celles qui sont vraiment incurables ?

Juqu’à présent les auteurs , vu les grandes difïb cuités que cette question présente, à raison des variations infinies qu’offrent les maladies de famille, à raison de l’ancienneté du mal et des causes accidentelles qui l’aggravent, et à cause surtout de la diversité apparente des principes liés â l’organisation qui les fomentent, n’ont pu y répondre d’une manière satisfaisante. Ils se sont

bornés à signaler quelques maladies ou l’espoir de guérir est plus marqué , et quelques autres ou les ressources de Fart sont jugées insulTisantes. -

Nous nous flattons de mieux réussir dans cette entreprise, si, comme nous en sommes convaincus, et si, comme nous avons tâché d’en convaincre nos lecteurs, le vice scrofuleux ou rachitique est vraiment la cause presque universelle des affections héréditaires.

Nous pouvons distinguer et mettre en trois classes différentes les phénomènes scrofuleux, et les produits de ce vice qui peuvent se manifester dans l’économie animale , qui deviennent la source d’une infindé de malàdies héréditaires , et dont le médecin peut entreprendre la guérison avec un espoir de succès bien différent.

Nous comprendrons dans la première classe tous les effets de ce vice qui s’offrent à la vue, et qui se manifestent sur les glandes du cou , des aînés, des aisselles, ou sur d’autres glandes disséminées sous l’organe cutané ou dans le tissu cellulaire; les affections croûteuses, teigneuses et dartreuses que la nature jette à la peau des sujets scrofuleux. Nous mettrons aussi dans cette classe les dépôts froids dans le tissu cellulaire, les affections provenant d’une action plus profonde de ce vice, comme le ramollissement, la déviation, la courbure et le boursoufflement des substances osseuses, l’engorgement des glandes internes, et surtout des mésentériques, d’oîi résulte le carreau.

SUR LES MALADIES CHRONIQUES. :2g9

qui est une des formes les plus communes sous lesquelles le vice scrofuleux se manifeste. Se rangeront encore dans cette classe les maladies convulsives de l’enfance, produites par cette cause morbide , laquelle agit en développant là mobilité nerveuse par le relâchement qu’elle introduit dans le tissu des solides , ou en irritant les cordons nerveux ou la substance cérébrale par les engorgemens lymphatiques que ce vice produit dans le département du système sensitif, ou bien en développant cette irritation nerveuse par de fausses directions à la substance des os , d’oii résultent des aspérités ou des tumeurs qui agissent par compression ou par irritation sur le cerveau ou le S3^stème nerveux.

‘ Nous ferons entrer, enfin, dans cette même classe toutes les maladies héréditaires, soit nerveuses ou lymphatiques , qui attaquent l’enfance avant l’époque de la puberté. - .

2!^. Nous rangerons dans la deuxième division les phénomènes scrofuleux qui forment un ordre d’alfections dont le ‘développement se fait à l’intérieur dans la plupart des viscères, et qui se bornent néanmoins à des engorgemens glanduleux , ou à des tumeurs lymphatiques encore susceptibles de résolution. Mais, comme ces effets se manifestent d’ordinaire après l’époque de la puberté, c’est après cet âge que nous supposons que les maladies résultant d’engorgemens lymphatiques sur les viscères se seront développées. Si c’est dans le

3oo

cerveau que se forment de pareils engorgemens il en résultera des maladies convulsives, maniaques, apoplectiques et paralytiques, parce que ce viscère et les nerfs qu’il fournit auront à souffrir de la compression ou de l’irritation exercées sur leur substance par de semblables tumeurs. Nous comprenons dans cette classe la dysphagie , l’asthme et autres maladies de la poitrine qui résulteront de l’obsti-uction des glandes bronchiques dumédiastin, etc., diverses affections de l’estomac provenant de l’engorgement du pancréas, de l’obstruction du pilore ; des maladies du foie , de la rate , et autres affections produites par des tumeurs lymphatiques et l’engorgement des glandes du mésentère; enfin un nombre infini de maladies de la matrice , occasionées par la gêne du sang dans ce viscère , telles que suppression menstruelle , ménorrhagie provenant encore des engorgemens en question. Nous réunissons, en un mot , dans cet ordre toutes les maladies nerveuses et lymphatiques de l’enfance qui ont résisté à la révolution critique de la puberté.

5^, Enfin , la troisième classe sera composée des diverses altérations osseuses produites par le rachitis de l’enfance, qui n’ont point été corrigées par les révolutions des âges, et qui continuent à irriter ou comprimer les viscères, et entretiennent les maladies convulsives et paralytiques dont nous avons parlé ,* les divers engorgemens glanduleux au mésentère ou dans les viscères qui sont devenus

SUR LES MALADIES CHRONIQUES. 50ï

tubei'culeux, cancéreux, ou qui ont passé à une autre dégénérescence organique. Ainsi les tubercules qui se forment dans le poumon et dans d’autres viscères , et qui sont la cause de la maladie héréditaire la plus fréquente , la phthisie pulmonaire ; les tumeurs tuberculeuses ou enkystées qui développent les affections asthmatiques ; les différens kystes qui prennent naissance dans d’autres viscères ety engendrent, par la compression, l’irritation, des maux plus ou moins graves ; enfin les tumeurs squirrheuses et cancéreuses qui peuvent également se manifester dans tous les organes , et qui atteignent surtout la matrice, le sèîn , les testicules,' l’estomac et le foie, se rangent naturellement dans cette troisième classe.

Les maladies qui rentrent dans la première division sont celles que l’on peut se flatter de guérir encore, malgré qu’elles soient héréditaires. La première raison que nous alléguerons en faveur de notre opinion, est que ces maladies ne sont pas encore trop anciennes, puisque nous les supposons développées dans le premier âge de la vie, et qu’ elles n’ont pas encore jeté dans l’économie des racines assez profondes, ni produit des impressions assez fortes pour qu’on doive renoncer à tout espoir de guérison. Le second motif qui doit nous encourager dans leur traitement avec espoir d’en triompher, c’est quêtons les maux que produit le vice scrofuleux dans l’enfance se montrent plus ordinairement à l’extérieur ; ils affectent de préfé-

5oû

rence le cuir chevelu, la peau, les glandes placées sous cette enveloppe ; ils épargnent les viscères ; et si les glandes mésentériques se trouvent atteintes, comme cela arrive assez souvent, ces engorgemens sont de nature à être résous par les effets de l’agent conservateur et ceux de l’art. Et lors même que le vice scrofuleux sous la forme du rachitique porte des impressions plus profondes dans l’économie animale , en attaquant la substance des os, et en pi'oduisant des désordres dans le système osseux C[ui en amènent dans les organes des cavités que ces os forment , ces désordres peuvent être encore corrigés par les efforts réunis de la nature et delà médecine. Ces ¥

OS peuvent alors se redresser, et il en résulte moins de difformité dans les parties extérieures , une diminution et la guérison même des maladies qui auront été le fruit des courbures , déviations et protubérances osseuses. r

La .troisième raison qui doit nous faire espérer une heureuse issuede toutes ces maladies , c’est l’espoir de les voir disparaître à l’époque de la puberté , époque ou la nature guérit si souvent toutes les maladles’de l’enfance, alors même qu’elles ont été traitées auparavant sans succès. Par cette révolution critique, la laxité de la fibre disparaît, le cours de la lymphe est activé, le système nerveux est fortifié , la grande mobilité des nerfs diminue , les engorgemens glanduleux disparaissent, les os sont redressés, leurs tumeurs patho-

SUR LES MALADIES CHRONIQUES. 5o5

logiques s’affaissent, et quels que soient les désordres qu’ait produit le vice scrofuleux dans le tissu des chairs , des glandes et des os / on ne doit point désespérer de la guérison tant que l’enfant en proie à ces maux n’a pas franchi cette époque de la vie si salutaire. Toutes les maladies convulsives résultant de la débilité générale , ou de celle du système nerveux, ou de l’influence de diverses tumeurs lymphatiques sur le cerveau et les nerfs , peuvent également trouver leur solution dans cette crise de Fâge (i). Aussi tous les praticiens savent que lerachitis , le scrofule, la teigne, la tympanite , les dartres , l’épilepsie , l’aptitude aux convulsions , et généralement toutes les maladies'qui attaquent les systèmes nerveux et lymphatique dans le premier âge de la vie , se tei^minent assez souvent à l’époque de la puberté.

Mais l’espoir de guérir les maladies héréditaires que nous avons comprises dans notre seconde division est infiniment moindre, puisque nous supposons que ces maux ont résisté à l’heureuse influence de la puberté , c|ui est le meilleur remède qui puisse leur être opposé. Elles sont aussi plus invétérées , ce qui diminue d’autant l’espoir de les combattre avec fruit ; et d’ailleurs ici les

(i) Plurimœ vero affectiones pueris judicantar pavtim.,., partim ad puhertatem accedentibus . Qiiæ vero permanserïni pueris affecliones et non exsolutæ fuerint circa puherlalem^ diiUurnce jîeri soient (HipLûcratE; aph. xXfiiIj sect, iii).

effets du vice scrofuleux s’établissent plus par-ticullèrement dans les viscères ; leurs désordres et leur gravité «sont plus considérables , et leur terminaison fâcheuse est plus à craindre. Aussi voiton c[ue toutes les maladies héréditaires qui se développent après l’âge de vingt ans , ou qui ont résisté à la révolution critique de l’adolescence, sont plus graves et guérissent plus difficilement. Une autre raison qui doit diminuer l’espoir de les traiter avec succès , c’est que les engorgemens glanduleux et lymphatiques formés dans les viscères peuvent facilement s’enflammer, tomber en fonte purulente ou subir une dégénérescence organique , et , dans tous ces cas , la terminaison de la maladie ne peut être que funeste.

Cependant, comme nous supposons, dans les affections héréditaires de cet ordre, qui! n’existe encore c[u’un engorgement des glandes ou des obstructions froides des viscères susceptibles de résolution , on ne doit pas renoncer à tout espoir de guérison , malgré que cet espoir soit bien affaibli par le caractère d’hérédité , par l’ancienneté du mal , par la privation de la crise salutaire de la puberté , par la crainte d’une dégénérescence des tumeurs scrofuleuses , et par leur siège dans

des viscères importuns .

Enfin nous pouvons prononcer que les maux héréditaires de la troisième division sont totalement incurables , parce que les produits scrofuleux qui les enfantent ne sont plus susceptibles de

SUR LES MALADIES CHRONIQUES* ' 3o5

résolution , et que bien souvent ces produits sont des transformations de tissus ou des dégénérés-^ cen ces organiques qui tombant en fonte amènent nécessairement la mort. Aussi répilepsie^ l’apoplexie , la manie et les convulsions qui résulteront d’une mauvaise conformation des os du crâne, de quelque protubérance interne des os de cette cavité , ou d’une glande devenue tuberculeuse ou squirrheuse , ou de quelque kyste formé dans le cerveau ou sur ses enveloppes , étant produites par des effets des vices scrofuleux et rachitique que l’on ne peut plus détruire , pareilles maladies seront nécessairement incurables. Et quand même il n’existerait aucune de ces causes , ni aucun vice organique dans la substance propre du cerveau ou des nerfs , ces affections ayant résisté â l’heureuse influence de la puberté, auront par cela même acquis un caractère d incurahilité ,

Une malheureuse expérience de chaque jour nous apprend combien la phthisie pulmonaire héréditaire, dont la cause est une substance tuberculeuse du poumon ou une mauvaise conformation des os de la poitrine se joue de tous les remèdes vantés contre la phthisie. On sait aussi combien l’asthme entretenu par des kystes ou des tubercules dans les organes thoraciques est peu accessible aux ressources de l’art, et combien l’hydrothorax qui en résulte est souvent mortel et presque toujours incurable. Que dirons-nous des maladies héréditaires du foie , de la rate , de l’es-

tomac y des intestins , du mésentère , de l’épiploon et de la matrice , fomentées par des masses enkystées , tuberculeuses ou cancéreuses ? Oh I certainement il n’est pas de médecin un peu versé dans ies^ connaissances de son art qui ne prononce hardiment que tous ces maux, ne fussent-ils pas héréditaires, sont entièrement incurables. Voilà pourquoi l’hydropisie ascite , le cancer de la matrice , et tous les maux de famille qui tiennent à la lésion du système lymphaticjue , et qui se déclarent à l’âge mûr ou à celui de retour chez le

sexe , résistent à tous les efforts de la médecine.

SECTION IL

Traitement des affections héréditaires musculeuses

et ligamenteuses*

Malgré les rapports qui existent entre cet ordre de maladies et le précédent , on ne peut les confondre, et on ne peut rapporter celles-ci d’une manière aussi probable à l’influence du vice scrofuleux. Cependant on pourrait rassembler beaucoup de faits qui prouveraient que les affections rhumatismales et goutteuses dépendent d’une lésion du système lymphatique. Des auteurs ont été jusiju’à dire que la goutte est , comme les écrouelles, une maladie des glandes dans des arficulations. D’autres attribuent aussi la plupart des phénomènes de cette maladie à une lésion des vaisseaux

lymphatiques. Le docteur Pujol , dans son Essai sur les Maladies de la lymphe , range aussi la goutte parmi celles du système lymphatique , et nous avons déjà vu que M. Portai avait fait des rapproçhemens plus ou moins heureux entre tè rachitis et cette affection douloureuse.

Cela n’empêche pas que la méthode curative et préservative de la goutte ne repose sur des bases bien différentes de celles qui concernent les écrouelles^ et les différens maux héréditaires ^qui sont dus au vice scrofuleux. Le rhumatisme chronique admet un traitement qui serait plus analogue à celui de ce vice et des maladies qui lui sont subordonnées ; mais les faits qui peuvent prouver sa dépendance du principe scrofuleux sont moins nombreux et moins bien établis.

Faut-il renoncer au traitement d’une goutte héréditaire? Cette affection offre presque toujours ce caractère ; et il n’est peut-être pas de maladie oii , depuis Hippocrate jusqu’à nous, ce caractère ait été mieux reconnu par les praticiens. Le médecin cherchera encore long-temps l’antidote de la goutte , et cette maladie sera toujours incurable tant que l’on ne se flattera de la dompter que par la pharmacie. Mais nous avoqs cité des exemples ou un régime sévère et peu nourrissant, l’augmentation de la transpiration par l’exercice et toutes les causes qui peuvent la rendre plus abondante , sont des moyens véritablement curatifs , puisqu’ils éloignent les accès au point quel’on peut

5o8" ■ RECHERCHES

espérer qu’ils se dissiperont entièrement. Tous les médecins connaissent les bons effets de cette sévérité de régime et la manière dont ils ont été préconisés par le Vénitien Cornaro. Nous avons cilé l’observation d’un jeune homme (2® classe, Malade Ijmph,) âgé de vingt-cinq ans, chargé d’un embonpoint monstrueux et attaqué du premier accès dégoutté, qui l’effraya; des exercices violens le débarrassèrent des sucs graisseux superflus, et de mirent à l’abri dans la suite de cette affection.

Le rhuîiiatisme héréditaire est, comme toutes les maladies c]ui offrent ce caractère, très-rebelle aux moyens de l’art. Cependant on ne peut le mettreàu nombre des maladies entièrement incurables, parce que d’ordinaire il n’est entretenu par aucun vice organique ni par aucune dégénérescence de tissu qui lui mérite ce titre. Il est vrai que lorsque le renouvellement de ses accès et l’ancienneté du mal sont tels que les membres ont essuyé des engorgemens considérables , que le jeu des muscles et des articulations est presque anéanti , et que les parties souffrantes ont subi une espèce de désorganisation , alors la maladie peut bien être regardée comme véritablement incurable.

Quant aux anévrysmes du cœur et des gros vaisseaux bien développés et bien établis, on peut prononcer qu’ils sont tout-à-fait au-dessus des efforts de la médecine, parce que cela est toujours ainsi, lors, même que ces maladies n’offrent pas le caractère d’hérédité.

Sog

Page 1