ARTICLE PREMIER
Moyens Prophylactiques généraux des Maladies
héréditaires^
Puisque le vice scrofuleux est la cause d’un grand nombre de maladies héréditaires, sous quelque forme qu’elles se présentent; puisque ce vice peut rester cache long-temps dans le corps sans donner des marques de son existence; puisque les écrouelles peuvent se manifester non-seulement dans l’enfance, mais à tous les âges de la vie en prenant des formes différentes ; et si ce vice , lorsqu’il a l’air de disparaître entièrement , n’est que refréné et tenu en haleine par l’énergie vitale; et si d’ailleurs dans cet état d’innocuité apparente il peut encore être transmis pai\voie de génération , le médecin doit toujours être sur ses gardes et se méfier d’un ennemi qui , dompté en apparence, n’attend qu’une occasion favorable pour faire de nouveaux ravages.
D’après cela les moyens généraux pour prévenir les maux héréditaires doivent être employés à toutes les époques de la vie, mais principalement à l’époque du premier âge, où ce vice sévit plus particulièrement. Ces moyens seconderont puissamment ceux que nous avons désignés dans le chapitre qui précède sur l’éducation physique des enfans.
Il suit de ce qui 'vient d’être dit que , pour être conséquent dans nos principes ^ nous devons passer en revue les circoiistanees favorables au développement du vice scrofuleux ; indiquer les divers^ moyens qui s’opposent à l’influence de ces causes si elles existent^ et ceux cjui modifient et remédient à leurs effets lorsqu’elles ont déjà agi sur l’individu que l’on veut soustraire aux maux héréditaires.
On sait que toutes les causes débilitantes favorisent le développement de ce vice; 011 sait qu’il s’accompagne d’un relâchement générai des solides , que chez les scrofuleux les chairs sont flasques y la circulation lente , le tissu cellulaire fortement développé;, que la lymphe a un certain degré d’épaississement , soit que celui-ci dépende de Faction immédiate de ce vice , ou qu’il soit le résultat de l’inertie des vaisseaux lymphatiques. Or ^ toutes les causes qui favorisent le relâchement de la fibre, l’engouement des vaisseaux absorbons et la faiblesse du système tendent à développer ce vice , à multiplier ses pernicieux effets dans F économie animale et , par conséquent , à concourir au développement des maux héréditaires.
i'". Les écrouelles se manifestent plu's fréciuemment dans les pays montagneux que parto'ut ailleurs, circonstance qui est due, selon les uns, à la boisson de neige fondue, et selon d’autres, au froid ou au régime des habilans de ces contrées, bn les rencontre ordinairement dans les endroits
liumldes , marécageux, et dans les villes qui, par leur position sur le courant des rivières , ou par les brouillards qui s’y forment, eu égard à l’exposition des vents , sont continuellement exposées à l’action débilitante du froid et de l’humide.
2®. Le vice scrofuleux se développe encore dans les habitations basses, chargées d’humidité, et surtout dans les appartemens au rez-de-chaussée , écrasés , peu aérés et privés de Faction vivifiante du soleil, où les familles sont entassées et les soins de propreté négligés. Aussi a-t-on observé que les maladies scrofuleuses étaient, sous ce rapport , plus communes parmi les gens du peuple que dans la classe aisée, parce que celle-ci jouit ordinairement de maisons spacieuses bien aérées et tenues dans un état de propreté convenable.
3^. Ce vice est favorisé par les alimens pesans et indigestes, par la bouillie, les farineux non fermentés, par les légumes , par une surcharge d’alimens que l’estomac ne digère pas, ou qu’il digère mal , ou par une nourriture relâchante.
4°. Rien ne prête plus de forceet ne favorise tant les progrès des maladies scrofuleuses que le défaut d’exercice; soit qu’une nourrice ou une mère insouciante laisse croupir toute la journée son nourrisson dans sa couche, soit f|ue la même négligence ou la même cruauté le laisse sur une chaise lorsqu’il pourrait déjà se livrer à quelques petits mouvemenSjOuqu’enfin, plus développé, il soitcondamné, par une éducation mal entendue, à gar-
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lier, dans un college, un entier repos; ou que; plus tard , ses occupations ou son genre de vie le forcent de rester dans rinaction. Rien n’augmente autant l’atonie des organes , le relâchement de la fibre , et l’épanouissement flasque des tissus vlvans que cette privation entière ou presque totale de l’exercice.
5®. Toutes les causes débilitantes , telles qu’une diète prolongée , l’habitation d’un pays humide , des évacuations abondantes , et surtout la malheureuse habitude de l’onanisme chez les enfans d’un certain âge, les habillemens légers dans la saison rigoureuse, le sommeil trop prolongé et l’habitude de coucher dans un lit trop mou sont autant de causes qui donnent de l’énergie au vice scrofuleux , et à tous les maux héréditaires qui peuvent s’ensuivre.
Avoir indiqué les principales causes qui favorisent l’influence scrofuleuse sur l’économie animale, c^est avoir déjà fait pressentir les moyens hygiéniques propres à éviter leur action pernicieuse. Par conséquent pour prévenir le développement des maladies, héréditaires, en général , il faut choisir un pays sec, exposé à la salutaire influence du soleil, sur les bords de la mer ou dans des plaines éloignées des marécages , des brouillards , dont la température habituelle de l’atmosphère soit plutôt chaude que froide.
!1 faut placer les sujets qui redoutent ces maux dans de petites villes ou à la campagne où l’air est
moins chargé d’émanations animales , et ses caractères vitaux moins affaiblis par le mélange de toutes sortes de gaz ou de vapeurs. Il faut qu’ils habitent des appartemens élevés que le soleil y laisse pénétrer ses salutaires rayons , que la propreté y préside , et que leur chambre ne soit pas nouvellement bâtie , que leur couche soit plutôt dure que molle.
Le régime doit être composé moitié de substances animales, moitié végétales; les mets un peu stimulans , des ragoûts légèrement assaisonnés , des repas légers, l’usage du vin trempé, celui du café, l’exclusion des farineux, surtout non fermentés , voilà en général le régime le plus favorable pour les personnes infectées du vice scrofuleux.
Des habillement qui garantissent des froids rigoureux en hiver , mais assez légers dans les autres saisons pour que la peau prenne une certaine vigueur par les vicissitudes de l’air ; l’habitude de peu couvrir la tête , celle surtout d’avoir les pieds chauds, d’entretenir la transpiration insensible , en évitant autant que possible les passages brusques de l’atmosphère, et en pratiquant sur toute la peau des frictions sèches ou avec les substances aromatiques; la précaution de se, lever matin et de sacrifier le moins possible au sommeil.
Ajoutez à ces moyens bien dirigés la plus grande surveillance vis-à-vis des enfans pubères afin d’éviter les pernicieux effets de la masturbation , et