ARTICLE IL
Moy ens prophylactiques spéciaux des maladies
héréditaires ,
Nous portons en nous-mêmes le germe de toutes les maladies : cependant nous n’éprouverions pas les angoisses qu’elles nous donnent si ce germe n’était développé par des causes accidentelles. Plus les constitutions sont assez malheureuses pour renfermer en elles nombre de germes morbides , et plus ces constitutions sont exposées à essuyer les fâcheuses influences d’un nombre infini de maladies. L’homme qui a été favorisé de la nature et qui jouit d’un juste équilibre dans ses organes , celui dont les ressorts sont assez puissans pour résister à l’action des causes qui peuvent troubler l’économie vivante, parcourt une longue carrière sans infirmité et sans douleur ; il arrive au bout de sa course sans entraves ; il s’éteint par faiblesse ; la vie s’en&it au lieu de lui être ravie.’ Mais ces cas sont rares ; l’organisation est ordinairement telle que non-sêulement la machine humaine souffre des maux aigus et accidentels ^
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mais elle endure encore toutes les affections lentei que des dispositions héréditaires ou acquises lui suscitent. Ces dispositions seraient insuffisantes pour produire un pareil résultat , si des causes placées hors de l’individu et qui exercent sur lui une certaine influence ne venaient les mettre en vigueur.
Nous supposons donc dans cet article que les dispositions héréditaires ^ malgré les précautions prises pour les faire disparaître au moyen d’alliances faites selon les principes établis au chapitre cinquième y existent encore ; qu’une éducation physique mâle et vigoureuse n’a pu les détruire , et que les moyens d’hygiène et les secours pharmaceutiques employés pour combattre ce vice lymphatique qui les produit d’ordinaire ou qui les rend plus actives y ont été inutilement employés. Dans cette hypothèse y le ministre de la nature peut encore prévenir ces maladies en écartant tous les agens qui tendent à leur donner l’évell , en détruisant les principes morbides qui donnent plus de force à ces dispositions organiques , enfin y en mettant les sujets en qui elles sont nées à l’abri de toutes les circonstances qui se prêtent volontiers y d’après l’expérience y h leur développement. Il sera d’autant plus nécessaire d’agir et d’insister sur ce dernier moyen pour empêcher d’éclore ces fatales maladies, que l’on aura été moins soigneux sur l’article des alliances matrimoniales ; et que les enfans issus de pareils ma-
riages auront été physiquement élevés diaprés des principes opposés à ceux que nous avons développés.
Nous partagerons ce deuxième article en quatre divisions. La première renfermera les maladies héréditaires qui se développent dans Fenfance j usqu’à F époque de la puberté , et les moyens prophylactiques qui peuvent s’opposer à leur développement. La deuxième, celles qui se manifestent après cette époque jusqu’à Fâge mûr. La troisième, les affections héréditaires qui datent de cet âge et qui se montrent jusqu’à la vieillesse. La quatrième , celles du dernier âge de la vie.
Pour faire sentir Futilité de cette division , il faut se rappeler ce que nous avons dit au sujet du vice scrofuleux , dont les effets sont si différens/ dans Fenfance, de ceux cjui se montrent après la puberté, et des effets de ce même vice qui se manifestent plus tard. Non-seulement le vice scrofuleux suit la direction des âges en se portant , comme on Fa observé depuis long-temps des influences morbides, à la tête, dans Fenfance ; à la poitrine, dans l’adolescence ; et à l’abdomen, à Fâge mûr. Mais la différence des âges en amène une sensible dans l’état du système , dans les divers appareils organiques qui doivent faire varier' les méthodes curatives. Le vice scrofuleux lui-' même produit des effets bien différens suivant tel ou tel âge , et ces effets changent encore ou doivent faire modifier le mode de traitement.
Ainsi dans renfance tout est atonie , faiblesse et engouement. Les systèmes nerveux et lymphatique sont plus atteints que les autres; la tête reçoit la décharge des principes morbides. Le vice scrofu-^ leux se borne pendant cet âge â affecter le tissu des glandes , à les engorger sans les rendre tuberculeuses ; il attaque encore la substance des os y la ramollit et lui donne des directions non naturelles , sans que ces effets soient incurables. Or, ces trois circonstances doivent faire adopter un traitement prophylactique différent de celui qu’il faut employer après la puberté.
A cette époque , le système lymphatique perd son influence , le vasculaire sanguin se ranime , le musculaire acquiert aussi plus d’énergie, la mobilité nerveuse s’évanouit. D’ailieurs^, c’est la poitrine oii se manifestent les impressions morbides ; c’est là où le théâtre des mouvemens pathologiques s’établit. Ces circonstances doivent donc faire modifier le traitement qui doit prévenir les maux héréditaires. D’ailleurs, le vice scrofuleux produit d’autres effets que dans l’enfance : ce ne sont plus de simples engorgemens glanduleux ; ce sont des tubercules qu’on ne saurait résoudre; ce sont des kystes de différente nature qui se forment ; ce sont des épanchçmcns lymphatiques qui se durcissent. Or , le système modifié de manière que l’atonie est remplacée par le ton de la fibre et la prédominance du système sanguin, et la nouvelle forme qu’affecte le vice
SUR LES MALiDIES ClîllOî^lQUES.
lymphatique générateur des maux héréditaires , doivent amener des changemens importans dans les secours médicinaux qui doivent prévenir ces maladies.
A Fâge viril ^ la scène change encore : les viscères abdominaux sont l’aboutissant des mouvemens naturels et des fluxions pathologiques. Ce n’est plus le système artériel qui domine, c’est le veineux. Il se fait dans chaque sexe une autre révolution qui amène la pléthore de ce système. D’autres maladies se développent ; le vice héréditaire affecte une autre forme plus pernicieuse encore, qui est la cancéreuse. Ici les passions changent et modifient les causes morbides. Par conséquent les remèdes propres à prévenir ces maux héréditaires doivent nécessairement se i apporter à ces différentes circonstances, et leur nature doit être bien différente de celle des moyens préservatifs qui sont utiles aux autres âges.
Dans la vieillesse, enfin, autre changement. Les viscères abdominaux les plus inférieurs s’affectent, et comme les extrêmes se touchent, et comme si le cercle d’Hippocrate existait réellement, les influences morbides portent de nouveau à la tête. Mais à cet âge tout est faiblesse; il n’y a plus de pléthore. Le système artériel a perdu toute son activité; celle du veineux est aussi moindre : néan* moins c’est le nerveux qui souffre le plus. Aussi voilà les apoplexies et les paralysies héréditaires qui se manifestent. Les facultés intellectuelles s’éclipsent, pour ainsi dire, chez les vieillards;, le
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traitement propliylaotlque doit redevenir tonicpie et stimulant compie dans renfance.
D’après ce qui vient d’être dit^^cette division est, à notre avis , la plus naturelle, puisqu’elle sert àdis<tinguer parfaitement la méthode curative prophylactique de certaines afTections héréditaires de celle qui convient à d’autres d’un caractère différent.
§ Maladies héréditaires de V enfance. Les maladies nerveuses et lymphatiques se font plus particulièrement sentir à cet âge. Les convulsions, et l’épilepsie, qui est le maximum de l’état convulsif, se manifestent alors. Les tumeurs glanduleuses, les éruptions à la tête, la teigne, le rachitisme sont les affections de l’enfance, Les ma-? ladies de la dentition , les hernies , les descentes du rectum, l’engorgement des glandes mésenté-. riques en font aussi le cortège.
Le vicescrofiileu:^, en affaiblissant le tissu général des solides, rend le système nerveux plus mobile chez les enfans, les dispose conséquemment à toutes les maladies convulsives , car raptltude aux convulsions est toujours en raison de la faiblesse de la fibre. Ce même vice, qui est lié à un état ato-. nique, porte principalement ses effets â la tête , aux glandes du mésentère et sur le système osseux. En portant de préférence à la tête, le cerveau et le système nerveux, déjà très-mobile chez les enfans par l’effet de l’âge , et par l’action de ce vice,^ en éprouvent une fâcheuse influence, y surtout lorsque les excrétions séreuses , que la nature sus-.
SUR LES MALADIES CHROA^IQUES.
cite pour se débarrasser de ses impressions, Tiennent à se supprimer, et que le cerTeau et les nerfs en reçoivent la décliarge. t ,
Conséquemment, pour prévenir tous ces maux liéréditaires , et principalement les convulsions et l’épilepsie , il faut mettre en usage les moyens qui fortifient la constitution de l’enfant et qui doivent rendre ses nerfs moins mobiles. C’est pour préve^nlr de pareilles maladies que les secours d’iiyglène qui entrent dans l’éducation physique des enfans trouvent ici leur application. C’est encore ici le cas d’employer tous les moyens diététiques et médicinaux que nous avons indiqués pour combattre le vice scrofuleux, source générale des maladies héréditaires.
Pour prévenir les convulsions pendant la dentition, rien n’est plus utile qu’un flux diarrhoïque qui procure une révulsion salutaire vers les partles inférieures, et diminue par conséquent l’irri^ tation de la bouche. La nature s’oppose toujours à la disposition convulsive par cette dérivation humorale, et l’art l’imite toujours avec succès en provoquant cette évacuation. Il en sera de même pour l’épilepsie. La liberté du ventre, les exutoires qui appelleront a la peau les produits excré-* mentitiels nuisibles, l’usage des vermifuges amers qui jouissent de la double, vertu de combattre les vers et de fortifier les organes digestifs, et, par contre-coup, tout le système, seront de puissans moyens pour prévenir l’épilepsie héréditaire.
RECHËRCHES
Le mercure doux est un remède qui, donné à petites doses , peut être un bon moyen prophylactique, puisqu’il combat d’une manière directe, le vice scrofuleux, s’oppose à la génération des vers ou les détruit quand ils existent ; et sous ce double rapport, il peut être d’une grande utilité.
Il faudra en outre écarter toutes les causes qui peuvent ébranler le système nerveux, comme là frayeur, les impressions vives et subites, une contrariété trop forte, et tous les stimulus quelconqueS/ qui agissent sur le système sensitif.
Parmi les différens remèdes recomman dés par les auteurs pour combattre l’épilepsie et pour en prévenir le développement , aucun ne mérite plus de confiance que la valériane sauYage; et s’il est des cas où cette substance doive être employée avec succès, c’est sans doute à titre de préservatif de l’épilepsie héréditaire, puisqu’elle a le triple avantage d’agir sur le système des nerfs par une action spécifique, de fortifier l’estomac, et de diminuer les substances muqueuses et glaireuses qui engouent l’enfance , et, enfin, de remédier à l’état vermineux, qui, comme nous venons de le dire , est très-souvent une cause déterininante des convulsions et de l’épilépsie.
Pour ce qui regarde les autres maladies de l’enfance qui sont plus particulièrement dues à Finfluence du vice scrofuleux sur les systèmes lymphatique et osseux, tout ce que nous avons dit
sur la manière de combattre d’une manière géiié-
raie ce vice trouve ici son application. Les moyens hygiéniques et médicamenteux qui allument une fièvre artificielle, ceux qui, en agissant vivement sur l’économie, augmentent l’énergie vitale, les exutoires placés aux environs de la tête pomr provoquer les évacuations naturelles que la nature suscite sur ces parties, l’usage de la garance, des bains froids et du quinquina si l’on redoute le rachitisme, les amers unis aux alkalis, et lesmer- ^uriaux si les glandes sont menacées d’engorgement ; tels sont les mieilleurs remèdes prophylactiques pour prévenir les maladies de l’enfance en question, , ^
s n. Maladies héréditaires de V adolescence. Les principales affections héréditaires qui se développent après la révolution de la puberté et qui attaquent la poitrine, sont l’hémoptysie, la phthisie pulmonaire, l’asthme et les maladies organicpies du cœur. Le vice scrofuleux est la cause ordinaire des tubercules qui se forment dans le poumon, et par conséquent de cette phthisie formidable qui immole tant de victimes. Les moyens prophylactiques qui peuvent empêcher l’explosion de cette fatale maladie seront, à cause de l’importance du sujet, exposés dans un chapitre particulier. ^
Les autres maladies dont nous venons de parler peuvent être aussi le résultat de ce vice , lorsque les embarras qu’il engendre dans le poumon développent cette dyspnée habituelle connue solts
le nom asthme y soit en gênant la circulation du sang dans les organes de la respiration^ soit en provoquant sa sortie par la trachée , ce qui donne lieu à l’hémoptysie ; ou bien ces mêmes obstacles forceront le cœur oii les gros vaisseaux à ^se dilater d’une manière passive y et il en résultera anévrysme passif de ce viscère. Quant aux anévrysmes actifs, ils ne doivent pas tenir à une pareille cause ; ils sont plutôt l’effet d’une trop grande activité du système artériel et du cœur , qui est à la tête de ce^ système , que des engorgemens pulmonaires ; et cette activité existe très-rarement chez un sujet infecté de scrofule, puisque la faiblesse du système sanguin, comme de l’économie entière, est un des principaux caractères de ce vice.
Pour prévenir l’hémoptysie héréditaire, qui est pour ainsi dire le premier degré de la phthisie tuberculeuse, il faut éviter toutes les causes qui tendent à accumuler le sang dans la poitrine , et augmenter les obstacles qui y gênent déjà la circulation de ce fluide. De petites saignées au bras ou au pied, les pédiluves aiguisés, la liberté du ventre, l’éloignement des causes qui produisent le spasme ou des émotions vives, comme les veilles prolongées, les passions vives de l’âme, l’exercice violent du corps et surtout des organes de la respiration, l’emploi d’un régime adoucissant sans qu’il favorise néanmoins les effets du vice scrofuleux; tels sont les moyens prophylactiques qui pourront avoir quelque succès.
SUR UES maladies chroniques r
Les évacuations sanguines réitérées y des exercices modérés qui n’exigent ni course, ni efforts, ni soulèvement et transport de fardeaux, l’éloignement des passions violentes de l’âme qui agissent avec tant de force sur les battemens du cœur, et de toutes les causes qui exercent trop fortement le système musculaire et qui troublent la circulation du sang, seront ceux qui concourront le plus puissamment à prévenir les affections anévrysmales actives du cœur. Quant aux passives, comme elles dépendent des mêmes causes que celles qui produisent l’astlime, qui sont des tubercules, des kystes de différente nature cjui se forment dans la poitrine, et qui, en gênant la circulation pulmonaire , développent les maladies en question , le moyen le plus direct pour prévenir ces affections héréditaires et pour empêcher que le vice scrofuleux, en se déposant sur la poitrine, comme cela arrive après la puberté , ne les fasse éclore , ce sera d’appliquer des exutoires aux membres inférieurs, dont les rapports sympathiques avec la poitrine sont connus, ou aux bras , ou aux parois de cette cavité, pour obtenir une révulsion plus directe. Ces exutoires doivent être profonds, ils
doiventexercerieur action dans le tissu cellulaire , * ♦
afin que leurs effets soient plus efficaces , et qu’ils empêchent plus sûrement la matière tuberculeuse de se former dans la poitrine.
On évitera avec le plus grand soin toutes les Localises stimulantes, celles qui tendent à supprimer
EÉCIÎERCHÈS
OU à diminuer riiisenslble transpiration, et tous les agens qui , par leur actîpn sur la muqueuse tracliéale’ousur la substance pulmonaire^ e'tabliraient une pblogose dans ces organes , et y appelleraient les depots tuberculeux.
L’exercice du cheval, si préconisé pour les affections chroniques du poumon, sera egalement un excellent moyen pour donner du ton à cet or^ gane , combattre le spasme, entretenir les éva-* cuations cutanées , et repousser des organes de la respiration les produits scrofuleux.
L’accroissement des forces vitales après la pu-* berté, la prédominance que prend alors le système artériel, et le siège des maladies héréditaires qui se trouve dans l’organe qui reçoit autant de. sang que tout le corps, forment des circonstances essentielles qui changent entièrement le traite-* ment prophylactique des maladies héréditaires de cet âge ,* conséquemment les moyens qui s’opposent à la phlogose toujours imminente sont les meilleurs remèdes prophylacticjues. Aussi les évacuations sanguines par la lancette ou par les sangsues doivent être placées à la tête de ces moyens : L’hémoptysie s’accompagne touj ours d’une disposition inflammatoire; les affections anévrysmales en participent aussi. D’ailleurs, les évacuations sanguines peuvent être encore utiles en faisant disparaître l’irritation pulmonaire excitée par l’âge ou par des causes accidentelles qui peuvent attirer sur les poumons la matière tiibercu-
leuse. Les saignées seront aYantageusement secon-^ dées par les remèdes tempérans, relâchans et sé-* datifs qui composent le féglme anti - phlogistique.
La prédominance du système artériel à cette époque de la vie, et la disposition à l’état inflam-' matoire qui en résulte, exigent que les moyens généraux anti-scrofuleux indiqués comme pro-pliy lactiques des maux héréditaires soient infiniment modifiés. On doit choisir les plus doux, ceux qui agacent le moins les capillaires sanguins ; et même, en les mettant en usase , on doit accompagner leur emploi des tempérans et relâchans qui doivent leur servir de correctif. Et non-seulement les anti-scrofuleux trop actifs, tels que ceux qui produisent les secousses fébriles , qui font naître la phlogose dans le système et qui augmentent l’énergie^ des forces vitales, seraient nuisibles en produisant une irritation phlogistique dans le poumon qui faciliterait le dépôt tuberculeux, et en développant par conséquent les maux héréditaires que l’on veut prévenir \ mais ils le seraient encore si déjà le poumon était atteint de tubercules , en favorisant leur inflammation et leur fonte, et en hâtant le développement du mal héréditaire le plus grave, dont nous nous sommes réservé de faire connaître les moyens prophylactiques dans un chapitre particulier.
Concluons donc que les anti-sci^ofuleux trop actifs ne doivent point figurer parmi les moyens
îlÈClîEîltlHËâ
préservatifs des maladies héréditaires de la trille ; cjue les évacuations sanguines sont les meilleurs remèdes prophylactiques de ces affections; que les moyens qui éloignent Firrltation tiennent un second rang dans lequel les saignées doivent trouver encore une place; enfin que les révulsifs les plus énergiques qul^ en déplaç an tl’ irritation et en changeant la mauvaise direction des mouvemens vitaux , servent encore à décharger le poumon des dépôts scrofuleux ^ sont les plus pulssans de tous : tels sont les exutoires ^ qui agissent profondément dans le tissu cellulaire.
S ni. Maladies héréditaires de Vâge a)iril. Les mouvemens fluxionnaires changent encore de direction à Fâge mûi>r L’épigastre et les viscères abdominaux en sont l’aboutissant. Ce n’est plus le système artériel qui prédomine d’une manière vicieuse , c’est le système veineux qui exerce la prépondérance , mais surtout le viscéral ou celui de la veine porte. 11 se forme un état pléthorique dans l’un et l’autre sexe dans ce système , qui est plus particulièrement provoqué chez les femmes par la suppression naturelle des mois. C’est alors que se montrent les dégénérescences cancéreuses qui sont essentiellement liées à cet état pléthorique dépendant de cette cause.
Les affections rhumatismales et surtout les goutteuses en dépendent aussi y puisque la goutte attaque principalement les individus de cet âge qui font une bonne chère et qui vivent dans l’inaction.
SUR LES IVLVLADIES CHRONIQUES; 56g
LèÉ eihbarras qui se forment et qlii sont la source des différentes hydropisies héréditaires y produi-» sent également > s’il existe une niohilité nerveuse considérable, les maux hypochondriaques, les affections mélancoliques et maniaques héréditaires parce que les causes qui irritent le système nerveux abdominal font ressentir leur pernicieuse influence au cerveau et y déterminent raliénatioli des facilités intellectuelles. Les maladies héréditaires qui se développent à cette épôque de la vie sont donc les affections cancéreuses , les hydrbpisies et les tumeurs squirrheuses et, enkystées, les maladies goutteuses, rhumatismales^ etles affections hypôchondriaques , mélancoliques et maniaques.
Le traitement prophylactique de ces sortes de maladies doit tendre à diminuer cette pléthore veineuse en question, à calmer l’irritation nerveuse abdominale, et à empêcher les dépôts scrofuleux sur les viscères de cette cavité; on joindra d’ailleurs à ces moyens les remèdes anti-scrofuleux , qui peuvent diminuer ou pallier les effets de ce vice lymphatique. On doit se rappeler qu’à cette époque la tendance à l’inflammation diminue à raison de la diminution de rinflucnce du système artériel, et que l’état atonique, moindre pourtant que dans l’enfance, lui succède, parce qu’on voit le tissu cellulaire se charger de graisse, et le système absorbant avoir moins d’activité pour pomper les sucs qui inondent ce tissu.
. Il suit de ces principes qu’un régime frugal
HECIIERCIIES
OU une espèce de diète doit être le pi’emier moyeit à opposer au développement de ces maladies héréditaires ; ensuite de petites saignées praticjuéespar intervalles , et mieux encore l’application des sangsues aux vaisseaux hémorrhoïdaùx , seront un excellent remède pour atteindre ce but. En effet, l’expérience a appris combien cette route était la véritable pour prévenir, à l’âge de retour, nombre de maladies chronicjues, et même pour guérir celles qui existaient déjà. On secondera ces moyens par un exercice convenable propre à diminuer la plétliore abdominale, et par la boisson des eaux minérales , €|ui en augmentera les effets. On ajoutera , à l’usage de ces remèdes , celui des substances médicamenteuses C[ui favorisent les excrétions cutanées si salutaires dans les affections goutteuses et rliu- ' matismales , et on écartera avec soin toutes les causes qui peuvent diminuer ou supprimer l’insensible transpiration. Il faudra encore éviter les passions de l’âme qui , comme la colère, l’ambition, la pas^ sion des richesses et les chagrins domestiques , agissent sur le système nerveux épigastrique etdé^ veloppent les affections nerveuses héréditaires.
Les différens moyens propres à combattre les effets du vice lymphatique que nous avons dit être la principale source des maux de famille, se borneront à ceux qui excitent légèrement le système lymphatlc[ue sans produire de grande^ secousses, sans quoi on s’exposerait à provoquer les dégénérescences cancéreuses que l’on veut prévenir. On
^un LES MALÂîilES CtlÜOKIQUESi Syî
jpouri’à leur associer de légers toniques 3 j^arce qu’oii a iriolns à craindre l’ëtat inflammàtoièe. L’usage des exutoires pi’ofonds j appliques sur les par^ lies inférieures, préviendra les effets ultérieurs de ce vice, et les dépôts squlérheiix , caricéreüx ou enkystés qui se font à cette époque sur la plupart des viscères de T abdomen.
§iv. Maladie^ hérédïtàirés de la vieilleWèé A cette époque delà vie> tous les systèmes s’affaissent et perdent l’influence partlciilièfe qu ils ont tée chacun à son tour. Lés chairs se dessèchent , la faiblesse devient générale ; niais le système ner^a Veux et le cerveau s’en ressëntënt plus que les autres appareils organiques. Les mouveniens vitaüx et pâthologiqües dirigés antérleüremerit VerS l’abdonieh changent encore de direction; Cependant il en existe encore dans cette cavité qui produisent des affections dé la vessie ou des nialadiés des Voies^ tirlnairés ; mais les oscillations organiques sè diri^ gent de nouveau à la tête pour fornder un cercle pathologique) comme Hippocrate le supposait) pour les fonctions des organes. Lé cerveau, faible chez l’enfant, s^ affaiblit de nouveau chez le vieillard J
les facultés intellectuelles diminuent. Ainsi se vérifie cet adage connU) que nous sortons enfans du berceau et que nous arrivons tels à la fin de notre carrière. Aussi cette faiblesse relative de Fencé-* phale donne lieu à l’apbplexle et aUx paralysies héréditaires qui surviennent plus particulièrement à la vieillesse;
ÎIECHEBCIÏES
Le défaut d’exercice , la trop grande liaLitudê du vin , r engorgement de l’estomac chez les personnes voraces y et surtout les contentions d’esprit familières aux gens de cabinet^ favorisent les dispositions héréditaires à l’apoplexie.
Par conséquent y pour prévenir l’explosion de cette maladie grave chez les personnes qui y sont naturellement disposées y il faut nécessairement écarter ces causes. Un régime frugal , beaucoup d’exercice^ moins de travail à l’égard des facultés intellectuelles , des alimens pris en petite quantité^ surtout le soir, l’usage des remèdes qui •fortifient l’estoniae et le système nerveux, et qui préviennent le raptiis des fluides à la tête et empêchent la formation des concrétions lymphatiques dans le cerveau, seront les moyens les plus efficaces pour prévenir les maux apoplectiques et paralytiques héréditaires.