‹ Nouvelles recherches sur les propriétés physiques, chimiques et minérales des eaux de ChateldonChapitre 23 sur 30 · REMARQUES · texte numérisé non relu

REMARQUES

M me de Saint-Joigny a rechuté plusieurs fois , et sa diarrhée n'a été entièrement arrêtée qu'après avoir fait usage pendant plusieurs années de suite des eaux de Chateldon. Aujourd'hui, cette malade est complètement guérie d'une affection très grave, et qui donnait des craintes sérieuses sur sa terminaison.

11 e observation. — Gastro -Entérite chronique.

M. Aufauvre, instituteur, demeurant à Escurolles , arrondissement de Gannat, département de l'Allier, âgé de 60 ans, d'une constitution assez robuste, d'un tempérament Bilioso-sanguin , ayant fait une partie des campagnes de l'empire pendant lesquelles il éprouva des fatigues et des privations de toute espèce. Il y a environ quinze ans, il fut atteint d'une inflammation aigùe des voies digestives qui passa à l'état chronique.

Tous les moyens que la médecine emploie en pareille circonstance ayant échoué chez ce malade, et le mal augmentant de jour en jour, on lui fit prendre chez lui, au printemps dernier, les eaux de Chateldon transportées, et comme ces eaux passaient bien, son médecin

lui conseilla d'aller les boire sur les lieux mêmes dans le courant du mois de juillet de l'année -1842.

Etat de ce malade à son arrivée aux eaux, le i5 juillet de la même année.

L'estomac, chez Mi A., était habituellement tendu par des gaz ; ses digestions étaient longues et difficiles , et l'appétit peu prononcé ; la langue était un peu rouge à sa pointe et sur les bords. Au dévoiement qui survenait de temps en temps, succédait une constipation assez opiniâtre ; les urines n'offraient rien de particulier. Le teint était jaune , l'amaigrissement assez considérable ; et ses forces avaient diminué d'une manière sensible. M. A. dormait mal et se plaignait d'éprouver des vertiges et des douleurs de tête assez vives ; son imagination était frappée, et la crainte de ne pouvoir se rétablir, était chez lui une idée dominante. Lorsque ce malade faisait le plus léger écart de régime, il avait des indigestions qui le faisaient rechuter et lui donnaient la diarrhée pendant plusieurs jours. Le laitage était mal supporté ainsi que les fruits.

Je prescrivis les eaux les premiers jours à de faibles doses, (deux verres le matin à jeun), afin de m'assurer si elles passeraient bien. Le quatrième jour, je lui conseillai d'en prendre trois verres le matin et deux verres dans la soirée; il en prenait également à ses repas coupées avec un peu de vin vieux; dix bains entiers pendant le cours du traitement.

Pour régime , de bons consommés , des viandes blanches , des mets sucrés et au jus etc. promenades en plein air sur les montagnes voisines, lorsque le temps était beau ; douze ou quinze jours après l'arrivée de ce ce malade aux eaux, les selles devinrent plus régulières et l'appétit plus vif et plus soutenu. Il allait à la garderobe une fois chaque jour.

A son départ de Chateldon, un mois après son arrivée dans cet établissement, il avait repris un peu plus de forces, et son teint était meilleur ; son appétit était plus vif, plus soutenu ; il éprouvait moins de gonflement à l'estomac et dans le ventre ; son moral était meilleur, et il avait l'espoir de guérir d'une maladie qu'il regardait comme mortelle.

J'ai su depuis que ce malade s'était bien trouvé des eaux de Chateldon , qu'il a continué à boire chez lui , pendant plusieurs années de suite avec le plus grand succès.

12 e observation. — Gastro- entérite chronique.

Madame R. âgée de 31 ans, demeurant à Thiers, d'un tempérament nerveux, d'une constitution délicate, est venue boire les eaux de Chateldon dans le courant du mois de juin 1854 pour une inflammation gastrointestinale qui datait déjà de plusieurs années.

Figure jaune et amaigrie, tristesse, langueur et faiblesse dans les mouvements ; langue un peu rouge sur

les bords et à sa pointe , et saburrale dans le milieu ; douleur épigastrique, quelquefois continue, mais le plus ordinairement intermittente : cette douleur augmente après le repas , lorsqu'il a été un peu copieux , ou après l'ingestion de substances grasses ou irritantes ; chaleur morbide au moment de la digestion, lorsque la malade a un peu trop mangé. La présence des aliments calme sur le moment la douleur qu'elle ressent à l'estomac, mais cette douleur devient ordinairement plus vive pendant le travail de la digestion. Il y a quelquefois des vomissements de substances alimentaires quelques heures après le repas ; la soif est assez vive , et elle se plaint d'un goût aigre et salé ; éructation sans odeur et parfois acides et nidoreuses ; rumination faisant revenir à la bouche le goût des aliments qu'elle a pris, ou de l'eau claire. Il n'existe aucune tumeur appréciable au toucher dans le ventre. Il y a chez cette malade de la constipation alternant souvent avec un peu de diarrhée, avec des coliques et dégagements de gaz dans les intestins.

Cette maladie a été traitée à son début par les antiphlogistiques et une diète assez sévère. La malade a été purgée plusieurs fois, et les purgations, loin d'améliorer le mal, n'ont fait que l'augmenter.

Les eaux de Chateldon ont été prises les premiers jours, à la dose de deux ou trois verres le matin à jeun, mais comme elles passaient bien M me R. en prenait jusqu'à six verres le matin ou dans la soirée ; elle en buvait aussi à ses repas coupées avec un peu de vin

vieux; dix bains entiers pendant le cours du traitement avec 1/3 d'eau minérale et 2/3 d'eau douce.

A son départ des eaux, l'appétit était meilleur, plus soutenu , plus régulier ; la douleur épigastrique qu'elle ressentait avait cessé , et les digestions étaient plus faciles et moins longues ; les selles étaient meilleures , et M me B. allait à la garde-robe presque tous les jours sans diarrhée ni coliques.

Les renseignements que j'ai eu sur cette malade m'ont appris que le mieux s'était soutenu après l'usage des eaux, mais qu'elle avait rechuté plus tard.

13 e observation. — Gastro-Entérite.

Georges Gironde, âgé de 40 ans , cultivateur, d'un tempérament bileux , d'une assez bonne constitution , s'était toujours assez bien porté , lorsqu'à la suite d'une fièvre intermittente qui a duré près de deux ans, il a vu «ses digestions devenir laborieuses et difficiles, et se plaignait de souffrir de l'estomac et des intestins depuis plusieurs années.

Etat de ce malade à son arrivée aux eaux au mois de juillet i85i :

Figure un peu amaigrie, teint jaune, langue assez naturelle, coliques intestinales suivies de dévoiement qui revenait lorsque ce malade faisait le moindre écart de régime, et durait pendant plusieurs jours. Cet homme

— !)8 — se portait mieux l'hiver que dans les fortes chaleurs. Le lard, le lait, le vin étaient mal supportés; appétit assez soutenu, digesiions difficiles et quelquefois vomissement de ses aliments, lorsqu'il faisait un repas un peu copieux : il se plaignait de gonflement à l'estomac et d'avoir beaucoup de vents pendant et après le travail de la digestion ; le sommeil était bon ainsi que le moral. Les forces chez ce malade avaient beaucoup diminuées, et ne lui permettaient pas toujours de se livrer à ses occupations journalières qu'il était forcé d'interrompre lorsqu'il souffrait davantage. II. se plaignait de vertiges et de douleurs de tête ; il était sujet à des Epistaxis qu'il n'a plus maintenant

Ce malade a été saigné, il y a trois aqs pour la première fois, pour des maux de tête, et il a encore été saigné l'année dernière pour la même cause.

Georges Gironde est venu boire les eaux de Chateldon le 12 juillet 1854 sur l'avis de M. Roche, médecin à Puy-Guillaume.

Je lui ai conseillé d'en prendre en commençant, deux ou trois verres le matin à jeun et un verre ou deux dans la soirée ; les eaux passant avec la plus grande facilité par la voie des urines, et étant bien supportées, il en a pris plus tard jusqu'à six ou huit verres dans les vingtquatre heures. Pendant son traitement aux eaux, il allait librement à la selle une ou deux fois par jour, et ses selles étaient naturelles. Au bout de trois semaines il se

trouvait mieux, son appétit, était meilleur, plus soutenu, et ses digestions moins longues et plus faciles.

A son départ des eaux il avait le teint meilleur et se trouvait mieux sous tous les rapports.

Le mieux s'est soutenu pendant quelques mois , mais le malade se nourrissant mal, et étant obligé par nécessité de se livrer à un travail manuel et au-dessus de ses forces, a rechuté quelque temps après, et il est revenu l'année suivante, boire les eaux de Chateldon dont il n'était pas très éloigné, à peu près dans le même état où il se trouvait lorsqu'il y était venu pour la première fois.

14 e observation. — Dyspépesie.

Elisabeth Durif, âgée de 25 ans, demeurant à Randan (Puy-de-Dôme,) d'un tempérament lymphatique, d'une constitution délicate , n'a été réglée que lorsqu'elle s'est mariée, et a eu les pâles couleurs avant son mariage; elle n'a qu'un seul enfant qui a 4 ans. Depuis sa jeunesse elle était sujette à des maux d'estomac et vomissait quelquefois ses aliments : lorsqu'elle était à jeun, elle rendait souvent des glaires ou un peu de salive ; appétit peu prononcé, dégoût pour les aliments gras ; expression de langueur dans l'attitude et la démarche de cette malade qui était très impressionnable et très sensible aux plus légères variations atmosphériques. Aucune tumeur appréciable au toucher à l'estomac et dans le ventre. Il y avait des temps ou E. D, allait

mieux, ne vomissait plus, et ne rendait ni glaire ni salive. Le mieux qu'elle éprouvait était souvent subordonné à la quantité et au choix des aliments qu'elle prenait, et des boissons dont elle faisait usage : elle se portait mieux l'hiver et au printemps que pendant les autres saisons de l'année.

Cette malade qui habitait la campagne, n'avait jamais suivi de régime pour ses maux d'estomac, ni suivi les lois de l'hygiène : aucun traitement rationnel n'avait jamais été tenté chez elle.

E. D., après avoir fait usage des eaux de Chateldon transportées, qui la soulageaient chaque fois qu'elle en prenait, est venue les boire sur les lieux mêmes le 20 juillet 1854 : elle a pris les eaux pendant environ trois semaines, à la dose de trois verres le matin et deux verres dans la soirée. Au bout de quelques jours , les vomissements ont entièrement cessé, et, quand elle est partie, elle allait beaucoup mieux ; L'appétit était vif et soutenu, et les digestions se faisaient bien.

4 5 e observatioin. — Gastro-entéralgie-hypocondvie.

M. P. D., âgé de 35 ans, d'un tempérament nerveux, d'une constitution délicate, négociant, demeurant à Lyon, est venu à Chateldon pour y boire les eaux, le 8 juillet 1854.

lùat de ce malade, à son arrivée aux eaux :

Figure un peu amaigrie, traits légèrement altérés, langue un peu jaune et saburrale le matin à jeun, bouche pâteuse , appétit quelquefois assez vif et parfois nul; lorsque M. D. souffrait davantage, il se plaignait d'avoir comme un barre à l'estomac qui était gonflé et ballonné ainsi que le ventre, quelques heures après avoir pris ses repas ; constipation habituelle , matières dures, séparées et couleur gris d'ardoise , ce qui le forçait à faire un usage fréquent de lavements ; digestions longues et difficiles, malaise général, chaleur à la peau avec élévation et fréquence du pouls pendant le travail de la digestion ; éructations sans odeur, émissions abondantes de gaz par la bouche et l'anus, ce qui le soulageait momentanément. Les mets épicés et salés, les corps gras, les fritures à l'huile, le> farineux, la pâtisserie étaient mal supportés par l'estomac, ainsi que toute espèce de liqueurs spiritueuses et le vin pur ; le malade vomissait rarement, et les vomissements n'avaient lieu que lorsqu'il mangeait un peu trop ou lorsqu'il prenait des aliments indigestes. M. D. se plaignait de douleurs de tête et de vertiges, tant que ses digestions n'étaient pas faites, et se trouvait toujours mieux le matin que dans la soirée. Les urines étaient claires, limpides et abondantes. La sensibilité nerveuse chez ce malade était très développée, un rien l'irritait et

le contrariait; il était dégoûté de la vie, évitait les grandes réunions où il aurait pu éprouver de la gêne et de la contrainte; il était triste, et tout l'ennuyait; il dormait mal, et son sommeil était souvent interrompu par des rêves fatigants ou par la crainte de ne pas guérir de sa maladie. Quand il allait mieux, il était moins triste et son moral était plus tranquille. Le palper, chez ce malade, ne faisait découvrir aucune trace d'affection organique, il y avait seulement un peu de tension dans la région épigastrique et un peu de douleur à l'épi— gastre lorsqu'on appuyait fortement la main sur cette région.

M. D. était très impressionnable aux moindres changements de température; les temps orageux le fatiguaient beaucoup ; ses souffrances étaient plus vives pendant les grandes chaleurs de l'été et au commencement de l'automne.

L'état de ce malade était d'autant plus fâcheux que sa maladie était ancienne et que les différents remèdes qu'on avait employés avaient tous été sans succès : cependant, comme M. D. était jeune, et qu'il n'y avait chez lui aucune affection organique, je pensais que si les eaux de Chateldon ne le guérissaient pas entièrement , elles pourraient du moins le soulager.

Je prescrivis les eaux de Chateldon à la dose de deux verres le matin , coupées avec une infusion de feuilles d'oranger, mais comme ces eaux passaient bien , je lui conseillai ensuite de les prendre pures. Pendant le cours

— (03 de ce traitement, qui a duré un mois, il en buvait jusqu'à six verres par jour, sans compter celles qu'il prenait à ses repas coupées avec un peu de vin de bonne qualité : douze bains entiers avec 1/3 d'eau minérale et 2/3 d'eau douce. Cette médication, aidée d'un bon régime et de promenades faites en plein air, a eu pour résultat, de régler l'appétit, de le rendre plus vif et de faciliter les digestions. Le ventre, qui était habituellement tendu et ballonné par des gaz, est devenu plus souple, les selles plus régulières et plus faciles. Quand M. D. est parti de Chateldon, son moral était meilleur,, ses émotions étaient moins vives, et iL était plus rassuré sur son état. Depuis son départ des eaux je n'ai eu aucun renseignement sur le compte de ce malade , mais tout porte à croire qu'il s'est très bien trouvé de les avoir prises.

1G C observation. — Dyspépesic compliquée de .symptômes hystériques.

Françoise Chaumette, femme d'Aussonne, âgée de 33 ans, demeurant à Thiers, d'un tempérament Ijmphathique, d'une constitution délicate, est venue boire les eaux de Chateldon le 23 août 1854, pour une maladie à l'estomac dont elle se plaignait depuis plusieurs années, et qui s'accompagnait d'une très grande susceptibilité nerveuse.

Cette malade a été réglée à '18 ans, et s'est mariée à 21 ans : elle a eu trois enfants dont deux sont vivants ;

ses couches ont été heureuses. Elle se plaignait d'avoir des digestions longues et pénibles, de gonflements à l'estomac et de constipation assez opiniâtre. Les aliments qu'elle prenait passaient lentement, mais ils n'étaient jamais vomis ; elle rendait parfois un peu d'eau claire dans la nuit ou le matin à jeun ; elle était tourmentée par des gaz qu'elle rendait en assez grande abondance, ce qui la soulageait un peu lorsqu'elle les avaient rendus.

Elle se plaignait de migraines , de maux de nerfs, et d'avoir des envies fréquentes de pleurer ; elle était triste, très irritable, et dormait mal : son sommeil était troublé par des rêves fatigants, pénibles, interrompus par des réveils en sursaut; elle éprouvait des migraines, des serrements de gosier, des besoins de respirer qui nécessitaient plusieurs profondes inspirations de suite, et se terminaient quelquefois par de légères syncopes. Le flux menstruel, chez cette malade, était assez régulier et revenait presque toujours aux époques fixes, mais elle perdait un peu en blanc dans l'intervalle de ses règles.

F. C. a bu les eaux de Chateldon pendant trois semaines seulement, à la dose de cinq ou six verres par jour : elle a pris dix bains avec 1/3 d'eau minérale et 2/3 d'eau douce. Au bout de huit jours de leur usage, l'appétit était plus vif, plus soutenu; les digestions se faisaient mieux et étaient moins longues. A son départ de Chateldon elle allait un peu plus facilement à la

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garde-robe, et elle avait moins de vents : son moral était plus tranquille, ses nerfs moins tendus, et elle se plaignait moins de ses migraines.

Le mieux chez cette malade s'est soutenu après son départ des eaux, mais j'ai su qu'elle n'était pas entièrement guérie de ses maux de nerfs.

1 7 e observation. — (raslro-tniériic. — Lienterie.

Le nommé Vignaud, âgé de 24 ans, d'un tempérament bilioso-sanguin, d'une assez faible constitution, profession de tailleur, faisant partie de la réserve , est parti le i" avril 1854 pour aller rejoindre son régiment qui était en garnison à Montbrison (Loire). Avant son départ, il travaillait comme garçon tailleur à Saint-Etienne. Comme il passait souvent des nuits entières à travailler, se nourrissant assez mal , sa santé s'était notablement altérée , et il se plaignait d'être très échauffé, A peine arrivé à son régiment, on lui faisait faire six heures d'exercice par jour avec de la gymnastique, ce qui le fatiguait beaucoup. Au bout de quinze jours, ce jeune homme fut pris de violentes douleurs d'estomac avec diarrhée , ce qui le força à entrer à l'hôpital pour recevoir tous les soins qui lui étaient nécessaires. Sa santé , loin de se rétablir, devint de plus en plus mauvaise. Le peu d'aliments qu'il prenait, il les rendait par les selles sans être digérés, et il était si faible et si maigre, que le chirurgien-major de son régiment jugea h propos de le renvoyer dans sa famille avec un congé de six mois.

Etat de ce malade à son arrivée chez lui :

Figure amaigrie avec altération des traits, maigreur et faiblesse extrêmes , langue un peu rouge à sa pointe et sur les bords, couverte d'un enduit jaunâtre dans le milieu ; perte presque complète d'appétit , douleur sourde dans le ventre, augmentant par une forte pression, coliques, diarrhée abondante dans laquelle on remarquait des aliments mal digérés ; soif assez prononcée , pouls petit et plus fréquent que dans l'état physiologique, surtout au moment de la digestion ; gargouillement dans le ventre, borborygmes , etc. chilification lente, laborieuse, accompagnée de malaise, d'agitation de pesanteur, de frissons qui alternaient avec la chaleur, etc.

J'ai conseillé à ce malade de boire régulièrement , pendant un mois ou six semaines, les eaux de Chateldon qu'il aimait beaucoup., les regardant comme très propres à rétablir sa santé gravement compromise, tous les autres moyens qu'il avait employés ayant été sans succès. Le nommé Vignaud en buvait jusqu'à dix verres par jour, et les eaux prises à cette dose, loin de le fatiguer, rétablirent peu à peu les désordres fonctionnels de l'estomac et des intestins. Cette seule médication, jointe à un régime approprié à son état , l'a complètement rétabli , et aujourd'hui ce jeune bomme joui! d'une bonne santé.

— un —

18 e observation. — Affaiblissement des facultés physiques et intellectuelles , suite de V onanisme .

Un jeune homme de 23 ans, doué d'une forte constitution, d'un tempérament lymphatique, élevé àla campagne, avait joui d'une bonne santé jusqu'à l'âge de 15 ans, époque à laquelle il commença à se livrer sans frein ni mesure à l'onanisme. Par suite de cette funeste habitude, il avait presque entièrement perdu le sens de la vue, et présentait les symptômes suivants lorsqu'il vint me consulter :

Affaiblissement général des facultés physiques et intellectuelles, inquiétude extrême, angoisses continuelles, agitation nerveuse avec perte de sommeil, faiblesse générale, douleurs de tête très vives avec vertiges, marche chancelante ; pupilles dilatées et insensibles à la lumière, vue très affaiblie, figure pâle et couverte de gros boutons ainsi que la poitrine ; fourmillement et douleur dans les membres ; ses jambes pliaient sous lui, et il avait de la peine à se tenir debout. Le malade qui était fort et robuste et n'avait jamais vu de femmes, conservait encore assez d'embonpoint, mangeait avec appétit, mais digérait mal les aliments qu'il prenait : il recherchait la solitude, fuyait la compagnie des jeunes gens de son âge, et n'avait d'autre penchant que celui de se livrer à sa honteuse et funeste passion : pas de pollutions nocturnes.

Avant de venir nie consulter, il s'était adressé à plusieurs médecins, et il me dit que tous les remèdes qu'il avait faits jusqu'à ce jour avaient été sans résultat avantageux pour lui.

L'intérêt que ce malade m'inspira, en voyant les infirmités qui l'accablaient dans un âge où tout devait lui promettre force, santé et vigueur, me suggéra l'idée de lui faire boire les eaux de Chateldon, les regardant comme très propres à relever ses forces qu'il perdait de jour en jour. Je lui conseillai aussi de renoncer à sa funeste habitude s'il voulait guérir, et de suivre un bon régime.

Après six semaines de l'usage des eaux de Chateldon en bains et en boisson à la dose de dix à douze verres par jours sans compter celles qu'il buvait à ses repas , coupées avec du vin vieux et de bonne qualité, il commença à en ressentir de bons effets. Les fourmillements et les douleurs qu'il éprouvait dans les membres , diminuèrent, ses jambes prirent un peu plus de forces, et sa démarche était moins chancelante. Les boutons qu'il avait à la figure et sur la poitrine disparurent ; ses digestions qui se faisaient lentement, devinrent meilleures ; le sommeil, dont il était privé depuis longtemps, remplaça des nuits passées dansdesangoisses continuelles. J'ai su, depuis le départ de ce malade des eaux, que le mieux s'était soutenu et faisait espérer chez lui une entière guérisnn.

19 e observation. — Gastro-Entéralgie.

M. Fayol, négociant, demeurant à Saint-Etienne (Loire), âgée de 32 ans, d'un tempérament nerveux et sanguin, était atteint d'une irritation gastro-intestinale fort ancienne contre laquelle on avait employé sans succès tous les remèdes dont on fait usage en pareille circonstance. Les rechûtes, chez ce malade, avaient le plus ordinairement lieu l'hiver, et le forçaient à garder le lit ou la chambre pendant un mois ou six semaines. Les eaux de Chateldon qu'il avait prises chez lui dans le courant de l'année 1842, ayant paru le soulager, son médecin lui conseilla d'aller les prendre sur les lieux mêmes au mois de juin 1842.

Etat de ce malade à son arrivée aux eaux :

Absence de fièvre, teint assez naturel, embonpoint assez bien conservé, sommeil tantôt bon et tantôt agité, moral inquiet, crainte de mourir, gouflement à l'estomac après le plus léger repas ; digestions difficiles et laborieuses , pas de vomissements ; rapports , éructations , constipation opiniâtre, langue un peu rouge à sa pointe et sur les bords et saburrale dans le milieu ; appétit assez soutenu, mais irrégulier.

Le 25 juin, ce malade a commencé à boire les eaux à la dose de trois verres le matin à jeun , et à prendre des bains avec 1/3 d'eau minérale et 2/3 d'eau douce. Pour

régime, de bons consommés, des fruits fondants et cuits, des mets au jus , des viandes bouillies et rôties, exercice en plein air lorsque le temps était convenable, etc.

Au bout de huit jours, les eaux passant très bien chez ce malade, et étant bues avec plaisir, je lui permis d'en prendre dix ou douze verres dans la journée , sans compter celles qu'il buvait à ses repas a\ec un peu de vin vieux de bonne qualité. Sous l'influence de ce seul traitement , les selles qui auparavant , étaient rares et difficiles, devinrent plus naturelles.

Le 9 juillet, c'est-à-dire quinze jours après son arrivée aux eaux , M. Fayol prit la diarrhée , mais chaque fois qu'il allait, il se sentait soulagé. Le dévoiement s'arrêta de lui-même au bout de deux jours pour faire place à des selles régulières et bien liées, d'une couleur jaunâtre. Depuis ce moment, les digestions qui, auparavant étaient laborieuses, devinrent plus faciles et moins longues; les forces augmentèrent avec l'appétit, et, avec le sommeil , s'évanouirent les inquiétudes d'une mort prochaine dont il se croyait menacé.

Ce malade partit de Chateldon après un traitement de vingt-cinq jours dans un état si satisfaisant que les personnes qui buvaient les eaux en même temps que lui, avaient de la peine à croire au changement favorable qui s'était opéré dans sa santé.

20 n observation. — Gastralgie. — Gravelle.— Coliques néphrétiques.

M me M... rentière, âgée de 55 ans, demeurant à Cusset (Allier) , d'un tempérament nerveux , ayant cessé d'être réglée depuis plusieurs années , était sujette à des coliques d'estomac qui avaient une marche intermittente. A la suite de violents chagrins, les coliques d'estomac prirent une nouvelle intensité , et M me M... éprouva pour la première fois, il y a environ trois ans, de la pesanteur et des douleurs déchirantes dans la région des reins el des uretères. Durant les accès, elle ressentait une cuisson assez vive dans le trajet du canal de l'urètre ; les urines étaient rares et chariaient de temps en temps de petits graviers d'acide urique. Pour remédier à cette incommodité, M me M... avait employé plusieurs années de suite les eaux de Vichy en bains et en boisson.

Cette malade m'ayant consulté, je l'engageai à prendre les eaux de Chateldon , et mes conseils ayant été suivis, elle vint les boire sur les lieux mêmes le 6 juin 1839.

Je prescrivis les eaux à la dose de trois verres le matin à jeun, et, dans la journée elle en prenait à ses repas coupées avec du vin de bonne qualité. La malade prenait tous les jours un bain avec 1/3 d'eau minérale et 2/3 d'eau douce.

Les premiers effets de cette boisson furent d'augmenter la sécrétion des urines, de les rendre plus abondantes,

et de faire cesser les douleurs qui avaient leur siège dans la région des reins et dans le trajet du canal de l'urètre. Depuis ce traitement, qui a duré environ trente jours, les urines avaient cessé de charier des graviers , et les douleurs d'estomac avaient complètement cessé. M me M.. a joui depuis d'une bonne santé, et n'a plus éprouvé de rechute.

21 e observation. — Grandie. — Coliques néprhétiques.

M. G. de F..., demeurant près Bourgoin , âgé de 40 ans, d'un tempérament sanguin, doué d'une forte consiitution, menant une vie active, est venu le 28 ma: 1840 à Chateldon boire les eaux, d'après l'avis du docteur Trépied, pour des coliques néphrétiques et pour une couperose.

Les coliques néphrétiques chez ce malade avaient paru pour la première fois, il y a environ deux ans, d'une manière brusque et sans cause connue : elles avaient, depuis l'époque de la dernière crise, une marche intermittente, et se renouvelaient, à peu près tous les mois.

Pendant les premiers accès, douleur à l'épigastre, vomissements, angoisses très vives , forces abattue, s douleurs déchirantes dans le rein droit, le long des uretères et du cordon des vaisseaux spermatiques du côté droit avec rétractation du testicule ; besoin fréquent d'uriner sans pouvoir le satisfaire, complètement ; soif

vive avec fièvre et privation de sommeil; sédiment rougeâtre et très abondant d'acide urique dans les urines qui étaient rares, bien que le besoin d'uriner persistât souvent à la fin des accès, dont la durée était de huit ou dix jours.

Eaux minérales et autres moyens employés avant l'arrivée de M. de F., à Chateldon.

Plusieurs applications de sangsues sur les parties qui étaient le siège de la douleur; bains généraux, cataplasmes laudanisés, potions calmantes, eaux alcalines artificielles préparées avec 1 gramme 1/2 de bicarbonate de soude par litre. Ces moyens soulageaient le malade momentanément, mais ne le guérissaient pas.

Traitement suivi à Chateldon par les boissons et les bains.

M. de F. a commencé à boire les eaux de Chateldon le 20 mai 1840, et a continué d'en boire pendant deux mois sans interruption ; il en prenait cinq ou six verres le matin à jeun , pures , et aux repas , coupées avec de très bon vin du pays. Chaque jour il prenait un bain entier avec 1/3 d'eau minérale et 2/3 d'eau douce. (20 bains pendant son séjour aux eaux).

Pendant tout le temps que M. de F. a fait usage des eaux, ses urines ont été très abondantes, claires et limpides, et il n'a pas ressenti la plus légère atteinte de

cpliques néphrétiques. Sous l'influence de cette seule médication, l'appétit a été vif, soutenu, 'es digestions parfaites. M. de F. a quitté Chateldon le 20 juillet dans un état de santé parfaite.

22 e observation. — Dyspe'pesie. — Gastralgie. — Maux de nerfs.

Madame de F. demeurant à Bourgoin, déparlement de l'Isère, âgée de 30 ans, mariée depuis 10 ans, d'un tempérament nerveux, d'une constitution délicate, ayant eu cinq enfants de suite et étant enceinte du sixième, était sujette depuis plusieurs années à des douleurs d'estomac et à des maux de nerfs qui apparaissaient sous l'influence d'émotions morales, même les plus légères.

Cette jeune dame étant venue à Chateldon avec son mari, auquel les eaux de Chateldon avaient été prescrites, je lui conseillai d'en faire également usage pendant son séjour à Chateldon , pensant qu'elles lui seraient salutaires.

Etat de cette malade à son arrivée aux eaux :

La face était pâle et les traits abattus ; les digestions étaient longues et difficiles, et s'accompagnaient de constipation avec dégagement de gaz à la fin du travail de la digestion ; elle rendait parfois de l'eau claire après ses repas, mais sans vomissements de matières alimentaires ; elle dormait peu, et son sommeil était souvent

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troublé par des rêves fatigants. Madame de F. était inquiète sur son état, et ses forces avaient sensiblement diminuées.

Les huit premiers jours se passèrent sans que la malade voulut boire des eaux minérales , pensant sans doute qu'elles seraient contraires à sa grossesse ; mais cédant enfin à mes conseils , elle commença à les boire à la dose de 2 ou 3 verres le matin à jeun, et aux repas, mêlées avec un peu de vin vieux de bonne qualité. Au bout de quelques jours de leur usage , l'appétit devint plus vif, plus soutenu, les selles plus fréquentes et plus naturelles, et les digestions meilleures.

Pendant tout le temps que Madame de F. a bu les eaux, sa grossesse a suivi sa marche naturelle; et, à son départ, elle avait plus de forces , dormait mieux , son moral était plus tranquille et plus rassuré : j'ai su que cette malade était accouchée très-heureusement au bout du terme de sa grossesse, et qu'elle jouissait depuis d'une assez bonne santé.

23 e observation. — Epuisement des forces.

Palpitations. — OEdème.

Madame Pélissier , demeurant à Maringues , département du Puy-de-Dôme, âgée de 40 ans , d'un tempérament lymphatique , mariée depuis trois ans seulement et mère de deux enfants , avait éprouvé une forte perte dans sa dernière couche. A la suite de cette perte , fai-

blesse extrême , face pâle et un peu bouffie , bourdonnements d'oreilles , palpitations , jambes engorgées , les soirs principalement : La malade se plaignait de ressentir un peu de fièvre la nuit et dormait mal : Le plus léger exercice l'essoufflait et la fatiguait. L'auscultation ne m'a fait reconnaître chez cette malade aucune affection organique du cœur. Madame Pélissier étant venue me consulter le 16 juillet 1840, je l'engageai à boire les eaux de Chateldon , qui lui avaient été aussi ordonnées par son médecin, pensant que ces eaux donneraient du ton et de l'énergie à des organes affaiblis par deux grossesses successives.

Le 17 juillet, Madame Pélissier a commencé à boire les eaux à la dose de trois verres le matin à jeun et aux repas mêlées avec un peu de vin vieux de bonne qualité. La dose des eaux a clé portée pendant le cours du traitement , qui a duré environ trois semaines , jusqu'à 8 ou 1 verres dans les 24 heures. Pour nourriture , de bons potages au gras , des viandes bouillies et rôties , composées principalement de viandes noires , et le plus d'exercice possible, en plein air quand le temps était beau.

A son départ de Chateldon, Madame Pélissier allait beaucoup mieux : elle était moins pâle , avait beaucoup plus de forces , et les jambes n'étaient plus engorgées. Tout le temps qu'elle est restée aux eaux , l'appétit a été vif et soutenu, les digestions très-bonnes et très-faciles : les urines ont toujours été très-abondantes ; et

chaque fois qu'elle avait pris un verre d'eau minérale elle ressentait le besoin d'uriner.

J'ai su depuis que cette malade était entièrement rétablie de son indisposition.

2i c observation. — Gravelle.

M. B. âgé de 56 ans, d'une constitution forte et robuste, d'un tempérament sanguin, d'un embonpoint assez considérable, menant une vie sédentaire et faisant habituellement bonne chère, était atteint , depuis longtemps, d'hémorroïdes internes qui Huaient rarement, et qui lui faisaient éprouver des démangeaisons très-vives chaque fois qu'il allait à la garde-robe. Malgré cette légère incommodité, M. B. paraissait se bien porter, lorsqu'il éprouva, pour la première fois , il y a environ deux ans , de la pesanteur et des douleurs déchirantes dans la région des reins et des uretères : ces douleurs avaient une marche intermittente. Durant les accès , il survenait des phénomènes fébriles, accompagnés, de temps en temps , de nausées et de vomissements. Les urines étant devenues plus rares , bien que le besoin d'uriner persistât souvent, M. B. s'aperçut qu'elles laissaient déposer , au fond do son vase de nuit , un sédiment rougeâtre , formé par de petits graviers.

Tel était l'état de ce malade , quand il réclama mes soins : d'après les symptômes qu'il éprouvait et l'examen de ses urines, il me fut facile de reconnaître qu'il

était atteint de la gravelle, et que cette gravelle était presque entièrement formée par de l'acide urique. Ayant combattu d'abord les symptômes inflammatoires par les bains, la diète et le repos; j'engageai ensuite M. B. à faire usage des eaux de Chateldon , regardant ce remède comme très-propre à la guérison de sa maladie. Comme ces eaux étaient bues avec plaisir, et qu'elles passaient avec la plus grande facilité par la voie des urines , j'en portai la dose à quatre pintes par jour. Le premier effet de cette boisson fut d'augmenter considérablement la sécrétion des urines , de les rendre plus aqueuses et de faire cesser les douleurs qui avaient leur siège dans la région des reins et dans la direction des uretères. Depuis cette époque, les urines de M. B. ont cessé de charrier des graviers , et il n'a plus ressenti la moindre atteinte de gravelle, malgré qu'il n'ait pas renoncé à son régime animal que l'on regarde , ajuste raison, comme trèspropre à entretenir cette maladie , en favorisant une sécrétion trop abondante d'acide urique.

25 e observation. — Leucorrhée. (Pertes blanches.)

Madame T. âgée de 32 ans, d'une constitution assez délicate , douée d'un tempérament lymphatique et nerveux , était sujette, avant son mariage, à des pertes blanches et à un dérangement dans les phénomènes de la menstruation. Durant les premières années de son mariage, sa santé fut assez bonne; mais la leucorrhée ,

qui paraissait guérie, ayant reparu, après un accouchement laborieux , jeta bientôt cette malade dans un état de langueur et de souffrance.

Un écoulement leucorrhoique , assez abondant, d'un blanc jaunâtre, avait lieu par les parties génitales, et cet écoulement était accompagné de démangeaisons assez vives dans le vagin, de pesanteurs à l'hypogastre et de douleurs de reins.

A ces symptômes locaux se joignait un dérangement marqué dans les fonctions digestives. La malade éprouvait des tiraillements habituels à l'épigastre ; ses digestions étaient longues , pénibles , suivies par fois de vomissements ; la face était pâle et bouffie ; les extrémités abdominales légèrement œdématiées : Madame T. se plaignait d'une faiblesse extrême dans les membres ; elle avait du dégoût pour les plaisirs, cherchait la solitude et une tristesse profonde était peinte sur ses traits : son sommeil était tantôt bon et tantôt agité.

Après avoir subi infructueusement plusieurs traitements , et avoir pris , plusieurs années de suite , les eaux de Vichy, Madame T. ne trouvant aucun soulagement à ses maux, essaya les eaux de Chateldon , dans le courant du mois d'août dernier.

A peine la malade eut-elle fait usage de ces eaux , que l'on vil diminuer les pertes blanches ; les cuissons furent moins vives; les douleurs de reins disparurent; l'appétit se régla ; les digestions cessèrent d'être aussi

laborieuses, el la nutrition se faisant d'une manière plus régulière, les forces se rétablirent ainsi que l'embonpoint. Madame T. jouit aujourd'hui d'une santé parlaite.

26 e observation. — Chlorose. (Pâles couleurs.)

Mademoiselle C. âgée de 19 ans, d'un tempérament lymphatique , d'une constitution assez forte , n'avait jamais été réglée; et ce retard dans les phénomènes de la menstruation , était accompagné de pâles couleurs. Depuis plus d'un an , cette jeune personne, qui était naturellement vive et enjouée , ne cherchait que le repos et la solitude ; ses forces se perdaient de jour en jour ; sa figure était pâle et parfois comme verdâtre ; ses lèvres étaient décolorées , ses paupières livides et légèrement tuméfiées après le sommeil , son appétit était tantôt nul et tantôt dépravé; les digestions se faisaient mal ; le ventre était dur et tendu. A peine Mademoiselle C. avaitelle pris quelque nourriture qu'elle sentait à la région de l'estomac un poids d'autant pins incommode que cette sensation douloureuse était toujours remplacée par le besoin de prendre de nouveaux aliments, et à peine ce besoin était-il satisfait qu'elle éprouvait la même incommodité.

A ces symptômes fâcheux , se joignaient une constipation opiniâtre et une mobilité extrême de tout le système nerveux.

Plusieurs traitements ayant été employés sans succès , je conseillai à cette malade l'usage des eaux de Chateldon : comme ces eaux passaient bien et qu'elles étaient bues avec plaisir , j'en portai la dose à deux pintes par jour, prises le matin pures et à jeun, et aux repas mêlées avec le vin. Au bout de six semaines , l'appétit se régla, et les digestions se rétablirent parfaitement. Après son départ de Chateldon , les règles ont paru ; les pâles couleurs se sont entièrement dissipées; le teint s'est animé, les forces se sont rétablies , et j'ai su depuis que cette jeune personne jouissait de la meilleure santé.

27 e observation. — Aménorrhée. (Suppression des règles.)

M mo L. , d'une constitution lymphatique et nerveuse, s'était toujours bien portée pendant les premières années de son mariages , et n'avait jamais cessé d'être convenablement réglée. Un jour qu'elle avait ses règles , elle fut se promener en voiture ; le cheval ayant pris le mors aux dents , la voiture versa , et cette jeune femme éprouva une si grande frayeur que ses menstrues se supprimèrent instantanément. Les premiers symptômes qui suivirent cette suppression furent un sentiment de chaleur dans la région hypogastrique , de douleur dans les lombes et de pesenteur dans le bassin ; des tranchées utérines se manifestèrent ensuite avec un léger gonflement du ventre, cl M mc L. se plaignait aussi d'éprouver

des maux de tête très violents. Tous ces symptômes semblaient prendre une nouvelle intensité à l'approche des périodes menstruelles. On employa , d'abord, pour rappeler les règles, la saignée générale, des applications de sangsues à la vulve, à la partie supérieure des cuisses, des bains de pieds sinapisés, des bains de siège, des fumigations aqueuses dirigées vers les parties génitales, des frictions sèches, des boissons rafraîchissantes ; plus tard , les amers , les emménagogues et les toniques, et malgré ces divers remèdes, l'aménorrhée persista.

Lorsque cette malade vint me consulter , elle était pâle, maigre et très faible ; son regard était abattu, une tristesse profonde régnait sur son visage ; elle mangeait peu et digérait mal ; elle se plaignait de douleurs d'estomac et d'une insomnie continuelle ; les jambes étaient œdématiées, ce qui inquiétait beaucoup M me L. et lui faisait craindre de tomber dans l'hydropisie ; les règles n'avaient pas reparu.

Cet état de mal-aise me paraissant dû à la suppression des règles , je conseillai à cette jeune femme de faire usage des eaux de Chateldon, pensant qu'elles lui seraient salutaires. Ces eaux furent prescrites pures, à la dose de trois verres chaque matin , et comme elles passaient bien , j'en ordonnai , bientôt après , deux pintes par jour.

Le premier effet de ces eaux fut de rendre l'appétit plus vif et de rétablir assez promptement les fonctions

digestives. Le vingt-quatrième jour , les règles commencèrent à couler. M me L. jouit maintenant d'une santé florissante, et n'a pas éprouvé de rechute.

28 e observation. — Métrorrhagie.

« Une dame , âgée de trente-huit ans , qui n'avait point eu d'enfants depuis douze ans , mais qui s'était épuisée par les veilles , la dissipation , les plaisirs de la table et tous les amusements auxquels les femmes, qui aiment le monde se livrent avec tant d'ardeur , était exposée depuis six à sept ans à des pertes rouges trèsfréquentes : ces pertes étaient remplacées par des pertes blanches ; elle se succédaient alternativement les unes aux autres. La malade était parvenue au dernier degré de maigreur; elle avait du dégoût pour les plaisirs qu'elle avait le plus aimés ; quoique naturellement gaie, causeuse et enjouée, cette dame était devenue triste, morne, silencieuse : c'était en vain qu'elle avait mis en usage les remèdes les mieux indiqués, qui lui avaient été prescrits par différents médecins , tant de la province que de la capitale. Les bains , les antispasmodiques , les toniques, les bouillons apéritifs, rafraîchissants, les incisifs, les incrassans, tous avaient été sans succès. »

« Je fus enfin consulté par cette dame à qui je prescrivis les eaux de Chateldon. A peine les eut-elles bues pendant trois semaines , qu'on vit l'appétit , la gaieté, l'enjouement et l'embonpoint succéder à la maigreur et

à la tristesse ; elle continua l'usage de ces eaux encore pendant six semaines. Dès qu'elle fut entièrement rétablie, elle devint enceinte ; ses couches ont été heureuses, et elle a toujours joui de la meilleure santé. »

29 observation. — Irrégularité des menstrues avec apparence d'un cancer à la matrice.

Madame J. âgée de 42 ans, d'une constitution délicate, douée d'un tempérament sanguin et nerveux, d'une susceptibilité extrême, avait été menstruée de très bonne heure. Mariée fort jeune etmère de plusieurs enfants, cette dame éprouva, vers l'époque à peu près ordinaire de la cessation des règles, une perte très abondante qui fut suivie d'une irrégularité remarquable de la menstruation. Un liquide tantôt roussàtre et tantôt albumineux, s'écoulait presque continuellement par les parties génitales, et cet écoulement s'accompagnait de pesanteur dans les aines et surtout dans les lombes. Cet état dura cinq ou six mois , sans que la santé de M me J. parut profondément altérée ; mais , au bout de ce temps , les pertes étant devenues plus abondantes et plus fréquentes, et un sentiment de pesanteur, fixé à l'utérus, s'étant joint à des douleurs lancinantes dans cette même partie, toute l'économie parut alors recevoir l'impression de l'organe malade. La face était légèrement bouffie et la peau d'un jaune paille ; madame J. était inquiète sur son sort, dormait mal et avait perdu l'appétit ; un mouvement

fébrile avait lieu tous les soirs ; l'amaigrissement était déjà considérable, et la faiblesse si grande, qu'elle était obligée de garder continuellement le lit.

La marche de cette maladie, ses symptômes, faisant soupçonner un cancer de l'utérus , plusieurs chirurgiens très-habiles proposèrent un traitement méthodique dans le but d'arrêter les progrès du mal. Sous l'influence de ce traitement , la maladie , loin de diminuer , allant toujours en augmentant , on lui conseilla les eaux de Chateldon , plutôt comme un remède prophylactique que comme un moyen assuré de guérison. Après avoir fait usage de ces eaux pendant six semaines consécutives , on vit survenir une amélioration notable dans l'état de la malade. Les pertes ayant diminué d'une manière sensible, devinrent plus régulières, cessèrent ensuite entièrement, et avec elles les douleurs lancinantes fixées au col de l'utérus ainsi que l'écoulement séropurulent qui se faisait par le vagin : l'appétit augmenta, la fièvre disparut; les forces se rétablirent, et Madame J. jouit aujourd'hui d'une très-bonne sauté.

30 e observation. — Dyspépesie. — Maux de nerfs.

Madame veuve D. , demeurant à Thiers . âgée de 45 ans , d'un tempérament nerveux , d'une constitution délicate, est venue boire les eaux de Chateldon, le 18 août 1854, sur l'avis du docteur Bourgade, pour des

maux d'estomac qui étaient accompagnés de symptômes hystériques assez prononcés.

Cette dame , qui est encore réglée , a eu les pâles couleurs qui ont duré jusqu'à l'âge de 19 ans , époque où les règles ont paru pour la première fois : elle s'est mariée à 30 ans et a eu trois enfants dont deux sont vivants. Depuis plusieurs années, elle était sujette à de violentes migraines, se trouvait mal très facilement, se plaignait de palpitations , d'essoufflement , d'étourdissement , de bourdonnement d'oreilles, de langueur et de fatigue lorsqu'elle se livrait au plus léger exercice. Elle avait de l'inappétence avec du dégoût pour certains aliments ; les digestions étaient longues et difficiles ; les selles rares et séparées ; le ventre était gonflé et ballonné. Il n'y avait pas de vomissements de matières alimentaires, la malade rendait de temps en temps quelques gorgées d'eau claire, dans la nuit principalement, ou le matin à jeun ; elle se plaignait d'éprouver parfois des crampes d'estomac et des douleurs tantôt sur un point ou sur un autre et simulant une affection rhumatismale ; le pouls était petit, plutôt lent que vite. Cette malade craignait beaucoup le froid et était très sensible au moindre changement de température. Pendant le travail de la digestion, elle était tourmentée par des vents très incommodes qu'elle rendait plus tard en assez grande abondance, ce qui la soulageait momentanément. Un rien la contrariait, l'irritait et lui agaçait les nerfs , elle éprouvait parfois

de légères syncopes ou des tremblements nerveux bornés aux membres inférieurs et supérieurs, mais pas assez énergiques pour agiter tout le corps.

Trois ans avant de venir à Chateldon , madame D. était allée à Vichy pour y boire les eaux et prendre des bains, mais ces eaux n'avaient apporté aucun changement favorable dans son état.

Elle a pris , pendant un mois environ , les eaux de Chateldon à la dose de 3 ou 4 verres le matin à jeun , sans compter celles qu'elle buvait à ses repas coupées avec un peu de vin vieux et de bonne qualité. Tous les jours ou tous les deux jours, elle prenait un bain aussi froid qu'elle pouvait le supporter avec un tiers d'eau minérale et deux tiers d'eau douce. Peu de temps après son arrivée aux eaux , les règles ont paru et ont coulé pendant plusieurs jours comme d'habitude. Cette seule médication, aidée d'un bon régime et de promenades faites en plein air a parfaitement réussi chez cette malade : l'appétit était plus vif, les digestions plus faciles et les selles moins rares et moins dures. A son départ de Chateldon , elle était mieux sous tous les rapports , les nerfs étaient moins tendus et moins irrités. J'ai su que l'année suivante , le mieux s'était soutenu , qu'elle se plaignait moins de ses maux de nerfs , ne tombait plus en syncope et que les tremblements nerveux , qui agitaient les membres, avait cessé complètement.

31° observation. — Scorbut. — Engorgement de la rate.

André David, menuisier , demeurant à Cusset, département de l'Allier , d'un tempérament lymphatique , d'une assez bonne constitution, avait eu pendant sa jeunesse , une fièvre intermittente quarte qui avait duré pendant très longtemps et qui , abandonnée aux seuls efforts de la nature, avait laissé la rate très grosse et très dure.

A l'âge de 20 ans , il quitta la campagne où il avait commencé d'apprendre son état de menuisier pour aller faire ce que les ouvriers appellent vulgairement leur tour de France. Dans les différentes villes où il avait séjourné , travaillant avec assiduité, se nourrissant assez mal et couchant le plus ordinairement dans des chambres petites, humides, mal aérées, il revint, au bout de quelques années, se fixer à Cusset, ayant perdu sa fraîcheur, l'éclat de son teint et beaucoup plus faible qu'à son départ de la campagne. Au bout de quelque temps , ses gencives se gonflèrent , devinrent rougeâtres , douloureuses et des taches scorbutiques se montrèrent sur plusieurs points du corps. Les digestions continuaient néanmoins à se faire assez régulièrement , et l'appétit était toujours assez vif et soutenu. Ce jeune homme sentait néanmoins qu'il perdait ses forces de jour en jour, et son état de menuisier, auquel il était obligé de se li-

vrer pour vivre, le fatiguait beaucoup. Des hémorragies nasales très-abondantes et le sang qui s'échappait en gros caillots du gros intestin , l'avaient beaucoup affaibli. C'est dans ces fâcheuses conditions qu'il s'est marié. Plus tard , l'affaiblissement musculaire ayant encore augmenté il s'y joignit de l'oppression et de l'essoufflement : le teint était plombé, livide; la peau qui avait perdu de sa chaleur habituelle , était sèche , blafarde et couverte de tâches pourprées. Ce malade , après avoir consulté plusieurs médecins et employé tous les remèdes dont on fait usage en pareille circonstance , me fit appeler en consultation , et me demanda ce qu'il fallait faire pour arrêter les progrès du mal. Les extrémités inférieures étant infiltrées , ainsi que le ventre , je regardai son état comme des plus graves. Après un examen approfondi des désordres que je viens d'énumérer, il m'était impossible de ne pas les considérer comme l'effet d'une altération profonde dans la composition chimique du sang, car celui que ce malade perdait par les narines était fluide, dissous, et se prenait difficilement en caillot. Le pouls était petit, misérable, et faisait présager une mort certaine. Malgré la gravité des symptômes , je regardais cette maladie comme purement accidentelle , due en grande partie à l'action nuisible de l'air qu'il avait respiré pendant très-longtemps , à une mauvaise nourriture , et entretenue, plus tard, par des affections morales tristes , à l'abattement , et au chagrin auquel il lui était difficile de résister dans de pareilles circonstances. Je l'engageai

d'abord à aller passer quelque temps à la campagne afin de respirer un air plus pur , de se nourrir mieux qu'il ne l'avait fait jusqu'à ce jour, de renoncer à son travail , de boire à tous ses repas un peu de vin vieux de bonne qualité coupé avec de l'eau de Chateldon , et d'en continuer l'usage jusqu'à ce qu'il soit entièrement guéri.

Pour tâcher de dissiper l'engorgement énorme qu'il avait à la rate et qui , selon moi , était une complication fâcheuse à sa maladie , il a pris pendant deux saisons de suite les eaux de Vichy en bains et en douches et bu quelques verres d'eau de la Grande-Grille , mais sans renoncer de prendre à ses repas de l'eau de Chateldon coupée avec du vin de bonne qualité. Sous l'influence de cette médication, aidée d'un bon régime, l'enflure des extrémités et du ventre a disparu en très-peu de temps; le teint, qui était très-pâle et plombé , s'est animé peu à peu ; l'engorgement de la rate a diminué d'une manière très-sensible ; le sang noirâtre qu'il rendait par le gros intestin s'est arrêté, ainsi que les hémorragies nasales qui avaient nécessité plusieurs fois le temponnement et l'avaient conduit à la porte du tombeau. Les forces sont revenues insensiblement, et il a repris de la fraîcheur et plus d'embonpoint.

Aujourd'hui , ce jeune homme qui est allé habiter Vichy pour continuer son état de menuisier, jouit d'une assez bonne santé : il a repris ses occupations journalières qu'il avait été obligé de suspendre pendant qu'il était si

— loi —

souffrant, et tout semble promettre qu'il n'y aura plus chez lui de rechute.

32 e OBSERVATION.

M m0 B.. , âgée de 35 ans , d'un tempérament lymphatique et nerveux, d'un embonpoint médiocre, d'une constitution assez faible, mariée, depuis plusieurs années, avec un homme jeune et robuste , attendait impatiemment les fruits ordinaires du mariage. Toujours trompée dans son attente , cette dame commençait à renoncer au bonheur de devenir mère. Comme elle était sujette à des fleurs blanches , et que cet écoulement leucorrhoique pouvait être une cause de stérilité, elle se décida à faire usage des eaux de Chateldon , dans le but de combattre cette disposition fâcheuse des organes de la génération. Ces eaux furent bues à la dose de deux pintes par jour, pures et à jeun , et aux repas mêlées avec le vin. L'essai en fut si heureux qu'au bout de trois mois, les fleurs blanches ayant entièrement cessé, M me B... devint enceinte et accoucha d'une petite fille qui fait aujourd'hui ses délices.

33 e OBSERVATION.

M me P.., jeune et jolie femme, âgée de 25 ans, d'un tempérament sanguin , d'une forte constitution , ayant toutes les apparences d'une bonne santé, avait tellement épaissie depuis son mariage, qu'elle renonçait à l'espoir

d'avoir des enfants. Comme elle était sujette à des tiraillements d'estomac, occasionnés par un écoulement leucorrhoique assez abondant, et que la menstruation se faisait difficilement , je l'engageai à prendre les eaux de Chateldon , regardant ces eaux comme très-propres à remédier aux accidents qu'elle éprouvait. Je les prescrivis à cette jeune dame, dans le courant du mois de juillet dernier , à la dose de trois verres chaque matin , pures et à jeun , et aux repas mêlées avec le vin. Après trois semaines de leur usage , M me P... est devenue enceinte : sa grossesse suit une marche régulière et tout porte à croire que son issue sera des plus heureuses.

34 e observation. — Couperose (acné).

M lle R.., âgée de 25 ans, d'un tempérament sanguin, d'une constitution vive et délicate , n'ayant jamais été bien réglée , fut envoyée à Chateldon pour une maladie de la peau , survenue à l'époque de la puberté. La figure de cette jeune personne était couverte de pustules à l'état de suppuration , d'un rouge livide, et la difformité de ses traits était telle que l'aspect de cette malade était vraiment repoussant. Cette phlegmasie cutanée paraissait d'autant plus grave qu'elle avait résisté jusque là à un traitement méthodique, et qu'elle se trouvait liée à une affection chronique des voies digestives.

Les eaux de Chateldon , prises en bains et en boisson , produisirent une si grande amélioration dans l'étai de

— 1 ÔJ —

M" e R.., que les personnes qui l'avaient vue venir aux eaux, avaient de la peine à croire à la métamorphose qui s'était opérée chez elle. Les pustules qui reposaient sur une hase solide, après avoir cessé de fournir du pus, se desséchèrent et tombèrent comme un masque : à leur chute, la peau de son visage ressemblait à celui d'une personne qui a eu tout récemment la petite vérole ; les digestions, auparavant si lentes et si pénibles, se rétablirent très-promptement ; l'appétit devint plus vif et les règles, qui coulaient à peine, furent plus abondantes. J'ai su , depuis , que l'amélioration obtenue dans la santé de M Ile R... avait été suivie d'une guérison complète, et cela au grand étonnement de la malade et de tous ceux qui en ont été témoins.

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