‹ Nouvelles recherches sur Michel-Ange et son entourageChapitre 21 sur 47 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

Op. cit., p

2. Robert Forsyth Scott, On the contracts for the tomb of Lady Margaret Beaufort, countess of Richmond and Derby, mother of King Henry VII, and foundress of the Collèges of Christ and St. John in Cambridge; with some illustrative documents, dans Y Archaeologia, vol. LXVI (London, 1915, in-4°), p. 365 et suiv. — Notons ici que Torrigiano eut dans ce travail un illustre collaborateur, auquel un payement fut fait le 27 décembre 1511 « for my ladies tombe » : « Item payé... à M[aître] Érasme pour l'épitaphe de la tombe de Madame, sur le commandement de Mgr : 20 s. 0 d. » {Ibid., p. 370).

3. C'est probablement alors qu'il vit à Bruges le tombeau de Marie de Bourgogne exécuté par Pierre de Beckere, de Bruxelles, de 1495 ou 1496 à 1502, dans l'église Notre-Dame (cf. W. H. James Weale, Bruges et ses environs, 3e éd., Bruges, 1875, petit in-8°, p. 133-134; 4e éd., Bruges, 1884, p. 119-122). M. Higgins, supposant justement qu'il s'est inspiré de cette œuvre pour le tombeau de Marguerite Beaufort, pense que Torrigiano l'avait vue lors de son premier voyage en Angleterre par les Flandres {op. cit., p. 131).

4. A. Raczinsky, Les arts en Portugal (Paris, 1846, in-8°), p. 56; Joachim

dressé en 1523, justifie à point nommé cette hypothèse ; car on y trouve sans peine, parmi « diverses pièces estans en la librairie », celle-ci : « Item, la representacion de la sœur du roi d'Angleterre, fete de terre cuy te 1 . »

Le contrat pour le tombeau de Marguerite Beaufort est postérieur de dix-neuf mois au mandement, et antérieur de treize mois au marché dressé pour la tombe de Henry VII. Il nous rapprocherait donc, à lui seul, de la date de 1509 d'une manière notable. Et si l'on réfléchit qu'il s'agit là d'une œuvre considérable, on admettra, étant donnée la date nouvelle, plus facilement encore que pour la tombe du roi, que si Torrigiano a obtenu, en novembre 1511, l'exécution d'un pareil ouvrage, c'est qu'il avait déjà eu le temps nécessaire pour établir sa réputation en Angleterre par un certain nombre d'ouvrages moins importants, mais qui avaient pu faire hautement estimer son talent. « Petir Thoryson graver2 », comme il est nommé dans l'acte, n'était certes plus un inconnu lorsqu'on lui confia le monument de la mère de Henry VIL Le crédit de ses cautions, Leonardo Frescobaldi et Giovanni Cavalcanti (ses compatriotes), si grand qu'il pût être à Londres, n'aurait pas suffi à imposer au choix de la cour un artiste débarqué de la veille sur le sol britannique.

Dès lors on voit tout ce qu'apporte de nouveau à la période anglaise de la biographie de Torrigiano le document publié par MM. Claude Gochin et Bruchet. En avril 1510, Torrigiano aurait peut-être déjà exécuté un portrait de Marie d'Angleterre ; — à cette même époque, il était venu d'Angleterre en Flandre, séjournant à Anvers, à Bruxelles et à Bruges. Et comment, et pourquoi était-il venu en Flandre? Parce que Marguerite d'Autriche voulait lui confier l'exécution des tombeaux de Brou ou, tout au moins, le consulter sur le monument qu'elle avait décidé d'ériger

de Vasconcellos, Francisco de Hollanda. Vier Gesprâche uber die Malerei (Wien, 1899, in-8°), p. xxm, n. 2; cf. p. lxviii.

1. H. Michelant, Inventaire des vaisselles, joyaux, tapisseries, peintures, livres et manuscrits de Marguerite d'Autriche, régente et gouvernante des Pays-Bas, 1523 (Bruxelles, 1870, in-8°; extr. du t. XII, n° 1, 3e série, des Bulletins de la Commission d'histoire royale de Belgique), p. 58 et n. **.

2. Ce mot de « graver », qui doit signifier ici « tombier », semblerait indiquer que Torrigiano avait ainsi déterminé lui-même sa profession. Peut-être avait-il travaillé antérieurement à quelque monument de ce genre, ou s'en était-il gratuitement vanté. Peut-être aussi cette désignation est-elle venue tout naturellement, étant donné l'objet du contrat, sous la plume du rédacteur.

à son mari défunt et à elle-même. On a là une preuve certaine que « Tourrisan » était, dans l'opinion de Marguerite, un artiste de grande valeur, et il n'est pas moins sûr que cette opinion était due peut-être moins au talent du sculpteur qu'aux recommandations dont il avait été muni par la cour d'Angleterre.

Le doute n'est pas permis. Quel pourrait être, en 1510, le sculpteur du nom de « Pierre Tourrisan », qui aurait été en relations avec la famille royale d'Angleterre, avec Marguerite d'Autriche, et que celle-ci aurait désiré consulter sur les tombeaux de Brou, — sinon le « Petir Thoryson » du contrat de 1511, le sculpteur florentin Piero Torrigiano? — Il dut se croire, à ce moment, délivré du mauvais sort qui paraissait peser sur lui depuis le jour où il avait brutalisé Michel-Ange. Il se trompait, car il semble bien qu'il fut, jusqu'à son dernier jour, victime d'une impitoyable fatalité. Michel- Ange ne fut que trop bien vengé.

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