‹ Nouvelles recherches sur Michel-Ange et son entourageChapitre 25 sur 47 · sperienzia [toscan isperienzia · texte numérisé non relu

sperienzia [toscan isperienzia

(depuis 1865) et dont ni M. Thode ni M. Frey n'ont fait état, bien qu'elles aient été publiées à Milan, il y a cinquante-deux ans, d'une manière assez fautive, il est vrai, et dans un fascicule devenu extrêmement rare1.

II. Lettre d'Antonio Mini à Antonio [Gondi2]. ([Barberino di Mugello?], 26 novembre 1531.)

Messere Antonio charisimo, io vi pregho quanto so e ponso, che per(e) l'amicizia di voi e del vostro fratello ch'avente cho Michelangniolo, che voi vi dengniate di pingniare questa bricha, laqualesarà questa. Michelangniolo fecie uno chartone a ra[r]civenschovo di Ohapua, e ra[r]civenschovo voile che Jachopo da Puntorno lo cholorinsi. Ina[n]zi che deto Jachopo avesi talle chartone, Tebe chon questa chondizione che quando l'aveva cholorinto, che egli aveva a esere mio ; che Michelangniolo ne fecie uno présente a me per sua grazia, e chosi lo dise Michelangniolo a detto Jachopo e messer Giovani Batinsta Fingiovani che lo voleva lui per Antonio ; deto messere Giovani Batinsta l'arebe voluto lui tro presso elato (sic). Quando io mi parti da Firenze, rimasi chon Jachopo da Puntorno che io ma[n]derei per enso quando io credesi che deto Jachopo l'avese cholorinto, e disegli che gli ma[n]derei una letera a cli mi pareva che fuse a proposito che lo dese. Hora io are1 charo che voi, Messer Antonio, mandasi 2 versi a vostro Girolamo evero (sic) a Berna[r]do, cli vi

1. Ce fascicule est cependant cité à de très nombreuses reprises par M. Frey et surtout par M. Thode.

2. Musée Britannique, ms. Egerton 1977, fol. 14 (autogr.). — Publiée par G. Daelli : Carte Michelangiolesche. Autografia Daelli, n° 1. [Milano], 1865, [in-folio], n° 19. Ce fascicule, resté unique, probablement par suite de l'acquisition des originaux par le Musée Britannique, est précédé d'une « Avvertenza. Gli originali di questo fascicoletto esistono presso il Nob. Dr Achille Migliavacca a Milano. — La proprietà letteraria è riservata ail' Editore per chi di diritto. La riproduzione ne interdetta. — Ogni copia di questa Autografia è firmata dall' Editore. » Je n'en ai trouvé aucun exemplaire à Paris, et l'on m'a affirmé qu'il n'en existait aucun dans les bibliothèques de Florence et de Milan. Grâce à mon savant collègue londonien M. D. T. B. Wood, j'ai pu consulter, par l'intermédiaire de la photographie, l'exemplaire de Londres (10,902 h.). Il ne faudrait pas croire qu'il s'agit ici d'un facsimilé : c'est une copie calligraphiée, assez fautive, qui a été reproduite par un procédé autographique.

paresi più a proposito overo ch' avesi più chomodittà. Sarebe a fare di deto chartone uno rotolo instretto e meterlo in una chanssa dindrapi, e fare che detto chartone no fuse vinsto da tropi, la[ma?] fusi tenuto secretto quanto a delmostralo (sic) perché sone che Michelangniolo n'arebe dinspiaciere perché non è fornito a suo modo : l'ebe a fare in furia per chonte[n]tare l'arcivenschovo. E di più vorei che voi, messere Antonio, vi dengniasi di venire a vostra chomodità e vedesi quello che faciamo, e che voi ne inscrivesi 2 verssi a Firenze aciochè e tornasi a i orecli di Michelangniolo, perché so che vi presterebe gra[n]disima fede. E di quella bricha e noia del faziodio [sic) grande che io vi do, io no vi sarô ingranto. Provate di quello che io posso, e vedrete se farô fanti e no parole. A voi mi rachomando. A di 26 di novenbre 1531.

Vostro Antonio di Berna[r]do Mini in chansa.

(Au verso :) Questo è uno ricordo che mi à dato quy Antonio Mini, garzone di Mychele Agniolo squltore. — Fate quello che dicie, se si pùo. Io ve ne pregho.

Voici la traduction de cette lettre :

Très cher messire Antonio 1 , je vous prie, autant que je sais et puis , au nom de l'amitié que vous et votre frère avez pour Michel-Ange, de daigner prendre la peine que je vais dire. Michel-Ange a fait un carton pour l'archevêque de Oapoue, et l'archevêque a voulu que Jacopo da Pontormo le mît en couleur. Avant que ledit Jacopo ne fût en possession dudit carton, il l'eut à cette condition que, dès qu'il l'aurait colorié, ce carton devait être mien; Michel-Ange m'en fit un don gracieux, et il le dit audit Jacopo et à Giovanni Battista Figiovanni2 qui, lui, le voulait pour Antonio; ledit Messire Giovanni3 l'eût voulu 4. A mon départ de Florence, je convins avec

t. Peut-être Antonio Gondi, qui aurait fait alors un voyage de Lyon à Florence. L'expression qu'emploie plus bas Mini : « votre Girolamo », rend vraisemblable cette hypothèse. — Antonio, sieur du Perron, quatorzième fils d'Antonio et de Maddalena Corbinelli, était receveur ordinaire de Lyon dès avant 1537 (Catal. des actes de François I6', t. III, p. 316, n° 8974), peut-être même avant 1525 (ibid., t. VII, p. 464, n° 25744). Voy. aussi Bibliothèque nationale, Dossiers bleus, vol. 319, dossier Gondi, fol. 49 v°-50.

2. Prieur et provéditeur de l'œuvre (c'est-à-dire président du Conseil de fabrique) de l'église San Lorenzo de Florence.

3. Très probablement Giovanni Spina, dont nous avons parlé ci-dessus.

4. Ici trois ou quatre mots, très lisibles, que je ne comprends pas.

Jacopo da Pontormo que j'enverrais prendre ce dessin quand je penserais qu'il l'aurait colorié', et je lui dis que je lui enverrais une lettre [pour lui indiquer] à qui il me semblait bon qu'il fût à propos qu'il le donnât. Maintenant je désirerais que vous ou messire Antonio envoyiez deux lignes à votre Girolamo2 ou bien à Bernardo3, selon qu'il vous paraîtrait plus à propos ou plus facile. Il faudrait faire de ce carton un rouleau bien serré, le mettre dans une caisse d'étoffes, et faire en sorte que ledit carton ne fût pas vu là-bas par trop de personnes, [mais] que l'on fût extrêmement discret à le laisser voir; car je sais que Michel-Ange en aurait du déplaisir, parce qu'il n'est pas exécuté à son goût. Il a dû le faire en toute hâte pour donner satisfaction à l'archevêque. De plus, je voudrais que vous ou messire Antonio daignassiez venir ici, lorsque vous en aurez le loisir, voir ce que nous faisons et que vous en écrivissiez deux lignes à Florence afin que cela parvint aux oreilles de Michel- Ange; car je sais qu'il vous prêterait foi très grandement. Quant à la peine et de l'ennui que je vous donne avec cette grande importunité4, je ne vous en serai pas ingrat. Essayez de quelque chose qui soit en mon pouvoir, et vous verrez si je vous ferai des faits et non des mots5. Je me recommande à vous. Le 26 novembre 1531.

Votre Antonio di Bernardo Mini, en ma maison [ou : de La Casa?]6.

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