‹ Nouvelles recherches sur Michel-Ange et son entourageChapitre 34 sur 47 · A. de Montaiglon, Vie cit., p · texte numérisé non relu

A. de Montaiglon, Vie cit., p

2. Le cardinal Bernardo Dovizi de Bibbiena, légat en France de mars 1518 à janvier 1520 (Catalogue des actes de François Ier, t. IX, p. 123).

conseils à vous donner, car vous êtes sage et prudent et saurez prendre le meilleur parti. Ce que je dois vous dire, c'est que le pape [Léon X] a envoyé [au roi] un tableau avec Notre-Dame et cinq figures1, un autre tableau avec un grand saint Michel2 et ensuite un beau portrait de la femme du vice-roi de Naples3. Il est ensuite venu de Mantoue un autre tableau dont le nom du peintre m'échappe. J'ai été voir le tombeau du roi défunt que l'on fait à Tours4 ; il y a beaucoup de figures...5 ».

Tout est ici mis en œuvre pour inciter Michel-Ange à donner satisfaction à François Ier : les louanges recueillies dans la conversation du roi, l'intervention presque officielle du légat, l'habile évocation de la rivalité entre les deux plus grands artistes du temps, les travaux importants, comme le tombeau de Louis XII, exécutés sur l'ordre du souverain.

En dépit de toutes les déceptions qu'il eut à subir après la mort de Jules II, le seul pape (jusqu'à Paul III) qui, « terrible » luimême, pouvait comprendre la « terribilità » de Michel- Ange, celui-ci ne paraît alors avoir été enclin ni à quitter son pays ni à disperser son œuvre. Et cependant la cour de France retentissait de plus en plus de la gloire croissante de l'artiste. De grands efforts, stimulés sans doute encore par la répugnance de Michel-Ange, se faisaient pour acquérir quelques-uns de ses travaux ; mais ils restèrent sans succès jusqu'en 1529, année où la statue d'Hercule, qui remontait à 1492 environ, fut vendue par Agostino Dini6, agent de Filippo

1. Le tableau dit « la Sainte-Famille de François Ier », au Musée du Louvre.

Page 1