‹ Nouvelles recherches sur Michel-Ange et son entourageChapitre 44 sur 47 · Gotti, Vita, vol. I, p · texte numérisé non relu

Gotti, Vita, vol. I, p

2. Luigi Del Riccio tomba malade et mourut vers le mois de novembre 1546, pendant un séjour à Lyon. C'est durant cette maladie que Michel-Ange lui écrivit la curieuse lettre où il lui promet de lui rendre visite en allant à Saint-Jacques-de-Compostelle (Gotti, Vita, vol. I, p. 282-283).

3. L'histoire des Esclaves (aujourd'hui au Musée du Louvre) est encore assez mal connue. Il est probable que Strozzi les offrit à François Ier (en 1546 ou en 1550?) et que celui-ci en fit don au connétable Anne de Montmorency. En tous cas, le connétable les avait placés dans les niches d'une des façades de la cour du château d'Écouen. Le maréchal Henri de Montmorency les donna à son tour,

du tombeau primitif de Jules II, reçues en don de Michel- Ange, précisément en 1544, comme témoignage de reconnaissance pour l'hospitalité qu'il avait reçue de Del Riccio.

Deux ans plus tard, sans doute sur les conseils de Primatice, François Ier adressait à l'artiste la célèbre lettre du 7 février 1546'. Le roi ne demande plus à l'artiste, qui a maintenant plus de soixantecinq ans, de quitter l'Italie. Il ne fait plus la moindre allusion aux offres par lesquelles il avait inutilement tenté de l'attirer en France. Il le prie seulement de remettre, « en payant », « à l'abbé de Sainct- Martin2 de Troyes » [Primatice] les « choses excellentes » qu'il pourrait avoir toutes prêtes en son atelier, et d'autoriser son envoyé k faire exécuter des moulages du Christ de la Minerve et de « la Nostre-Dame de la Febre » [la Pietà de Saint-Pierre], « afin, — dit-il, — que j'en puisse orner l'une de mes chapelles comme de chose que l'on m'a asseuré estre des plus exquises et excellentes en vostre art ». Michel- Ange répondit au roi, le 26 avril 1546, par une lettre qui est un chef-d'œuvre de bonne grâce et de dignité souriante. Il remercie François Ier d'avoir daigné écrire à un homme tel que lui (a un mie pari) et surtout d'avoir sollicité de lui des œuvres peu dignes de la gloire du souverain. Plus ouvert que celui-ci, il évoque discrètement le passé : il y a longtemps qu'il eût désiré servir le roi, et il regrette de n'avoir pu le faire. Maintenant, il est vieux, il est encore

en 1632, au cardinal de Richelieu, qui les fit transporter dans son château de Poitou. Avant 1749, ils étaient à Paris, où les avait transférés le maréchal de Richelieu, dont la veuve les relégua dans une écurie. En 1793, ils furent saisis et allaient être mis en vente lorsqu'Alexandre Lenoir les sauva, comme tant d'autres monuments. — J'emprunte tous ces détails, presque littéralement, au travail si souvent cité d'A. de Montaiglon, p. 250-252. — Cf. Thode, M. A. Kritische Untersuchungen, t. ï, p. 142, 206 et suiv.

1. Il faut noter que cette lettre, bien qu'écrite au mois de février, a toujours été publiée avec le millésime de 1546, qui est exact, au contraire de ce que j'ai dit plus haut (1916, p. 467-468), comme le prouve la date de la réponse de Michel-Ange : 26 avril 1546. Quoique les données de l'itinéraire royal autorisent également l'une et l'autre date, il serait bien invraisemblable que Michel- Ange eût ignoré jusqu'au 26 avril 1547 la mort de François Ier, survenue le 30 mars. Cf. L. Dimier, Le Primatice (Paris, 1900, in-8°), p. 90. Il serait cependant bon, dès que les événements le permettront, de revoir l'original, conservé au Musée Wicar, à Lille, et d'en publier un facsimilé. — C'est F. De Romanis qui a publié cette lettre, qui était déjà entre les mains de J.-B. Wicar : Alcune memorie di Michelangiolo Buonarroti da manoscritti, p. 15. Elle a été reproduite plusieurs fois depuis, entre autres dans le Cabinet de l'amateur, d'Eugène Piot, 1861, p. 151.

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