Frey, Sammlung, p
de Lyon et de Paris, abandonné par Michel-Ange qui, dans ces années-là, fatigué et malade, était en outre exaspéré par les exigences de Clément VII et les réclamations des héritiers de Jules II, Mini mourut à la fin de l'année 1533, non sans savoir qu'il avait été indignement joué. Tedaldi lui-même, dans la note déjà citée, rappelle que, lors de ses inutiles voyages à Paris, Mini avait essayé de retirer des mains de Giuliano Buonaccorsi les deux Léda, et que celui-ci avait répondu qu'il n'avait rien reçu de lui, que les deux tableaux avaient été apportés chez lui par le poète Luigi Alamanni1, sur le désir qu'en avait exprimé François Ier. Le 6 août 1533, Mini assignait en restitution Buonaccorsi, qui répétait sa précédente réponse en la présence d'un notaire. L'affaire intéressait fortement Tedaldi qui s'était fait céder, par son frère Papi, créancier de Mini, un droit de moitié sur la Léda de Michel-Ange. Le 26 janvier 1534, il obtenait d' Alamanni une lettre où les dires de Buonaccorsi étaient nettement démentis, et il envoyait cette lettre à Giambattista Mini, l'oncle et l'un des héritiers du défunt, pour tenter de faire pratiquer à Florence une saisie-arrêt sur les biens du trop habile détenteur du tableau. On ignore encore comment se termina cette intrigue si obscure2. A la fin de juin 1536, Giambattista Mini, très ému d'une lettre à lui écrite par Michel-Ange au sujet de la Léda, allait trouver Roberto Nasi et le priait d'intervenir en sa faveur auprès du maître, alors tout entier à la fresque du Jugement dernier^. Et c'est tout ce que nous savons.
Je reviens maintenant à la nouvelle lettre qui complète cette correspondance et qui, d'après l'enquête forcément difficile et incertaine que j'ai pu faire, pourrait provenir d'une incursion de Libri dans les archives de la Casa Buonarroti4. La lecture en
1. Alamanni était le protégé de Buonaccorsi. Cf. ci-dessus, p. 455 et n. 1.