A M. GERMAIN BEAULIEU
Dans les bois, le lac bleu rayé de nues,
Ouvre une orbite où brille un globe d’or, | Comme au fond de pupilles ingénues,
Luit l’étincelant disque où l'amour dort.
Le soleil mourant laisse dans les choses, | Sa chaleur, comme un tendre souvenir, | Reste de ceux dont les bouches sont closes, | De ceux qu’en pleurant on a vus partir. |
Le son lointain de l’angélus déferle
| Sur ce silence où le bruit de l’airain, En ondes harmonieuses vibre et perle, Proclamant le renoncement divin.
Le Renoncement divin par quoi l’homme
Échappe à l’homme ainsi qu’au lourd destin, Et devient libre et calme et pur, tout comme La nature à l’aube d’un clair matin.
RRENEEENENENENTE
L’ Amour vainqueur
A Melle E. pe G.
SONNET
Ombres, rêves, frissons qui nous semblent sans fin, Tout fuit quand apparaît l'aube d’un clair matin; La nuit c’est la brume et la lenteur du voyage,
Le jour c’est l’arrivée au port, c’est l’abordage.
Mélancolie, ennui, nostalgiques dédains
S’effacent de mon front quand je presse tes mains, La vie a de la mer l'infini du rivage,
L'amour c’est le salut joyeux fait à la plage.
Mais plus fort que le jour, l'amour se rit & emps Et lorsqu'il apparaît, c’est l’éternel printe: Tel sur les blancs chemins que la ville illun,. 2.
Quand la foule l’hiver, dans la nuit s’achemine, On voit courant aux sports, l’œil rempli de soleil, Passer en caravane l’amour jeune et vermeil.
DR TE Sens os D
Psychologie d'oiseau
Un froid sec et glacé jette sa lueur blême, Les chemins sont déserts;
Des oiseaux pépiant sans cesse un même thème, Frissonnent dans les airs.
Soudain l’un d’eux entrant par la porte entr’ouverte, : Dans un temple divin, Tourbillonne éperdu sous la voûte déserte, Et cherche à fuir en vain.
Sous un dais radieux, dans la splendeur des lustres, Il s’arrête un instant,
Pour pleurer les froids d’or, les asiles de rustres, Sous ce dôme éclatant.
En le voyant, je pense à l'habitude chère Qui nous tient sous sa loi,
Et nous rive au poids lourd de la douleur amère, Tant changer fait effroi.
TOR IRIEE RTL RTS RP PP RS TR SN
A la source
O fontaine si fratche,
En ton antiquité,
Ton murmure nous prêche L'humble tranquillité,
La douce indifférence, Calmant toute souffrance.
Non l’égoïsme dur,
Car ton cristal si pur, Jamais ne se refuse;
Ta fraîcheur c’est la paix D'un cœur aimant qui s’use, Sans s’épuiser jamais.
Se parant d’astres d’or, Ta souple chevelure
Se déroule à ton bord; Changeante diaprure, Un voile d’arc-en-ciel Pavoise ton doux miel.
Dis quelle haute loi Te fait lasser l’injure De la bouche qui boit, En plongeant sa morsure :
Au cœur De ton secret, Fais-nous l’aveu discret!
CU
Soir rustique