‹ Nouvelles satiresChapitre 14 sur 39 · LE8 M0N8T1ES · texte numérisé non relu

LE8 M0N8T1ES

Hourra, hourra ! la France est à noas désormais.

POT-DE- YIN , ramassant la lance et le bouclier de la reine.

Mes maîtres , halte-là ! ce superbe palais

N'est point fait pour tenir dans ses murs votre engeance.

Et le corps palpitant de l'adorable France

Pour servir de pâture à vos désirs brutaux •

A d'autres le butin. — monstres infernaux!

Devant ce bouclier, Méduse dévorante,

Fuyez, et retournez dans l'ombre malfaisante

B'où vous êtes sortis pour quelques vains moments.

Rêves des jours affreux, ^ils épouvantements ,

Disparaissez, la France aura dans sa mémoire

Longtemps le souvenir de votre image noire :

C'est assez pour toujours la tenir sous ma main.

Et vous, femmes sans nom , folles de grand chemin,

Vons qui veniez de loin gueuser son assistance,

Vous dont la plainte amère et la sombre éloquence

Voulaient rompre soudain , comme le glaive aigu,

Des trames de vingt ans le solide tissu ;

Méchantes nations, perfides étrangères,

^^gsignez promptement vos villes et vos terres :

86 POT-DE-VIW.

Vous savez maintenant que votre espoir est mort , Quel est ici le maître, et de nous ie plus fort?

Il chasse les nations.

LA POLOGNE, L^TALIE ET l'eSPAGNE.

vieille Renommée, étemelle coureuse.

Que le vrai siégeait bien sur ta lèvre poudreuse! Âhl qu'il eût été bon de ne pas aller voir Le spectacle qui vient , trop éclatant miroir. De nous montrer en plein la bonté de la France! Une douleur profonde, une vive souffrance, N'auraient point de nouveau glacé nos tristes cœurs* Et nos yeux n'auraient point versé de nouveaux pleur»* Hélas! en vain le sang t'effraye et te dégoûte, France l vers le sang il est plus d'une route : Le vent bumide et mou de la corruption Y conduit aussi droit que l'instinct du lion ; L'abus de la science et la voix des faux sages jutant que l'ignorance et ses transports sauvages; L'amour sans frein du luxe €^ de la volupté Et le feu dévorant de la cupidité, Sont les vifs aiguillons de toute violence.

Puisses-tu , triste mère, ô malheureuse France l Ne point voir quelque jour tes enfants corrompus. Gorgés d'or et d'argent , et de' plaisir repus.

POT-DÇ-VIN. 87

Finir comme les Grecs, enfants du Bas-Empire! Puisses-tu ne point voir tes peuples en délire, Â force de sophisme et de relâchements, Perdre le goût du bien et des beaux sentiments, Se plonger dans la fange, et sous mille bannières Se livrer pour de l'or d'épouvantables guerres. Jusqu'à ce que le bras d'un Tartare grossier Vienne honteusement de son fouet les châtier ! Quant à nous, chères sœurs, aux voix inentendues, Retirons de ces lieux nos faces éperdues, Regagnons tristement nos pays désolés.

Allons remettre au joug nos fronts écbeyelés, Recommencer nos cris ! Ah ! si dans sa justice L'Étemel a voulu , pour quelque énorme vice.

Que nos corps desséchés comme l'herbe des champs Disparaissent bientôt du monde des vivants ; Si de la Liberté les haleines divines Ne doivent plus rentrer dans nos faibles poitrines; S'il faut mourir enfin , résignons -nous, mes sœurs, Et demandons à Dieu pour uniques faveurs, D'abréger les instants de notre dur martyre : Qu'il hâte cette fin où notre cœur aspire ; Que sa main nous enlève à la terre et ses maux , Et dans son vaste sein nous donne le repos.

Satire btusUmt.

EROSTRÂTE,

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