L'ILE DE LEMNOS
Gollloei au bord de la mer, éclairées et brûlées par un larje soleil, iroetrate est oouché près d'une source d^eau vire <ial coule au pied d'un rocher.
ONE JEUEŒ riLLE .
Ule arrive , en portant une amphore à la mato , et en
chantant.
Qaand le cbardon fleurit , qaaud les vertes cigales, Secouant sur les pins leurs ailes matinales ,
Font un bruit enchanteur, C'est l'été, é%8t le temps où le Tîn est meilleur,
Où la cfaèTre est yivace.
Et le pfttre amoureux plein de ruse et d^audace.
92 ÉROSTRATE
ÉROSTEATE.
Que cette fille est belle, et comme son beau sein S'agite, aux feux du Jour, d'un mouvement divin !
LA JEUNE FILLE
Je ne sais ce que veut cet homme qui soupire. Mais il me fait des yeux comme un vautour d'Ëpire.
ÉROSTRATE
Quelle taille puissante, et que ce corps mortel Me sembla favorable au labeur maternel !
Ah! si les dieux voulaient i dans cette solitude Je pourrais mettre un terme à mon inquiétude.
LA JEUNE FILLE
Si j'avais écouté mes frères et leurs cris.
Je n'aurais point marché sans mes dogues chéris.
ÉROSTRATE
Immortalité sainte, ô mon noble délire!
But suprême où mon &me incessammyt aspire.
Ah ! la gloire n'est pas le seul vaste chemin
Qui nous mène à jouir de tes splen4euffs sans fin !
ÉROSTRàTE. 98
L'Amour, rAmour aussi prolonge sur la terre Des fragiles humains Texistence éphémère; Et grâce au feu divin de son ardent flambeau , La brute même échappe aux. horreurs du tombeau. Oui 9 partout où les dieux font rayonner la yie, Les êtres quels qu'ils soient partagent mon entie ; Et l'impur sifflement des serpents accouplés Sous les pans caverneux des rocs amoncelés ; Le cri sourd des lions fécondant leurs compagnes; . Le doux frémissement des arbres des montagnes ; Le chant pur des oiseaux sous la voûte de Pair ; Et l'élan monstrueux des enfants de la mer; Tous les actes d'amour épars dans la natpre , Sont les rébellions de chaque créature Envers Taffreux néant. L'hymne de volupté N'est qu'un large soupir pour l'immortalité.
Âh ! tout sent le besoin d'éterniser son être, De conserver sa forme ainsi qu'elle a pu nattre ; Tout en son vague instinct a le ferme désir D'être comme les dieux, de ne jamais mourir.
11 se lève-
LÀ JEUNE FILLE
Certainement cet homme a la tête malsaine, Et je tremble qu'au mal sa fureur ne l'entraine.
U ÉROSTRATE
ÉROSTRATE
toi, qai viens puiser dans ces lieux sans honneur, Une onde salutaire et pleine de fraîcheur, Âh ! puisses-tu calmer la soif qui me dévore...
lAl jeune fille.
J'ai pear, et je m'en vais sans remplir mon Rinphore.
ÉROSTRATE
superbe naïade, arrête, ne fuis pas !
Il s^élaace après elle.
LA lEUNE FILLE.
A travers ces rochers pourquoi suivre mes pas f
ÉROSTRATE
Ta beauté me ravit : ah ! je sens dans mes veines Bouillonner à grands flots des flammes souveraines^ Les chaleurs de Vénus, la mère des humains.
LAJEDKE FILLR.
Satyre! ëloigne-toi , n'approche pas tes mains !
ttÛfiTIVATJe. 9tt
ÉE08TRATE.
Écoute : Amour et Pan veulent un sacrifice; Et les bois et les monts, le ciel , tout est propice ; La mer dort en son lit, le yent dans les buissons; La cigale au soleil a fini ses chansons ; L'ombre épaisse descend du haut de la colline ; Et Diane, aujourd'hui, t'abandonne à Lucine.
LA JEUNB FUXE.
Homme, si tu n'as point perdu toute raison , Laisse là ma tunique et tourne le talon , Ou je fais de mes cris retentir la montagne.
ÉROSTRATE
O fille des pasteurs que la force accompagne! Ne me repousse pas, nymphe à la brune peau !
Je suis ton bouc chéri , le mâle du troupeau.
LA JEUNE nLLE.
Grands dieux l prëser?e2s-moi de sa bouche lasclTcl
ÉROSTRATE
Viens, Tiens sous le couvert de cette roche vive;
96 ÉROSTRATB*
Et là, par notre hymen et nos transports joyeux. Rendons jaloux de nous les nymphes et les dieux !
LA JEUNE FILLE , M débattant.
nymphes des vallons ! 6 dieu Pan ! 6 mes frères ! Venez, secourez-moi de vos bras tutëlaires!
UN PATRE , avançant au semmet de la coUine.
Âvez-Yous entendu , mes frères les pasteurs.
Ces lamentables cris partis de la vallée ?