‹ Nouvelles satiresChapitre 37 sur 39 · AMI · texte numérisé non relu

AMI

fut imité le 10, à Parme. La dacheue se décida à partir pour Plaisance, et un gouvernement provisoire fut installé.

On s'attendait à des scènes semblables dans le royaume de Naples , dans la Toscane et dans le Piémont, car les insurgés firent tons leurs efforts pour rendre la conflagration générale, mais ces pays hésitèrent, gr&ce aux larges promesses que leur firent leurs nouveaux souverains.

Le seul ennemi redoutable de l'insurrection, c'était l'Autricbe. N'ayant jamais regardé l'Italie comme à l'abri d'une tentative directe de la part de la France, après la révolution de 1830, elle avait rassemblé près de 100,000 hommes en Lombardie. Le saint-père , la ducbesse de Parme , et le duc exilé de Modène, qui tous trois avaient hautement protesté contre les actes des gouvernements révolutionnaires établis dans leurs Ëtats, demandèrent le secours des armes impériales. D'un autre côté , la France avait déclaré qu'elle ne consentirait pas que les troupes autrichiennes intervinssent dans la querelle des princes et des peuples italiens. Le cabinet de Paris prétendit dans la suite que cela ne l'obligeait pas à prendre des mesures pour empêcher cette intervention; c'était cependant de cette manière qu'avaient pu l'entendre les libéraux de l'Italie. Les négociations qui s'entamaient à ce sujet entre la France et l'Autriche aboutirent à laisser entrer cette dernière dans les États troublés par l'insurrection

i74 KOTES.

f>onr rétouffer, è condition qu'elle ne continuerait pas à les occuper.

Dans les premiers jours de mars , une division marcha sur Parme et Modène , tandis que le baron Frimont se portait avec 20,000 hommes sur Bologne. Après un essai de résistance des insurgés modenois à Novi , les gouvernements de Parme et de Modène furent rétablis. Le due de Modène rentra dans sa capitale au milieu des baïonnettes étrangères, et s'empressa de faire chanter un Te ïkwm pour sa triste victoire.

Loin de s'occuper à satisfaire les besoins de ses peuples et de reconquérir leur attachement, il déclara que de tous les devoirs de souverain, le plus sacré était celui de punir. En conséquence, des commissions militaires furent instituées pour découvrir et juger les fauteurs de l'insurrection , et entre les victimes qu'elle fit , aucunes n'inspirèrent plus de regret que MenoUi et V avocat Borelli.

Les Autrichiens entrèrent à Bologne le 31 mars : les députés s'étaient dispersés , ceux qui avaient des armes ne les abandonnèrent pas et se dirigèrent sor la Romagne. Les Autrichiens les suivirent, et toutes les villes qui se trouvèrent sur leur route se rendirent Tune après l'autre. Toutefois , il j eut à Rimini et à la Gatolica , des tentatives sérieuses de résistance qui prouvèrent que les Italiens savaient combattre et payer la dette du sang à des convictions généreuses... Mais les Italiens forent écrasés par des

forces sapérieiires , et de toutes leurs conquête», Aneône leur resta bientôt seule.

Ainsi acculés dans un coin de Tltaiie , sans espoir d'échapper, il essayèrent de traiter avec le cardinal Benvenuti qui avait été enlevé de sa résidence à Orsino et détenu comme otage à Ancône. Du même temps ils publièrent un manifeste où perçait l'amer* tome qu'ils ressentaient de la conduite du gouvemeraent français.

c Un principe, disaient- ils , proclamé par une grande nation qui avait solennellement promis de ne pas permettre qu'il fût violé par aucune puissance européenne, et la déclaration de garantie donnée par un ministre de cette nation , nous ont déterminés à seconder le mouvement du peuple dans ces pro~ vinces. Noos fîmes tous nos efforts pour remplir la tâche diflicile de maintenir Tordre au milieu de l'agitation d'une insurrection, et nous éprouvâmes un plaisir bien doux pour nos cœurs, en voyant la révolution s'accomplir avec toute la tranquillité d'un gouvernement constitutionnel et sans répandre une seule goutte de sang.

« Mais la violation de ce principe consentie par la nation qui l'avait promulgué et garanti , l'impossibilité de résister à une grande puissance , et le désir d'empêcher le désordre et une inutile effusion de sang, sont les motifs qui noua ont décidés, dans la vue du salut public, loi suprême de tout État, à traiter avec Son Éminence le très -révérend cardinal

G. A. Benyenuti , légat à latere de S. S. Grégoire XVI, et à remettre entre ses mains le gouvernement de ces provinces ; ce qui a été accepté aux conditions suivantes. >

Ces conditions étaient qu'aucun insurgé ne serait molesté dans sa personne et ses propriétés pour sa conduite antérieure ; que ceux qui voudraient quitter lesËtats du pape auraient des passe- ports; que ceux qui étaient employés par le gouvernement avant la révolution ne seraient point lésés dans leurs droits pour s'être réunis aux insurgés ; que tous les étrangers qui étaient entrés dans leurs rangs auraient la liberté de partir sans être inquiétés.

Le cardinal Benvenuti mit son nom au bas de ces conditions, et quelques jours après, lorsque tous les pouvoirs étaient dans ses mains , il y apposa sa ratification. L'insurrection fut entièrement terminée dès ce moment. Le 29 mars, les troupes impériales occupèrent Ancône , après que les principaux chefs de l'insurrection, au nombre de 98, se furent embarqués à bord d'un bâtiment de commerce. Capturé au mépris de tous les droits par deux corvettes autrichiennes, il fut conduit à Venise , où les réfugiés furent plongés dans les cachots:

Le pape refusa de ratifier la convention d'Ancône, alléguant qu'elle avait été extorquée au cardinal Benvenuti par coercition lorsqu'il était] au pouvoir des rebelles. Un nombre considérable d'entre eux furent arrêtés, et des commissions nommées pour

}es juger. Toutefois le gouvernement français s'intéressa aux insurgés, en raison même de ce qu'il n'avait pas troublé les opérations militaires des Autrichiens ; il stipula que S. S. opérerait dans se» États quelques réformes administratives et judiciaires. Il y eut une amnistie qui profita à tous ceux qui n'avaient pas signé l'acte du gouvernement provisoire de Bologne, et M. de Saint-Aulaire, envoyé extraordinaire auprès du pape, eut mission d'or-, ganiser une conférence avec les ambasadeurs de l'Autriche, de la Russie, de la Prusse et de l'Angleterre , pour arrêter les révolutions de Tltalie centrale.

Cependant la paix ne dura point longtemps entre le gouvernement pontifical et les légations. Au commencement de l'année 1832, celles-ci, alléguant que les réformes promises par le saint- père n'avaient pas été réellement accordées, que, d'ailleurs, les concessions faites en vertu d'un molu proprio, pouvaient être révoquées par un autre molu proprio, refusèrent d'obéir à ses ordonnances, de porter ses couleurs , de recevoir ses troupes et de désarmer leurs gardes civiques. Le pape résolut donc de donner l'ordre aux chefs de ses forces militaires qui se trouvaient à Ferrare , à Rimini et dans les environs , de se rendre avec les corps sous leur commandement dans les villes et légations de Bologne, de Forli et de Ravenne. Le cardinal Albani était investi des pouvoirs de commissaire extraordinaire pontifical ,

i78 NOTES.

pour annoncer la volonté du saint-père aux populations de ces provinces , opérer le désarmement des gardes civiques et remettre en vigueur l'obéissance aux lois et aux fonctionnaires da gouvernement romain. Telle est la substance d'une note adressée par le cardinal Bernetti, secrétaire d'État, le iO janvier 1832, aux représentants des cours d'Autriche» de France , de Prusse et de Russie.

Dans leurs réponses, les représentants des quatre cours s'accordèrent à blâmer la conduite des Bolonais et des Romagnols, comme offrant une série d'actes d'une révolte fnanifesle et comme autaiU d'attentats aux droits imprescriptibles du trône, tandis que le saint-père s'était efforcé d'amener un perfectionnement dans l'ordre judiciaire , administratif et financier de ses États, en se réservant d'apporter plus tard telles modifications qui seraient justifiées par l'expérience et la connaissance des vrais besoins des peuples. Ils ajoutaient que leurs cours respectives verraient avec satisfaction le saintpère user de son droit incontestable de souveraineté en recourant à la force pour soumettre les légations rebelles , et ils finissaient par déclarer que dans le cas où le saint-père ne rencontrerait pas une soumission immédiate, la volonté de toutes les puissances était de prêter, d'un commun accord, leur appui à toutes les mesures du saint-siége.

L'agitation des esprits était extrême à Bologne. Encouragés par le général Saluzzi , commandant cp

cb^ des gardes civiques, les habitants parurent déterminés à refuser l'entrée de leur territoire aux troupes pontificales, qui n'étaient, suivant eux, qu'un ramas d'aventuriers et de malfaiteurs tirés des prisons de Civita-Gastellana , du fort Saint-Ange et de Saint-Leo. Les gardes civiques de Bologne et d'autres Tilles marcbèrent à la frontière.

Le 30 janvier, elles prirent position, au nombre de 1,800 hommes, avec 5 pièces de canon dans la plaine de Césène. Les troupes du pape, fortes de 4,000 fantassins, de 600 dragons, et de 6 pièces de canon, se présentèrent à la pointe du jour. La canonnade et la fusillade durèrent plusieurs heures; la cavalerie papale fut repoussée avec perte , mais le commandant des gardes civiques tomba , et l'affaire fut décidée. Les gardes civiques battirent en retraite sur Faenza et Imola, elles avaient plus de deux cents morts et blessés.

L'entrée des vainqueurs de Césène, dans cette ville, fut marquée par des pillages et des massacres sans exemple. On brisa, dit un historien italien, les portes de l'église Notre -Dame-du-Mont, on la dépouilla de ses vases sacrés , on foula aux pieds les saintes hosties et on égorgea un malheureux qui s'était réfugié dans les souterrains de l'église. Le jour suivant à Forli, où l'armée pontificale n'avait éprouvé aucune résistance, un coup de fusil tiré, sans motif, par une sentinelle, deyint le signal d'un affreux massacre. Des ecclésiastiques , des femmes ,

des enfants furent tués ou blessés en grand nombre.

Dès que ces faits furent répandus ils portèrent au comble Fexaspération des habitants de la Romagne, et Bologne , vers laquelle tous les détachements des gardes civiques s'étaient concentrés , paraissait résolue à repousser les soldats pontificaux. Mais l'arrivée des Autrichiens aux portes de cette ville , adirés avoir envahi le reste de la Romagne , rendit vaine toute résistance. Le â8 janvier, ils y entrèrent au nombre de 6,000 hommes, sous les ordres dn général Graboiivski , et ils ne précédèrent que de quelques heures l'entrée du cardinal Albani , qui fit aussitôt procéder au désarmement des gardes civiques.

Cependant l'invasion des Autrichiens, opérée peutêtre au mépris d'assurances dans lesquelles le gouvernement français devait se confier, <avait provoqué de sa part la détermination d'envoyer une expédition dans les États du saint-siége. En effet, une division navale, partie de Toulon , sous les ordres du capitaine Gallois , parut le 22 février en vue d'Ancône. Les dispositions faites pour le débarquement, une partie des troupes descendit à terre, k trois heures du matin , et marcha sur la ville dont on trouva les portes fermées. Bientôt l'une d'elles fut enfoncée et les Français entrèrent immédiatement dans Ancône. Les Français furent reçus avec toutes les démonstrations de la sécurité la plus parfaite et de la joie la plus vive. L'espérance et le courage rentrèrent dans le cœur des patriotes italiens. Mais, d'un autre côté,

NOTBS. 1ft«

cette occupation à main armée d'une ville papale sans l'autorisation du souverain pontife pouvait être interprétée comme un acte hostile et donner lieu à des collisions sérieuses. Les puissances prendraienteHes fait et cause pour le pape? Le ministère français désavouerait-il le colonel Combes et le capitaine Gallois? Persisterait-il à maintenir ses troupes dans Âncône? Cependant, cette question d'occupation qui paraissait grosse de tant d'orages s'achemina vers une solution toute pacifique. L'ambassadeur de France fut chargé préalablement de désavouer la conduite du général Gallois , et une convention intervint le 16 avril , par laquelle Sa Sainteté donna son autorisation au séjour des Français dansAncône. Les résultats de cette expédition furent que les Italiens , ne pouvant compter sur l'appui des Français, rentrèrent sous l'obéissance de la cour de Rome, que les réformes politiques importantes réclamées par les légations ne furent pas accordées , et que le déficit augmentant toujours dans les finances du gouvernement papal, les peuples furent accablés de nouveaux impôts.

«St HOTES.

BOCUMENT

ExlraU du journal bolonais II Pregorsor , en date

du ^ mars 1831.

. Voici l'acte de l'union des proyinces libres, premier acte de l'assemblée des notables.

L'ASSEMRLÉB des députés des provinces LIERES DE L'ITALIE , AUX PEUPLES REPRÉSENTÉS PAR ELLE.

Concitoyens! Bien que vous fussiez tous courbés sous le joug du plus pesant esclavage, au premier cri de la liberté, vous avez tous su, par l'efTet d'une seule et même volonté , et avec une rapidité sans exemple, accomplir votre régénération. Parmi vous, il n'y eut qu'un cri, celui de liberté et celui d'union; et quand les membres du gouvernement provisoire de Bologne vinrent dans la cité régénérée pour former les nœuds de l'union nationale, ils trouvèrent les représentants du peuple plus disposés encore à de* mander cette union qu'à l'accepter. Aussitôt les députés furent envoyés à l'assemblée nationale, et le 26 février, jour devenu cher à tous, et digne d'une mémoire éternelle, s'ouvrit la première séance.

Là , tous jurèrent de préférer l'utilité commune à tout avantage municipal , et, sans aucune discussion,

ils proclamèreDt à runanimité des votes : i" rentière émancipation , de fait et de droit , des pays et provinces régénérées, et jusqti^à présent représentées , relativement au pouvoir temporel des papes; 2<> l'ior time union des susdits pays et susdites provinces, et leur constitution en un seul Ëtat , un seul gouvernement et une seule famille.

Concitoyens ! La volonté ferme et généreuse d'être unis est pour vous la meilleure défense de la liberté reconquise , et devient pour vos ennemis une raison de crainte et de respect. Restez libres et unis. Voilà le plus digne et le meilleur moyen de déterminer les perfides accusations de ceux qui s'efforcent d'appeler trahison de quelques hommes pervers et rébellion de quelques factieux le mouvement plein d'ordre , le mouvement unanime et paisible de tout un peuple qui , en se soustrayant à la plus honteuse des servitudes, n'a voulu que se reposer à l'abri du saint empire des lois.

Palais national de Bologne, 1*' mars i83i.

Le Président, Giovanni ViaNi.

Secrétaires , Terenzio Mamiani ^,

GlUSEPPE ZiCCUE«0N|.

DOCVniEIfT

Eœlrail du journal bolonaU II Precursqr, en date

(Iu3mar^l831.

« Nous publions avec plaisir une circulaire du colonel Ruvtnetti , officier au service du pape. Tout le monde sait qu'il fut un des membres de Tinique commission de Ravenne. Ce personnage a eu l'audace de calomnier le roi des Français, le roi citoyen Louis -Philippe, en disant effrontément que ce prince assisterait le pape contre les Romagnols. L'on sait que la parole que nous avons du général Lafayette est celle-ci : « Italiens, méritez la liberté, et la c France vous soutiendra. > Le colonel UUini , qui a obtenu dans la campagne d'Espagne le surnom d'Intrépide, de retour de France et venant combattre pour la liberté italienne, a confirmé la parole vraiment française du général Lafayette. Cette circulaire remplira chacun d'indignation ; la voici : »

Borne, 2^4 février 1831.

Très-estihable commandant.

Bonnes nouvelles. Le roi des Français, par exprès courrier, assure le saint-père de son zèle et de son intervention , s'il en est besoin , pour la conservation

NOTES. I8tt

des États du saint-siège. Le duc de Modèue, à la tète de 12,000 Autrichiens, a reconquis ses Ëtats, et marche avec cette troupe dans les légations. Ferrare fourmille d'Autrichiens de toute arme et d'artillerie prête à passer en Romagne. Fermo, AscoU, la Téyérina, tiennent énergiquement pour le pape, et les curés sont à la tête des habitants des communes armés. L'enthousiasme , à Rome et dans la Gomarca, va toujours croissant. La non-interyention Qst à bas, et chaque puissance est libre d'agir. Rientôt tout changera de face. Les pays révoltés sont eux-mêmes en discorde.

Que votre seigneurie donne ces nouvelles à tontes les autorités et qu'elle les répande le plus possible. Qu'elle soit joyeuse et pleine de courage; qu'elle anime tout ce que nous avons de troupes, et qu'elle soit certaine d'une heureuse fin pour notre sainte cause.

Son afiectionné serviteur ,

G. Col. RUVINETTI.

i86 NOTKS.

PIECE DIPLOmATiQUË

Concernant rinterveniion des puissances dans les affaires de la Romagne, Lettre de lord Seymour adressée à chacun des ambassadeurs composant la conférence politique à Rome.

Rome , 7 septembre 1832.

Le soussigné a l'honneur d'informer Votre- Excel > lence qu'il a reçu l'ordre de sa cour de quitta Rome et de retourner à son poste à Florence. Le soussigné a l'ordre aussi d'expliquer brièvement à Votre Ei> celleBce les motifs qui ont amené le gouvernement anglais à l'envoyer à Rome, ainsi que ceux pour lesquels il va maintenant quitter cette ville.

Le gouvernement anglais n'a pas d'intérêt direct dans les affaires des États romains, et n'a jamais songé à y intervenir. Il fut, dans le principe, invité par les cabinets de France et d'Autriche , à prendre part aux négociations de Rome, et il céda aux instances de ces deux cabinets , dans l'espoir que ses bons offices , unis aux leurs , pourraient contribuer à produire la solution amiable des discussions entre le pape et ses sujets, et écarter aussi des dangers de guerre en Europe.

Les ambassadeurs de Prusse et de Russie, à Rome, ayant subséquemment pris part aux négociations,

les ambassadeurs des cinq puissaDces n'ont pas été longtemps sans découvrir les principaux vices de l'administration romaine, et sans indiquer les remèdes à y apporter. Eh mai 1851 , ils présentèrent au gouvernement papal un mémoire contenant des instructions d'améliorations qu'ils déclarèrent unanimement indisp£nsables pour la tranquillité des Ëtats romains, et que l<e gouvernement anglais trouva fondées en jastice et raison.

Plus de quatorte mois se sont écoulés, depuis la production de ce mémoire , et pas une des recommandations qu'il renferme n'a été adoptée ni exécutée par le gouvernement papal. Les édits même préparés ou publiés et qui déclarent que quelqu'une de ces recommandations va recevoir son effet, diffèrent essentiellement des mesures consignées dans le mémoire. La conséquence de cet état de choses a été telle qu'on pouvait l'attendre. Le gouvernement papal n*ayant rien fait pour calmer le mécontentement, il n'a fait que s'accroître, grossi par la déception des espérances qu'avaient fait naître les négociations entamées à Rome.

Ainsi , les efforts faits depuis plus d'un an par les cinq puissances pour rétablir la tranquillité dans les Ëtats romains ont été vains. L'espoir de voir la po pulation soumise au pouvoir du souverain n'est pas plus assuré qu'il ne l'était au commencement des négociations. La cour de Rome parait compter sur la présence temporaire des troupes étrangères, et sur la

coopération d'un corps de Suisses pour te maintien de l'ordre. Mais l'occupation étrangère ne peut être indéfiniment prolongée, et il n'est pas probable qu'un corps de Suisses soit assez fort pour comprimer la population mécontente. Si même la tranquillité pouvait être ainsi rétablie , on ne pourrait espérer qu'elle serait durable , et ne remplirait nullement les Tues qu'avait le gouvernement anglais en s'associant aux négociations.

Dans ces circonstances , le soussigné a reçu l'ordre de déclarer que le gouvernement anglais n'a plus aucun espoir de succès , et que la présence du soussigné, à Rome, devenant sans objet, l'ordre lui a été intimé d'aller reprendre son poste à Florence. LcT gouvernement anglais prévoit que si Ton persévère dans la marche actuelle, de nouveaux troubles éclateront dans les Ëtats romains, d'une nature plus sérieuse , et dont les conséquences multipliées pourraient devenir à la longue dangereuses pour la paix de l'Europe. Si ces prévisions se réalisaient par malheur, l'Angleterre au moins sera pure de toute responsabilité pour les malheurs qu'occanonnera la résistance aux sages et pressants conseils émis par le cabinet anglais.

Signé, G.-A. Sethoor.

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