LE SERVITEUR
Elles ont l'air souffirant:des pleurs sont dans leurs yeux. Et leurs bras amaigris se lèvent vers les cieux.
Assez, poussez debors ces femmes importunes, Nous n'avons pas le temps d'ouïr leurs infortunes ; Qu'on les mène au dépôt de la mendicité.
LA FRANCE
Àh \ seigneur, vous avez bien de la dureté.
. POMB^VIN.
De nos jours, la paroMO emprunte à la misère
Si souvent sa figure et son haillon vulgaire.
Que Ton peut quelquefois ne pas croire au malheur.
LA FRANCE
Il vaut mieux se tromper que de manquer de cœur.
Sous des traits languissants» sous des haillons infâmes,
Peuvent se dérober de magnifiques âmes !
Et puis, je suis heureuse; et quand j'ai du plaisir
J'aime aux infortunés à le hite sentir.
Qu'elles viennent.
LE SERVrrEUlt.
Entrez.
Diable soit des coureuses !
les natioos apparalMent.
LES CONVIVES
Quel misérable aspect ! Que leurs tempes sont creuses !
Gomme le noir chagrin siège profondément Dans leurs yeux éplorés! Snr chaque vêtement Que de rouges sillons, d'empreintes purpurines ! Que de coups noirs et bleus marqués sur leurs poitrines t On dirait presque à voir leur costume, leur air. Les Prières , enfants du puissant Jupiter, S'en Tenant implorer la céleste vengeance.
LA nUNGB*
Approches-vons sans peur du t£Ône de la France ! Parles, d'où venes-vous, quelles sont voa douleurs ?
LES iiATiom. Nous venons de fort loin.
LA FRANISe.
Mais qu'êtes- vous ?
LES NATIONS
Tes sœurs.
LA FRANCE
Quoi ! le sang nous unit par des liens intimes?
LES NATIONS
Oui, nous sommes tes sœurs, et de plus tes victimes.
LA FRANCE
Mes victimes, mes sœurs : je ne vous comprends pas.
Moi, je les entends l^fsn, je conduirai leurs pas Aux Petites-Maisons : ces trois femmes sont folles.
LES NATIONS
Puisque tu n'entends pas le sens de nos paroles. Et que ton lourd cerveau nage enoor dans le vin, Regarde-nous de près, apprends nos noms enfin.