LORD BYRON
— Oui, allez le chercher, répondit-il.
Un intant après, le valet de chambre revint avec lui.
M. Parry se pencha sur son lit ; Byron le reconnut et s'agita.
— ^Tranquillisez- vous, lui dit M. Parry.
Le malade versa quelques larmes, et parut s'endormir.
C'était le commencement d'une léthargie qui dura plus que vingt-quatre heures.
Cependant, vers les huit heures du soir, il s'agita, et Fletcher ententendit ces mots, les derniers que prononça Byron :
— Et maintenant il faut dormir
Puis sa tête retomba immobile sur l'oreiller.
Pendant près de vingt-quatre heures il ne fit pas un seul mouvement ; seulement, par moments, il avait des suffocations et une espèce de râlie.
Fletcher appela alors Tita pour qu'elle l'aidât à soulever sa tête malade, qui paraissait tout-à-fait engourdie ; chaque fois que le râle revenait, les deux serviteurs lui soulevaient la tête.
Cela dura ainsi jusqu'au lendemain, 19, à six heures du soir.
Alors Byron ouvrit et referma les yeux sans aucuu
symptôme de douleur, ni sans faire le moindre mouvement d'autres parties du corps.
— Ah ! mon Dieu ! s'écria Fletcher, je crois que milord vient de rendre le dernier soupir.
Les médecins s'approchèrent, lui tâtèrent le pouls, et dirent : .
— Vous avez raison, il est mort !...
Le 22 avril, les restes de Byron furent transférés dans l'église où reposaient Marcos Botazaris et le général Norman. Le corps était renfermé dans un grossier cercueil de bois ; un manteau noir le recouvrait, et sur le manteau, on avait posé un casque, une épée et une couronne de lauriers.
Byron avait manifesté le désir que son corps fût rapporté, mais les G-recs demandèrent à garder son cœur, et ceux-là qui avaient tant fait saigner ce cœur de son vivant, l'abandonnèrent mort.