‹ Nouvelles soirées canadiennesChapitre 7 sur 90 · LA CLOCHE DE CAUGHNAWAGA · texte numérisé non relu

LA CLOCHE DE CAUGHNAWAGA

Sur la rive gauche du St. Laurent, à neuf milles en haut de Montréal, est situé le village de Caughnawaga, habité par les derniers Iroquois de la tribu jadis puissante qui lui donna son nom. C'est un endroit pittoresque qui mérite d'être visité. Mais les sauvages qu'on y trouve aujourd'hui paraissent bien ridicules, quand on se rappelle les légendes des vaillants " hommes rouges." Après avoir été pendant des siècles d'invincibles guerriers, ils ont été terrassés par la civilisation. Maintenant ce sont des hommes misérables, souvent dégradés et esclaves de l'eau de feu.

Les navires du Haut-Canada qui descendent les rapides de Lachine, s'arrêtent ordinairement en face de Caughnawaga pour prendre à leur bord le pilote qui doit les diriger à travers les terribles sinuosités du Sault St. Louis. Et le touriste peut voir sur la côte, le contraste qu'offrent la vaste église de pierre, au toit de ferblanc, sur laquelle se dardent les rayons du soleil couchant, et les pauvres cabanes des sauvages.

Dans le clocher de l'église, il y a deux cloches, l'une toute moderne et très grosse, l'autre toute petite et vieille de près de deux siècles. Cette dernière éveille rarement les échos d'alentour. Mais on la conserve avec le plus grand soin, à cause d'une légende qui s'y rattache et qui la rend précieuse.

Vers 1690, le Père Niçois, missionnaise plein de foi et d'énergie, après avoir fait beaucoup de conversions par-

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