ÉDUCATION PRÉMATURÉE
Rien n'est plus nuisible à la santé des enfans , et à leur bienêtre dans un âge plus avancé , qu’une éducation précoce. On a toujours pensé que l’intelligence était indépendante du corps. C’est une erreur, comme le prouve la vieillesse , où les facultés intellectuelles perdent de leur énergie à mesure que les forces physiques s’affaiblissent. Donner aux enfans une éducation forcée, c’est priver un jeune arbre de son écorce et le dépouiller de ses fleurs, c’est affaiblir et déranger les organes intellectuels, et occasioner une réaction nuisible sur le cœur et l’estomac. Cependant , chaque jour nous voyons des enfans dont les parons tirent vanité parce qu’à quatre , cinq et six ans, ils savent lire, écrire et répondre à quelques questions savantes; rien n’est plus satisfaisant pour leur orgueil lorsque ces enfans , à l’age de douze ans, sont maîtres de quelques langues. Cependant, lorsque plus tard, on suit ces petits prodiges dans le monde, on est tout étonné qu’à dixhuit ou vingt ans ils ne soient pas plus avancés que les jeunes gens qui ont commencé leurs études long-temps après cu\,