DE L’ÉTUDE DE LA MÉDECINE
L’élude de la médecine , telle qu’on la pratique dans nos Facultés, peut être regardée comme une étude d’erreurs qu'on ne saurait ni désapprendre, ni oublier. Tout le monde convient que les théories et la pratique anciennes sont entachées de monstrueuses défectuosités ; mais on aurait tort de s’imaginer que ces erreurs ont été rectifiées , et qu’on a adopté une pratique plus naturelle et plus . ationnelle : il n’en est rien ; les erreurs sont les mômes , elles ne sont paç moins grossières et donnent des résultats tout aussi funestes. L’histoire des différens systèmes et des divers modes de guérison inventés par la Faculté , est vraiment curieuse. Nous bornant aux principaux systèmes, nous voyons un docteur célèbre divis les maladies en deux classes, l’une qu’il dénomme classe des maladies avec force; l’autre est appelée classe des maladies sans force ; et cette savante classification ne change rien. Un autre docteur non moins célèbre veut qu’on s’ensevelisse dans la terre long-temps avant le moment fixé par la nature pour la mort , dans l’espoir que ce bain froid au sein de la terre donnera de la force à nos corps et les retrempera d’une manière merveilleuse. Plus tard, l’électricité jouit d’une grande faveur pour guérir la décrépitude. Puis viennent l’acupuncture , le mercure, les préparations minérales et les médicamens narcotiques. On crut triompher de toutes les maladies et les neutraliser par ces remèdes : eux seuls furent regardés comme étant efficaces, et tout autre mode de guérir fut considéré comme indigne d’un médecin de la Faculté. Le mercure , l’antimoine, l’arsenic, le plomb et le laudanum, de copieuses saignées et des sangsues furent donc mis en œuvre ; mais on sait quels ont été les effets de ces trailemens et combien de victimes y ont succombé. Ajoutons à cette nomenclature les diverses modifications de la
diète, les bains d’eau glacée, les transpirations forcées, les exercices violens, les restrictions sur la nourriture et le sommeil, les potions repoussantes et les pilules bleues, et nous n’aurons encore qu’une idée imparfaite du nombre de traitemens adoptés par la Faculté pour le supplice des malades.