LE DESPOTISME
coûtent parfois trop de supplications ou de menaces. Et vous connaissez des mamans qui montrent tant d'exigence pour leurs enfants qu'elles leur ravissent la moindre liberté et les condamnent presque, d'une manière détournée, à n'aimer qu'elles. Elles refusent à l'âge de ces petits les distractions qu'il réclame et quand vient l'heure grave d'orienter leur vie, Dieu sait ce qu'elles peuvent faire souffrir, dans un souci d'intérêt mal compris, à leurs filles ou à leurs fils !
En tout cela, l'enfant ne sait pas qu'il attriste ses parents et sa bonne, qu'il fait mal à son chien et à son chat; le serviteur ignore qu'il exaspère son maître; le mari aime pourtant sa femme et les parents, leurs enfants. Ils sont exigeants jusqu'au despotisme sans le savoir et surtout sans vouloir s'en rendre compte. Si vous le leur dites, ils se récrient, vous répondent que « vous ne voyez rien là-dedans et qu'ils agissent pour le mieux ». Et les jours succèdent aux jours et partout et toujours s'exerce le despotisme qui rend malheureux jeunes et vieux.
Les Habitudes
Elles forment un réseau aux mailles fines et serrées qui enveloppe notre vie et retient trop souvent notre essor prisonnier. Notre faiblesse les a laissées se greffer si étroitement à notre existence qu'elles nous paraissent maintenant nécessaires; quand il nous faut, par obligation, vaincre l'une d'elles, nous lui faisons la lutte avec gêne et mécontentement.
Elles s'adaptent à notre personnalité et nous font agir toujours de la même manière. Elles nous rendent moins étrangères les choses qui nous entourent, si bien que nous ne remarquons plus, par exemple, l'absence de peinture à notre boiserie, que nous n'entendons plus sonner le réveil matinal et qu'au contraire, mais pour la même raison, nous retrouvons, dans l'obscurité la plus profonde, le bouton électrique et la place de tous les objets familiers.