MALTE
Poemata, chronometra, anagrammata, epigrammata , et alia his affinia. In monte Parnasso, Typis Musicis, (Sine anno et loco.) In-8° de 292 pages. .
Ce volume est l'ouvrage d’un moine de l’abbaye de Ninove, nommé Van Halen, qui le fit imprimer à ses frais, à Alost, en 1784. Il fut tiré à un très-petit nombre d'exemplaires destinés aux amis de l’auteur. C’est un recueil de vers latins et flamands, la plupart pièces de circonstances, faites à l’occasion de la fête ou du jubilé d’un moine ou d’un abbé, ou bien sur les premiers de Louvain, Schellekens, Forsoeur, Wuyts, Desmet , Boucqueau, Van Audenrode, le baron de Bartenstein. Puis des chronogrammes à foison, en vers et en prose, en flamand et en latin; mais en général rien de bien saillant, toutes choses faciles même, comparativement aux chefs-d’œuvre d’'Herman de S'-Barbe et du père de Solre. Je n’y ai remarqué que deux ou trois chronogrammes d’une longueur étonnante , occupant plusieurs pages d’une impression assez serrée. On comprend que pour ce faire il faut éviter les A, les D, les C et les Z, ce qui doit être assez embarrassant,. J'y trouve encore un quintuple acrostiche en vers, donnant cinq fois perpendiculairement :
Mista potens, agnosce deum sub imagine panis.
Cet acrostiche est imprimé à part, sur une feuille pliée, après la page 284.
Quant à l’auteur , les renseignements me manquent ; et Je laisse à un plus heureux que moi l'honneur d’être son biographe.
no
Proteus poeticus palindromus , quem sub metro xpoyoatixw, rite-salutari et vera pro pace, piorym sexcenties repetita, et ultra, denuo sic prosequi suspiria spe fidei fecit W'arnerus Oporinus anno
His In qVo tanDeM nos Liberet Ipse [ehoVa eX tribVLatlonibVs.
(Ps. 37, v. 87, 88).
Rintelii, Typis exscripsit Petrus Lucius, typ. acad., petit in-12, 48 pp. non-cotées.
On connaît le vers protée de Bauhusius :
Tot tibi sunt dotes, virgo, quot sidera coelo,
dont on peut intervertir les mots de 3312 manières, sans en altérer le sens ni la mesure. Erycius Puteanus le publia chez Plantin en 1617, toutefois en ne le changeant que 1022 fois, nombre égal à celui des étoiles alors connues ; et récemment, en 1833 , un autre professeur de Louvain , Bekker, le fit réimprimer chez Vanlinthout et Vandenzande, in-32 de 74 pages. Le protée d’Oporinus est du mème genre, mais il présente encore la difficulté vaincue d'en avoir fait un chronogramme. De plus, les vers sont disposés de cette facon, qu’en prenant successivement le premier mot de chacun d'eux, on fait aussi un vers ; le voici :
lesV, DVX VITae, fer tV noVa teMpora paCls.
Il est imprimé de 670 manières différentes ; mais Je suis persuadé qu'on est loin d’avoir épuisé les combinaisons possibles. Ce petit livret a paru à Rinteln sur le Weser, en Wesphalie, en 1636. Il est dédié à Auguste, duc de Brunswick-Lunebourg, par son auteur Werner Oporinus, pastor Redenus. Jele crois très-rare , au moins dans ce pays. L’exemplaire que j'ai sous les yeux provient de Techener, et figure sous le n° 843 de son bulletin.
En français, où très-peu d’inversions sont permises, ce genre /ttéraire est à peu près impraticable. Je n’en connais qu'un exemple, encore est-il en prose, c’est la fameuse déclaration du Bourgeoisgentilhomme : Belle marquise, etc.