‹ Nugae difficiles. Supplément aux Amusements philologiques de G. Peignot;Chapitre 5 sur 12 · PA |; HUE US · texte numérisé non relu

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Lvovs FonTvNaAE ad recreandam societatem latinis versibus omnibus in contrario sensu retrogradis exhibitus et in tres libros distributus, authore Joanne Srvrmio Mechliniano, medicinae doctore et in alma universitate Lovaniensi Matheseos professore ordin. Lovant, typis Francisci Simonis, 1633, in-4°, 192 pages.

Vous connaissez ces caramels portant des demandes, auxquelles d’autres caramels fournissent les réponses. Ce livre est absolument la mème chose, mais un peu plus compliquée. Essayons de la faire comprendre.

C’est d’abord une série de questions, comme : an sis futurus fortunatus in vita tua? an uxor quam ducturus es sit bona, an mala? an haec puella sit virgo? Chaque question vous renvoie à un nom de roi ou de reine : vade ad reginam Dido ; vade ad regem Turnum, etc., en nombre de 21, formant, pages 14 à 16, 21 cases. Chaque case contenant le nom d’un roi vous renvoie à un nom de ville : quaere Parisios; quaere Nivellam. Ces noms de ville, au nombre de 21, se trouvent chacun en tête d’une page contenant encore 2[ cases, dont vous choisissez l’une. Celle-ci vous renvoie à l’une ou l’autre des 21 pages, cotées de 4 à Z, et présentant chacune une pyramide ou triangle formé encore de 21 cases désignées par des mots baroques, commençant par la lettre en tête de la pyramide : in triangulo & quaeratur Gage. Vous trouvez la case GaBez dans le triangle & ; elle vous renvoie à un distique qui sert enfin de réponse. Ces distiques sont divisés en 7 séries de 63 distiques, chaque série portant le nom d’un des Sages de la Grèce. Voyons un exemple : an expediat ducere uxorem? vade ad regem Priamum. Le roi Priam répond : quaere Hallas. Je choisis une des 21 cases de Halle, elle me dit : èn triangulo K quaeratur Kyaris. Je cherche Kyaris dans le triangle X, il répond : quaeratur Bras, versu 23. Ce 23° distique de la série Bras me dit :

Conjugio tua sit fausto, non morbida, virgo

Întegra, non 1sthaec te scabie inficret (1).

(1) Un livre flamand du même genre a été décrit dans les Ænnuaires de la bibliothèque royale, 1842, pag. 318.

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Tout cela a pu paraitre très-beau et très-savant ; mais à tout prendre, je préfère encore les caramels modernes, qui vont droit au but, aux rois et aux villes de Jean Storms, qui vous renvoient d’Hérode à Pilate, comme les articles de l'Encyclopédie. Le médecin malinois a cependant un avantage incontestable sur les poëtes-à-gages de nos confiseurs, c’est que ses distiques sont rétrogrades , — n’allez pas prendre ce mot pour une insulte, — c’est-à-dire qu’ils peuvent se lire également à rebours. La mesure reste et le sens change; ainsi les deux vers cités plus haut deviennent :

Lnficret scabie te, 1sthaec non integra virao, Morbiba, non fausto sit tua conjugio.

Or, comme il y a dans chaque livre 7 séries de 63 distiques, les trois livres donnent 1323 distiques de cette espèce; et, certes, un pareil tour de force n’était pas chose facile à exécuter.

Ce Jean Storms était le poëte rétrograde par excellence, il avait débuté dans ce genre, en 1618, par une élégie sur la comète, imprimée d’abord à la suite de £rycit Puteani de cometa anni 1618, paradoxologia, Colon. , 1619, in-8°, puis réimprimée avec quelques pièces du même genre à la fin du volume qui nous occupe. On a de cet auteur original différents ouvrages qui se classeraient très-bien dans notre spécialité des bagatelles difficiles ; tel est entre autres son de accurata circuli dimensione et quadratura , cum silvula epigrammatum, aenigmatuh, aliorumque versuum de numeris, ad animum partim instruendum, partim recreandum, inventis, elc., Lovanti, typis Francisci Simonis, 1633, in-4o, 12 feuillets non cotés, 72 pages. Sa quadrature du cercle, question qui a fermenté dans toutes les ièles un peu excentriques, se refuse à toute analyse. C’est un poëme, poëme si vous voulez, moitié chiffres moitié vers, d’une bizarrerie incroyable, Malgré tout le respect qu’en notre qualité d’antiquaire nous avons pour les vieilles choses en général et pour la vieille université de Louvain, l’alma mater de Juste Lipse et d’Erycius Puteanus, en particulier, nous avouons cependant que, si un professeur ordinaire de mathématiques de nos universités modernes se permettait une pareille plaisanterie, il s’exposerait fort à être transféré à l’université de Gheel,

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