‹ Nugae difficiles. Supplément aux Amusements philologiques de G. Peignot;Chapitre 9 sur 12 · LETTRE A M. LE PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ DU HAINAUT · texte numérisé non relu

LETTRE A M. LE PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ DU HAINAUT

MoN CHER PRÉSIDENT,

Je viens de recevoir et de lire le dernier volume des mémoires de notre Société. La dissertation couronnée sur les poëtes latins du Hainaut devait attirer d’abord l’attention d’un bibliophile. Il s’agissait bien là de bouquins — et bouquins très-bouquins, — de ces Montoiseries que nous colligeons à l’envi depuis bientôt, hélas! quarante ans |

Ma petite bibliothèque me mettant à même de remplir quelques desiderata de l’auteur, ce serait un crime, n’est-ce pas, de laisser la lumière sous le boisseau. Si, de votre côté, vous vouliez chercher un peu dans votre sanctuaire montois, vous y trouveriez aussi, j'en suis certain, plus d’un illustre inconnu à exhumer, plus d’un papillon brillant à faire sortir de sa chrysalide de parchemin moisi. Essayezle. Les exhumations sont aujourd’hui fort à la mode dans la critique littéraire ; presque aussi à la mode que les éreintements.

Commençons par Jean Despiennes, ce prince — singulier prince — des poëtes montois.

L'auteur du Mémoire dit que M. G. Brunet, dans le t. I, 2° série du Bulletin du bibliophile belge, cite une édition de ses Opuscula, de Mons, 1628. Cette édition serait une lacune dans votre excellente Bibliographie. Mais, consolez-vous ; elle n’a jamais existé. M. Brunet TIRÉ À 75 EXEMPL,

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parie simplement des opuscules de Despiennes, imprimés à Louvain et à Mons, 1625, 1628. Il aurait pu ajouter, et à Namur. Ce n’est pas l'édition de Louvain, de 1625, qui a été réimprimée à Mons, mais quelque supplément à sa collection première.

Celle-ci se compose de huit parties. Je suis parvenu, non sans peine, à y réunir les sept parties suivantes :

° Despiennesii pithecitestamentom et epitaphivm, in-8°, 16 pages, sans lieu ni date (avec des corrections nombreuses de læ main de l’auteur).

C’est le n° IX de ses Metrographica.

L’épitaphe de la guenon est suivie de celle de maître Simon Delleye, curé de Jurbise, et d’une autre que Jean Despiennes se compo-

sait, par avance, lui-même, Le tout dédié au fils du grand Erycius Puteanus, jeune homme de la plus haute espérance, et précédé de

compliments en vers adressés à l’auteur, par H. Marpais (encore un poële montois ?)

° Beati Jacobi de Marchia, ordinis fratrom minorvm lavs posuma. Hontibrs Hannoniæ, ex officina Wavdræana. M.DC.XXV 16 pages in-8°. (N° X des Hetrographica.)

° Epithalamivm metrographicorvm Joannis Despiennes ab Hannonta, oprsculom vndecimvm. Anno M.DC.XX V.

Vers de circonstance sur le mariage de Lamoral de Sainte-Aldegonde et d’Agnès de Davre.

4° Eximit viri Andreæ de Wipion, ecclesiæ cathedralis Namuranæ poenitentiarn el canonici gradvati. Sacræ theo-sophiæ lavrea doctoralis. Metrico occentv I. D., XIII cal. novemb. M.DC.XXVI. Lovanu, typis Henrici Hasteni. Anno M.DC.XXVI, in-8, 44 pages. (N° XII des Hetrographica.)

André de Wipion exerçait, à Namur, les fonctions de censeur des livres. 11 accordait, d'ordinaire, son approbation à Despiennes, dans les termes les plus flatteurs : « Æoc... poësi luxuriante refertum tmprimi poterit, ete. » Le prévôt de Saint-Aubain lui rend, ici, sa politesse.

C’est à la fin de cet opuscule, et pour remplir la dernière page, que Despiennes donne l’épigramme à l'adresse de son cousin Bassecourt,

épigramme dans laquelle il compare délicatement la tête chauve du ministre hérétique au derrière pelé de sa guenon (1).

5° Metrographica Joannis Despiennes dv Fay opusculum XIIT. Namwrc, typis Christiani Ouvverx, typog. jur. sub signo Circini aurei. Anno 1627, in-8, 16 pages non cotées.

Compliments adressés, sous toutes les formes, au due Philippe d’Arenberg, gouverneur de Namur. Passons.

6° Metrographica in quibus epvlum sacrvm occinentibus parenhibus et amicis clarissimo viro To. Despiennes dv Fay, Præposituræ suæ in Cathedrali Namurana Iubilæum celebranti. Namvrci, typis Christiant Ouvverx, typog. jur. sub signo Circini aurei. Anno 1628, 18 pages non cotées.

Cet epulum sacrum se termine par une petite pièce de vers sur une bécasse : De venustula scolopace. Nous en donnons les quelques vers suivants, comme échantillon du goût de l’auteur :

Hlius emissum de culo mandere stercus,

Hincque lubens digitos lambere crede meos, Tandem avide puto libum cum stercore sumpsi, etc.

7° Hierarchica logogriphicis sæpiusculè adlusionibus delineata. — I. Despiennes ab Hannonia, S. T. Licentiah. D. Parviqueswi (2), etc. Opusculum XV. Namuri, typis Christiani Ouvverx, in-8°, sans date, 20 pages ; l'approbation, signée A. de Wypion, est datée du 6 juillet 1630.

Riche recueil de calémbours latins. Ainsi, un archevêque devient arci Scopus; au légat apostolique, il dira : lega thus ; le prêtre sera sacer et dos, et autres gentillesses du même genre — de l'esprit, par approximation, comme dans le Charivari.

Les n°° 2, 5 et 7 ont seuls été cités par l’auteur du Mémoire qui ne les avait pas vus. Il est à regretter qu’il nait pas pu analyser les sept dernières parties qui ne sont pas les moins drôles et qui abondent en renseignements pour une biographie intime du poëte. Ainsi, il y aurait appris que Despiennes possédait une guenon ; qu’à la mort de

() Voy. Notice sur Fabrice de la Bassecourt. Bruxelles, 1857, in-8o, (2) Seigneur de Petit-Quévy. 7

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