LIVRE DIXIÈME
TnotTBtES à Rome. Bonheur dont jouit >'uma. Léo demande pour son ami la main d'Anais à son père. Refus de Zoroaslre. Discours de Numa. Il obtient Anaïs. Il est prêt à l'épouser. Arrivée des amlwssadeurs Romains. Ils lui racontent les malheurs do Rome, la peste qui l'a désolée, la fin de Romulus, et l'élection de Numa. Numa refuse la couronne. Discours d' Anaïs pour la lui faire accepter. Numa est inflexible.
(cependant à Rome tout était dans la consternation et dans le trouble. Les Sabins , au désespoir d'avoir perdu Tatius, d'avoir vu exiler Numa , n'obéissaient qu'avec horreur à l'assassin de leur roi. La mort affreuse Je Tatia , qu'ils attribuaient à Hersilie , avait rendu cette princesse l'objet de leur exécration. Plus divisés que jamais avec les Romains , se défiant lus uns des autres , ne se cachant pas la haine qu'ils se portaient , à chaque instant ils étaient prêts à s'égorger. Le soupçon , l'inimitié régnaient dans toutes les familles ; et sans le prudent Mëtius , la guerre civile eût embrasé Rome.
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Romulus , en proie à cette faveur somLrc qui , dans les grands criminels , tient la place du remords , Romulus , pour contenir son peuple , l'accablait de nouveaux impôts , faisait couler le sans <les nobles, et ne réfTnait que par la terreur.
Hersiiie, trop cligne fille de son père, Hersilie ne se nourrissait plus que des poisons de la jalousie et de la rage. Ne doutant pas |u'une rivale ne possédât le cœur de jN^uma , elle envoyait chaque jour des émissaires secrets chez tous les peuples de l'Italie , pour découvrir cette rivale , pour s'informer de ■ion amant , pour menacer des armes de son père les rois qui leur donneraient asile , et pour acheter leur tète de ceux qui voudraient les livrer.
Pendant ce temps , le tranquille Numa , caché dans le fond des Apennins, entouré de fidèles amis , pleurait de joie à la reconnaissance de Zoroustre et de Léo : il partageait leurs transports ; il voyait l'heureux Zoroastre presser son fils dans ses bras. Ce tendre vieillard ne pouvait se rassasier de voir , d'entendre, d'embrasser Léo. O mon cher fils , lui disaitil , tu m'es donc rendu î c'est toi que je revois ! Ah ! je ne me trompais pas : le premier jour où Hi vins dans ma < abanc , mon cœur s'élanra